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Chanceux comme un quêteux

Heavy Mtl 2010: Entrevue spéciale avec Alex Erian de Despised Icon!

Yanick Klimbo Tremblay
5 juillet 2010

Certains disent qu’il faut savoir se retirer quand c’est le temps ! Évidement, il y en a probablement deux/trois qui pensent au sexe ici, vilains pervers ! Mais non, ceci n’est pas une devise à caractère sexuel (quoique si ca vous convient, gardez-là !) mais plutôt un commentaire sur la façon de préparer un départ, quand on sait qu’on a fait le tour de la chose et qu’une entité n’a plus vraiment sa raison d’exister lorsque les pièces majeures sont manquantes ou lorsque la satisfaction n’y est plus. Despised Icon l’a compris. Avant de devenir une pâle imitation d’eux-mêmes, le groupe a décidé de tirer la plogue comme on dit, un peu comme ISIS. Rien de prématuré, qu’une décision bien sage qui est de mettre sous terre ce groupe qui n’a jamais eu le malheur de présenter un enregistrement moins intéressant. En entrevue avec Alex Erian, vous allez comprendre le pourquoi de la séparation car, très volubile, le chanteur nous explique qu’il est temps de passer à autre chose maintenant ! Jour de tristesse? Non! Entrevue avec Alex Erian, chanteur de Despised Icon.

Vous vous dirigez tranquillement vers la fin, comment est le moral ?

Le moral est bon. Il est mieux qu’avant, ca faisait un bout qu’on y songeait, quelques mois je te dirais. On a pris la décision, ca devenait de plus en plus embarrassant de faire comme si de rien n’était et de cacher ça à nos chums et à nos fans. A un moment donné, on a décidé de l’annoncer pour que l’on puisse passer à autre chose. Bref, ce qui motive le tout c’est un peu comme à l’époque où on a perdu notre guitariste et notre bassiste, il y a de ça deux ou trois ans. Ils étaient rendus à autre chose, d’avoir une maison, fonder une famille et une job sérieuse… toute le kit ! Regarde, là… Alex notre drummer et Éric notre guitariste sont rendus à cette étape. Au lieu de continuer avec d’autres nouveaux membres, on s’est dit que non, c’était assez. Je ne le feelais pas pis je pense que les autres aussi. On s’est dit : « Despised, c’est nous autres ! S’il y en a un ou plusieurs qui ne peuvent plus, on va arrêter ! » Au lieu de continuer avec plein de monde pas rapport parce que c’est dénaturer un groupe. Ca aurait été weird pour les fans et weird pour nous autres. Il y a plein de groupes que j’aimais ou appréciais dans le temps qui ont continué avec de nouveaux membres, ça devient comme un groupe de covers en fin de compte. C’est bien beau de changer des joueurs mais quand ce n’est plus la même équipe, il faut que ça arrête.

L’exemple parfait serait Guns N’ Roses !

J’écoutais du vieux Guns… Je ne sais plus vraiment ce qu’ils font asteure. Mais je te dirais que le moral est bon. On commence à passer progressivement à autre chose. En l’annonçant, on voulait que les gens sachent que c’est leur dernière chance de pouvoir nous voir en concert et de faire parti de l’expérience.    

Avez-vous un album à remettre à Century Media en guise de conclusion ?

On leur doit encore un album. Pour ce qui est de ce que l’on va faire avec ça… Je te dirais que c’est just too bad, le groupe n’existe plus ! On leur doit un album mais ça fait partie de la game. Le groupe prend fin, c’est tout ! Ce n’est pas comme si on les mettait dans la marde non plus. On est un des bands sur Century Media qui fonctionnait le mieux en ce moment. On termine ça et notre relation avec le label est toujours bien. Les gars de Century Media nous supportent dans nos derniers moments et ils supportent la décision aussi. Ils trouvent ça dommage, et moi aussi mais c’est une décision pleine de bon sens.

    

Qu’avez-vous de prévu par la suite, autant musicalement que professionnellement ?

