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Chanceux comme un quêteux

As I Lay Dying: En mode éveillé…(Entrevue avec Phil Sgrosso, guitares)

Yanick Klimbo Tremblay
1 juin 2010

Avez-vous eu votre conventum? Vous savez, cette réunion qui célèbre vos dix années de graduation du secondaire ? Moi, oui, je vais fêter mes 20 ans dans deux ans, je suis un vieux pet les mecs ! Quand tu y retournes, tu t’aperçois que bien des gens ont changé ; les téteux sont maintenant des… téteux, encore, les jocks sont de gros tas suintants et chauves, les métalleux sont rendus des gars de la construction, les plus belles filles deviennent les moins belles et les moins belles du secondaire sont devenues de méchants beaux pétards ! Les étiquettes, ca nous marquent au fer pour longtemps, il est difficile de s’en débarrasser mais avec le temps, la situation a tendance à changer. Identifier à tel ou tel groupe de personnes, tu risques de te retrouver ailleurs dix ans plus tard, de nerd à musclé populaire qui poigne en masse en passant par la vedette du club de basket-ball de ton école qui est devenu vendeur chez Yellow.

Attendez d’avoir le vôtre, vous m’en donnerez des nouvelles !

Mais ce phénomène peut se transposer aussi vers la musique métal car As I Lay Dying en est la preuve. Marqué au fer rouge depuis de nombreuses années par l’étiquette du métalcore chrétien, le groupe se sort de plus en plus de cette imagerie loufoque grâce à des albums de plus en plus virulents. Leur nouvelle offrande « The Powerless Rise » ne démord pas et offre une dimension très vivifiante, plus métallique de la formation. C’est plus heavy et plus intense qu’avant. BangBang a eu l’occasion de s’entretenir avec Phil Sgrosso, guitariste du groupe, qui nous a offert une de ses rares entrevues. Le plus discret de la formation avait tout de même de nombreuses choses à me raconter, en ce samedi après midi. Entrevue avec Phil Sgrosso (avant dernier sur la photo). 

Un peu plus de 5 ans avec le groupe mais nous n’avons jamais vraiment eu la chance de t’avoir en entrevue, peu importe le media. Peux-tu expliquer à nos lecteurs comment tu en es venu à faire parti d’As I Lay Dying comme guitariste. En fin de compte, comment as-tu eu la job ?

En 2003, Chris qui était à la guitare a décidé de lâcher As I Lay Dying. J’ai connu les autres membres du groupe grâce à mon ancien groupe, Tomra. Nous avions déjà ouvert pour eux lors de quelques concerts de type locaux. Les gars du groupe m’ont donc vu jouer et étaient habitués avec mon style en tant que guitariste, dans un sens. Quand Chris a quitté, ils m’ont donc téléphoné. Tomra venait juste d’arrêter de jouer, c’était terminé avec le groupe donc, le timing était parfait. J’étais avec le groupe pour la tournée avec Six Feet Under dès octobre 2003.   

Sur ce nouvel album, vous avez travaillé de nouveau avec Adam D de Killswitch Engage, c’est la deuxième fois de suite. Croyez-vous que c’est le match parfait avec lui aux commandes ?

Définitivement. La première fois que nous avons fait appel à ses services, nous avons été très choyés. C’était le choix évident pour cet album-ci. Mais je dois avouer que nous avons parlé avec d’autres producteurs avant de décider de retourner avec Adam D.

De plus, ce gars semble être un clown, le travail en studio doit être assez rigolo avec lui à vos côtés ?

Comme de raison. Mais il prend son travail vraiment au sérieux. Quand vient le temps d’enregistrer, il est très sérieux. Étant donné que nous sommes de bons amis à la base, il ne veut pas nous décevoir et il veut que l’album soit le meilleur album qui soit. Et il a tout fait pour que ça arrive.   

Croyez-vous que vous devrez changer de producteur sur le prochain album car vous êtes peut-être dans une zone de confort et de confiance avec lui ?

Non, je ne crois pas. Nous allons fonctionner comme nous le faisons d’habitude. Nous allons magasiner un peu et regarder qui a fait quoi dernièrement. Dans un sens, nous avons besoin d’un producteur qui est capable de nous aider à la base, quelqu’un qui va nous aider à amplifier notre vision. Adam D semble être le meilleur, à date, à ce niveau. Avant tout, il est un guitariste et un compositeur dans le domaine du métal. C’est bien d’avoir quelqu’un comme ça car il anticipe bien les problèmes et quand tu ne sais pas quoi faire, quand tu as trop d’idées en tête qui n’amènent rien, avoir quelqu’un comme Adam est extrêmement bénéfique car il te remet sur le bon chemin.   

J’écoutais encore l’album hier soir et je crois que la voix de Tim semble être encore plus agressive que par le passé. Plus intense au niveau de la gorge et je dirais même, que vos pièces le sont aussi. C’est plus lourd que par le passé. Que s’est-il passé ?

Nous étions pompés dans un sens. Nous savons ce qui se passe dans la communauté métallique en général. Nous savons que la compétition est forte dans un sens et que nous devions arriver avec un album très agressif. Ce qui a aidé Tim à la base, c’est surtout le fait que dès le début, toutes nos structures de chansons étaient déjà très heavy. Il n’avait plus qu’à y aller avec ses voix !

