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Chanceux comme un quêteux

Vive les vidanges !

Yanick Klimbo Tremblay
25 octobre 2007

J’oublie souvent les vidanges. Ce n’est pas évident de se rappeler le soir après s’être claqué une journée complète de travail qu’il faut sortir les sacs verts. Je suis crevé, je placote avec MC en regardant les crétineries de la télé ou les programmes qui m’intéressent vraiment.

Le matin, comme le mardi ou le vendredi, j’y pense. Je suis plus lucide les matins après une douche, deux toasts et les dents bien brossées. J’ai le déclic et hop, je prends les sacs verts qui sont sur le balcon et je les sors en même temps que je quitte pour aller au boulot.

Cette semaine, il y en avait deux sacs, Popa de la P’tite Vie aurait trippé car j’avais un sac de mou et un de dur ! J’ouvre la porte, je la maintiens ouverte grâce à ma jambe qui la bloque, question d’être vache au cube et de m’aider convenablement.

En voulant relâcher le tout, mon pied est resté coincé, j’ai perdu mon soulier et l’eau de pluie qui était en équilibre et stable sur le sac me coule sur les mains.

C’est mieux que du jus de poubelle quand même.

La porte se referme avec fracas, réveillant MC, endormie et enceinte. Je laisse les sacs devant la porte, je retourne à la cuisine pour laver mes mains. J’entoure mon foulard et MC arrive pour aller aux toilettes.

Je l’ai réveillée mais pour la crisser encore plus à boute je lui chante le premier refrain de la chanson de Maurane « Toutes les Mamas », un chanteur que j’admire vraiment, toute une pièce d’homme !

« Hé toi, mama!
Je te dis bonjour, alléluia,
alléluia mama… »

Regard de feu… face de bœuf…

yuiyui
Maurane… l’homme, la musique….

Les vidanges, j’ai de bons souvenirs des vidanges. Quand j’étais jeune, à la Coopé nous aimions fouiller dans les vidanges pour alimenter nos jeux de guerre. C’était répugnant parfois mais en général, on faisait de belles trouvailles car nous avions des poubelles communes. Vous savez, ces belles grosses poubelles avec des portes sur le côté, coulissantes ?

Nous étions tous très menus, nous étions assez maigres pour y entrer. À l’intérieur, c’était la chasse aux trésors. J’ai même trouvé des figurines de Gi Joe et des Masters of the Universe. Les chaises, les vieux séchoirs, les tiges de rideaux… tout devenait des armes !

Un gars de la Coopérative était photographe érotique pour le Cabaret Beau Jeu. Une journée d’automne justement, il avait jeté aux vidanges une boîte pleine de photos de prospects, de futures effeuilleuses, danseuses exotiques… appelle ça comme tu veux, elles étaient toutes à poil !

Quand tu as 10 ans et que les seuls seins que tu as vu dans ta vie sont ceux d’une cousine en train d’allaiter le plus jeune, une boîte de photos pleines de filles nues en bottes de cowboy, ça donne un petit coup en bas de la ceinture achetée au Coin des Petits.

Je me demande qui a gardé les photos par contre…

Parlant de vidanges, j’ai un flash. Rue Berri, 2001.

J’étais en appartement. Mon premier emploi en tant qu’enseignant à temps plein. Je suis en colocation avec un gars et une autre fille, les mêmes que l’aventure de Puppetry… vous me suivez ?

Le bonheur en colocation, c’est de diviser les taches de manière équitable. De cette façon, chacun y trouve son compte et personne n’en fait plus que les autres. La vaisselle c’est simple, tu salis tu laves même chose pour la lessive ainsi que nos chambres personnelles!

Mais pour ce qui est de laver la salle de bain et l’aspirateur, nous avions des horaires hebdomadaires. Le seul problème demeurait : Qui va sortir les vidanges ? C’est une tâche très complexe, surtout avec une politique de déchets très stricte sur l’île de Montréal.

