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Chanceux comme un quêteux

Sybreed: Sublime comme un fromage suisse! (Entrevue)

Yanick Klimbo Tremblay
24 janvier 2010

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Pour nous, Québécois, la Suisse est un paradis de travail pour les infirmiers et infirmières qui veulent faire la palette tout en vivant dans un environnement sain, baignés dans le chocolat tout en pratiquant quelques sports dans les Alpes ! Pays des horlogers et du couteau rouge aux nombreuses fonctions, nous ne sommes point inondés de groupes provenant de ce pays, ne serait-ce que de Samael, Celtic Frost, Coroner et Eluveitie ! Petite découverte suissesse, le groupe Sybreed qui donne dans le métal-électro doté d’un certain degré d’efficacité. Entrevue en deux volets, les questions sont répondues par Drop, guitariste et Benjamin, chanteur de cette jeune formation.

Dans un premier temps, le groupe est un peu méconnu ici au Québec, pouvez-vous nous glisser quelques mots au sujet de Sybreed ?

Drop : Alors Sybreed s’est formé en 2003. Nous avons enregistré notre premier album Slave Design qui est sorti chez Reality Entertainment en fin 2004, puis nous avons tourné un mois aux Étas-Unis et quelques dates en Europe. Puis, notre batteur nous a quitté alors nous avons demandé à Dirk Verbeuren de Soilwork de jouer la batterie sur Antares, notre 2ème album, sorti chez Listenable en 2007. Par la suite nous avons engagé notre batteur actuel, Kevin, et nous avons tourné en Europe. Nous nous sommes ensuite mis à la composition de notre 3ème opus, que nous avons enregistré durant la première moitié de 2009 avant de tourner à nouveau un mois aux USA en compagnie de Threat Signal et The Agonist, pendant ce temps l’album était mixé par Rhys Fulber. A présent, nous venons de revenir d’une mini-tournée et première partie d’In Flames.

Sur votre nouveau disque, on retrouve encore une fois, une sonorité métallique très moderne. Certains diront que Fear Factory est une grande influence pour vous mais j’entends plutôt des groupes européens comme Mnemic, Pain ou Scarve dans votre son. De votre point de vue, comment expliquez-vous le tout ?

Drop : Fear Factory est un groupe qui m’a beaucoup influencé dans les années 90, faire de la musique comme celle de Sybreed et dire que nous ne sommes pas influencés par certains albums de Fear Factory serait mentir. Mais nous avons des influences extrêmement larges, allant de la new wave au black métal en passant par la techno et le post-rock. On aime tellement de choses, qu’au final on fait une musique très variée, où l’on arrive tous à s’y retrouver. Chez nous, sur le même album tu auras un song black-indus, un autre plus orienté métal-dancefloor et aussi une petit ballade synth-pop.

Une pièce a particulièrement piqué ma curiosité sur l’album par son caractère très groovy, dansable à la limite, c’est Doomsday Party. Pouvez-vous nous parler de cette pièce ?

Drop : Je fais souvent des morceaux électro, que ce soient des remixes d’autres artistes ou simplement un petit délire. C’est le cas de ce morceau, je l’ai fait écouter à Benjamin et on s’est dit qu’avec de grosses guitares on pourrait avoir un morceau de Sybreed bien dansant. On a terminé le song ensemble, et en écoutant la version finale, on s’est dit que ça allait certainement devenir le « tube » de cet album haha ! On a très envie de faire d’avantage de chansons dans ce style, sans pour autant tomber dans un cliché « à la Pain » ou consorts… On va garder notre côté ambiance glaciale de fin du monde, juste pimenter le tout avec quelques touches de « dancefloor de l’apocalypse », ça ne fera de mal à personne !

Autre truc intéressant, c’est votre reprise de Love Like Blood de Killing Joke. Pourquoi ce choix particulier ?

Benjamin : Tout simplement, car il s’agit de l’un de nos morceaux favoris parmi tous les « hits » estampillés « années 80 ». On avait souvent discuté par le passé de faire une reprise « New Wave » mais comme la plupart des songs de Depeche Mode, Tears for Fears et autres ont été massacrées plus d’une fois, il était difficile de trouver un morceau qui ait un aspect encore, disons … vierge ! Or, en y réfléchissant, on s’est dit que Love Like Blood serait le choix idéal, car bien qu’étant un morceau « pop », il avait déjà une rythmique très « métallique » et donc était pour nous plus facile à adapter sans avoir à dénaturer son ambiance.

