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Chanceux comme un quêteux

DBC, entrevue complète!

Yanick Klimbo Tremblay
14 août 2007

Voici l’entrevue complète avec DBC. La version courte était dans le BangBang du mois d’août.

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Juste avant de me préparer pour l’entrevue avec Eddie Shahini, guitariste de Dead Brain Cells ou DBC pour les habitués, je me suis remis dans le tourbillon métallo-spatial en écoutant sept fois l’album Universe, deuxième album du groupe montréalais. J’ai dépoussiéré mon vieux disque vinyle tout fripé car il a gouté légèrement à la furie du déluge de 96 à Chicoutimi, le laissant avec le derrière de la pochette abimé au bas. C’est un album tout aussi impressionnant et fascinant qu’il y a 18 ans lorsque je l’écoutais dans mon baladeur à cassette étant un étudiant plus que modèle à la polyvalente Lafontaine. DBC était un groupe innovateur, en avant sur son temps, sortant des albums que l’on peut qualifier d’intemporels aujourd’hui. La preuve. Repensez à l’année 1989. Je vous nomme deux albums parus cette année-là. Lequel peut on qualifier d’éternel : DBC « Universe » ou Richard Abel « Mélodies » ?

Légende: BB pour le BangBang et Ed pour Eddie Shahini

BB: Qui vous a convaincu de jouer pour les célébrations des 25 ans du Métal Québécois ?

Ed:Maurice nous a demandé de participer. Nous avions fait un concert en 2003 avec Dan de Martyr. Depuis ce temps, on rejoue à l’occasion. C’est difficile de dire non car on aime jouer.

BB: Retour dans le temps. Vous avez travaillé avec deux producteurs de grande renommée. Randy Burns qui a travaillé avec Megadeth et sur Universe, Garth Richardson qui a réalisé, trois ans plus tard, le premier album de Rage Against the Machine.

Ed: J’ai eu quelques problèmes avec Garth. Le gars arrive et il n’a aucune espèce d’idée de qui nous sommes et il propose plein de choses. Il a décidé d’utiliser le genre de voix que l’on retrouve sur l’album, ce qui me semblait une bonne idée mais seulement pour une pièce, pas tout le disque. Avec Randy, c’était beaucoup mieux comme ambiance.

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Pochette originale du premier album!
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Celle de la réédition!

BB: Les paroles sur Universe sont imprégnées d’une grande connaissance scientifique tandis que sur le premier disque, c’est beaucoup plus au niveau politique. Comment écriviez-vous les paroles ?

Ed: Pour Dead Brain Cells, c’était un mélange musical entre le hardcore et le métal mais en s’inspirant beaucoup plus de la mentalité hardcore pour l’écriture des paroles par contre. On retrouve des trucs très politisés sur l’album. Nous avons une chanson, Terrorist Mind sur ce disque. Même vingt ans plus tard, c’est toujours d’actualité. Pour ce qui est de Universe, j’avais l’idée d’un album concept car j’ai toujours été un amateur de The Wall de Pink Floyd. Nous allions aux séances gratuites au Planétarium avec les étoiles et tout. Ensuite, on se faisait un jam. Le concept est né ainsi avec le début de l’univers pour la chanson Genesis Explosion, la naissance de notre galaxie et de notre système solaire pour la pièce Heliosphere et ainsi de suite. Tout est relié au concept de la vie en fin de compte à l’exception de la dernière pièce de l’album qui est une fiction, elle décrit comment nous anticipions le futur.

BB: Peux-tu nous parler du temps où vous étiez sous contrat avec Combat Records ? Cette compagnie a déjà eu des artistes comme Megadeth et Exodus avec eux.

Ed: Le groupe n’existait que depuis 9 mois environ et nous avons eu l’opportunité de faire la première partie de Slayer. Un gars de Combat Records nous a vu, il est venu au local par la suite et nous a offert un contrat d’enregistrement, que nous avons accepté. À l’époque, tout allait bien pour le métal, de nombreux groupes étaient signés car chaque étiquette voulait avoir son propre Metallica. Avec de nombreux groupes signés chez les compagnies, il était certain qu’au moins un de la meute allait vraiment réussir. Avec Dead Brain Cells, le premier album, nous avions un public métal et hardcore mais avec Universe, c’était autre chose.

C’était un album très bizarre et je ne crois pas que le public américain était prêt pour ce genre de disque. Même la compagnie trouvait tout ça bizarre, ils ont même fini par nous dire que DBC était dans un sens, leur Voïvod à eux! Nous avons perdu notre contrat de disque juste avant la période de récession en Amérique dans les années 90. Ils voulaient que DBC vendent aux camions ce qui n’était pas le cas. Que pouvaient-ils faire avec un groupe comme le notre ? Nous avons envoyé les démos pour notre troisième album ainsi qu’une demande pour un autre vidéoclip mais ils ne voulaient pas vraiment investir de l’argent pour un autre vidéoclip et même chose pour le studio. C’est un peu de cette manière que nous avons perdu notre contrat.

À cette époque, c’était important d’avoir un clip pour que les jeunes puissent te voir et avoir le goût par la suite, d’avoir l’album et de venir aux concerts. Nous avons fait un clip pour Genesis Explosion avec l’aide de John Z de Musique Plus. C’étaient des images captées lors de deux concerts dont l’un était avec Metal Church. Ils ont filmé, John a gardé les images et a fait un montage. Le vidéoclip était de bonne qualité mais c’était une prestation du groupe, rien de bien extraordinaire.