Après de nombreux oublis, il se devait qu’une solution arrive. Depuis trois mois, les nombreux oublis ont fait qu’on avait un amoncellement de sacs sur le perron de derrière.

La fille du trio a décidé de prendre l’initiative suivante : Elle va s’en occuper car son horaire lui permettait de le faire à plein temps, sans chichi et tracas.

Les sacs de vidanges étaient donc de sa juridiction, les deux gars de l’appartement n’avaient plus à s’en occuper, FINI !!!

Wow, après trois semaines, plus aucun problème avec les oublis, les sacs sont toujours au chemin… comme on dit !

Un vendredi soir, j’invite quelques têtes poileuses à venir prendre quelques bières avant le concert de Slayer au Métropolis, question de ne pas arriver au concert à jeun, ce qui est considéré comme très gai dans l’entourage métallique !

À un moment donné, mon ami Mytho me dit :

« Estie le Bim, excuse mais ça sent vraiment mauvais ! »

« Voyons-donc, ça sent quoi ? »
dis-je.

« Ouais, moi aussi je trouve ! » lance Sods.

« Gériboire, voyons ! » et je me lève à la recherche de l’odeur nauséabonde.

Nous trois, nous sommes à la recherche de cette source de puanteur. J’ouvre le frigo, c’est peut-être un restant pas très frais. Rien. Je m’enligne le nez dans le fond de l’évier de la cuisine, des fois, les tuyaux peuvent être capricieux ! Rien.

Mytho lâche un wack :

« J’ai trouvé, c’est icitte en tout cas ! »

Interlude :

Grand 5 ½ sur Berri très près de la station de métro. Salle de lavage et chauffage au gaz. Petit cagibi pour y ranger certains effets personnels bien caché tout près de l’armoire de la cuisine, pour informations, Roger au 514-555-1234.

Fin.

Mytho était dans le cagibi, un petit débarras où l’on entreposait les trucs en double et le vélo de mon coloc. En guise d’éclairage, il y avait une ampoule au bout de son socle que l’on devait activer avec une chaînette.

Mytho avait cliqué sur la chaînette et au sol, le spectacle suivant :

Une douzaine de sacs blancs entreposés sur le plancher. En s’accroupissant, on remarquait que certains coulaient et un liquide visqueux se propageait lentement, par gouttes sur le plancher. Le jus de poubelle laissait paraître une flaque visqueuse par terre. En nettoyant malgré d’ultimes frottements puissants, une croûte s’y était généreusement formée; en vain.

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L’odeur se décrivait comme un amalgame de jambon cuit « passé date » avec une dose de nourriture biologique du genre pois chiche. De petits maringouins virevoltaient tandis que je sortais les sacs sur la galerie. Le jus continuait de couler sur mes chaussons tandis que je me dépêchais de sortir les responsables de l’odeur pestilentielle. Le cœur aux lèvres, je maudissais le nom de ma colocataire.

Il y avait l’équivalent de nombreuses semaines de vidanges dans le petit débarras. Elle pouvait bien être assidue avec les vidanges, elle ne les sortait tout simplement pas!

Quand je lui ai demandé pourquoi elle avait fait cela, sa réponse fut :

« Il fait trop froid dehors, je me disais qu’en les mettant là, j’allais les ressortir à un moment donné ! »

Ma réponse :

« T’as pas remarqué que l’accumulation était dégueulasse câlisse ? »

Elle se rend compte que c’est totalement crétin…

« Je voulais les sortir mais, en tout… criss… ah … »

Elle quitte dans sa chambre.

Nous avons sorti tous les sacs, c’était hallucinant comment c’était swompeux et puant !

Elle nous a évités du regard quelques jours par la suite.

Ce que j’écoute pas mal :

The Vision Bleak « The Wolves Go Hunt Their Prey »

asdasdasd

C’est sur Napalm Records, si vous aimez Paradise Lost et Type O Negative mais un peu plus boogie, c’est en plein pour vous !

Paroxysm « Scars of the Art »

qweqweqw

L’album métal au Québec en 2007, c’est drette-ça ! Ca vous le prend, point final !

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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