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Chanceux comme un quêteux

Clutch en concert le 13 septembre (critique du concert)

Yanick Klimbo Tremblay
18 septembre 2009

drums

Studio Juste Pour Rire de Montréal, le 13 septembre

Quoi de mieux que d’inviter la personne qui te fait découvrir un groupe lorsque tu reçois une belle paire de billets gratuite ! J’en profite pour inviter Alex Beaumont au concert de Clutch car c’est grâce à lui si je suis à l’affut de la carrière de ce groupe du Maryland depuis pratiquement 15 ans déjà.

Dans le temps à Chicoutimi, Alex était le seul à posséder une voiture et les deux premiers albums de Clutch jouaient en permanence dans son stéréo de char. Enregistrés sur une cassette 90 minutes, on pouvait se les clancher un en arrière de l’autre sans broncher, jamais écœurés par la sonorité rock-métal-jammeuse de Clutch. De lifts en lifts, de ballades en ballades, de bières de stationnement en bières de stationnement, aucune écoeurantite pendant de nombreuses semaines. La voiture d’Alex roulait aux rythmes du groupe où l’on pouvait s’entasser à plusieurs, à la recherche de quelques bonnes soirées ou pour chasser le temps morose pour en finir dans un bar à s’enfiler quelques bières…

Cette salle, le Studio Juste pour Rire, sonne bien, il n’y a aucun doute mais les gigantesques poutres qui se retrouvent en beau milieu du plancher, ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable au niveau du champ de vision, c’est assez dérangeant. Les concerts de style cabaret et de préférence assis à des tables doivent être plus que révélateurs mais ce ne sont pas les conditions qui se présentaient pour cette tombola du dimanche.

C’était ma deuxième expérience à cet endroit et l’immense satisfaction de revoir Clutch en cette soirée m’emballe au plus haut point. Les concerts de Clutch se suivent mais ne se ressemblent jamais grâce à une astuce de changement au niveau du choix des chansons à chaque soir et à de nombreuses improvisations qui nous laissent tous, la gueule au plancher.

Revolution Mother est inscrit sur les affiches mais n’est pas présent. Le projet parallèle reggae de Tim Sult, guitariste de Clutch est sur scène dès mon arrivée. Très influencé par Sublime au niveau des compositions, donc je suis perdu d’avance. Lionize ne me gagne aucunement même si Sult joue avec le groupe. Moi et le reggae, c’est comme Anne-Marie Losique qui tente de dire six mots sans un rire insignifiant; ca ne va pas ensemble !

Wino me racontait après le concert que la dernière fois qu’il est venu à Montréal, c’était avec St-Vitus dans les années 80… Le guitariste, qui fêtera ses 48 ans dans une dizaine de jours, n’a pas déçu avec son groupe sur scène. Accompagné par Jean-Paul Gaster de Clutch à la batterie et d’un bassiste rudement efficace du nom de Brian White, le trio a présenté des pièces provenant du dernier album de Wino, Punctuated Equilibrium.  

La salle commence à se remplir après la prestation de Wino, il est grand temps d’aller refaire le plein de Boréale question de ne pas être à sec lors de la prestation de Clutch. J’ai vu le groupe à 5 reprises par le passé, les deux premières fois lorsqu’il ouvrait pour System of a Down au Cepsum, ensuite aux Foufs devant 8 personnes, au Sounds of the Underground lorsque le trois quart des autres groupes était pris aux douanes canadiennes et que le concert a débuté avec 4 heures de retard. Et finalement, au Cabaret. Il est indéniable que le groupe, malgré qu’il existe depuis des lustres, a une popularité grandissante. Il est évident que le bouches à oreilles a un effet excessivement bénéfique pour Clutch qui joue ce soir, devant sa plus grosse foule montréalaise, en tant que tête d’affiche.

Le choix des chansons de ce soir visite pratiquement chaque album du groupe. Ceux qui s’attendent encore à une soirée exclusivement axée sur les deux premiers albums, donc plus métal, quitteront bredouilles. Ceux qui aiment le groupe pour l’ensemble de sa carrière seront, quant à eux, choyés.

50 000 Unstoppable Watts est envoyé et c’est le début de cette bacchanale musicale. Le refrain me fait hocher de la tête, je suis en totale joie musicale. Comme toujours, les musiciens sont fixes et concentrés sur leur performance tandis que Neil Fallon a des airs de prédicateur en train de prêcher la parole de la Church of Clutch en gesticulant et vociférant ses paroles.

