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Chanceux comme un quêteux

(Entrevue) Trigger the Bloodshed et quelques critiques en plus d’une suggestion!

Yanick Klimbo Tremblay
16 mai 2009

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Du pays des dents croches, des Fish & Chips, du thé et des filles laides nous arrive une formation qui détonne en bazwell ! L’étiquette deathcore s’apposerait facilement sur Trigger the Bloodshed mais le tout reste facile, diminutif même. Ce groupe est brutal à souhait, prenant des influences des maîtres du genre comme Suffocation tout en restant très moderne dans leur son. Méconnu ici, n’ayant jamais traversé l’Atlantique, Trigger the Bloodshed est un groupe très jeune qui risquerait de plaire à tous les amateurs de death moderne, avides du Summer Slaughter Tour ! Entrevue avec David Purnell, bassiste.

The Great Depression est le titre de votre nouveau disque et il est en parfaite relation avec la conjoncture économique. Vous êtes un groupe qui est constamment sur la route, est-ce que cette crise mondiale a commencé à vous toucher avec le prix élevé de l’essence, le prix de la nourriture et en même temps, il y a moins de gens qui vont voir les concerts.

Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas été très touchés par cette crise sauf pour ce qui est du prix de l’essence. La situation a dégénéré depuis que nous sommes revenus de notre dernière tournée par contre. Le tout risque d’être excessivement ironique si nous revenons de notre prochaine tournée totalement cassés car les gens ne peuvent plus se permettre, monétairement, d’assister à des concerts !

Ce disque est très brutal, il n’y a aucun répit et aucun moment n’est laissé pour que l’on puisse reprendre notre souffle ! Il est intéressant de noter que vos textes ne parlent pas de trucs brutaux au sens propre, comme tirer des gens au hasard ou d’actes de décapitation, par exemple. Les textes de Trigger the Bloodshed sont sérieux, tout de même. Est-ce une décision commune d’avoir des textes plus politiques ou bien vous laissez le loisir à Jonny, votre nouveau chanteur, d’y aller avec ce qui lui plaît ?

Nous avons toujours été plus intéressés par les textes basés sur la réalité, comme celles que l’on peut voir aux nouvelles le soir à la télé. Le tout c’est fait de manière naturelle avec Jonny car il nous est arrivé avec des textes très forts et sérieux, justement. Le premier album a été fait un peu à la hâte et nous n’avons pas eu le temps de se donner un thème commun, un sujet principal ou un concept. Cette fois-ci, c’est différent et Jonny nous a apporté ses idées et nous sommes excessivement satisfaits de son travail ! C’est définitivement mieux de pouvoir transposer sur scène un contenu auquel tu crois à la base. Je crois que notre nouvel album a, justement, un côté un peu plus passionné et enivrant.    

Parlant de Jonny, il est votre nouveau chanteur. C’est la situation typique des groupes death métal avec des membres qui sortent et d’autres qui entrent. Mais maintenant, vous avez de l’expérience de scène et de studio avec lui, peux-tu me dire si vous sentez que le groupe est très fort, que l’équipe est solide même si Trigger the Bloodshed est une formation relativement nouvelle ?

Oui, son arrivée a transformé le groupe, nous sommes plus forts, maintenant. En plus, nous nous entendons à merveille. Nous sommes très heureux!

Pour en revenir à vos chansons, vous avez des sujets assez sérieux comme la guerre et l’état pitoyable de la société moderne en général. Mais une chanson de l’album a capté mon attention et c’est The Infliction of Tophet (L’affliction de Topheth) probablement pour sa valeur biblique et historique, ce qui contraste avec vos autres titres. Topheth était une cité dans la Bible, une ville relié à Jérusalem et l’Enfer ?

Oui, c’est bien ça! C’était un endroit, dans la vallée de Hinnom, près de Jérusalem. C’était un lieu de culte et de nombreux enfants furent sacrifiés à cet endroit, immolés par le feu. Par la suite, Topheth a été utilisé comme dépotoir et comme lieu de sacrifice où l’on brulait les incultes. Par contre, cette chanson est sur Robert Mugabe (Président de la République du Zimbabwe) et son régime dictatorial qu’il afflige aux Africains. Topheth est aussi en relation avec l’Enfer, c’est un dérivé. On considère le régime de Mugabe comme étant infernal et ce qu’il impose aux gens de son pays est digne de l’histoire de Topheth.

