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Chanceux comme un quêteux

Kosmos, entrevue complète!

Yanick Klimbo Tremblay
6 septembre 2007

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S’il y a bien un artiste totalement versatile et de talent au Québec, c’est Michel Away Langevin, batteur de Voïvod. Il en a fait des patentes ; il a battu les peaux pour Men Without Hats, Michel Faubert, Les Ékorchés, Paradise et Aut’Chose en plus de créer des trucs visuellement exaltants pour son propre groupe ou pour d’autres ! Infatigable, acharné et laborieux, Away avec quelques amis triés sur le tas dont Vincent de Grim Skunk, JetPhil de Paradise et Alex Crow de Xavier Caféine nous présentent le groupe Kosmos et leur premier album éponyme. Difficile à décrire mais si les sonorités bidouillées aux nombreux claviers interstellaires vous font frémir, vous êtes dans la bonne zone. Deux morceaux de robot du côté de mon ami Michel Langevin. Entrevue COMPLÈTE avec ce véritable mercenaire du rock.

BB: Les influences sont très variées pour Kosmos. Avant que le monde ne se garoche en croyant que Kosmos, c’est du speed métal, peux-tu nous décrire justement cette sonorité en nous glissant quelques influences ?

ML: Nous sommes vraiment influencés par la vague de krautrock, un mouvement progressif allemand des années 70. Il y avait des groupes comme Nektar avec des gris riffs à la Deep Purple avec le clavier au fond mais il y a aussi des groupes comme Kraftwerk, Can et Faust !

BB: Ceux qui connaissent bien Voïvod savent déjà que tu es un amateur de musique progressive mais peux-tu nous parler de la genèse de Kosmos, comment tout ce monde a pu se rencontrer ?

ML: C’est venu de séances d’écoute. Il y a trois ans, moi et Piggy avons fait découvrir le krautrock et le progressif beaucoup plus obscur à Jetphil, du groupe Paradise. Il s’est mis à vraiment cliquer là-dessus. Il a commencé à s’acheter des vinyles rares sur le net de groupes vraiment obscurs, on s’est mis à faire des séances d’écoute une fois par semaine. À un moment donné, Vincent que je connaissais à cause de Groovy, Voïvod et Aut’Chose, je savais qu’il était un gros fan de Zappa. Je me suis mis à lui parler de groupes comme Gong et d’autres groupes progressifs très étranges. On avait tous le même intérêt et Alex, qui était le guitariste de Caféine, il est bon aux claviers donc, c’est surtout lui et JetPhil qui se sont mis à composer en s’influençant du krautrock. On s’est dit que tant qu’à en écouter, on est aussi bien d’en faire ! J’ai pensé tout de suite à Vincent pour la basse car il jamme tellement bien ! On n’avait vraiment aucune attente au début parce que c’était essentiellement instrumental sauf pour la pièce avec Lucien Francoeur et le cover de Gong avec Xavier Caféine.

BB: Justement, Gong est un groupe assez étrange musicalement.

ML: Mets-en ! Ce groupe-là avait une très grosse discipline au niveau du concept qui s’étalait sur plusieurs albums. C’était très intrigant en plus d’avoir une musique très compliquée. C’est du bon stock ça !

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L’album

BB: Mais pourquoi Much Too Old de Gong, chanté par Xavier Caféine. Un choix qui peut sembler étrange pour bien des gens autant pour le choix de la chanson que pour Xavier ?

ML: Je le connais bien, j’ai joué sur ses albums et j’ai fait des concerts avec, en plus de l’expérience de Paradise. C’est juste la même gang avec JetPhil et Alex, qui joue de la guitare avec Xavier Caféine. David Allen, qui est le chanteur guitariste de Gong, lorsqu’il est tombé dans sa période avec Bill Laswell, c’était pas mal punk rock. On a tout de suite pensé à Xavier pour l’interprétation de la chanson. C’est comme la chanson avec Lucien Francoeur, on trouvait que ça sonnait comme une vieille toune d’Aut’Chose…

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Bill Laswell

BB: Justement, c’était ma prochaine question parce qu’« Amérique Innavouable » sonne vraiment comme une chanson d’Aut’Chose. Comment avez-vous abordez l’écriture et la collaboration avec Francoeur.

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ML: Ca été très facile. Lucien a son studio chez lui. Moi et Alex, on est allé chez Lucien avec la chanson. Il avait un vieux calepin de notes, il a écrit un paquet d’affaires, un mélange de vieux poèmes avec de nouveaux poèmes, certains étaient modernisés. Ce qui est le fun avec Lucien, c’est qu’il modifie certains de ses poèmes avec ce qui se passe présentement et je m’en suis rendu compte pendant certains spectacles d’Aut’Chose. Au lieu de dire : « T’es pire que le cauchemar de Dracula » il disait « T’es pire que le cauchemar de Constantine » (en relation avec le personnage de BD et de cinéma)

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Aut’Chose… version années 2000

BB: Dans le livret, il y a le clin d’œil suivant : Johnny Frissons et le retour de Lucien Francoeur » qui fait référence au disque « Le Retour de Johnny Frisson » de Francoeur. C’est pour annoncer sa participation, dans un sens ?

