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Chanceux comme un quêteux

Vive la sueur!

Yanick Klimbo Tremblay
10 juin 2007

Quand je plogue mon air climatisé, ce que l’on appelle un climatiseur chez Canadian Tire, c’est un signe précurseur que c’est l’été et que je sue comme une truie de l’abattoir Dubreuil de Ste-Hénédine!

Effectivement, après quelques nuits à me tourner et retourner, moi et MC avons décidé d’enfoncer la fiche électrique mâle dans la fiche électrique femelle, le tout avec un beau plexiglas (ce mot est laid!) pour empêcher les bibittes de nous contester le territoire.
Plus qu’une semaine de travail et ensuite, deux mois et demi en vacances. Arrêtez de vous plaindre, j’ai fait mes études, c’est mon choix de carrière et j’assume pleinement mon poignage de raie de l’été!

J’ai de projets cet été mais c’est toujours en relation avec la musique. Depuis quelques années, je me sens comme Claude Rajotte car je prends mes vacances à des endroits où je peux participer à des festivals de musique. En 2004, j’ai visité la France et la Belgique, question de me rendre pour trois jours au Graspop Metal Meeting. En 2005, direction Hartford, ville emmerdante, pour l’Ozzfest. Cette année, Barcelone en Espagne pour me taper avec MC, le Summercase festival avec Flaming Lips, PJ Harvey et vos petits chouchous en cornichons sucrés, Arcade Fire. Malheureusement, aucune formation métal mais Flaming Lips, c’est tout de même l’expérience enivrante et magistrale à vivre au moins une fois dans sa vie. En parlant d’eux, ils sortent un DVD intitulé « UFO at the Zoo » justement le 24 juillet.

Mais malgré tout, je me dois de faire un retour sur ma dernière année de travail. Cette année a passé tellement rapidement. Il faut dire que je suis drôlement occupé mais je dois aussi remercier mes élèves d’être de bons jeunes et travaillants.

L’autre jour, avec une autre enseignante, on se rappelait les mauvais coups que l’on faisait, enfant. J’en ai fait quelques uns racontables, d’autres moins mais une chose est certaine, quand est venu le temps du secondaire c’était autre chose.

Par exemple, expérience très racontable en secondaire 5. Mon troisième concert de Metallica !
metallica
Retour en 1991. Metallica sont au sommet avec « l’album noir » J’ai 16 ans, je suis encarteur pour le journal le Quotidien et le Progrès-Dimanche. Cheveux aux fesses en boudins, je ressemble à Suzie Frisettes. Fringant et carburant déjà à la O’keeffe, hygiène irréprochable et pas de blonde, pas le temps car je ne tripe que sur deux choses : le métal et la bière !

Les dates de la tournée sont sorties. Arrêt à Québec, c’est une jeudi. Tout le monde du milieu métalloïde saguenéen se demande la même chose : « Est-ce que Pierre D’Aragon va faire un voyage organisé en autobus ? » Étant natif de Chicoutimi, quand tu voulais aller voir des concerts, tu devais aller au moins à Québec pour rocker, sinon tu te tapais des groupes d’interprétations au bar SolidRok. Ne possédant pas de voiture, on devait prendre les forfaits de Pierre D’Aragon qui incluait billet de spectacle et l’autobus aller-retour.

Pour cette tournée de Metallica, il y a eu un total de 10 autocars qui quittaient Chicoutimi. 10 autocars de 48 personnes, on s’entend que c’est 480 personnes de Chicoutimi, totalement saoules et sans aucune retenue même pour des cadets de notre âge. Nous étions les plus jeunes mais respectés par les plus vieux tout de même.

Étant donnée la forte demande, Pierre D’Aragon demanda mon aide. Il me dit :

« Klimbo, je te donne un autobus. Tu me remplis ça avec tes chums, donc t’en a de besoin de 47 »

Il était rapide en calculs.

