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Chanceux comme un quêteux

Despised Icon: Les jours se suivent… mais ne se ressemblent pas! (entrevue)

Yanick Klimbo Tremblay
29 novembre 2009

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alex

De nombreux changements au sein du groupe ne semblent pas avoir affecté le cœur, un tantinet saignant, de la formation montréalaise Despised Icon. Malgré quelques départs impliquant des amis de longue date ou des gens de confiance, le moral reste bon et l’intensité du groupe, au maximum. Il est facile de le constater en écoutant le dernier album du groupe, Day of Mourning, un album qui ne laisse aucune place au doux répit. Hargne, haine et déception… le tout baigne dans un cocktail beaucoup plus death métallique que par le passé, laissant passer quelques éléments typiques de la formation mais utilisés de manière malsaine par d’autres groupes prônant l’émulation. De retour d’Europe, où le groupe était en tournée pour une période d’environ un mois, Alex Erian, un des chanteurs de Despised Icon, a pris le temps de répondre aux questions de BangBang malgré les effets encore présents, du décalage horaire.     

Retour d’Europe, comment peux-tu résumer le tout ?

On a sorti l’album et une semaine plus tard, on était déjà en tournée aux Etats-Unis.  On a fait le tour pendant un mois, le tout s’est terminé au Tennessee. On a pris nos cliques et nos claques, on a conduit jusqu’au Québec en conduisant pratiquement 24 heures par jour. On a eu deux journées OFF, pris l’avion pour l’Europe. C’était assez rock & roll. On est revenu depuis, quoi… deux ou trois jours ? Ca fait un deux mois intensif de tournée. Tsé, tu fais des shows à tous les jours, c’est intense mais ca valait la peine.

Pour l’Europe, on a déjà deux autres tournées de prévues pour l’an prochain. Les portes s’ouvrent. Ca fait deux ans de suite qu’on fait quelques festivals en Europe. On a eu des offres pour Summer Breeze et Wacken ! Summer Breeze, c’est au moins 25 000 personnes et Wacken, on parle de 100 000 personnes ! C’est le Woodstock du métal. Pour un p’tit gars de St-Léonard, c’est assez impressionnant ! Je n’en reviens pas et j’en profite pleinement, même chose pour les autres gars du groupe. C’est un rêve de longue date qui se réalise. Pour la dernière run en Europe, on parle d’un 600 à 700 personnes à chaque soir. Un paquet de pays qu’on a visité pour la première fois comme la Slovénie et des villes qu’on a visitées pour la toute première fois aussi.

Vous avez probablement filmé un bon nombre de trucs là-bas ?

On a acheté une caméra portative. On a filmé ben des cossins aux Etats-Unis mais pour l’Europe, on était plus fatigué. J’étais plus porté à me reposer. En Europe, on avait un autobus de tournée, c’est mieux qu’une camionnette. On avait tous notre petit endroit pour dormir. C’est mieux que d’aller dormir chez du monde random sur la route. 

Est-ce que parfois vous vous êtes réveillés dans une ville en vous demandant où vous étiez rendus ? Le classique du voyageur !

Il y a des fois où j’avais de la difficulté à prononcer le nom de la ville, je m’arrangeais pour être capable de bien le prononcer avant d’aller sur la scène, question de ne pas avoir l’air d’un fou sur le stage ! Parce que ça m’est déjà arrivé ! C’est arrivé plein de fois de me réveiller et de ne pas savoir où on en était. Ca peut paraître blasé mais à un moment donné, je me dis que je laisse la vie me guider. Et puis là je me réveille en me disant : « Ah… cool, je suis en Italie aujourd’hui ! »   

Si j’ai bien lu dans Decibel, la séparation avec Al Glassman n’a pas été très joyeuse et difficile à digérer. Vous n’en avez pas vraiment parlé dans les médias ici au Québec, peux-tu te lancer sur le sujet ? (Al Glassman a quitté Despised Icon pour accepter le poste de guitariste avec Job for a Cowboy)

Je ne veux pas paraitre frais chié mais j’ai tellement fait d’entrevues pour le dernier album que des fois, je ne me souviens pas trop de ce que j’ai vraiment dit. Comme, par exemple, il parait que dans l’Exclaim, j’étais assez brutal dans mes propos. Je vais être plus relax cette fois-ci !

Glassman1Al Glassman, maintenant avec Job for a Cowboy 

On a passé à quelque chose d’autre, on s’occupe du positif.  Tsé, on a rencontré Max, notre nouveau bassiste, grâce à Al notre ancien guitariste. Ca fait déjà deux ans qu’il est avec nous autres. C’est un bon jack, on l’aime bien et il a beau être Américain et habiter à Boston qui est à 6 heures de chez nous ; ca vaut la peine de le garder parmi nous. C’est un des points forts, une des belles choses qui est ressorti de notre relation avec Al. Maintenant qu’il a passé à autre chose, nous autres aussi on avance avec Benoit qui joue avec nous depuis un an. Il est motivé, ultra talentueux… C’est juste pour le mieux, de notre côté en tout cas. Notre dernier album est une preuve, justement.