Pour ce qui est du troisième album, nous voulions un vidéoclip de qualité supérieure et un budget un peu plus faramineux pour l’enregistrement. Nous croyions que c’était vraiment important pour l’avancement du groupe. Selon eux, nous étions trop gourmands monétairement et ils étaient en pleine période où ils devaient couper dans le gras. Nous avons donc passé dans le hachoir si je peux m’exprimer ainsi.

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Universe, j’en ai passé des soirées à écouter ça!

BB: L’avènement du Grunge aussi n’a pas aidé les groupes métal?

Ed: Effectivement, ce phénomène a tué beaucoup de groupes. Dans de nombreux endroits dans le monde, le métal était et est encore mort mais pas au Québec. On dirait que le métal ne va jamais mourir ici !

BB: Même chose pour le progressif !

Ed: Exactement. Ou même des artistes comme Dennis de Young qui a fait une chanson avec Éric Lapointe. Les gens d’ici semblent fidèles aux artistes.

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Derniers enregistrements de DBC

C’est reconnu, mondialement, que le Québec est le plus gros marché de métal au monde. Trouvez-en des places dans le monde où tu peux retrouver encore des gars aux cheveux longs avec des vestes de cuir qui crient « Metallica » ou « Slayer tabarnak ! »

BB: Quelle serait la raison principale pour ce qui est de la séparation du groupe ?

Ed: Hum, nous n’avons jamais fait de déclaration officielle. C’est surtout que le groupe s’est, comment dirais-je, tranquillement effacé dans un sens. Nous avions nos trucs personnels de chaque côté, Jeff habitait à Toronto, Gerry est décédé en 94 ce qui n’a vraiment pas aidé.

BB: Justement, qu’est-il arrivé à Gerry Ouellette, l’autre guitariste de DBC ?

Ed: Tu te souviens de ce scandale au sujet du sang contaminé au Canada ? Gerry subissait de nombreuses transfusions de certains produits sanguins parce qu’il souffrait d’hémophilie. On lui a transfusé des produits sanguins qui contenaient le virus du Sida. Il est donc mort de ce terrible fléau. Ce n’était pas en relation avec une consommation de drogues ou des trucs de type sexuel. C’est tellement, triste. Comme Piggy avec le cancer… Je n’en parle pas souvent par respect pour sa mère et sa famille.

BB: On pouvait entendre Genesis Explosion pour une publicité de Fido. Peux-tu nous expliquer comment une chanson de DBC peut se retrouver dans une pub pour des téléphones ?

Ed: C’est un gars, dont j’oublie le nom, qui avait déjà travaillé avec Jeff, le batteur. Il travaillait chez une agence de publicité et pour le concept, il a pensé que Genesis Explosion pouvait être le choix idéal car en réalité, il connaissait et aimait cette chanson. Il a recontacté Jeff pour lui demander comment faire pour avoir les droits d’utilisation de la chanson car tu dois avoir le consentement écrit de l’artiste avant de l’utiliser à ta guise. La compagnie nous a offert un tas de dollars, alors nous ne pouvions refuser. Cette annonce, c’est pratiquement une publicité pour le groupe avant tout car on voit clairement Dead Brain Cells inscrit sur l’écran du téléphone. Ce n’est qu’à la dernière seconde que tu vois le logo de Fido. Dans un certain sens, les gens se sont remis à parler du groupe à ce moment.


Publicité pour Fido

BB: Pour les nouveaux concerts, utilisez-vous un autre guitariste pour vous donner une dimension plus puissante ?

Ed: Oui et c’est le même que lors des derniers concerts. Il se nomme Quinn et il joue avec le groupe Terratomb. C’est un gars d’Halifax, un fanatique du groupe. Il a même un tatouage de DBC. Il est entré en contact avec nous il y a quelques années. Il connaissait notre musique beaucoup mieux que nous autres mêmes !

BB: En parlant avec Pierre Rémillard d’Obliveon, il ne cesse d’encenser DBC comme étant une influence majeure. Es-tu au courant de ce genre d’éloges ?

Ed: Oui, je sais que Pierre aime bien DBC et c’est définitivement flatteur, il n’y a pas de doute. Aussi, tu connais le groupe Monstrosity ? Ils ont repris Deadlock sur leur album Enslaving The Masses. Il y a aussi le groupe Epidemic qui a repris Power & Corruption. Leurs versions sont très bonnes. Je les ai entendues et je trouve ça très intéressant comme hommage.

BB: Aujourd’hui, que font les membres de DBC ?

Ed: Quand j’ai connu Jeff, il faisait le même genre de boulot qu’il fait aujourd’hui, du graphisme. Phil travaille dans le monde de l’animation 3D. Il a travaillé sur Panic Room avec Jodie Foster et bien d’autres films ou productions télé. Et moi, je suis aussi dans le domaine artistique. Je fais du graphisme comme des t-shirts que vous pouvez voir sur mon site http://www.illustratica.com

http://www.dbcuniverse.com

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Un commentaire
  • Hugues
    23 août 2007

    merci de ctte entrevue les gars!!!
    jadore dbc depuis toujours,ca fais plaisir de savoir que les gars se porte biens!!!!!

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Yanick Klimbo Tremblay

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