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Chanceux comme un quêteux

Fuck The Facts… entrevue complète!

Yanick Klimbo Tremblay
9 septembre 2008

Fuck the Facts est membre de la famille métallique canadienne depuis quelques années déjà. Maintenant signé chez Relapse depuis deux albums, leur tout dernier, intitulé Disgorge Mexico s’est fait attendre tout comme un plat de tacos lors d’un samedi soir très engorgé par d’immondes affamés de bouffe mexicaine au resto Carlos & Pepe ! Entrevue avec Mel Mongeon, LA responsable des voix.

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Peux-tu nous parler de Disgorge Mexico?

En comparaison avec le dernier, c’est un album plus long au niveau du temps qui est d’environ 45 minutes. Si je dois comparer, je dirais que c’est plus varié que Stigmata High Five avec un son plus raw. C’est plus grind mais en même temps, plus relax à certains moments. Ce n’est pas seulement des chansons dans le tapis.

À l’origine, ce disque devait être lancé le premier avril, quel a été le pépin ?

C’est juste qu’on était vraiment brûlé ! Nous avons fait de la tournée comme de vrais mongols et nous nous sommes retrouvés tout de suite en studio. Nous avons pris une pause entre l’enregistrement de la musique et l’enregistrement des voix. Nous avions besoin d’un break, c’était évident. Pour ce qui est du mix, après l’enregistrement des voix en novembre, ce n’était pas facile non plus car Craig Boychuk (réalisateur) était à Winnipeg et nous, nous sommes à Ottawa. Le délai entre recevoir le mix de Craig et de faire des sessions d’écoute de notre part pour donner notre opinion, c’était un peu complexe. Le dead-line est arrivé. Craig devait nous l’envoyer mais nous n’étions pas encore satisfaits avec ce qu’on avait. On s’est dit qu’il valait mieux retarder la date de sortie plutôt que de sortir un album sur le rush.

Et Relapse, ils vous ont laissé carte-blanche ?

Oui, ils sont vraiment cool ! Nous avons annoncé à Relapse qu’on ne pouvait pas respecter le dead-line. Quand nous avons donné le master de l’album, au début mars, c’est à ce moment qu’ils nous ont donné la nouvelle date de sortie.

Au sujet du titre, est-ce en relation avec le fait qu’il existe deux Disgorge, un américain et l’autre mexicain ? Un clin d’œil ?

Ben, c’est le fun d’entendre ça ! Je vois souvent des posts sur Internet de gens qui pensent que notre titre est en relation avec le fait qu’on veut essayer de sonner comme Disgorge ! Mais c’est justement un clin d’œil comme tu dis, une blague underground. Nous autres, nous avons trouvé ça bien drôle, peut-être qu’on a passé trop de temps dans la van de tournée ! Quand nous faisons de la pré-production, nous donnons toujours un titre provisoire au disque et nous avons décidé de garder ce titre, Disgorge Mexico, pour l’album.

Je regardais vos dates de tournée, vous êtes aux États-Unis pendant un mois environ, c’est comment d’être la seule fille sur un total de 4 groupes, donc une quinzaine de gars?

En général, je n’ai jamais eu de problème. Peut-être que d’avoir fait la même chose dans les années 70, j’aurais trouvé ça rough ! Peut-être que j’aime mieux entendre des pets et des jokes de cul de la part des gars que des histoires de filles qui se pètent un ongle…

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J’imagine que tous les gars qui t’entourent, dans ton groupe et les autres en tournée avec Fuck the Facts, doivent avoir un esprit protecteur envers toi ?

C’est certain que si un gars se montre très irrespectueux envers moi pendant un show, je pourrais compter sur un des gars ! Ce ne sont pas des choses qui arrivent.

Tu n’as jamais eu de mauvaises expériences ?

Non… ben attend une minute. J’ai déjà slammé un gars d’une claque dans la face, une fois.

Peu de gens le savent mais le nom de votre groupe provient d’une pièce de Naked City, groupe de John Zorn. Pourquoi avoir choisi spécifiquement ce nom parmi la panoplie ?

À la base, c’est Topon qui a choisi le nom parce que c’était son projet solo. Il aimait cet album, il était dans une passe un peu plus expérimentale et ce qu’il aimait, surtout, c’était l’idée que représentait le nom, le concept relié au fait qu’il n’allait pas se mettre de limites vis-à-vis son projet. Il se disait qu’il allait créer quelque chose qui, si dans 15 ans devient du blues, c’est justement car il ne se donnait aucune limite.

Question du genre Filles d’Aujourd’hui…

Wow, j’aime ça ! Mon père me donnait le magazine gratuitement quand j’étais plus jeune…

Ah oui, comment ça ?

Il travaillait pour eux autres, c’est pour ça !