Autrement dit, s’il y a une opportunité de tournée avec Job for a Cowboy,  vous ne cracherez pas dessus ?

Non non ! On va cracher là-dessus ! On a justement refusé une tournée avec eux pour le printemps prochain ! 

Oh… donc, pas question de partir en tournée avec eux-autres ?

Non, ca ne me tente pas ! Fuck off !

Le dernier album est un pas en avant selon moi, c’est plus brut et death métal. Il y a une plus grande aisance au niveau des guitares, il y a même des solos ! De plus, Steve ne fait plus vraiment son fameux couinement de truie égorgée, le pig squeal ! Était-ce pour vous dissocier de cette vague deathcore typiquement américaine ou c’est tout simplement comme… ça !

Comment te décrire ça ? Notre premier show à vie, c’était en avril 2002, à l’X. Ca fait déjà 7 ou 8 ans qu’on roule. Comme n’importe lequel groupe, on évolue tous, que ce soit en tant que musicien ou en tant que personne. Au cours des années, tu développes d’autres préférences. Tu t’améliores musicalement. Notre quatrième album, c’est un reflet d’un peu tout ça. Même si on est plus vieux, on n’est pas des sell-out. On ne met pas de refrains chantés… il n’y a pas de mal à ca mais on n’est pas un groupe de même ! Steve fait moins de cris aigus, il se concentre plus sur son vocal death métal, gras. Les pig squeal n’étaient plus appropriés sur les nouveaux riffs.  On s’est dit que de toute façon, on aime se différencier d’album en album. On a deux chansons en français sur notre dernier album, c’était important d’avoir ça pour nous. On l’avait fait sur notre premier album en 2002. On a mis notre langue maternelle de côté en se disant que l’anglais est la langue universelle, que notre message puisse se propager. Maintenant que le nom Despised Icon est bien établi, on a pu se permettre de faire deux pièces en français. Les autres éléments qu’on a  décidé d’incorporer sont les solos de guitares et des parties plus harmonieuses.

En décembre, on va faire un des derniers sinon le dernier show métal du Medley. Pour moi, c’est quelque chose ! Je suis né à l’hôpital St-Luc, juste en face ! Mon premier show à vie était au Medley, c’était Grim Skunk en 1996. J’avais un point mais je ne m’en souviens plus… de quoi on parlait ?

L’évolution de l’album !

Ah ouais… le nombre de shows métal que j’ai vu au Medley… nos influences… toutes les fois où j’ai vu Suffocation ou Dying Fetus dans le temps ou Cryptopsy, on voulait que toutes ses influences se reflètent sur l’album ! J’pense qu’on a bien réussi ça !

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Justement, deux pièces en français sur l’album, est-ce que Century Media, votre maison de disques, semblait un peu réticente envers l’idée ?

Honnêtement, ils n’ont pas un mot à dire ! Ils n’étaient pas super chauds envers l’idée mais ils n’étaient pas contre. On s’en fout. À la base, on fait ce qui nous tente. Ils ne nous ont jamais mis de bâtons dans les roues. Une chose était claire, Century Media ne voulait pas qu’une des deux pièces en français soit le premier extrait et vidéo. Si tu écoutes la première pièce de l’album, Les Temps Changent, moi, c’est une de mes préférées du disque et je suis satisfait qu’elle soit en français.  

Les paroles du dernier album sont du domaine, très personnel. Amours… amitié, mort. Quels sont les évènements majeurs qui t’ont poussé à écrire des textes si intimes ?

Personnel, oui pis non… je laisse place à l’interprétation. Je n’ai pas besoin de me mettre à nu, comme on dit. Chacun à sa propre idée, je trouve ça mieux de même. Les paroles, tant pour moi que pour Steve, qui en écrit aussi, c’est très personnel. Il y en a qui parle de politique, de société ou de religion. Je leur laisse la place parce qu’ils le font mieux que nous. Nous autres, on a choisi l’approche un peu plus personnelle.

Day of Mourning, on touche un peu au deuil. On trouvait que le deuil, c’était une façon intéressante de mettre une image à tout ce qui est séparation, que ce soit amitié ou amour. Ce sont tous des éléments auxquels on a fait face ou qu’on aura à faire face.

On a des concessions, des compromis que notre mode de vie nécessite. Ca fait 5 ans qu’on fait de la tournée intensive. On doit avoir pas loin de 700 shows en tout, c’est ben de la job !

La pièce Day of Mourning, c’est un de mes meilleurs chums du secondaire. C’est un peu ses déboires. Si on regarde la pièce Made of Glass, ca parle de la séparation avec Al Glassman, notre ancien guitariste, que je considérais comme un bon chum à l’époque.

Les Temps Changent… mettons… c’est la troisième partie d’une trilogie avec A Fractured Hand… sur chaque album, il y a une toune qui parle de… qui porte sur…ah… je ne peux pas parler de ça…

C’est comme tu veux !

