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Chanceux comme un quêteux

Ov Hell: Pourfendre les profondeurs… (Entrevue avec King ov Hell)

Yanick Klimbo Tremblay
9 mai 2010

Projet né directement du gouffre insondable de l’Enfer, Ov Hell réuni deux têtes du mouvement black métallique norvégien, en occurrence Shagrath de Dimmu Borgir et King Ov Hell (de son vrai nom Tom Cato Visnes) ou King tout court, ancien bassiste de Gorgoroth. Lorsque le duo formé de King et de Gaahl a perdu la bataille légale qu’ils entreprenaient contre Infernus, le guitariste original de Gorgoroth, les deux musiciens devaient se retourner rapidement pour mettre en branle une cinglante riposte envers ce dernier. Gorgoroth existe toujours avec Infernus aux commandes mais qu’allait-il advenir de King et Gaahl ? Tous deux formèrent God Seed mais qui n’a jamais enregistré d’album, Gaahl préférant se retirer du domaine musical pour un bout. Ayant énormément défrayé la manchette depuis les derniers temps avec des éléments non-musicaux comme la bataille légale au sujet de l’utilisation du nom Gorgoroth et l’homosexualité de Gaahl, il était temps que King puisse reprendre les rennes de sa destiné diabolique en lançant une création qui empeste le souffre infernal. En s’acoquinant de Shagrath aux voix, le résultat ne peut être que mirifique !  Le duo pestilentiel rage énormément sur ce disque qui réuni d’autres grosses pointures du métal norvégien comme Frost de Satyricon et Ice Dale d’Enslaved.

J’ai réussi à rejoindre cette bête métallique, chez-lui, en Norvège. Malgré le décalage vis-à-vis mon heure d’entrevue et la fatigue évidente, il a bien voulu répondre à mes questions. Entrevue avec King Ov Hell.   

Désolé pour l’heure, il est quelle heure chez toi?

Hum, attends un peu. Minuit et trente.

Argh… Je vais essayer de faire ca rapidement, tu dois être fatigué ?

Non non, ca va ! Pas de problème !

J’aimerais savoir si Ov Hell est vraiment né des cendres de Gorgoroth et God Seed?

Dans un sens. Le groupe est né dès que j’ai appris que Gaahl quittait. Shagrath semblait le meilleur choix, un bon ami avec qui je voulais faire de la musique depuis un bout. C’était quelque chose d’inévitable. C’est une progression naturelle pour moi. C’est un développement de ce que j’essaie d’exprimer musicalement. Même si le matériel a été composé avec Gorgoroth en tête, le tout demeure mon matériel et malgré que le nom soit différent, ce n’était qu’une manière de progresser musicalement, dans un sens.

La présence de Shagrath est inattendue, dans une perspective qu’il est probablement très occupé à travailler sur le nouveau Dimmu Borgir et aussi pris par la recherche d’un nouveau claviériste et bassiste!

Nous sommes tous très occupés dans un sens. C’était un projet qui nous tenait à coeur et nous avons réussi à le mener à terme. C’est évident que son groupe prend beaucoup de son temps. Mais Ov Hell est un groupe de type studio, il ne devrait pas y avoir de tournées, de concerts. Il était donc très facile de se donner un horaire de travail malgré nos autres occupations, si tu vois ce que je veux dire? Le seul véritable problème a été de se trouver une période de travail, en même temps, sans mettre de côté nos autres projets. 

Soit dit en passant, tu joues de la basse; serais-tu intéressé d’avoir la position de bassiste avec Dimmu Borgir?

Non, je ne suis pas intéressé. Je fais mes affaires à moi. Ils peuvent très bien se trouver quelqu’un d’autre que moi. 

Comment as-tu présenté ce projet à Shagrath et même aux autres musiciens comme Frost, Ice Dale et Teloch?

J’avais beaucoup de musique qui était prête pour ce qui devait être un album de Gorgoroth. Par la suite, lorsque nous avons formé God Seed, j’ai gardé la musique pour un éventuel premier album. J’avais toute cette musique de prête, j’ai fait écouter le tout aux autres et c’est comme ça que j’ai eu leur approbation pour qu’ils décident de participer. Les idées étaient-là, les structures de batterie aussi car j’enregistre le tout sur mon ordinateur. Ils ont écouté, apprécié et embarqué, c’est environ ça.

