BangBang : bangbangblog.com

Chanceux comme un quêteux

Osheaga (jour 2)

Yanick Klimbo Tremblay
6 août 2008

Le lundi 4 août 2008 au Parc Jean-Drapeau de Montréal

Le lundi 4 août est jour férié partout au Canada… sauf au Québec ! Mais à quoi ont pensé les organisateurs d’Osheaga ? Un suicide de ce fantastique festival ? Réunir une foule en plein lundi, ce n’est pas une tâche facile car c’est, en ce lundi, le retour au travail après deux semaines de vacances ! Idée saugrenue ou plan génial ?

À ma grande surprise, il y avait une bonne foule dès l’après-midi. Certains ont du prendre la journée de congé après tout !

Je peux vous dire que je « clashais » pas mal avec mon t-shirt de Pig Destroyer parmi cette foule de « hipsters » et de « m’as-tu vu ? » très « fashion rue St-Laurent »… C’est cool d’avoir l’air cool mais quand le sarcasme prend le dessus sur ton allure, ça cloche en gériboire ! Ambiance tout de même très festive, de nombreuses familles, des gens qui poussent les poussettes, des têtes blanches et de jeunes bambins, oui Osheaga est familial et hip, il faut se l’avouer !

Oui…Journée familiale pour ma part, je suis sur le site avec ma copine, ma mère en plus de ma fillette et notre journée commence avec The Kills, un duo (en plus de former un couple) assez tonitruant qui propose un rock bien salaud tout en étant minimaliste. C’est ensoleillé, comme vous pouvez le voir sur mon vidéo, mais les deux musiciens sont vêtus de cuir/jeans noir suintant car ils ne cessent de se démener pour la foule très nombreuse devant la scène MEG. Nous sommes charmés par ce que nous voyons et entendons, une bonne dose d’adrénaline en ce début de journée, rien de mieux !

The Weakerthans se produisait sur une des grandes scènes, c’est-à-dire celle surnommée De la Montagne. Sonorité folk-rock très « ouest-canadien » qui ne me plait guère. Le groupe a pu profiter de la largesse de l’organisation pour jouer quelques minutes additionnelles, au grand plaisir des étudiants de McGill présents au devant de la scène !

The Black Keys est un duo qui pourrait vous faire penser, si vous manquez d’imagination, aux White Stripes étant donné que l’on retrouve percussion et guitares uniquement. Pour ce qui est de l’approche musicale, c’est un tantinet plus près de Big Business mais moins en performant. Habile complicité entre les deux musiciens, les pièces se suivent et la curiosité monte.

Le groupe très « sensationnel » et coloré Gogol Bordello est un collectif qui peut rappeler les beaux-jours de Me Mom & Morgentaler par leur présence explosive sur la scène ainsi que la diversité musicale des pièces. Gogol Bordello combine environ tous les genres musicaux possibles allant du gitan, le manouche, au punk à la bossa-nova et le funk ! Le groupe est mené par un excentrique à l’allure totalement louche du nom d’Eugene Hutz. Son style combine la stature de Borat, la moustache de Ron Jeremy et les habits de Gilbert Delorme sur son disque d’exercices. Ce groupe a fait embarquer les gens, prestation digne d’intérêt, musique festive mais qui tape à la longue. Idéal pour un festival mais je doute de l’expérience sur disque…

borat
Borat +
ronjeremy
Ron Jeremy +
Photobucket
Gilbert Delorme = Chanteur de Gogol Bordello!

Ma surprise de la journée est sans aucun doute Duffy. Je m’attendais de bailler aux corneilles pendant sa prestation mais je suis ravi et conquis ! Petite de stature mais une voix de Valkyrie teintée de soul et de blues, elle nous chante ses peines d’amour sous une musique calme rappelant l’époque semi-folk soul des Bee Gees et non pas l’époque disco ; non ! S’efforçant de parler en français avec les quelques mots appris en après-midi, la Galloise a véritablement conquis la foule, c’est indéniable !

La grande majorité des gens arrivent vers 17h00. La journée de travail derrière, pourquoi ne pas en profiter pour aller terminer la soirée au Parc Jean-Drapeau ? Pendant Broken Social Scene, c’est l’entrée de quelques milliers d’amateurs de Jack Johnson qui passent les tourniquets et pendant ce temps, je profite de cette fin de journée pour apprécier les quelques chansons que je connais de ce collectif. Broken Social Scene prenait la même place qu’occupait Stars l’an passé, c’est-à-dire celle d’un super-groupe canadien composé de gens de la scène très alternative du pays. C’était assez solide, bonne chimie entre les musiciens, le tout sous un fond de ciel arborant un flamboyant arc-en-ciel !

Jack Johnson… non. Nous ne sommes pas restés au Osheaga après Broken Social Scene et ce n’est pas parce que ma fille manquait de couches propres. C’est plutôt que cette version « surf-américaine » d’Henri Dès ne me turlute pas grand-chose… Jack Johnson, il faut être honnête, ca demeure de la musique pour enfants… du moins musicalement !

henri
Henri Dès et Jack Johnson… même combat!