ML: C’est JetPhil qui a écrit ça parce que « Le Retour de Johnny Frisson » est son disque préféré de Francoeur. Il aime vraiment ce disque-là, il trouve que c’est son disque le plus punk. Avec Lucien, ça vraiment bien été, il a fait quelques tracks, récité quelques lignes en improvisant. On a fait une compilation des meilleurs bouts et c’est le résultat !

BB: Kosmos, c’est un groupe, pas seulement un projet ?

ML: C’est presqu’un collectif avec tous les invités. Sur le deuxième, qu’on est en train d’écrire, il va y avoir d’autres invités qui vont se rajouter. On va demander à encore plus de monde de collaborer. Comme je te disais, on n’avait pas vraiment d’attente et on se ramasse avec un contrat avec The End Records pour trois albums. On est bien excité, on n’a aucune limite musicale étant donné que c’est instrumental majoritairement.

BB: Est-ce que le groupe devrait partir en tournée malgré les implications qu’ont certains membres envers d’autres artistes?

ML: Il y a un potentiel de faire des shows par-ci, par-là. Tsé, Xavier Caféine ça va bien son affaire et Alex est occupé avec ça. Vincent avec Grim Skunk, ils sont en tournée indéfiniment.

BB: Pour ce qui est de la participation visuelle et artistique sur ce disque, qu’as-tu fait ?

ML: Le logo et le dessin sur le CD. Tout ce qui est dans livret, avec les images fractales, c’est Ottoblix.

BB: C’est quoi Ottoblix ?

ML: Ce sont eux qui ont monté le DVD de Norman McLaren, un cinéaste de l’ONF. Ils ont fait des vidéoclips pour Xavier Caféine et Voïvod. Ben pour les deux derniers de Voïvod, « Polaroids » et « The Extreme », c’était une collaboration avec Banger Productions, la compagnie qui a fait le documentaire « Metal : A Headbanger’s Journey » Ils font un paquet d’affaires, ils font ben du stock en ce moment comme avec Champion. En plus, ils font des trucs DVD pour Voïvod, au niveau des rééditions des albums sortis dans les années 80.

BB: Tu joues de l’octapad sur l’album?

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Octopad de Roland, old-school!

ML: Je me suis amusé à faire des interludes avec mon vieux stock des années 80. J’ai un vieux sampler Akai et mon octapad Roland. C’était pour avoir la saveur de cette époque. J’en ai mis sur la quatrième pièce qui s’intitule « Yawa » c’est tout simplement Away à l’envers !

BB: Est-ce qu’il y aura un lancement d’album montréalais ?

ML: Oui. En fait, on aimerait le faire au Planétarium avant que ça ferme parce que j’ai entendu qu’il allait fermer. On aimerait monter un spectacle, jouer l’album live à cet endroit. On est en train de booker ça !

BB: Vous avez un contrat de trois albums avec The End Records, qui est la même étiquette qui a sorti Katorz de Voïvod. Est-ce qu’on peut s’attendre à un album de Paranoland, projet de Snake, sur cette étiquette ?

ML: Je sais que Snake a eu de l’intérêt de la part de Nuclear Blast. J’imagine qu’Andreas de The End sera sûrement intéressé d’entendre tout ça ! C’est pas mal cool son projet de techno-métal. En plus, il fait ça avec Botcher, un chum de la vieille garde !

BB: Que penses-tu de l’initiative de Maurice Richard pour le 25e du métal ?

ML: Je trouve ça cool. C’est sûr que je vais aller faire un tour avec la famille D’Amour. Je sais que Snake va parler et c’est vraiment trippant que Dan Mongrain participe parce que c’est lui le guitariste qui clenche en ville ! Je ne pouvais pas confirmer ma présence au niveau musical parce que j’avais des engagements avec Les Ékorchés pour un festival à Rouyn, le FME, mais finalement, on n’y sera pas. Je ne pouvais pas m’impliquer mais je vais aller faire un tour !

BB: Est-ce que le disque sera distribué qu’en Amérique ou en Europe aussi ? C’est le genre d’album qui risque d’intéresser les européens. Les festivals européens l’an prochain ?

ML: C’est mondial comme distribution mais pour ce qui est d’une tournée en Europe, en autobus avec un autre artiste sur The End Records, c’est intéressant mais dans le cas d’une tournée en tête d’affiche en camionnette, je suis plus réticent parce qu’avec l’accident qu’on a déjà eu, ça ne me tente plus beaucoup ce genre d’expérience !

BB: Est-ce qu’il y a des artistes sur The End Records que tu apprécies ?

ML: Il y a un groupe, c’est très progressif, très compliqué. Le nom m’échappe… Le nom c’est un jeu de mots…

BB: C’est Estradasphere ?

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ML: Oui, c’est ça ! Ca pourrait être un bon groupe avec qui on pourrait tourner avec Kosmos. Ca me rappelait Mr.Bungle !

