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Chanceux comme un quêteux

Maurice richard, entrevue complète!

Yanick Klimbo Tremblay
14 août 2007

Voici l’entrevue complète avec Maurice Richard le plsu vieux métalleux du Québec et organisateur des Célébrations des 25 ans du Métal Québécois! La version courte était dans le BangBang du mois d’août!

Légende: BB veut dire BangBang et MR est pour Maurice Richard!

Si vous êtes de ma génération, quand vous entendez 25 ans, vous pensez immédiatement à Roland HiHa Tremblay, personnage farfelu et édenté créé par Michel Barette et quand vous entendez Maurice Richard, vous pensez au joueur de hockey, idole des Canadiens Français. Bons réflexes. Mais dans ce petit papier, c’est Maurice Richard le producteur d’évènements métalliques depuis un bon nombre d’années que j’entrevue. Pour ce qui est du 25 ans maintenant, c’est le nombre d’années que célèbre notre valeureuse scène métalloïde québécoise. Bonne fête les poilus et aussi, les victimes de la calvitie encore capable de rocker malgré une tignasse dégarnie. 25 ans, s’en fait des années et des modes. Dépoussiérez vos vestes de jeans avec des écussons décolorés et vos ceintures avec des clous carrés. Faites vous une coupe Longueuil et téléphonez à vos vieux chums de la polyvalente, c’est le temps de rocker comme à la belle époque !

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Maurice avec Snake, Spectrum de Montréal

BB: Pour situer les gens, qui est Maurice Richard ?

MR: Je suis un vieux, je vais avoir 50 ans cette année. J’ai commencé à m’intéresser à la scène vers 1984 et à cette époque, on ne parlait même pas de métal, c’était plus heavy rock et j’étais l’agent d’un groupe saguenéen du nom d’Helter Skelter qui faisait des interprétations de groupe métal, dans les bars. Ils étaient assez spéciaux parce qu’ils faisaient même des chansons de Metallica de l’album Kill ‘Em All, c’était du jamais vu en 1984 ! C’est comme ça que j’ai commencé, j’étudiais à Jonquière en communication et j’avais besoin d’un nouveau défi. C’est ce groupe qui m’a emmené à Voïvod, à l’automne 1984. War & Pain était fait mais il ne se passait rien pour eux et ils n’avaient que deux ou trois spectacles au compteur. J’ai investi de mon argent sur Rrroooaaarrr et dans ce temps, on n’avait pas de contrat. J’ai justement investi pour que l’on puisse magasiner un contrat et ça marché. J’ai quitté le groupe en 1987, après le Tournado, lors de la composition de Dimension Hatross.

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War & Pain, premier disque de Voivod

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Rrroooaaarrr, deuxième album de Voivod

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Killing Technology, album surpuissant!

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Dimension Hatross, très intense et psychédélique en même temps…

BB: Le Tournado, c’était la tournée avec Kreator ?

MR: Oui. C’est encore drôle de voir que Kreator roule encore et qu’ils viennent souvent à Montréal. La connexion est que Voïvod était sur Noise tout comme Kreator.

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BB: Après l’épisode Voïvod, qu’est ce qui s’est passé pour toi ?

MR: Je suis devenu producteur de spectacles, métal et hardcore. Le crossover a fait que la combinaison était possible entre les deux genres. Ce qui arrive avec la production de spectacles, c’est qu’à chaque semaine tu reçois des offres pour des tournées, parfois pas très intéressantes. On te vend en fin de compte des tournées déjà établies mais je suis plus un concepteur qu’un acheteur de produits déjà tout préparés.

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Snake de Voivod

Après l’expérience Voïvod, je m’aperçois maintenant qu’à l’époque, j’avais fait un burn-out. Tu ne peux même pas t’imaginer comment c’était intense dans le temps. Tout l’entourage de Voïvod, on se demandait à chaque jour : « Qu’est-ce que tu as fait pour Voïvod aujourd’hui ? » C’était notre raison de vivre. Après l’aventure, je me suis retrouvé tout seul. Je n’étais plus avec le groupe, les gens ne me contactaient plus !

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Voivod,époque Killing Technology

De 1987 à 1992, j’ai décroché du métal. Je devais passer à autre chose mais je suis revenu, justement en 1992 quand j’ai rencontré Obliveon lorsque j’ai produit le Death Fest, Made in Québec à la Brique. Il y avait Gorguts, d’autres groupes et Obliveon. La flamme s’est rallumée.

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BB: Peux-tu nous parler de ton concept étalé sur trois soirs ?

MR: Les vedettes de la scène actuelle ne seront pas présentes. J’ai eu le goût d’aller dans l’histoire parce que je crois qu’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où on s’en va ! C’est aussi pour dire aux plus jeunes : Ok, vous avez, aujourd’hui, des Ion Dissonance, Despised Icon, Unexpect, Kataklysm ou Beneath the Massacre… mais où tout ça a commencé ?

La thématique est d’Hier à Aujourd’hui. J’espère que les gens vont embarquer. Sur les 12 groupes présents, il y en a 8 qui vont faire un retour ! On va couvrir les années 90 le premier soir, les années 80 le deuxième et le dernier soir, ce sont des groupes de demain qui sont très prometteurs !

BB: Est-ce qu’il y a eu un groupe qui a été plus difficile à convaincre ?

MR: Tout le monde a été très ouvert. Il y a des groupes contactés qui ne peuvent faire le concert en raison de conflits d’horaires ou autres raisons personnelles. Il n’y a pas eu de tordage de bras. Je ne voulais pas faire de tordage de bras parce que le métal, c’est une passion. Tu ne fais pas ça pour de l’argent ! Si ça été long, c’est surtout au niveau de la logistique des groupes, de se retrouver les uns les autres car certains se sont perdus de vue depuis un bout !