Comment ta parenté voit-elle ton choix de carrière, du fait que tu ne fais pas un métier conventionnel ?

Je ne pense pas qu’ils voient ça, très bien… de mon côté. Les parents de notre batteur ont certains doutes mais ils nous supportent. La mère de Topon est une artiste, c’est sûr qu’elle trippe mais elle ne vient plus aux concerts. Mes parents trouvent intéressant que je voyage beaucoup mais je ne pense pas qu’ils trippent tant que ça ! Ils ont peur, c’est l’instinct maternel et paternel, que je me maganne la voix. Je ne sais pas si tu te rappelles, à un moment donné il y a eu un article dans le Journal de Montréal sur le fait de « crier » Il y avait moi et le chanteur de Ghoulunatics en entrevue. Ma photo était dans l’article et tu sais comment ce journal est sensationnaliste, il y avait d’inscrit, comme titre : « Crier jusqu’en mourir » Ma mère me téléphone en panique, en me disant qu’elle me l’avait dit que c’était dangereux et qu’en plus, c’était confirmé dans le Journal de Montréal ! Si le Journal de Montréal me le dit, c’est que c’est vrai !

Je te dirais aussi que bien souvent, je n’ai pas envie de dire à ma famille que le nom de mon groupe est Fuck the Facts. Au party de Noël, quand ca fait deux ans que tu n’as pas vu la plupart des membres de ta famille, ça ne me tente pas. Je n’ai juste pas envie d’en parler, ca évite bien des questions. Quand tu sais qu’ils ne comprendront pas en plus…c’est moins de trouble !

Il y a de plus en plus de filles dans le domaine métal, as-tu droit à certaines rencontres avec des filles qui viennent te parler du fait qu’elles ont leur propre groupe, que tu es un modèle d’inspiration ?

J’ai des filles qui viennent me voir en me disant que je leur donne le goût de commencer à chanter ou elles me disent qu’elles ont un groupe. Moi je trouve ça cool, si je peux en motiver quelques-unes !

Dernière question du genre Filles d’Aujourd’hui : que penses-tu du numéro annuel des Hottest Chicks in Metal du magazine Revolver ? C’est ce numéro dans lequel ils prennent les filles qui sont dans des groupes métal, les mettent en bikini pour faire saliver les gars !

Je vais te dire un secret qui n’en sera plus un. Revolver m’a interviewée pour ce numéro mais je n’ai pas passé ! Mais j’étais tellement contente de ne pas avoir passé la « cut » parce que les questions, oh, je capotais ! Du genre : Quels sont tes « turn-offs ? » Moi, je répondais : « Je ne sais pas moi, un gars qui ne se lave pas pendant deux semaines quand nous sommes dans la van ! » Je pense que mes réponses étaient trop connes pour eux-autres, comme leurs questions de toute façon! Lorsque j’ai vu l’édition et que je me suis aperçue que je n’étais pas dedans, j’étais très soulagée. J’ai vu quel était l’objectif de Revolver et je me suis jurée de ne plus jamais me faire prendre par ce genre d’entrevues même si je n’ai pas eu les conséquences. C’est un drôle de feeling quand tu passes l’entrevue, t’es vraiment comme « Eurkkk »

C’est cool pour les gars d’avoir cette édition spéciale mais je ne suis pas intéressée d’être dans le magazine pour être une Hottest Chick in Metal. Mais il me ferait plaisir de faire une entrevue, avec eux, si c’est pour parler de notre musique !

En fin de compte, tes réponses n’allaient pas avec la philosophie de Revolver ?

Je pense que mes réponses sonnaient trop comme étant celles d’une fille qui sort du bois ! Ce n’étaient pas des réponses qui avaient le potentiel d’exciter les lecteurs ! Très, très mauvaise expérience !

C’était comment de faire la tournée de Today is the Day avec l’énigmatique Steve Austin ?

C’était fou ! J’ai bien aimé le fait de vivre l’expérience d’en dehors, je ne sais pas comment ça peut être vécu en étant dans son groupe. C’est tout un personnage. Ils sont restés deux jours chez moi, nous avons été au karaoké, c’était bien le fun ! Tu vois que, ben… il est comme dans sa bulle. Il m’a donné une strap de mitraillette en guise de cadeau mais c’était de manière très solennelle. Pour lui, c’était vraiment un gros cadeau pour me remercier de mon hospitalité.

Il ne te manque plus que la mitraillette ?

Il m’a dit : « Tu sais qu’au Canada, peut-être qu’un jour, il faudrait se défendre… » Pour moi, cette réplique symbolisait tellement le personnage ! Y’é ben fin !

Des dates pour le Québec ?

Pas pour le moment !

Yanick Klimbo Tremblay

www.fuckthefacts.com

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