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Chanceux comme un quêteux

Alice in Chains… sobriété, enfin au rendez-vous ! (Critique du concert)

Yanick Klimbo Tremblay
19 mars 2010

Le mardi 16 mars 2010 au Metropolis de Montréal

L’impensable est arrivé, un concert d’Alice in Chains. Avec la mort de Layne Staley en 2002 et la semi-dissolution du groupe, tous les espoirs n’étaient aucunement permis de revoir le groupe soit sur scène ou sur disque. Jerry Cantrell en solo était une option qui demeurait bien intéressante mais lorsque le véritable retour du groupe s’est présenté avec l’album Black Gives Way to Blue, présentant une toute nouvelle voix, les attentes pouvaient revenir dans le cœur de tous les grungeux des années 90 d’avoir ce groupe de Seattle sur scène chez nous car ce n’est pas tout le monde qui était à La Brique en 1992!

Et pas seulement cette bande de nostalgiques, qui composait tout de même 80% de la foule lundi soir, mais aussi quelques jeunes branchés sur 99 BUZZ Radio, fort probablement ou quelques coquins ayant fouillé dans la collection de leur grand frère qui avait laissé une série de CDs lorsqu’il avait quitté pour aller vivre en appart, seul avec sa guitare et ses rêves, au milieu de 1999.

Mon arrivé tardive, en raison de placotages aux Foufs, m’a permis de manquer le duo en première partie, Middle Class Rut et selon les dires, le tout était à mon avantage. Il semblerait que le duo n’ait impressionné guère mais le tout est de l’ordre de la compréhension étant donné l’immense attente envers le retour d’Alice in Chains. J’ai écouté quelques pièces du groupe par après et le produit me semblait intéressant, pourtant. Les gens ont-ils été floués par une envie excessive de revoir le groupe de Seattle ? Peut-être…

Du haut du deuxième étage, je me suis installé confortablement. Mes amis Luc et Sylvain avaient pris la peine de nous garder des places car ils ont eu accès à la salle avant nous étant donné qu’ils ont payé le gros prix pour un accès VIP. Sérieusement, je crois que ce n’était que la deuxième fois que je voyais un concert au Metropolis directement de l’étage, préférant l’atmosphère du plancher avec la plèbe et la proximité du bar, au lieu d’attendre le passage de la serveuse.

Mon point de vue me permettait de bien voir la foule : de nombreux gars dans la trentaine avec ce bon vieux rond de curé causé par une calvitie qui débute vers l’arrière de la tête, digne du Frère André. La grande majorité ont probablement cessé d’écouter de la musique avec la mort du grunge, pour eux le rock est mort en 2002 avec le départ de Staley. C’était une véritable célébration ce soir, un retour dans els souvenirs d’antan sous de lourds décibels car le son est fort, bien balancé et puissant.

 

Quelques aventuriers avaient dépoussiéré leur t-shirt de l’époque « Seattle » car il y avait de nombreux spécimens de Pearl Jam, Soundgarden et d’Alice in Chains… j’en ai même vu un de Mudhoney ! Je faisais donc un agréable contraste, habillé en tenue de travail, chemise et pantalon propre…

Avec la première pièce, All Secrets Known du nouvel album, on se rend compte immédiatement de la place importante que peut avoir Jerry Cantrell dans ce groupe. Il est omniprésent au niveau des voix et il la place correctement à chaque endroit où son ton si chaleureux peut être utilisé à bon escient.

De plus, tout au long de la prestation, on s’aperçoit que les musiciens d’Alice in Chains sont très serrés musicalement, c’est intégral ! Les solos sont exécutés tels quels lorsqu’ils sont entendus sur les albums. Les musiciens ont le sourire aux lèvres, la soirée roule bien pour eux ainsi que pour nous.

Le choix des pièces est intouchable, il y a des pièces qui proviennent de chacun des albums, nous avons même droit à Got me Wrong du mini-album Sap, un disque qui avait passé dans le beurre lors de son lancement car il se retrouvait entre Facelift et Dirt, juste avant l’explosion grunge, donc l’époque où le groupe ouvrait sur la tournée Clash of the Titans, avec Anthrax, Slayer et Megadeth… en 1991 !

 

Quelques moments bien choisis ont donné de bons frissons à certains d’entre nous, je pense à l’interprétation de Nutshell en premier ainsi qu’à Your Decision et Rooster en rappel. Comme de raison, l’image en tête était celle de Layne Staley mais le tout était tellement bien rendu de la part du groupe car tout est demeuré très sobre. Il n’y a pas de grandes envolées émotives où l’on demande aux gens de crier haut et fort le nom du disparu en guise de respect. Jerry Cantrell a effectivement dédié Nutshell a son ami disparu mais sans simagrée, juste en paroles très simples qui avaient leur pesant d’or.

Portion plus lourde, il est évident que quelques surprises au niveau du choix musical étaient bienvenues car les classiques ont été jouées mais d’avoir It ain’t Like That, Dam that River et Man in the Box, je ne me pouvais plus car la grandeur de la surprise m’a tellement étonné en plus de l’interprétation sans failles du groupe !

Il est important de rappeler que William DuVall, le nouveau chanteur qui combine le look de Lenny Kravitz avec celui d’Omar Rodriguez de Mars Volta, n’essaie pas d’imiter Staley même s’il a le même registre vocal. La carte nostalgique est jouée mais le but n’est pas de se vautrer dans un passé pas si lointain mais plutôt de perpétrer les chansons du passé en plus de pousser les nouvelles qui sont sublimes car le groupe en a jouées quelques-unes ce soir.

Le sourire pouvait se lire sur le visage de chaque personne présente en cette soirée, tous étaient sous le charme de ce concert car en plus d’avoir eu droit aux classiques du groupe, la surprise était que la magie était au rendez-vous. Certains bougons diront que sans la présence du chanteur original, ce n’est rien mais il est faux de penser de cette manière car c’est limitatif. Le groupe ne se vautre pas dans un passé glorieux mais il tente de produire du matériel encore intéressant, et c’est réussi !

Si vous étiez et êtes toujours un amateur du groupe, vous deviez être présent en cette soirée ne serait-ce que pour prouver à Jerry Cantrell, Mike Inez et Sean Kinney qu’ils ont produit et produisent encore de l’excellente musique. Et pour William DuVall ? Ce n’était qu’une manière de lui démontrer notre approbation en tant que successeur d’un être indélogeable, théoriquement, qu’était Layne Staley.

Avoir manqué ça, je m’en voudrais en gériboire…

Tandis que Pearl Jam produit des albums de moins en moins intéressants, que Chris Cornell travaille avec Timbaland et que Soundgarden annonce un retour qui semble ne pas se produire, il semble que la vieille garde du grunge soit belle et bien existante et elle porte un nom, un seul… ou trois : Alice in Chains ! 

Setlist :

All Secrets Known
It Ain’t Like That
Again
Check My Brain
Them Bones
Dam That River
Rain When I Die
Your Decision
Got Me Wrong
We Die Young
A Looking In View
Nutshell
Sickman
Lesson Learned
Acid Bubble
Angry Chair
Man in the Box
 
Rappel:

Would?
Rooster

Merci un milliard de fois à Christine chez GEG!

Photos et vidéo: Yanick K Tremblay

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Yanick Klimbo Tremblay

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