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Chanceux comme un quêteux

Kreator avec Voïvod, Nachtmystium, Evile et Lazarus AD (Critique concert)

Yanick Klimbo Tremblay
10 mars 2010

Le dimanche 7 mars 2010 au Club Soda de Montréal

Il y en a quelques uns qui ont manqué le bateau je crois ! Un dimanche, journée dominicale, la soirée du roi des ondes télévisuelles Guy A Lepage a-t-elle eu raison des amateurs de métal ? C’était peu achalandé et très tranquille le fleuve… est-ce que les Oscars, présentés le soir même, puisse être la cause d’un  environnement de concert aussi vide ? Non quand même ! Je ne crois pas que l’amateur de Kreator avait le goût de se river la face devant son tube télé pour savoir si Avatar allait reporter la palme ! Donc, il n’y a pas foule au Club Soda malgré une affiche fantastique qui présente 5 groupes qui valent le déplacement. Mais non. Trop de concerts compressés dans la même période ? C’était calme…Tellement, que l’étage du haut n’est même pas accessible !

Ce petit manque de poilus n’empêche pas vraiment Lazarus AD de se laisser aller sur scène. Jeunes et fringants, le groupe propose un thrash métal vigoureux mais de courte durée car j’arrive tout juste lors de la présentation de leur dernière pièce.

La formation anglaise Evile, qui prône le thrash métal de la vieille école, a beaucoup fait parler d’elle car ce groupe a vécu un deuil des plus tragiques en octobre dernier alors que leur bassiste est décédé subitement d’une embolie pulmonaire, lors d’une tournée en Suède alors que le groupe ouvrait pour Amon Amarth. Proposant un métal rappelant fortement le vieux Metallica (leur premier album, Enter the Grave, a été produit par Fleming Rasmussen) en plus de nous mettre en tête de nombreux groupes de la Bay Area, Evile a eu un accueil très chaleureux. Se brassant la pouille à l’unisson, le groupe a joué très rapidement, par manque de temps. Par la suite, de nombreux badauds se sont dirigés à la table de merch du groupe pour se procurer leur dernière galette !

 Blake Judd de Nachmystium

Nachtmystium, pour une fois, était présent. Annoncé plusieurs fois sur certaine tournée, le groupe ne réussi pas toujours à se présenter pour diverses raisons. La fois avec Opeth, nous avons eu droit à certaines rumeurs concernant les habitudes de consommation du groupe qui ne plaisaient guère à l’entourage d’Opeth… Mais ce soir, Nachtmystium est sur scène et garoche son black n’ roll puant le vieux rock psychédélique. Contrastant avec le modèle habituel du métalleux, Blake Judd, chanteur et guitariste, porte un chandail blanc aux manches noires, vous savez de type baseball ?, du groupe Gates of Slumber. Sérieusement, je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai bien pu voir un chandail blanc sur une scène d’un groupe qui propose le quolibet de black métal dans sa description ! En laissant de côté l’esthétisme du groupe, je peux confirmer que le groupe a offert une prestation bien apprécié. Les gens ont embarqué dans le buzz qui peut paraître étrange parfois et l’hyper-utilisation des éclairages stroboscopiques semblent être le seul point négatif de leur performance.

 Blacky de Voïvod

Voïvod a Montréal ! On s’attend toujours à une foule de loyaux amateurs dédiés mais non, c’est vide ce soir. Je croyais que les gens arriveraient pour 21h00 car le groupe de Jonquière a embarqué aux alentours de cette heure. Mais non, que se passe-t-il ? Ceux qui étaient sur place en ont profité et le groupe a été bien généreux avec un choix de chansons pratiquement impeccable, le seul bémol étant l’ajout de la pièce Overreaction qui ne semblait pas bien confortable parmi toutes les autres pièces majeures présentées ce soir. De la pièce titre en passant par Unknown Knows ou Ravenous Medecine, il reste que la plus grande surprise ait été l’interprétation de Missing Sequences qui m’a ramené pratiquement 20 ans en arrière lors du passage du groupe au Palace d’Arvida ! C’est serré musicalement, les musiciens ont du plaisir et Dan Mongrain rempli parfaitement les shoeclacks de Piggy, la preuve étant son interprétation de Global Warning, de l’album Infini, la dernière offrande terrestre du guitariste.

Avec un écran en guise de fond de scène, présentant des clips du groupe, des photos d’archives ou les pochettes des albums, Kreator a proposé une atmosphère scénique plus vaste et grandiose qu’à l’habitude. Et avec les bijoux visuels viennent les pièces car avec un catalogue si complet, les Allemands peuvent ratisser large et le choix des pièces présentées était magistral, surtout en milieu de la prestation où le groupe y est allé généreusement dans les vieux classiques, ce qui a permis aux gens dans le pit de s’essouffler agréablement… mais pour mieux continuer, car ils étaient infatigables malgré l’âge avancé de certains !

Kreator a foutu le feu dès le début avec, comme première pièce, The Pestilence qui provient de l’album, Pleasure to Kill. Habituellement, 8 groupes sur 10 commencent leur concert avec une pièce du dernier album fraichement sorti. Mais pour qu’un groupe décide d’y aller avec un vieux classique, cela prouve que nos vieux routiers teutons sont en confiance et savent qu’ils ont le pouvoir de maintenir une foule au bout de leurs orteils pendant plus d’une heure !

J’au vu Kreator a quelques reprises mais ce soir, cette prestation avait des airs de tournées « Greatest Hits » car le groupe en est à sa deuxième tournée pour leur dernier disque, Hordes of Chaos. Kreator s’est donc permis de se gâter en choisissant généreusement dans le tas, au grand plaisir de ses amateurs.

Quelques exemples ? Et ce, une après l’autre : Endless Pain, Pleasure to Kill, Terrible Certainty, Extreme Agression et Coma of Souls !

Je m’attendais à être subjugué mais de la sorte, jamais ! L’intensité n’a jamais baissé d’un cran malgré la faible densité de la foule et le groupe, après une petite pause, est revenu en rappel avec When the Sun Burns Red, Terrorzone (il me semble mais je ne jurerais pas sur la tête de mes enfants…) et le combo classique Flag of Hate (où nous avons du crier le mot Hate 168 fois car ce n’était jamais assez fort selon Mille !) avec Tormentor !

Maintenant signé chez Nuclear Blast, la preuve est faite que le groupe a encore du jus à offrir et selon Mille Petrozza, un nouvel album s’en viendrait d’ici peu ainsi qu’une tournée les ramenant à Montréal. En espérant une plus grande présence des amateurs, cette fois-ci, par contre !

Merci à Kate de BCI

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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