« Pour te remercier, je te donne une caisse de 24 canettes de Labatt Bleue. Faut tripper man ! »

J’avais 16 ans, il devait en avoir 36. Il me faisait confiance, j’allais me faire le bus ultime de crapules chicoutimiennes !

C’est ce que l’on a fait car j’étais aidé de Jean-Thomas. Le bus rempli, il ne restait plus qu’a attendre le moment ultime, la journée fatidique !

Le voyage en autobus, c’était la véritable déchausse. Aucune inhibition et aucun génie de notre part. Sérieusement, je ne peux pas imaginer qu’il n’y ait jamais eu de blessés, morts ou overdoses lors de ses périples. L’alcool coulait à flot, les bières se vidaient et les vessies aussi en plus de quelques poteux et sniffeux qui se laissaient aller gaiement sur les rythmes qui explosaient dans le système de son cheap de l’autocar.

Ca faisait tous les temps, aucun sens et intelligence mais pour pouvoir avoir ce genre d’atmosphère, on devait passer le « chapeau » ce qui veut dire mettre quelques bidous dans la casquette de Slayer de Dany Turmel pour ainsi acheter la clémence du conducteur de l’autocar. Les conducteurs, à chaque fois, ne disaient absolument rien, même quand quelqu’un vomissait son McDo dans une fenêtre ou pissait sur un banc.

Quand on arrivait au Colisée de Québec, les gens savaient que la gang de Chicoutimi arrivait car on n’avait aucune classe. On parlait fort, on puait l’alcool et on dépassait dans les lignes !

On anticipait ce concert comme la journée la plus mémorable de notre vie, notre Coupe Stanley métallique. Nous étions tellement excités. Tout le monde venait, ceux qui ne pouvaient pas venir se méritaient les sobriquets de « tapettes » « pètes cennes » ou « Rosco » Aucune compassion, rockes ou meurs.

Moi et les copains fréquentions la polyvalente Dominique-Racine. Cette année-là, j’avais la lourde tâche d’être vice-président, ce qui veut dire organiser des partys de danse et boire en cachette dans les toilettes lors de ces partys minables pour ramasser des fonds pour le bal de finissants. Mais l’avantage était que l’on avait un local de réunion et j’avais la clé. Un local où l’on avait la paix, on pouvait faire ce que l’on voulait et très accommodant comme local avec une belle radio avec lecteur cassette.

La journée du concert, le départ vers Québec était pour 14h00. Qu’allions nous faire avant ?

Mytho eu l’idée de prendre de la bière dès le matin même, question de ne pas arriver à jeun, donc en tapettes, à Québec. Tous étions enthousiastes et mon idée eu du succès auprès des copains ; nous allions nous servir du local du conseil étudiant comme lieu de beuverie ! Donc, la veille, tout le monde avait acheté ses canettes de bière pour la matinée mais nous devions nous trouver un moyen de pouvoir passer nos bières à l’école de manière inaperçue.

Flash de l’année précédente. Lors d’un voyage du département d’arts plastiques nous avions eu l’idée de camoufler nos canettes de bière sous une canette de Pepsi ou 7UP. Le principe est simple : avec des pinces coupantes, tu prends une canette de boisson gazeuse vide et tu découpes le haut et le bas que tu glisses ensuite par-dessus la canette de bière. Simple et efficace !

J’expliquai le principe aux amis et la veille, nous nous sommes attablés avec nos pinces avec la précision de véritables bijoutiers en train de tailler un diamant.

Tout le monde avait ses 12 canettes de prêtes, il serait très facile d’entrer le tout dans l’école. De plus, l’avantage était que l’on pouvait circuler dans l’école à notre guise, buvant notre « Pepsi » à saveur magique.

Dès 7h30 le matin, nous nous sommes engouffrés dans le local du conseil étudiant craquant notre première bière. Nous ne sommes sortis que trois fois, c’est-à-dire à la fin de chaque période de cours, question de se dégourdir les jambes et vaciller légèrement saoul en allant annoncer à nos enseignants que nous ne pouvions pas nous présenter à notre cours car on devait terminer un travail important ou une visite chez le dentiste, ce qui était ma défaite favorite.