On n’est pas tous rendu à la même étape dans nos vies, mettons. Éric et Alex, eux-autres, on est pas mal fier d’eux. Ils viennent de se poigner une maison pis un char. Tous les deux, ils montent dans la compagnie pour laquelle ils travaillent. Ils ont des postes avec plus de responsabilités. C’est clair que ça va bien pour eux. Pour ce qui est de Max, notre bassiste, il est de Boston. Entre les tournées il faisait du graphisme. Il travaille pour une compagnie qui fait des panneaux. Il va continuer de travailler là-dedans. Moi, je commence ma nouvelle job lundi. Ca fait quatre ans que je n’ai pas eu de job, je suis un peu stressé ! C’est quelque chose de nouveau pour moi. Et Steve, je ne le sais pas trop encore où il en est. On y va chacun à notre rythme.

Et musicalement ? 

Éric a jammé quelques fois avec son ancien groupe Heaven’s Cry. Je ne pense pas qu’il va repartir le groupe mais peut-être un petit projet avec eux. Ben, l’autre guitariste et moi, on va peut être se partir un nouveau band un peu plus métal ou métalcore, ensemble. On va tous continuer à faire de la musique mais pas de façon professionnelle. Juste pour avoir du fun ! On a beau arriver à de nouvelles étapes dans nos vies mais on ne peut pas vivre sans musique. À la base, on est des musiciens et ça va être bon de retrouver cette base là. Le fun d’aller jammer, faire quelques tounes, prendre un break, prendre une bière et refaire quelques chansons par la suite. Despised Icon, c’est devenu notre job. T’es en tournée 6, 8 mois par année. À un moment donné, à force de jouer à tous les jours… c’est plate à dire mais, des fois, ce n’est pas toujours aussi spécial. Comme dans la vie de tout le monde, ca ne va pas toujours bien. Il y a des soirs où ca ne te tente pas, tu préfèrerais être à la maison. Tandis qu’en ayant un nouveau band juste pour le fun, tsé faire des shows de fin de semaine, de retrouver le fun de jouer et que chaque show compte !  Ca me manquait ce côté plaisant. Despised Icon, c’est notre gagne-pain. D’une certaine manière, c’est devenu un genre de business et c’est ben de la job. Ca va me faire du bien de m’éloigner de cet aspect business de la musique, de juste jouer de la musique comme un loisir. Quand je te dis business, ce n’est pas dans le sens qu’on était dans le groupe pour le cash, on est assez broke quand même! À un moment donné, il faut que tu sois assez wise et de faire les moves en sorte, considérant que tu veux faire une carrière musicale avec ton groupe. De ne plus avoir cette dimension en tête, c’est clair que ca fait mon affaire. C’est très rafraîchissant de savoir que je retombe à la source, le pourquoi j’aime faire la musique est très motivant.

Justement, toi tu as connu le côté business de la musique pour un groupe métal. Nous en avons déjà parlé dans une autre entrevue mais tu dois souvent rencontrer des gens qui pensent que la vie en tournée c’est toujours la fête dans les meilleurs hôtels de la planète avec des filles toutes nues partout !     

