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Chanceux comme un quêteux

God Dethroned… Passionné de métal et d’histoire (Entrevue)

Yanick Klimbo Tremblay
11 octobre 2009

God Dethroned - Logo

C’est évident que les groupes de death métal chante au sujet de… euh… la mort. Mais la mort, malgré son caractère sérieux peut provoquer un sentiment de rigolade. Les textes de Cannibal Corpse peuvent nous faire sourire, les  paroles de Disgorge ou les ritournelles d’Anal Cunt dans le temps… nous faire pisser de rigolade! Certains groupes peuvent présenter une dimension plus sérieuse d’un moment à l’autre et c’est le cas avec God Dethroned qui s’attaque à un sujet très particulier, la Première Guerre mondiale, sur leur dernière offrande intitulée Passiondale. Nous sommes à des lieux de la rigolade avec ce disque qui se veut une présentation sans parti pris de cette guerre qui a touché de nombreux Canadiens, surtout nos propres grands-parents ou arrières grands-parents. Henri Sattler, leader du groupe qui occupe la double fonction de chant et guitariste, a pris le temps, en pleine tournée, de m’offrir une entrevue au sujet de leur dernier disque.

Le nouveau disque est massif, les chansons sont intenses et le concept proposé est parfait pour vos pièces. À quel moment as-tu décidé que tu devais faire un album concept et pourquoi la bataille de Paschendale?

Nous avons des thèmes de nature historique sur chacun de nos albums, c’est bien souvent qu’une ou deux pièces. Mon ami Isaac habite à Ypres, qui est en Belgique. Isaac était notre ancien guitariste et j’aimais bien me rendre chez lui car cette ville n’est pas très éloignée de la Hollande. Je m’y rendais pour discuter, écouter de la musique, composer et évidement, boire un peu. Cette ville a vraiment une âme particulière, on peut ressentir encore les fantômes de la Première Guerre Mondiale, dans un sens. On retrouve de nombreux cimetières de cette époque avec tous les soldats morts au combat et tous les monuments érigés en mémoire des gens qui sont tombés au combat. C’est une atmosphère très particulière. Inspiré par cette ville, je me suis mis à me documenter et à faire plus de recherches sur cette guerre, ce qui a donné notre dernier album. C’est un disque sur la Première Guerre Mondiale, du début à la fin.  

J’imagine que tu avais une énorme confiance envers tes nouvelles compositions pour prendre le risque de faire un album concept ?

Oui, c’est certain. Mais j’ai toujours une énorme confiance envers tout ce que j’écris musicalement. Je peux te confirmer que l’écriture des textes a été beaucoup plus difficile par contre. Je me devais d’expliquer ce qui est arrivé lors de cette guerre mais sans vraiment donner mon point de vue, sans avoir une vision plus particulière car je ne parle pas seulement des Français, des Anglais ou des Allemands. C’est une description objective et je crois que c’est cette partie qui était la plus difficile à accomplir. 

Photo 01 

As-tu fait la recherche toi-même ou avec de l’aide ?

J’ai tout fait avec l’aide d’Isaac, qui était notre ancien guitariste. En plus d’habiter ce village, il possède de nombreux livres sur ce sujet.

La pièce Artifacts of the Great War est une composition très puissante, c’est une pièce instrumentale qui évoque de puissantes images. Elle me rappelle The Wanderer du groupe Emperor. On y retrouve le même genre d’intensité avec l’effet de fade in/fade out. Est-ce que c’était clair, depuis le début, d’avoir cette pièce spécifique pour clore le disque ?

Oui. Je désirais cette atmosphère à la fin du disque. Le tout collait avec le concept, c’était parfait. 

Photo 06 Henri Sattler

Est-ce difficile de parler d’évènements aussi tragiques qui sont survenus lors de la guerre, donc réels, à la place de parler de choses brutales mais qui proviennent de ton imagination ?

Oui, c’est très difficile. Par exemple, la pièce Poison Fog parle des ravages du gaz moutarde qui était un truc très chimique qu’on utilisait à l’époque. Dès que ce gaz entre en contact avec ta peau, tu es cuit sauf qu’il ne sent rien. C’est vicieux comme arme. Ta peau devient pleine de cloques, c’est atroce. Mais dans un sens, que puis-je dire de plus ? Ce sont des choses qui sont arrivées réellement. Des choses terribles que j’ai découvertes en faisant la recherche pour les textes et je ne fais que décrire ce qui a été fait. J’ai utilisé aussi des documents de l’époque, de la propagande qui incitait les jeunes gens à s’inscrire dans l’armée. C’était présenté d’une manière féérique. Certains croyaient partir en vacances mais ils n’en revenaient pas vivants. Ce n’était pas facile à écrire mais le plus difficile est probablement de devoir tout décrire en si peu de mots… Mon but n’était pas d’essayer de mettre le blâme sur qui que ce soit.

As-tu des gens de ta famille qui ont perdu la vie lors de cette guerre, des parents éloignés ?

Non, cette guerre est trop vieille et je suis hollandais. La Hollande était neutre lors de cette guerre. Je n’ai pas de gens de ma famille qui habitent hors du pays. Mais la famille d’Isaac a été affectée par cette guerre, de très près. Cette ville, Ypres, dégage vraiment cette odeur de la Première Guerre Mondiale… tu ne peux pas l’éviter, c’est très impressionnant. C’est partout ! J’ai toujours été un maniaque de l’histoire et de voir cette ville, je ne pouvais pas laisser cette opportunité passer. 

Est-ce que vous jouez l’album au complet lors de cette tournée?

Non, nous ne faisons que 4 chansons. Ca ne serait pas futé de notre part de faire ça. Nous y allons avec quelques pièces de chaque album. Nous ne venons pas souvent en Amérique du Nord, nous essayons de faire un tour plus vaste de nos albums. Notre objectif est de créer une balance qui serait parfaite avec le meilleur de chaque disque. Les gens ne veulent pas d’un concert basé exclusivement sur les nouvelles pièces, ca ne serait pas cool de notre part.

Croyez-vous faire un concert particulier où vous pourriez le faire ?

Non… ca n’aurait pas de sens. Nous faisons, en ce moment, quatre chansons de ce disque et dans un mois ou deux, nous allons changer pour quatre autres chansons qui sont sur Passiondale. Donc, dans un peu moins d’un an, nous aurons fait le tour de ce disque… il sera donc temps d’en produire un nouveau. Je crois que c’est la meilleure façon de procéder.  

Vous serez à Montréal dans quelques jours, comment est la tournée jusqu’à maintenant ?

C’est agréable. Il y a des concerts qui sont vraiment biens et d’autres plutôt, passables. Il y a tellement de tournées en ce moment, de nombreux groupes se promènent. Les gens ont le choix, un choix très vaste. L’amateur de métal ne peut pas se payer des billets pour tous les concerts qui passent dans sa ville. Il ne faut pas oublier qu’il y a une récession en ce moment, les gens sont limités. Mais nous sommes satisfaits et les gens qui viennent aux concerts sont heureux. C’est ce qu’il y a de plus important pour nous.

Notre dernière visite à Montréal était géniale, j’espère que le tout va se répéter !

www.myspace.com/villavampiria

En concert le mercredi 14 octobre aux Foufounes Électriques de Montréal avec Abigail Williams, Augury et Under the Grave.

Un commentaire
  • Shamane
    14 octobre 2009

    J’ignorait l’existence de ce groupe mais l’extrait que vous avez mis « poison fog » transmet totalement les tirs, explosions, la guerre quoi… Bravo God Dethroned !

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Yanick Klimbo Tremblay

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