En annonçant à mon professeur de français ma visite chez le dentiste, il me dit :

« Le dentiste, ouais ouais. Mais là Yanick, viens ici, dans le corridor, je vais te parler. Tu sens vraiment l’alcool, ça sent fort. As-tu bu ? »

Oups. Idée de génie, ça m’arrive.

« Non, c’est que je viens de prendre une grosse shot de Scope avant de partir pour le dentiste, je ne veux pas puer de la bouche. Ca m’écœurerait d’être dentiste et que les gens sentent de l’haleine. » dis-je.
scope

« C’est vrai que c’est mieux comme ça. Moi quand je vais m’acheter des souliers, je me change de bas et chez la coiffeuse, je me lave la tête avant aussi. C’est beau mais n’oublie pas que tu as ton exposé la semaine prochaine ! » dit-il.

Je pensais sérieusement que j’allais me faire prendre légèrement pompette, direction le bureau de la direction justement. Mais non, il a gobé mon histoire de Scope en rajoutant un peu avec des anecdotes personnelles.

Je retournai au local rejoindre les autres et finir notre bambochade jusqu’à l’heure de départ où nous descendions tous à pieds jusqu’à l’arcade Galaxie rejoindre les 470 personnes qui allaient démontrer aux gens de Québec qu’au Saguenay, on ne rocke pas à jeun… même à 16 ans !

Le concert était tout simplement hallucinant. Metallica qui jouait pendant près de deux heures dans leur période la plus intense, c’était génial !

Après le concert, de retour dans l’autocar, la fête continuait et on empêchait nos copains de dormir. C’était le même phénomène mais la direction était inverse, on retournait à Chicoutimi en prenant les bières restantes.

Le lendemain matin, il n’était pas question de ne pas aller à l’école. Réveillé mais secoué par un manque de sommeil flagrant, c’était l’heure de la parade des pouilleux. On se pavanait avec nos t-shirts de la tournée de Metallica du concert de la veille, faisant nos frais chiés mais faisant chier ceux qui n’avaient pas eu l’opportunité d’y aller !

Découverte :

Blood Tsunami avec l’album « Trash Metal » du old school trash métal, quelle surprise avec ce titre si subtil, avec l’ancien batteur d’Emperor, Faust!
bt
Ce qui joue en masse :

Mayhem « Ordo ad Chao » Qualité d’enregistrement de qualité douteuse, chansons crasseuses et le retour d’Attila !
mayhem
Film que j’ai aimé :

Étrangement, j’ai bien aimé Rocky Balboa. Je croyais que le tout allait être une grosse farce mais le message, cul-cul, est intéressant. Pas de panique, c’est loin d’être un chef d’œuvre mais c’est joliment mieux que Nacho Libre !
rocky

2 commentaires
  • Kristof G.
    12 juin 2007

    Aaaaaaaaahhhhhhhhh. Pierre D’Aragon, une légende saguenéenne de l’organisation de ce genre d’événements de saoulons. Ça me rapelle ce voyage Chicoutimi-Montréal, il y a plus de 10 ans en pleine tempête de neige (une vraie de vraie – surtout dans le sinueux Parc des Laurentides), pour aller voir White Zombie dans leur apogée avec les Ramones en entrée. Mémorable. Hell yeah!

  • bergZ
    13 juin 2007

    Chapeau Klimbo, j’penses que mes cheveux ont pris 2 pouces le temps de lire cette savoureuse galette du passé d’un pouelle de Chicoutte.

    Anthrax / Voïvod / White Zombie, Slayer / Biohazard / Machine Head ou encore l’impitoyable périple Pantera / Type O Negative ; « La formule D’Aragon » si on peu la nommer ainsi, diverti à coups sûrs!

    Merci, culotte de cuire et gilet bedaine budweiser (ouch)

    -b

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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