Prend les groupes des années 80. Ce sont pour la plupart des gars dans la quarantaine avec des familles, des enfants, une maison pis une tondeuse à gazon ! Ils avaient perdu contact avec les autres membres de leur groupe. Les intérêts changent avec les années. Les gars avaient le goût de le faire !

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BB: Cette année, tu instaures le Panthéon du Métal Québécois. La première intronisation sera Denis « Piggy » D’Amour ?

MR: Effectivement. Je ne ferai pas construire un immeuble comme pour celui du hockey, c’est plus une place dans nos cœurs si l’on veut. Il y aura une cérémonie. Des choses ont été faites, c’est correct. De plus, Voïvod c’est le point de départ du métal québécois. C’est vraiment là, lorsque les gars se sont rencontrés. Certains me disent : « Ouais, mais il y en avait des groupes métal au Québec avant Voïvod ! » Oui, mais c’était des groupes de covers. Est-ce qu’ils ont eu le même impact ?

C’est un hommage d’au moins 30 minutes, divisé en trois parties. Il y aura la partie protocolaire avec des témoignages. Il y aura une partie vidéo, avec des images de la carrière de Denis et un petit cours d’histoire en accéléré et une partie musicale avec un medley des chansons de Voïvod mais seulement la période des 5 premiers albums.

Les rockers dans la salle, il y en a quelques uns qui vont avoir la larme à l’œil. Je tenais à le faire cet hommage.

Avec le vidéo, les plus jeunes vont pouvoir voir comment ça se passait des concerts en 1984 par exemple, comment tout ça se passait !

BB: Par quels moyens vas-tu réussir à attirer le monde dans la trentaine ou dans la quarantaine ? Ce ne sont plus des gens que l’on croise dans les concerts métal !

MR: Il y a Internet. J’ai une page MySpace. J’ai fait une conférence de presse en avril et j’ai eu des articles dans le Journal de Montréal, Voir, BangBang, La Presse et j’ai approché les médias de la télévision comme TVA ou TQS.

Un gars de 45 ans par exemple, il doit bien regarder la télévision une fois de temps en temps. S’il voit un topo sur les 25 ans du Métal, ca va peut être le faire allumer ! J’ai aussi mon équipe de promotion du genre street team à travers le Québec qui distribue les dépliants et affiches.

J’avais peur au niveau des autres festivals et des dates comme Osheaga, même s’il n’attire pas le même public. Surtout au niveau de la couverture médiatique. Si j’avais eu la même fin de semaine que l’Osheaga, on parlerait beaucoup plus de Smashing Pumpkins que d’Obliveon !

C’est une longue fin de semaine, celle de la Fête du Travail, les gens vont avoir le temps de dégriser !

La passe n’est vraiment pas cher à 50$ pour les trois soirs et c’est au Club Soda, c’est une très belle salle !

BB: Il y aura aussi une compétition d’Air Guitar ?

MR: Oui. Tout le monde en a déjà fait ! Il y aura 3 finalistes qui vont s’affronter et la compétition va être très serrée. En finale, je vais même avoir un Air Band, c’est un groupe connu, que je ne peux pas nommer, qui va venir faire une de ses chansons de cette manière, sans instruments. Le champion va recevoir une plaque conçue par Luc Lemay de Negativa/Gorguts. C’est une œuvre unique et en plus de l’avoir conçue, il va venir la remettre.

Justement, Luc aurait aimé faire le show avec Gorguts mais c’était trop complexe pour remonter les chansons de Gorguts en plus de son travail et de Negativa. De te remettre dans le vieux stock de Gorguts, c’est assez complexe !

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Luc Lemay de Gorguts/Negativa

BB: Est-ce que tu crois que la scène métal va bien au Québec en ce moment ?

MR: Oui, les groupes signent avec des compagnies. Les plus grosses tournées viennent ici et
certains artistes exigent de venir ici. Il y a beaucoup de groupes et de concerts, c’est vraiment le fun ! L’industrie du métal à un œil sur Montréal, il n’y a aucun doute ! De plus, on a une bonne structure pour encourager le métal avec Galy Records, BCI, Prodisk, Arsenic et BangBang.

BB: Ton meilleur souvenir en 25 ans ?

MR: Mes débuts. C’est toujours particulier. On revient en 1984 ! On avait vraiment l’impression de faire partie d’un mouvement. On s’entraidait. Il n’y avait pas le partage de fichiers MP3, c’était de l’échange de cassettes qu’on envoyait par la poste. Il faut se dire que Voïvod a commencé en même temps que Metallica. Je ne peux passer sous silence mes productions comme le World War III, avec Celtic Frost et Destruction, que les gens me parlent encore et le No Speed Limit Week-End en 1986 avec Possessed.

Que Pierre Rémillard d’Obliveon me dise qu’il a décidé de jouer de la guitare après avoir assisté au World War III et que Marc Vaillancourt de BARF m’annonce qu’il a acheté son premier blouson de cuir pour aller au World War III. Dans sa tête, ca y prend un coat de cuir.

J’ai vécu les débuts de la scène, je me sens privilégié!!

http://www.myspace.com/25ansmetalquebecois

2 commentaires
  • Syl Disjonk
    24 août 2007

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  • Michel Mongeau
    1 septembre 2007

    Serait-ce le Maurice Richard, chum de Lyz Ravary et fervent disciple de Mick Jager à l’école Rouen-Desjardins? Fais-moi signe vieux fou! Michel

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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