La pochette du dernier album est tout simplement géniale, ça frappe l’œil. C’est un membre de Septicflesh qui en est le responsable je crois?

Benjamin : Tout à fait, c’est Seth Sotiris, chanteur de Septicflesh, qui est l’artiste derrière la cover de notre dernier album. Pour la petite histoire, quand nous étions en train de composer The Pulse of Awakening, je suis tombé sur la pochette de Night Eternal, le dernier album de Moonspell en date, et quand j’ai vu la qualité et la beauté de l‘artwork, je me suis tout de suite dis : « je sais pas qui a fait ce design, mais il faut absolument qu’il s’occupe de celui du prochain Sybreed !» On a ensuite appris que c’était Seth, et on a tanné notre manager pour qu’il puisse avoir le contact.

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Selon vous, que représente ce disque ?

Benjamin : Je dirais que The Pulse of Awakening est une étape importante dans le sens que nous avons, avec cet album, entamé un processus de détachement complet de nos influences premières, ou disons plutôt de digestion de ces influences. Nos deux premiers albums, s’ils avaient déjà des sonorités qui nous sont propres, restaient quand même ancrés dans un style de métal très proche de groupe comme Soilwork, In Flames ou autres. Or, je crois que notre dernier disque marque une certaine rupture avec ce style : nous nous sentons aujourd’hui suffisamment en confiance, musicalement parlant, pour explorer des territoires et des atmosphères pas forcément très visitées par les autres groupes de « modern métal », et oser ainsi nous éloigner des codes d’un genre devenu un peu convenu.

C’est Rhys Fulber qui a mixé votre dernier album, un Canadien. Il a probablement fait tout le travail à son studio à Vancouver ?

Drop : Oui c’est Rhys qui a mixé notre album, mais dans son studio à Los Angeles, il s’est installé là-bas il y a quelques années. Je lui ai envoyé toutes les pistes séparées et lui ai laissé carte blanche. Rhys est un producteur et compositeur que j’apprécie depuis très longtemps, principalement pour son travail avec Front Line Assembly, Delerium, ou encore avec Fear Factory. J’avais donc une totale confiance en lui, et cela s’est vraiment bien passé. Il m’envoyait des mixes par e-mail au fur et à mesure, je lui renvoyais quelques commentaires en retour qu’il interprétait à sa façon, je ne lui ai rien imposé. Ce processus s’est déroulé sur une période de 3 mois, avec quelques pauses, c’était vraiment fun ! Nous sommes entièrement satisfaits de son travail et avons bien l’intention de remettre le couvert pour le 4ème album en essayant cette fois-ci, de l’impliquer d’avantage dans la production.

Parlant de Canadien, vous avez joué avec les groupes Threat Signal et The Agonist en tournée nord-américaine, c’était comment ? Car il y avait de nombreuses dates en un seul mois très complet ! Intense, je présume ?

Drop : Cette tournée était vraiment géniale, un de nos meilleurs souvenirs, tout s’est déroulé à merveille, nous avons partagé le nightliner (ndlr : C’est un autobus) avec Threat Signal qui sont des gars merveilleux. Le public a vraiment bien réagi, on était d’ailleurs surpris qu’autant de fans nous attendent sur place. Aussi, nous avons beaucoup appris, notamment sur le relationnel, c’était la première fois qu’on croisait autant de fans en si peu de temps, on a beaucoup discuté, bu, fait n’importe quoi avec eux et le courant est toujours bien passé, on a rencontré beaucoup de gens cools. Nous avons aussi appris sur l’endurance, ou comment faire la fête après les lives jusqu’à l’aube et être prêt à envoyer la sauce le lendemain, et souvent pendant 10 dates d’affilées. Car oui, c’était intense, mais c’est pour l’intensité qu’on aime ça ! On s’est surpris, nous même, d’avoir si bien tenu le rythme, en augmentant carrément en endurance de soir en soir. Ça nous a rendus plus confiants sur scène !

www.myspace.com/sybreed

 

Écoutez la pièce Doomsday Party ici :

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Yanick Klimbo Tremblay

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