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Chanceux comme un quêteux

Jacques Viger : Une Biographie (Critique littéraire)

Yanick Klimbo Tremblay
17 janvier 2010

viger

Jacques Viger : Une Biographie
Par Renée Blanchet et Léo Beaudoin
Éditions VLB

Changement drastique de cap, une critique d’un livre, une biographie sur Jacques Viger qui fut le premier maire de la Ville de Montréal. L’attrait le plus important est qu’il est court, rien de très langoureux et qui nous étouffe dans les détails. Les deux auteurs nous dressent un portrait complet, rapide et efficace sans se perdre dans les dédalles des petits détails qui risqueraient de nous engouffrer dans un sujet qui n’est pas à la portée de tous.

Le premier maire de Montréal, ce n’est pas un sujet mirobolant mais le portrait dressé ici nous rend une image très intéressante de l’homme. Les premières pages du livre nous informent sur les origines de la famille de Viger, à l’époque de la Nouvelle-France, de son enfance en tant qu’espoir familial car il était l’unique survivant d’une famille de 14 enfants, jusqu’à son travail de journaliste au Canadien.

Passages importants, ce sont ceux qui traitent de sa vie amoureuse avec une certaine Marie-Marguerite de La Corne, une veuve de 33 ans et déjà mère de 4 enfants, que Viger va marier à l’âge de 21 ans. Grande dame de la noblesse et aristocrate, sa présence dans la vie de Viger fait d’elle une dame très amoureuse de son mari avec qui elle partagera de nombreuses lettres. Une grande partie des lettres sont retranscrites à la fin du livre et le tout se lit un peu à la manière d’un roman épistolaire. La lecture de ses documents nous offre un accès privilégié dans l’intimité du couple, d’une correspondance entre deux amoureux vivant à cette époque. Cette dose de romantisme communiquée de manière écrite est une chose qui se perd petit à petit et de voir le tout nous ramène à une époque où l’écriture, la vraie, était une manière de communiquer artistique gonflée de sens. Les lettres communiquent de l’information généralement de base, qui illustre la vie à cette époque mais à tout moment, les deux tourtereaux glissent quelques mots qui indiquent que l’ennui de l’être aimé est bel et bien présent. C’est touchant ! La plupart des lettres de Viger se terminent par des petits mots doux en direction de sa tendre bien-aimée, quelque chose que l’on ne voit plus maintenant avec les Post-It impersonnels sur le fridge du genre : « Achète du lait » ou « Sors les vidanges »

Effectivement, qui peut se vanter de terminer ses « communications » envers sa bien-aimée, de cette manière :

« Mais adieu, ma chère belle. Tout à vous. Votre ami… votre amant. »

À quelques semaines de la St-Valentin, le tout nous laisse une certaine réflexion sur nos manières envers nos tendres copines, conjointes ou épouses… Laissez faire la boite de chocolats Jean-Coutu…. Écrivez!

Homme aux nombreux métiers, il demeure que ce Québécois était un passionné et un féru d’histoire et d’héraldique, cette science qui étudie les armoiries. Sa carrière politique à la barre de Montréal est décrite, en plus de sa présence à la barre de la Société St-Jean Baptiste. Il est intéressant d’apprendre que c’est son entregent et sa bonne humeur qui ont fait de lui quelqu’un de respecté dans le tout Montréal, surtout lors de son célèbre recensement, œuvre complété avec une minutie inégalée. Malgré une passion pour son travail et un sérieux du détail dans toutes les sphères qui l’intéressait, il demeurait quelqu’un de très humain, accessible et reconnu de tous les habitants, pratiquement, de la ville.

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Viger, homme aux mille métiers et passions, était passé 
expert dans l'art de la cartographie. 

Je n’avais aucune espèce d’idée du genre de vie qu’avait mené Jacques Viger mais en faisant la lecture de ce document, j’ai appris à connaitre un homme qui vivait au rythme de ses passions professionnelles sans jamais négliger ses amis, ses amours et  son amour pour sa nation.

Comme de raison, ce cousin de Papineau avait la fibre Patriotique très bien effilée quoiqu’il fut beaucoup moins virulent que ce dernier, préférant le côté sensé des mots au côté révolutionnaire.

Un grand homme, le tout bien expliqué et bien rendu. Agréable comme lecture, cette biographie devrait intéresser les enseignants, les férus d’histoire québécoise ainsi que ceux qui se sentent interpellés par leur ville car Viger, lui, l’était.

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Créations de Viger, les armoiries de la Ville de Montréal 
sont d'une beauté inégalée!
Un commentaire
  • Geneviève
    18 janvier 2010

    J’ai fauilleté le livre en fin de semiane et effectivement, il est bien fait. merci de la critique, j’étudie en histoire et quand je vais avoir le temps je vais le lire.

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Yanick Klimbo Tremblay

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