BangBang : bangbangblog.com

Chanceux comme un quêteux

Amon Amarth avec Eluveitie et Holy Grail (Critique concert)

Yanick Klimbo Tremblay
23 avril 2010

Le jeudi 22 avril 2010 au Metropolis de Montréal

Je peux confirmer d’emblée que le Medley me manque. La proximité avec la scène et évidement, celle du bar. Ne pas quitter le concert des yeux pour aller se chercher une bonne boisson fraiche. Sniff ! Ce n’est pas qu’Amon Amarth aurait joué à cet endroit qui est maintenant fermé, loin de là. Est-ce que le Metropolis est trop vaste pour Amon Amarth ? Est-ce que la salle affichera un vide qui sera impossible à combler ? Hum… Surprise !!! Le Metropolis est pratiquement plein, mais la dernière fois que j’ai eu l’occasion de voir cette horde de Vikings, c’était au défunt Medley, la boîte à Garou. Preuve que le groupe gagne en popularité !

Et dire que la première fois c’était aux Foufounes ! Les deux premières fois en fait. Il s’en est fait du chemin depuis et il faut avouer que l’ascension d’Amon Amarth est fulgurante, surtout depuis cette tournée où le groupe était en ouverture de Children of Bodom, une révélation selon les dires mêmes du groupe. Maintenant, le groupe a une popularité plus qu’astronomique.

Période printanière plutôt frisquette, le temps n’est point tenté de nous câliner donc on traine un peu plus longtemps que prévu aux Foufs pour prendre une dernière bière, le résultat étant que nous allons manquer la prestation du groupe Holy Grail, jeune formation de néo thrash métal, un groupe qui manie bien l’art du métal d’origine et qui sortira un album à la fin de l’été, leur premier sous étiquette Prosthetic. BangBang a justement fait une entrevue avec le groupe pendant la journée, le tout sera en ligne bientôt, en format vidéo ! Ainsi qu’avec Eluveitie et Amon Amarth ! Wow !

Arcade Fire, version folk métal…

D’un pas avisé et rapide, nous quittons le bar pour nous rendre au Metropolis juste à temps pour attraper les premières notes de la formation suisse, Eluveitie. Le groupe était attendu de chausson ferme par la foule montréalaise. Le groupe a une horde d’amateurs en place, les t-shirts à l’effigie du groupe semblaient aussi nombreux que ceux de la tête d’affiche.

Il est évident que le groupe a séduit encore une fois avec leur dose maladive de métal folk à faire danser même le plus cocu des maris jaloux lors du mariage de son ex ! Il est impressionnant de voir le nombre incroyable d’instruments utilisés sur scène. Eluveitie fait penser à une version folk métal d’Arcade Fire par la versatilité qu’ont certains des membres du groupe à changer d’instruments avec une véritable aisance. Malheureusement, la sono un peu défaillante n’a pas rendu justice à la troupe lors de certains passages, le tout semblant un peu étouffé dans la balance sonore !

Chaque pièce fut accueillie par de chauds applaudissements et les gens sur le plancher s’en donnaient à cœur joie pour sauter aussi haut qu’un p’tit Troll fripé fumant le cigare! La plus grosse réaction de la soirée, pour le groupe, a été dirigé envers la pièce Inis Mona… une chanson qui, selon Fred Laforge, peut rappeler le vieux hit de Manau, La Tribu de Dana… Vérifiez par vous-mêmes ici! et ici!

Écraser des crânes, un par un !

Amon Amarth ne laisse personne incrédule lorsqu’ils sont sur scène… C’est du pillage sonore, de la déprédation métallique sans vergogne ! Que de puissance délivrée encore une fois… même si ce concert semblait pratiquement identique au dernier présenté au Medley il y a environ un an et demi.

Le groupe suédois a encore une fois usé de simplicité sur scène n’ayant que des éclairages très rougeoyants avec la bannière en fond de scène. En ouverture, la pièce titre du dernier album mettait en place les pions pour la soirée : dévastation assurée ou l’on vous remet le prix du billet en double ! Les têtes se laissaient aller à l’unisson comme toujours sur scène, pièce après pièce. 

Après l’interprétation de Free Will Sacrifice, Johan Hegg, le charismatique chanteur de la formation a salué la foule avec quelques mots en français, le tout fut très apprécié par tous les badauds; pour ensuite dédier Valkyries Ride à toutes les filles dans la foule.

Étant posté près de la table de son ou console, j’ai pu être témoin d’un beau lapsus ou plutôt maladresse ou incongruité métallique… des gens qui laissaient flotter un drapeau de Metallica… ? Je ne la catche pas encore, tout comme le vêlé qui lançait des verres de bières vidés au tiers en direction de la console ! Bière + console de son = arrêt d’un concert ! J’ai vécu ça une seule fois dans ma vie, au festival Graspop de 2004, en Belgique, juste avant la prestation d’Exodus ! 2 heures d’attente pour remettre le tout en marche ! Ce crétin a été rapidement identifié par la sécurité mais a continué ses frasques plus haut sur les marches de la salle de spectacles en tentant de puncher ses propres chums dans le visage… tu parles d’un copain ! Avec un ami de même, pas besoin d’ennemis !

Pour en revenir au vrai carnage, c’était sur scène car Amon Amarth n’a point céder au niveau intensité sauf peut être avec des choix qui, selon moi, ralentissaient un peu l’hécatombe mais c’est vraiment du tataouinage de ma part. De mon point de vue, des pièces, tout de même truculentes, comme Runes to My Memory, …And Soon the World Will Cease to Be, Cry of the Black Birds  et Under the Northern Star sont moins intenses à mon trop que méga humble avis, j’aurais pris plus de pièces qui proviennent d’albums comme The Avenger ou Versus the World.

Et la bière là-dedans ? Ont-ils trinqué ? Non ! Justement, par habitude, lorsque nous avons Amon Amarth en concert, nous nous attendons toujours au célèbre cul-sec de la part des membres du groupe, une bonne rasade de houblon prise directement dans leurs cornes à boire. Mais en après-midi, Johan Soderberg, guitariste du groupe, m’expliquait qu’ils n’ont plus leurs cornes car les douanes brésiliennes les ont saisies !

En guise d’au revoir, le groupe y est allé de Pursuit of the Vikings, qui a été précédé de Cry of the Black Birds, ce qui a mis un terme à cette soirée bien remplie.

La peur de l’immensité du Metropolis est donc chose du passé, le groupe suédois est de ce niveau maintenant. C’était la troisième branche de cette tournée, le groupe n’a plus qu’à terminer sa tournée estivale de festivals et c’est l’écriture du nouvel album.

Alors, on se revoit dans un an et demi ?

Pas encore de commentaire.

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

À propos…

RUBRIQUES