Nous avons quitté par la suite. Satisfaits, oui, mais aucunement épatés par le choix d’artistes offerts en cette année, du point de vue d’une seule journée par contre mais le dimanche ne me semblait guère mieux. Oui, il y avait beaucoup de gens, mais combien étaient des entrées payantes ? De très nombreux billets étaient offerts gratuitement dans les stations de radio, journaux et même certaines compagnies de téléphone cellulaire en donnaient!

Osheaga est un festival qui a sa raison d’être mais qui risque de s’essouffler peut-être par le manque d’intérêt des gens par, quel hasard, le manque de « grosses pointures » du domaine de la musique dites « alternative » Oui, c’est très alternatif comme liste d’artistes mais pour Joe Bleau ou Monsieur Toutlemonde, ca manque de grosses vedettes !

J’aime bien le côté « découverte » du Osheaga qui me permet de connaitre de nouveaux groupes mais est-ce qu’un festival peut subsister longtemps sous cette formule ? J’aimerais que la réponse soit oui…

La plupart des artistes présents, lors de deux jours, sont du calibre des salles de spectacles allant de « très petite » à « moyenne envergure », et qui s’apprécient beaucoup plus dans de petites salles justement, comme Cat Power, Matt Costa ou Cœur de Pirate par exemple.

Pour être dans la même catégorie que les Coachella et Lollapalooza, il va falloir se redresser les manches pour attirer les foules à Montréal ! Oui, Osheaga présentait de nombreux artistes présents à Lollapalooza quelques jours avant mais sans les gros noms qui déplacent les badauds comme Nine Inch Nails, Radiohead ou Rage Against the Machine!

Radiohead, justement, joue au même endroit deux jours plus tard… un combo aurait pu être très avantageux, n’est-ce pas ?

Montage vidéo :

Moment magique : La caissière qui me remet 19$ de change sur un 20$ après l’achat d’un sandwich à 6$

Moment de marde : Les crétins de Lake George, aux Etats-Unis qui ont décidé de jouer au Frisbee dans la foule. De bons petits jocks de très bonnes familles, fréquentant l’Adirondack Community College et une autre personne dont je ne suis pas certain encore si c’était une fille ou un gars…Bref, ils se lançaient un Frisbee. Légèrement fripés par l’excès de bières consommées, de la Molson Dry donc plus forte qu’une Coors Light à 3.9%, ces charmants américains aussi sympathiques qu’une porte à double-battant, ont décidé de se dégourdir les jambes mais en se crissant totalement des gens autour.

J’ai attendu en espérant que leur estie de Frisbee ose m’effleurer ne serrait-ce que le lacet de la chaussure. J’ai l’œil vif, ma fille est dans les bras de sa mère et d’autres personnes ont des enfants autour de l’équipe Frisbee, mais de toute façon, ce n’est même pas une question d’enfants ; tu ne joues pas au Frisbee dans une foule, that’s it !

Comme de raison, le Frisbee est atterri à mes pieds, un des jocks arrive :

« So sorry man” dit-il.

“Yeah but could you take care, there are some kids around here, not a nice place to play, it’s an outdoor concert, you got some people around !” dis-je.

“Just try to pass the time, you know!”
dit-il pendant que je lui redone son Frisbee du pied.

“Where are you from, Ontario?” dis-je avec toute mon arrogance.

“No Lake George, got a problem with that?” lance-t-il patriotiquement.

“Nope, so get lost…”

Je venais de ne pas me faire de nouveaux amis…

PS: Ceux qui ne comprennent pas l’anglais, trouvez-vous un site de traduction ou imprimez le tout, allez dans un magasin La Baie de la grande région montréalaise, une dame peut vous aider, elles ne parlent qu’en anglais de toute facon !

Pendant la journée, nous avons appris que le camion avec tout l’équipement appartenant à Iggy Pop and the Stooges avait disparu, volé par une bande de malfrats, probablement quelques fêlés sur le crack en manque de sensation et/ou de dope.

Voler Iggy Pop, faut le faire ! Pourquoi pas un Wedgie au Pape ou un Charley Horse au Dalai Lama ? Il ne faut pas mélanger religion et musique mais le personnage qu’est Iggy Pop a probablement la même valeur iconographique pour bien des gens que les personnes susmentionnées !

Tant qu’à voler de l’équipement musical, lâchez-vous donc dans le stock de Garou ou de Boom Desjardins, on va avoir la paix pendant quelques temps !

Remerciements à Christine Montreuil chez GEG.

Un commentaire
  • Carole
    9 août 2008

    Antiaméricanisme primaire.
    Remarque, je dis rien.
    Ça m’inspire pareil, les Québécois ;-)

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

À propos…

RUBRIQUES