Toutes les paroles sont écrites par Shagrath?

Non, j’en ai écrit un peu ainsi qu’une fille de Salt Lake City, Sarah Owens qui a écrit les paroles de Ghosting.  

Invoker est la chanson la plus féroce sur l’album. Elle dégage une certaine puissance avec un chœur incroyable et avec les autres parties qui viennent justement, après le chœur. J’ai eu le sentiment que c’était peut-être la dernière chanson que vous avez écrit pour l’album? Avec Shagrath en tête au lieu de Gaahl car il a lâché le groupe.

Non. Je n’avais pas Shagrath en tête. Cette pièce n’a pas été faite avec sa personnalité dans mon esprit ou sa présence.

Au début de Post Modern Sadist, on peut entendre une femme ayant quelques plaisirs avec une créature, et elle dit des choses très perverses. Où as-tu trouvé cette idée?

Aucune idée car ce n’est pas de moi! Ce sont tous des échantillonnages divers récoltés par Shagrath. C’est lui qui avait tous les sons et les voix que tu décris. Tout ce qui est intro, outro et claviers, ce sont ses idées à lui et je n’ai aucune idée de leur provenance. Il avait ça avec lui, c’était son idée. Nous avions un thème et il a travaillé autour de ça.

Il y a ce bon feeling sur la chanson Ghosting, ça sent le bon vieux temps, comme Bathory. Comment avez-vous travaillé cette chanson en particulier?

Oui, Bathory est effectivement un groupe que j’apprécie énormément. J’ai un immense respect envers Quorthon et son œuvre. C’est sorti comme ça, la structure était comme cela. Il y a une forte influence des vieux jours étant donné que j’écoute du métal depuis longtemps.  

Sur 8 chansons, 6 sont en anglais et deux dans ta langue natale, le norvégien. Était-ce clair dès le début d’avoir des paroles dans les deux langues?

Il y a des paroles composées par Shagrath qui remontaient aussi loin que les années 90. Elles ont été composées avec Dimmu Borgir en tête mais jamais utilisées. Dans un sens, les paroles écrites en langue norvégienne ont été écrites telles quelles et elles se mariaient bien avec la musique, c’est surtout ça.

Tu sais que je suis québécois, je parle le français et j’estime qu’il est important d’utiliser notre langue maternelle. J’ai toujours apprécié le fait que les groupes scandinaves chantent bien souvent dans leur langue. C’est rare chez nous!

Tu es canadien français?

Oui, c’est pour ça le gros accent!

Le mien aussi est à couper au couteau. Je te comprends. Il est difficile de nous exprimer correctement car nous réfléchissons avec notre langue maternelle en tête pour ensuite traduire le tout en anglais par la suite, il peut y avoir des délais. 

Oui, c’est bien vrai. L’album sera probablement plus intéressant pour les fans de Gorgoroth que ceux de Dimmu Borgir. Était-ce quelque chose que tu as discuté avec Shagrath? Je veux dire, dans une perspective que certains de leurs nouveaux fans pourraient-être un peu perdu avec ce groupe parce qu’il est plus intense musicalement que Dimmu Borgir, non?

Je ne crois pas. Nous n’avons pas parlé de ça. Avant tout, nous avons fait ce disque avec de la musique qui nous plait, nous. Si d’autres apprécient tant mieux. Il peut y avoir des similitudes certes mais pas d’influences trop majeures. Si les amateurs de Dimmu Borgir et de Gorgoroth s’attendent à quelque chose de semblable, ce n’est pas le cas. Les gens auront une opinion et nous ne pouvons plaire à tous.

Vous avez un contrat avec Prosthetic en Amérique du Nord, comment est-ce arrivé?

En Norvège, nous sommes avec Indie Recordings. Ils ont fait ce que l’on appelle une licence pour distribuer l’album ailleurs dans le monde. En Amérique, c’est Prosthetic qui s’est porté acquéreur des droits. C’est la même chose avec le dernier 1349, je crois. Mais tout ça, c’est le côté business de la musique, c’est trop complexe.

Sahg est toujours l’un de tes projets musicaux?

Oui. Nous avons sorti notre dernier album il y quelques années. Nous sommes tous occupés avec d’autres projets, nous allons lancer un album à l’automne. J’ai déjà fait mes parties à la basse en studio. Si on regarde ça du côté performance sur scène, c’est probablement le seul groupe avec qui je fais des performances scéniques pour le moment.