Vous avez fait de nombreuses tournées pour l’album précédent, An Ocean Between Us, ce qui veut dire de nombreuses semaines sur la route. Je me demandais si vous écriviez beaucoup sur la route ?

Ouais, mais ce sont plutôt des idées qui flottent par ici et par là, rien de très concret. Pour ce disque, tout le monde a réuni ses idées musicales, tout ce que nous avions d’accumulé, en avril/mai de l’an passé. Et en juin, nous étions à la maison donc nous pouvions concentrer toutes nos énergies sur les nouvelles pièces. Par la suite, nous nous sommes rencontrés en juillet pour pouvoir consolider le tout et commencer à pratiquer ce qui allait devenir ce disque. 

En relation avec le titre de l’album, The Powerless Rise (l’éveil des impuissants), la question fatidique demeure la suivante: qui sont les impuissants?

Ce sont les gens qui n’ont pas l’opportunité de s’exprimer et que l’on ne veut pas entendre. Les pauvres, ceux que nous avons cessé d’aider, dans un sens. C’est ça ?

Tous les titres de chansons sur ce disque sont directs, dans ta face comme on dit, à l’exception de deux : Vacancy et Parallels. Je suis curieux à ce sujet et je me demandais si tu pouvais nous en parler ?

Tim nous arrive toujours avec des titres. Les titres peuvent être pris directement d’une ligne dans les paroles ou sur le thème en général. Le titre arrive toujours dès que la chanson est complètement terminée. C’est pour créer un contraste aussi, nous n’avons pas toujours à avoir une série de mots pour donner un titre à une de nos chansons. Parfois, moins il y en a et mieux c’est ?

Au début de la chanson Without Conclusion, il y a une petite passe à la guitare très particulière. Elle sonne comme la sonorité des vieux jeux vidéo. Qui a eu cette idée d’utiliser ce son étrange?

Ouais! À la base, je suis celui qui a écrit la chanson au complet et personne n’était très enthousiaste avec l’introduction que j’avais composé pour cette pièce. Nick (Hipa) avait un riff qui trainait mais qu’il voulait utiliser pour une chanson qu’il composait et je lui ai demandé de l’essayer sur la mienne. Nous avons essayé et le tout a fonctionné mais nous savions pertinemment qu’il manquait quelque chose, question de piquer l’intérêt des gens. Il y a un effet de guitare qui m’intéressait et je le faisais lors de nos pratiques, celui que tu parles justement. Par la suite, je niaisais en studio avec ce son, rien de très sérieux, vraiment. Je faisais ce son juste pour rigoler et alors, nous avons réalisé qu’il allait bien avec la pièce. J’ai demandé à Adam D ce qu’il en pensait et si on devait garder ce bout. Il m’a regardé et m’a répondu: “Ouais!” Ce sont ces petites choses qui rendent l’expérience studio intéressante, nous n’avions jamais vraiment fait de trucs du genre, tu vois?

Vous allez être de cette tournée avec War of Ages et Demon Hunter, deux groupes bien connus pour leurs fortes croyances envers le Catholicisme ou le Christianisme. Les gens vous catégorisent beaucoup comme étant un groupe de métal chrétien, donc une autre question évidente : êtes-vous écœurés de cette étiquette chrétienne qui semble indélébile ?

Oui. Et avec les années, nous nous sommes dissociés de cette étiquette qui est très limitative. Nous n’avons jamais imposé de limites envers notre groupe pour que le tout s’arrête au marché métal chrétien. C’est un phénomène qui est beaucoup plus alimenté par la presse que par nous, c’est évident. Nous sommes avant tout poussés par notre passion envers la musique que tout autre chose, mais tout en délivrant un message positif. Dans ce temps-là, certaines personnes se concentrent moins sur la musique et plutôt sur le fait que nous sommes des gars chrétiens qui font du métal. En fin de compte, nous sommes ici pour faire de la musique ! Pour cette tournée, il est évident que les groupes que tu me parlais sont reconnus pour leur affiliation chrétienne mais à la base, le tout demeure un bon amalgame de groupes à voir en concert et c’est ce qui compte !

Justement, il n’y a qu’une date au Canada pour cette tournée et c’est à Toronto. J’imagine que vous avez des plans pour revenir bientôt, en tant que tête d’affiche ou en tant que première partie ?

Oui, nous allons visiter Montréal bientôt c’est certain. Il n’y a qu’une date au Canada pour cette tournée et c’est Toronto. À chaque album, nous tentons de faire une visite complète du Canada. Si ce n’est pas en tant que tête d’affiche, nous allons prendre une opportunité en tant que groupe invité, c’est très bien pour nous aussi ! Rien n’est coulé dans le béton mais je te confirme que nous allons vous visiter ! 

www.myspace.com/asilaydying 

Le nouvel album d’As I Lay Dying « The Powerless Rise » est maintenant disponible!

 

Crédits photos: Cindy Frey (Haut) et Travis Shinn (milieu)

6 commentaires
  • Alexis
    2 juin 2010

    Bonne entrevue. Meilleur que «some guy»…

  • Yanick Klimbo Tremblay
    2 juin 2010

    Comme disait Rod Stewart, « Some guys have all the luck, some guys have all the pain… »

  • Rick
    3 juin 2010

    la chanson est bonne mais sa reste que ce band la je les trouve ben trop crieux pour rien

  • Guillaume
    3 juin 2010

    …la vedette du club de basket-ball de ton école qui est devenu vendeur chez Yellow…
    :) :):)

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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