Ben… c’est la dernière partie de la trilogie qui parle de ma relation précédente. Quelque chose qui s’exprime mieux sur papier qu’en paroles.      

Sur Blabbermouth, dès que l’on retrouve une nouvelle sur Despised Icon, il y a du bashing à votre sujet et c’est toujours au sujet de votre look qui est trop gangsta rap selon les internautes. Comment prenez-vous ce genre de commentaires ?

Je n’ai rien à prouver, rien à gagner. Je suis qui je suis. Si y’a des flots qui disent que je suis un rapper, un poser, c’est ben correct. Ils ont le droit. Au début, je dois avouer que ca m’affectait un peu. Tu ne peux pas plaire à tout le monde. Moi aussi tsé, je n’aime pas tout ce qui se fait. C’est juste que… tu n’aimes pas ce que je fais, tu n’aimes pas mon groupe et la manière que l’on s’habille, c’est correct mais pourquoi tu en fais tout un plat ? Je me dis ; « Est-ce que je t’ai touché à ce point-là pour que tu prennes le temps d’afficher tout ca sur Internet ? » Il y a du monde crinqué de nos jours… Anyway, qu’ils se défoulent ! Continuez de dire de la marde, pour nous ça reste de la bonne pub ! En autant que le nom du groupe se…

Propage ?

Je ne sais pas quoi dire. Pour ce qui est de notre habillement, tsé, je n’ai pas besoin d’avoir un paquet de tatous, les cheveux longs et un long sleeve de Cannibal Corpse pour prouver que j’écoute du death métal ! C’est à l’intérieur que ca se passe. Depuis que j’ai 10-12 ans, c’est dans mes trippes. C’est tout ce que je fais, c’est tout ce que j’aime. J’ai découvert Pantera avec Cowboys From Hell et Vulgar Display of Power en… je ne sais pas… 93. Après, c’était Sepultura avec Chaos AD et Arise. J’ai découvert d’autres affaires plus heavy et j’ai embarqué dans la scène locale avec BARF, Anonymus, Necrotic Mutation, Quo Vadis, Cryptopsy et par la suite le métal extrême. Mais c’est grâce aux groupes locaux de métal extrême que je me suis intéressé à ce qui se faisait ailleurs comme Suffocation et Dying Fetus, deux influences majeures que je me dois de répéter encore une fois. Bref, moi pis mes chums dans le band, on a plus un background métal que hardcore. Le monde s’obstine à nous faire dire autrement.       

Lancement à Montréal, j’imagine qu’il y aura des surprises ? Peux-tu mousser l’évènement à ta manière ?

Tu veux dire, ce que l’on a prévu de spécial pour le spectacle ?

Ouais, ben genre… est-ce qu’on peut s’attendre de voir Yannick St-Amand sortir de derrière le rideau avec sa grosse barbe rousse d’Abitibien?

Hahahhaha ! Ben, ca ne serait plus une surprise si je le disais ! On a une couple de belles p’tites surprises pour le spectacle. Si vous avez vu notre DVD en concert, Montreal Assault, il y avait quelques surprises ici et là, c’est un peu la même affaire…

Pensez-vous déchirer une photo de Garou sur scène ? (Garou est l’un des propriétaires du Medley…)

Bonne idée !

www.myspace.com/despisedicon 

Discographie du groupe 

ion Split avec Ion Dissonance
bodies Split avec Bodies in the Gear of the Apparatus
Despised Icon - Consumed By Your Poison 
healing
ills
00-Despised Icon - Montreal Assault [DVD-Rip](2009) DVD "Montreal Assault"
Despised_Icon_-_Day_Of_Mourning

D-TOX et Extensive Enterprise présente le
Lancement de l’album Day of Mourning avec:

DESPISED ICON
CRYPTOPSY
THE ACACIA STRAIN
TRAPPED UNDER ICE
BLIND WITNESS

BILLET EN PRÉVENTE A 20$ CHEZ
UNDERWORLD, LABYRINTHE, SOUNDCENTRAL ET PROFUSION

ET AUSSI SUR LE RÉSEAU TICKETPRO, AU MEDLEY ET SUR WWW.TICKETPRO.CA

4 commentaires
  • Pat
    10 décembre 2009

    super entrevue! C’est vraiment intéressant, cool man!

  • Guillaume
    17 mai 2010

    Ceux la qui chiale sur le style vestimentaire du groupe son terrible…
    écouté, despised vient de montreal .. ok moi je trouve excellent leur style, les calotte des expos.. .. (boston hardcore) maintenant : Montreal Deathbrutal! Pourquoi pas!

    Aussi , leur style pousse un peu sur le hardcore, alex avec sa grosse barbe.. les espads adidas.. les chemise.. Basket jersey ! Entoucas, j’aurais trouvé interessant de voir d’autre groupe de montréal suivre la vague. CHANGÉ JAMMAIS DE STYLE!

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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