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Chanceux comme un quêteux

Vive les bobettes serrées ou slackes!

Yanick Klimbo Tremblay
5 septembre 2007

En fin de semaine, celle du congé de la Fête du Travail, nous sommes, c’est-à-dire Deeply Confused, allés jouer au Saguenay avec les copains de ClearWater DeathBlow et Social Revolver.

C’était à Jonquière plus précisément au Pub Extreme.

Quelle bonne idée de jouer au Saguenay le même soir que Scorpions et Trois Accords… dans le même coin, le même soir !

Je sais que ce n’est pas le même public mais bâtard, quand tu habites au Saguenay et que tu sais que Scorpions viennent en ville, tu y vas même si tu n’aimes pas ça, question d’avoir vu l’évènement le plus important depuis les 19 dernières années… après le déluge !

19 ans parce que Metallica ont joué à Chicoutimi en 1988, tournée …And Justice for All. Je le sais, j’étais-là !

Il y avait environ 80 personnes à notre concert ce qui est excessivement satisfaisant même s’il n’y avait pas eu ces évènements aussi gros que la troupe allemande qui chante Big City Nights ou siffle Winds of Change et l’équivalence musicale des Têtes à Claques, les ceuxces qui ont composé Hawaïenne… Les 3 accords….

Jouer au Saguenay, c’est toujours bien intéressant. Même dans le temps que j’avais mon groupe Wrench en 1997, c’était fortement prometteur pour tous les groupes !

Nous avons participé, Wrench, au concert Woodstock à Latterière à l’été 1997, un évènement signé François Kolonel Kearney.

Ca roulait pas pire nos affaires. Nous avions un démo cassette qui sonnait assez bien et on avait un joueur de stick Bass, ce qui était et est encore assez hors du commun ! Avec quelques concerts à l’Express et dans d’autres Marina Club Nautique ou Institution pour jeunes délinquants.

Les gens nous remarquaient pour nos interprétations assez virulentes d’artistes non-conventionnels comme Clutch, Kyuss, Plume, GrimSkunk (ouais mettons…) et White Zombie.

Dans le temps où tous les zigneux de guits veulent se pavaner en jeans Parasuco moulante en pensant être Mustaine ou Hammett, je peux dire qu’on se démarquait du tas car en plus on avait nos propres compositions comme « Gregor Samsa » qui parlait de Gregor Samsa justement, le personnage principal de la Métamorphose de Kafka ou « Litost » un mot en tchécoslovaque qui désigne la vengeance par l’autodestruction ; par exemple un gars qui se fait domper par une fille et en guise de vengeance, il se suicide pour qu’elle puisse avoir de la culpabilité jusqu’à la fin de ses jours… vous voyez le genre de textes qui m’allumait dans le temps? Il faut dire que j’étais en Lettres et littérature au Cégep…

Ca parait bien quand on voit tout ça mais une chose est étrange ; malgré certains textes très intellectuellement nourris, notre chanson qui obtenait le plus de succès était une pièce que notre guitariste JJ avait écrite en pleine période de révolte du début de l’âge adulte. Impuissant devant une pléiade de trucs comme les femmes, les voitures et les flasheux, il a composé ce qui allait devenir l’hymne des gens du Saguenay, du moins, ceux qui venaient à nos concerts, la chanson s’intitulait « Va Donc Chier ! »

On est loin de Kafka ou de Kundera ici…

Pour en revenir au Woodstock à Latterière, nous y avons participé. Nous avions la place très enviable du quart de rock de 17h00.

Boire de la bière toute la journée et regarder les autres groupes qui défilaient sur scène, c’était le menu des deux jours au terrain de base-ball de la municipalité.

Avant ce concert que l’on voyait comme l’apogée de la carrière du groupe, nous avions décidé de mettre le paquet… nous portions de flamboyants costumes trois pièces-cravates en plus de trompes d’éléphants et de casque imitant la calvitie. Nous devions entrer sur la même musique qu’Elvis utilisait lorsqu’il entrait sur scène, vous savez laquelle ?

Celle-là !

C’était assez réussi comme entrée, restait plus qu’à être constant. Nous avons fait notre mélange habituel de covers et de compositions, c’était cool !