Sur votre premier album, Purgation, vous aviez cette belle petite maison de la campagne mais pour ce deuxième album, c’est le contraire. On retrouve sur la pochette deux personnes pendues à l’intérieur d’une maison délabrée et détruite, dans une ville tout aussi délabrée et détruite ! Peux-tu nous parler du processus de création pour cette image ? Il y a énormément de souffrances sur cette pochette…

 

C’est certain que ce n’est pas une pochette où l’on peut sentir beaucoup de joie. Il n’aurait pas été correct de mettre quelque chose de très amical ou gai sur la pochette. Nous en sommes venus très naturellement à ce concept et tout le monde était d’accord. L’image est directement influencée par les paroles de la chanson Terminus, qui est la dernière du disque. C’est la chanson la plus apocalyptique du disque, elle représente la situation actuelle qui, selon nous, est en train de se produire dans notre société moderne. Ce sont des parents qui ne laissent rien de bon à leurs enfants et les générations suivantes ; à l’exception d’une souffrance engendrée par ce monde qu’ils ont créé. C’est une métaphore!

Vous avez fait une tournée européenne avec deux groupes de chez-nous; Cryptopsy et Beneath the Massacre. Nous, en tant que Québécois, sommes de bons buveurs. Ont-ils été fidèles à notre réputation ? As-tu de bons souvenirs de cette tournée ?

Ouais, des gens fantastiques et deux groupes géniaux! Cette tournée était une véritable partie de plaisir et je dois avouer que nous avons quelques bons souvenirs de saouleries. Mais je dois avouer qu’ils ont été battus à plate couture par Mumakil, le groupe qui ouvrait lors de notre arrêt en Suisse. Ces gars savent comment boire !

 

Vidéoclip pour la pièce The Great Depression

Vous jouez un genre de death métal qui est très brutal, technique et performant. Ce genre est très populaire en Amérique du Nord mais comment est la scène pour vous en Europe car on s’imagine que le seul métal qui obtient du succès dans votre coin, est le power métal ou le black métal?

La scène death métal a toujours été en santé ici mais elle a pris une certaine dose de popularité depuis quelques années. Heureusement, le tout va continuer et grossir encore plus !

www.myspace.com/triggerthebloodshed

L’album The Great Depression est en magasin

Critiques d’albums!

IQ

Frequency

InsideOut/SPV

Avec une carrière qui s’étend sur une bonne vingtaine d’années… pratiquement trente, il était à peu près temps que j’entende parler de ce groupe progressif. Je sais, IQ n’est pas le nom le plus winner mais que voulez-vous, on en doit aucunement juger un groupe par son nom. Mais comment décrire le son d’un groupe progressif qui existe depuis tellement longtemps mais qui nous tombe sur le nez 28 ans après ses premiers balbutiements ? Je dirais tout simplement, et ce sans avoir entendu les autres albums du groupe, qu’IQ sonne comme si Genesis, période Trick of the Tail, avait continué à faire de la musique aujourd’hui. On peut ressentir sans aucune subtilité l’influence musicale de Genesis sur presque toutes les pièces de l’album. Ce n’est pas que c’est irritant, au contraire ! Lors de certains passages, et ce sur toutes les pièces, on remarque un clin d’œil à Genesis que ce soit dans la sonorité de la guitare et de ses montées vertigineuses sur Frequency ou dans la sonorité de la basse excessivement roulante en concordance avec le clavier sur Ryker Skies qui sonne très Squonk de Genesis. Un élément que l’on ne peut passer sous silence est la grande maîtrise du clavier de Mark Westworth, qui dose le tout de façon modeste, rien de très ventripotent comme dans bien d’autres productions progressives. Frequency peut sembler un peu flegmatique lors de la première écoute mais après quelques séances, on fait abstraction des similitudes très Genesis et on apprécie grandement cette production. 

http://www.iq-hq.co.uk/

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Date de sortie : 2 juin 2009

Primordial

Imrama

Metal Blade

Réédition de ce disque de 1995 de Primordial, question de motiver les troupes pour la tournée Paganfest, probablement, car le dernier album de Primordial, l’excellent To the Nameless Dead date de la fin 2007. Imrama nous présentait une formation plus jeune et moins sûre de ses moyens quoique très efficace. Un peu plus black métal que les derniers efforts connus ici, grâce à Metal Blade par exemple, il reste que le matériel a très bien vieilli. Quelques touches païennes, très folklore irlandais, se retrouvent sur les pièces The Darkest Flame et Fuil Arsa mais en général, le côté excessivement glauque et pluvieux du groupe est bel et bien présent, il n’y a pas de petites incursions ensoleillées sur ce disque. Cette réédition est agrémentée de nombreux démos des pièces d’Imrama et le tout sonne bien pour des démos… datant d’avant 1995 en plus ! Tout comme le climat et l’ambiance générale que l’on connait de l’Irlande, nul ne peut douter de l’influence météorologique sur ce groupe. Redécouvrir Imrama est un bon moyen de comprendre l’évolution de ce groupe très sous-estimé mais qui est tout de même, vachement talentueux !     