BB: Cette semaine, c’est le triste anniversaire de la mort de Piggy. Crois-tu que les médias auraient dû en parler, du moins Musique Plus, au lieu de nous mettre une reprise de « Matche-Moi Maman » ?

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ML: Ben, la scène métal à la Damnation, Voïvod ou Soothsayer, ça toujours été marginal. On a réussi à partir un marché, ce n’est pas comme si on était devenu des vedettes ! Par exemple, les trucs de Génération 80 à MusiMax, aucun mot sur Voïvod. Fermeture du Spectrum, pas un mot sur le faut que Voïvod a rempli cette place à plusieurs reprises mais le mot Voïvod n’est jamais mentionné en général mais je ne m’en fais pas avec ça !

BB: Avant de finir, pour ce qui est de Voïvod, il y a des rééditions, nouvel album, D-VOD 2 et ton livre. À quoi on peut s’attendre ?

ML: Oui, le DVOD 2 s’en vient mais avant, je dois terminer les DVD Bonus pour les rééditions de Rrroooaaarrr, Killing Technology et Dimension Hatross. Chaque CD est remasterisé et vient avec un DVD en Bonus avec les archives du Iron Gang, notre fan-club dans le temps du mailorder. Je suis en train de digitaliser les archives. Là, j’ai terminé Rrroooaaarrr, je suis en train de faire Killing Technology et ensuite, c’est Dimension Hatross! Rrroooaaarrr va sortir pour la période des Fêtes. Ensuite, c’est le D-VOD 2 qui est la période avec Eric Forrest. J’ai énormément de matériel pour D-VOD 3, la période avec Jason Newsted parce qu’on va filmer les prochaines sessions. Il se peut qu’on fasse des spectacles en 2008, on ne sait pas ! S’il y a lieu, on va filmer ça aussi. On a des projets…

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Voivod… époque Eric Forrest

BB: Tu me parles de 2008, des concerts… J’imagine que tu ne peux pas trop en parler ?

ML: On rêve de faire une espèce de tournée pour promouvoir la musique de Piggy. On aimerait faire les festivals en Europe, quelques shows ici et filmer le tout. On a pensé à Andreas Kisser de Sepultura et il a accepté tout de suite. Il n’y a rien de booké, rien de confirmé mais on rêve à ça, c’est sûr ! Pour 2008.

BB: Pour les rééditions, c’est Sanctuary qui s’en charge ?

ML: Oui, pour Rrroooaaarrr, Killing Technology et Dimension Hatross. The End Records vont ressortir Angel Rat et Outer Limits. Il y a NothingFace qui est dans les limbes parce que l’album appartient à deux compagnies. Il y a du monde qui s’obstine. En fin de compte, c’est un bon problème ! Il y a une compagnie canadienne qui a racheté le catalogue de la période avec Eric Forrest. La compagnie veut ressortir ça sous forme d’un coffret et je crois que je vais inclure D-VOD 2 avec le coffret, probablement, en plus d’un album perdu. J’ai les démos que j’aimerais inclure sur le coffret. À l’époque, en 2001, on avait splitté le band et le studio était booké avec Steve Albini mais trop tard.

BB: Et ton livre d’illustrations ?

ML: Je n’ai pas encore de date. Il y a 135 dessins qui couvrent 1976 à 2006. Pour 1976, c’est quand j’ai commencé le concept et la mythologie de Voïvod. C’était à l’école sur du papier quadrillé pendant que le professeur parlait ! Pour ce qui est de 2006, c’est tout ce qui se rattache au lancement de Katorz à Los Angeles. C’était au bar de Tommy Lee, dans le temps du programme Supernova… Je faisais des dessins dans la chambre d’hôtel. Ca s’en vient bientôt mais je n’ai pas de date!

BB: Fais-tu encore beaucoup d’illustrations pour d’autres groupes ?

ML: Oui, des pochettes, t-shirts, stickers et posters ! J’en fait souvent. La moitié de ma vie, je fais des dessins et je peux même dire que maintenant, ca commence à être le trois quart de ma vie !

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BB: Et les Ékorchés ?

ML: Vidéos et spectacles avec OK Volca. On écrit du nouveau matériel pour le deuxième album.

BB: Merci bien!

ML: Ben cool, à la prochaine!

3 commentaires
  • Sébass71
    7 septembre 2007

    Enfin, une entrevue complète de cet artiste complet qui a tant fait souvent dans l’ombre au Québec mais qui est apprécié un peu partout dans le monde. La contre-culture pour moi c’est pas Stephie Shock! Quand il nous parle de Krautrock, prog ou de punk ou encore quand il valorise l’oeuvre d’Aut’chose ou de Michel Faubert tout en travaillant avec les Ékorchés ou son nouveau projet KOSMOS, voila une entrevue qui vaut la peine d’être lu! BRAVO!

    Sébass71

  • Felix mma
    4 octobre 2007

    J’ais beaucoup aimer la toune dream qui ressemble a un toune de vieux jeu
    video.Bon album c’est le fun d’entendre du monde qui expérimentent

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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