 Sahg... différent du black métal!

La dernière fois que tu es venu ici, c’était avec eux, en ouverture de Celtic Frost?

Oui, c’était une tournée avec Celtic Frost en 2006. Nous avons visité les États-Unis et faits quelques dates au Canada.

Tu es un bon ami avec Tom G. Warrior, je crois?

Je peux le compter parmi mes bons amis.

Es-tu un fan de l’album de Triptykon?

Oui, comme de raison. Celtic Frost et Hell Hammer ont été de grandes influences pour moi.

Le black métal scandinave est très tendance dans un sens, on en parle beaucoup et sa visibilité est plus forte que jamais. Il y a des livres sur le sujet, des films documentaires et des expositions. Aimes-tu le fait que le black métal soit maintenant plus mainstream?  

Pour moi, le black métal est une forme artistique. Peut importe comment il est présenté, l’important est que ce soit sincère. Je n’ai pas de problème avec le médium. Je n’ai jamais compris la fermeture envers le genre, de garder le tout aussi caché ou underground si tu préfères. Que l’on en parle grandement, c’est plus que bénéfique pour nous, les artistes qui en font parti de ce genre musical. Je ne comprends pas le concept de pratiquer ta musique, d’enregistrer un démo et d’en faire 100 copies… et c’est tout! Il faut créer un impact sur la scène et c’est l’attitude à avoir. Je ne vais pas me conformer dans un sens, j’ai des idées. Je veux créer un changement réel avec ma musique, je ne veux pas qu’elle ne soit disponible que pour une minorité de gens.

 As-tu l’impression que tu auras la possibilité de fermer la trappe de certains de tes détracteurs avec cet album, comme Fenriz de Darkthrone par exemple ou Tormentor, l’ancien guitariste de Gorgoroth qui a laissé le groupe en raison d’une incompatibilité avec toi, ou tout simplement, mettre un peu plus de carburant sur leur feu, cette animosité qu’ils ont envers toi?

Je m’en fous, vraiment. Que certains disent des choses à mon sujet, je m’en balance royalement. Je fais ce que je fais et je me soucis guère des grandes gueules. Je n’ai jamais rencontré Fenriz en plus. Je mets le focus sur mes affaires et ceux qui veulent bien prendre part à mes projets, ceux qui comptent pour moi.     

En passant, j’ai lu quelque part que tu es un professeur, un enseignant d’école primaire? Qu’est-ce que tu enseignes?

Il y a une traite que je n’ai pas enseigné, vraiment. J’ai enseigné pendant quelques temps mais avec mon métier de musicien, je ne peux plus me permettre de faire l’école. J’ai fait un choix et la musique prend la grande majorité de mon temps. J’écris constamment de nouvelles choses sur le plan musical.

Drôle de coïncidence, je suis enseignant moi-même.

C’est bien, ca nous fait un point en commun.

En plus de notre accent quand on parle anglais. Un dernier mot?

Je ne suis pas très bon pour ce genre de chose…

www.myspace.com/ovhell

6 commentaires
  • Rick
    10 mai 2010

    batard cest mongol mais je prefere gorgoroth moi shagratte il me tape sur les nerffs

  • JOHANNA
    25 juin 2010

    admiro mucho a king ov HELL POR SER UN TALENTOSO MUSICO COMPOSITOR.ADEMAS UN EXELENTE PROFESOR DE ESCUELA,UN HOMBRE GUAPO ATRCTIVO PROFESIONAL.CON MUCHAS METAS POR DELANTE Y LE DESEO MUCHISIMAS FELICIDADES EN SU CARRERA.

  • JOHANNA
    25 juin 2010

    admiro mucho a king ov HELL POR SER UN TALENTOSO MUSICO COMPOSITOR.ADEMAS UN EXELENTE PROFESOR DE ESCUELA,UN HOMBRE GUAPO ATRCTIVO PROFESIONAL.CON MUCHAS METAS POR DELANTE Y LE
    DESEO MUCHISIMAS FELICIDADES EN SU CARRERA. 25 JUNIO 2010. BELLA.

  • Yanick Klimbo Tremblay
    25 juin 2010

    Gracias por leer mi artículo! Mi español no es bueno, gracias!

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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