www.primordialweb.com

primordial

Oceansize

Frames

Superball Music/SPV

Oceansize est un groupe anglais de la ville de Manchester mais qui n’a pas le son typique de cette ville, y allant avec des trucs musicaux plus musclés quoique très planants par de nombreux instants. Le son que l’on retrouve sur cet album me rappelle sensiblement un groupe comme Aereogramme (surtout sur la pièce Savant) par son approche progressive mais avec une forte teneur en pop. Ce troisième album est paru à l’origine en 2007 mais cette toute nouvelle version comprend un DVD, en bonus, qui comprend toutes les chansons de Frames mais en format concert-privé dans un genre d’entrepôt ou hangar. Même si la musique du groupe est étiquetée de progressive, le tout demeure très rock et accessible jusqu’au bout des ongles d’orteils. La preuve ? Une pièce d’Oceansize, qui provient de leur album précédent Everyone Into Position, est même disponible sur la trame sonore de la télésérie The OC ; vous voyez le genre quand même ? Loin d’être le groupe le plus obscur de toute la Grande-Bretagne, Oceansize nous permet d’apprécier un groupe anglais de Manchester  qui n’a pas la prétention d’être les nouveaux Stone Roses, Happy Mondays ou The Charlatans !

Fait cocasse : La première pièce de l’album s’intitule Commemorative _______ T-Shirt mais à l’origine, elle portait le nom de Commemorative 9/11 T-Shirt. La compagnie de disques ne croyait pas que c’était une bonne idée et a demandé au groupe d’enlever la référence aux attentats du 11 septembre…

www.oceansize.co.uk/

framesDate de sortie : 19 mai 2009

Long Distance Calling

Avoid the Light

Superball Music/SPV

Long Distance Calling… 3 mots, 3 coins, 3 angles! Décrire la musique du groupe, c’est comme un triangle isocèle mais musicalement comparatif. Le premier angle serait représenté par la touche métalliquement instrumentale de Pelican. Le second angle aigu serait occupé par Karma to Burn avec son déhanchement boogie Rock N’ Roll et le dernier angle, un petit soupçon de pizzicato d’Explosions in the Sky, formation fortement reconnaissable pour leur pincements de guitares sonnant comme des gouttes de pluie tombant sur une toiture en tôle. Si vous avez suivi mon analogie, vous avez maintenant compris que Long Distance Calling est un groupe qui joue dans les horizons du post rock instrumental. L’ajout d’ambiances électroniques joue grandement en leur faveur, dissociant le groupe de ses compatriotes instrumentaux.  Sur ce deuxième album, la formation allemande y va encore une fois de puissantes pièces qui se montent solidement par elles-mêmes sans véritables efforts, le tout étant fortement propulsé par des musiciens expérimentés. Sur les six pièces de l’album, cinq sont instrumentales. Il n’y a que The Nearing Grave qui est agrémentée de paroles car elle est interprétée par Jonas Renske de Katatonia. Sur leur premier album, le groupe avait fait la même chose en invitant Peter Dolving du groupe The Haunted pour pousser la note sur une pièce. Belle découverte et très versatile, ce groupe n’est aucunement limité malgré l’absence d’une tête chantante !

www.myspace.com/longdistancecalling

LDC_cd_2009_promo.inddDate de sortie : 19 mai 2009

Curiosité, à découvrir !

Si vous aimez le black métal fortement original, il est intéressant de noter que la formation Wolves in the Throne Room sera en concert cette semaine, à la Sala Rossa de Montréal, le 19 mai.

Pourquoi curiosité? Wolves in the Throne Room, à la base, fait un black métal de la vieille école absolument impeccable. Le trio, originaire des Etats-Unis, habite sur une ferme où ils sont autosuffisants.

« Euh, Monsieur le prof, je comprends pas…. ? »

L’autosuffisance est un concept qui remonte à la colonisation, c’est lorsqu’un cultivateur produit sa propre nourriture pour survivre uniquement, sans avoir à s’inquiéter des emplettes au supermarché !

Je ne crois pas que le groupe tente de vous séduire avec ce concept entre les chansons mais dans un monde de surconsommation, il est intéressant de voir qu’il y a encore des gens qui réussissent à survivre… avec le strict minimum !

Autres bonnes raisons d’assister à ce concert : Les groupes en première partie comme Thrones, Krallice (avec Colin Marston de Dysrythmia et Behold… the Arctopus !) et A Storm of Light (avec Josh Graham, qui est un ancien membre de Red Sparowes, guitariste pour Battle of Mice et directeur visuel pour Neurosis)

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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