Performance musicale sans failles, le tout est du véritable marshmallow pour tous ceux présents ce soir. Quelques pièces du dernier album sont présentées comme Motherless Child et Minotaur qui sont bien accueillies par la foule. Cette dernière semble attendre quelques chansons plus connues, si je me fie aux requêtes gueulées par les gens aux alentours, comme Mob Goes Wild qui a fait les beaux jours de Viva la Bam et Escape from the Prison Planet qui se retrouvait sur la trame sonore du film Escape from L.A. Les deux derniers éléments décris plus haut démontrent, justement, que le public de ce soir était beaucoup plus âgé qu’à la normale pour des concerts métal… Effectivement, le film Escape from L.A. date de 1996…

 

Il n’y a aucun doute que Jean-Paul Gaster est l’un des meilleurs batteurs de tout l’univers du rock. Sa grande flexibilité et son jeu très calculé aux limites du jazz font de lui un évènement à voir, à lui tout seul. L’énergie qu’il dégage, en fusion avec sa passion, transparait sur tout le groupe, ce qui fait de lui, la colonne vertébrale de Clutch. De voir Gaster se démener sur sa batterie (très modeste en passant avec son unique tom) tout en regardant le bassiste Dan Maines du coin de l’œil pour le prochain cue, entre dans le même domaine que la neurochirurgie. Cette complicité nous offre des moments qui nous permettent d’apprécier encore plus l’immense talent de ce duo ainsi que celui du groupe en entier !

Ayant connu le groupe avec l’album éponyme paru en 1995, il était évident que les pièces les plus marquantes de cette soirée allaient être pour moi Big News 1 & 2 en plus de Texan Book of the Dead. Je ne fus point déçu…

Concert qui frôle les deux heures pour Clutch, il était maintenant temps de retourner à la maison quoiqu’en sortant, l’envie de jaser avec quelques inconnus m’a attrapé au vol et même chose pour Alex. Comblés, nous sommes restés une bonne heure additionnelle à jaser sur le trottoir à placoter et à échanger des souvenirs musicaux avec un couple rencontré au hasard. Nous nous sommes rendus compte qu’à nous deux, on pouvait tenir en haleine une couple de badauds juste en racontant les concerts qu’on a vu, dans le temps. Passant de Gwar en 94, Metallica en 89 ou Slayer en 91, la gueule ne nous arrêtait pas…

Probablement que dans quelques années, on radotera encore les mêmes affaires tout en ajoutant celui du 13 septembre 2009, celui de Clutch!

 

Vidéos par YKT et Luc Beaulieu

 

Merci à Greenland

Un commentaire
  • Kolonel Kearney
    19 septembre 2009

    Merci. À défaut d’y être, j’imagine le spectacle.

    Mes amis et moi avons aussi écouté pas mal de Clutch en voiture (dans mon premier char: un Relian K avec grande banquette rouge vin à l’avant). Big News One représente la trame sonore d’un été passé à virailler en auto avec des amis à la recherche de places pour faire des feux ou de débits de boisson intéressants!

    Qui m’a fait découvrir ce groupe?
    Officiellement, c’est toi, Klimbo. En fait, c’est lors d’un show que tu avais donné avec Wrench à l’Express. Vous faisiez justement Big News One.

    Pis après, je me suis souvenu d’un truc:

    Quand j’étais en secondaire 5, j’avais invité Snake, le chanteur de Voivod, qui se trouve à être dans ma famille élargie, à venir festoyer le jour de l’an chez nous à Laterrière. Jamais je n’aurais cru qu’il se pointerait. Et bien, vers 22h, alors que mes oncles et tantes placotaient en haut, mon frère et moi avons eu la surprise de le voir descendre les escaliers qui mènaient au sous-sol avec son 6 pack. Cooooooool!

    On a donc profité de l’occasion pour le bombarder de questions en visionnant des heures et des heures de vidéo clips enregistrés sur VHS. C’était drôle de le voir et de l’entendre commenter ce qu’on regardait. Je me souviens qu’un vidéo des Smashing Pumpkins avait passé et qu’il avait dit quelque chose du genre: « Yeah! C’est bon ça… Je ne les avais jamais vus ». Pis après, pendant un vidéo de White Zombie: « On a déjà ouverts pour eux »…

    En plus de profiter de sa présence pour lui faire autographier quelques cassettes de VoiVod, dont leur plus récent album à l’époque The Outers Limits (que j’adore encore), je l’avais pris en photo.

    Quelques années plus tard, j’ai remarqué qu’il portait un t-shirt de Clutch Transnational Speedway, comme quoi c’est peut-être de façon subliminale lui qui m’a fait découvrir ce groupe.

    Finalement, j’aime le son blues et seventies de Clutch. Je trouve que c’est ce qui se fait (faisait) de mieux dans le genre stoner proche de Led Zep et de Black Sabbath, mais avec un côté rigolo. Pis bizarrement, je ne sais pas si t’as remarqué, mais Clutch plaît aux filles, y’a peut-être quelque chose de sensuel, un peu comme A Perfect Circle dans un autre registre…

    Je les ai vus seulement une fois en show et c’était en 1ière partie de SOAD et ils avaient vraiment assuré.

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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