Je lance entre deux chansons :

« Aie, c’est un Woodstock pis y’en a pas un qui est à poil !? »

Embarras dans la foule, quelqu’un me lance :

« Vous autres à poil ! Enweye, à poil ! »

Suivant la vague, une panoplie de saoulons ont entamé le chant suivant, à l’unisson :

« À poil ! À poil ! »

C’était comme dans Ding et Dong le Film lorsqu’ils sont sur scène au camp de bucherons.

J’ai regardé Michel le bassiste, il a haussé les épaules en guise d’approbation.

« Vous voulez me voir à poil ? » dis-je. « Ben me v’là ! »

Je commençai mon simili strip-tease avec le pantalon. C’était un succès en théorie car j’entendais la foule rire, probablement pour mon superbe boxer ultra magané sur les fesses…

Continuant avec la cravate et la chemise, j’ai aperçu du coin de l’œil, au bas de la scène, ma mère qui me lançait un regard de désaccord. Le genre de face qu’elle me faisait quand je lui disais que je voulais être, plus tard dans ma vie adulte, soit vidangeur ou acteur de porno.

Elle hochait de la tête en panique. J’ai tout de suite su que je devais arrêter mon petit manège car en plus, je voyais que le mouvement de foule en dehors du terrain n’était point celui de filles en chaleur devant un corps très viril mais plutôt un mouvement de policiers venant m’appréhender si le tour de magie de mes vêtements continuait.

« Ben non, je ne me fouterai pas à poil, voyons-donc ! Mais une chose est certaine, on va tous jouer en bobettes ! »

Acclamations unanimes. Michel est déjà en bobettes. Blouin se lance aussi et hop, c’est fait ! Michael le batteur est lui aussi en boxer et il se lève de derrière sa batterie pour démontrer au public l’état de son boxer et de son taux d’alcoolémie avancé !

Ne reste plus que JJ qui ne voulait rien savoir.

Dans le micro, je lance : « Enweye, JJ, en bobettes ! »

Regard craintif. La peur se lisait dans son visage, il ne veut rien savoir !

Je m’approche de lui et lui glisse à l’oreille : « Pourquoi tu veux pas ? On est tous en bobs ! »

« Crisse Klimbo, j’ai vraiment des grosse bobettes laides de bonhomme ! Fuck, on joue, come on !» dit-il.

Hum… pas vraiment. Je me retourne vers la foule, pied sur le moniteur, la brise chatouillant mes poils de jambes ainsi que… pubiens. Je lance, confiant au micro :

« JJ m’a dit à l’oreille que si tout le monde crie JJ, JJ, JJ et bien, il va le faire ! Il va se mettre en bobettes ! Ca fait que GO ! »

La foule d’environ 400 personnes a effectivement chanté les initiales du guitariste qui a finalement cédé sous la pression. En se déculottant, nous avons pu effectivement voir une petite culotte très mononcle Gérard en 1983, de couleur rouge défraichie qui ressemble à du rose maintenant. Très chic…

Toute cette belle bande s’est donc élancée pour les dernières chansons du groupe, le vent nous gratifiant de quelques secousses sur nos petits corps encore pratiquement imberbes.

À la fin du concert, ma mère m’annonce la chose suivante :

« Ouais, c’était chic ? Tu m’as fait peur Yanick Tremblay. En arrivant, tu me mettras ca aux vidanges ses boxers-là, sont tellement finis ! »

« Ben voyons donc, sont un peu slacks… mais … » dis-je.

« Justement, sont tellement slacks qu’on te voyait toute le dessous de la poche et la zoune en avant. As-tu pensé aussi quand tu sautais… on a tout vu, toute… » lance Doris, en conclusion.

C’est ça le monde cruel du rock, on se livre corps et âme !

Parlant de bobettes ou de boxers ajustés…J’ai vu un cover de YMCA de Village People par ce groupe… c’est de toute beauté. Regardez le claviériste… il possède la clé de la joie !

5 commentaires
  • Bisso
    5 septembre 2007

    maudit , Yanick!
    Ça fesait longtemps que j’avais pas ri de même, merci!

    Des jokes de fourche, on se tanne pas.

  • Yannick
    5 septembre 2007
  • Dombrowski
    6 septembre 2007

    Hahaha ! ! ! Matante Doris a toujours le bon mot… ps. la photo est superbe

  • YKT
    6 septembre 2007

    Ouais, mettons…

  • Kolonel
    15 septembre 2007

    J’ai tout ça en vidéo!

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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