Des fois c’est de même par exemple, héhéhéhé ! Ce n’est pas tous les soirs par contre. Je ne peux pas te le cacher. Mais c’est un mode de vie assez différent. Des fois, tu prends deux secondes, t’as des prises de conscience. Tu te réveilles à Prague, en République Tchèque et le soir tu joues devant mille personnes. Après tu te dis : « Whoooo, je ne suis pas à Montréal en ce moment. Je suis bien traité, bien nourri et je fais de la musique. » Ce n’est pas une chance qui est offerte à tout le monde. On a fait 4 albums en huit ans, près de 1000 shows dans pratiquement 30 pays différents. C’est ben de la job pareil. Tu n’en arrives pas à ça du jour au lendemain. Ca prend des sacrifices. Le tout dépend des tournées aussi, la dernière que nous avons faite, c’était un mois et demi en Europe. À a eu la chance de faire la tournée en autobus de tournée tandis qu’en Amérique du Nord, c’est plus souvent avec le setup camionnette avec un trailer, donc pas de chauffeur et c’est quelqu’un du groupe qui conduit. Quelques fois par semaine, tu fais du night drive, tu conduis toute la nuit. C’est très régulier lors des tournées aux Etats-Unis. Tu n’as pas l’opportunité de te laver à tous les jours et tu couches chez des chums ou par ici et par là, question de pouvoir économiser et de faire en sorte qu’en revenant à la maison, tu as plus d’argent en poche pour payer les comptes, ton appart et être capable de vivre pour le prochain mois ou les quelques semaines avant la prochaine tournée. Ca demande beaucoup d’organisation, de planification et de gestion.

Est-ce que les conditions de tournée sont mieux en Europe qu’en Amérique du Nord ?        

Honnêtement, oui. Tant pour ce qui est au niveau catering ou nourriture si tu préfères. On dirait qu’Europe, ils sont plus démonstratifs. Ils ont une certaine reconnaissance envers les groupes qui prennent la peine d’aller jouer dans leur coin. Justement, lors de notre dernière tournée, on est allé en Estonie, Lettonie, Pologne, Slovaquie. On a eu la chance d’aller faire des spectacles dans l’Europe de l’Est, des pays qui ne sont pas souvent visités par les groupes et les tournées. Tsé, tu te promènes dans la salle de spectacle pis les kids te parlent comme si tu jouais dans Slayer, ce qui n’est vraiment pas le cas !

Le fait que c’est une rareté provoque donc un évènement à chaque visite d’un groupe métal ?    

Tu viens de résumer le tout !

Vous avez fermé le Medley, est-ce que le Heavy Mtl est votre dernier concert à Montréal ?

En toute franchise, non. On va en faire un autre, en fin d’année. Pour nous voir dans le coin, pour les prochains mois, c’est la seule chance par contre. Heavy Mtl, ca va être tout un trip ! Même si ce n’est pas notre show, on va se donner à fond. Après nous, il va y avoir des groupes comme Lamb of God et Korn, c’est pour ça qu’on veut terminer l’année en beauté avec quelque chose à nous autres, tsé. Avoir l’opportunité de jouer plus qu’une demi-heure, quelque chose de plus spécial et que ce soit notre « show » entre guillemets. Checkez ben ça, il va y avoir de grosses surprises… je ne sais pas si je peux en parler…

On imagine que d’anciens membres vont venir se présenter sur scène une fois de temps en temps…

Regarde, je peux t’en parler en fait. La formule qu’on aimerait adopter est la suivante : étant donné qu’on a  commencé en 2002 à faire des shows à Québec, Montréal et Toronto, on aimerait finir ça comme on a commencé. On va faire un clin d’œil à notre passé. Le premier set, c’est le line-up original avec Sébas à la basse et Yannick à la guitare. On va faire des tounes des deux premiers albums. Ensuite, ce sera au tour du line-up actuel et on va s’attarder aux deux derniers albums, Ills of Modern Man et Day of Mourning. Ce sera un genre de double-set avec d’autres surprises ! Heavy Mtl, ce sera un trip par contre. Je n’étais pas là la première année parce qu’on était en tournée. On m’a dit que c’est gros !          

Vous êtes de la journée du 25 juillet, la plus nu métal dans un sens, qu’as-tu à dire à Joe Blo qui s’en va là pour entendre du Korn et Five Finger Death Punch ?

Moi, je leur dirais d’arriver de bonne heure parce que Beneath the Massacre va jouer très tôt aussi ! Ce sont de bons amis à nous, des Québécois… des gars de l’Île Perrot ! La chose la plus simple serait de dire qu’il faut supporter les groupes d’ici, c’est aussi simple que ça ! Aussi, vous avez Les Ékorchés, écoute, moi, adolescent, j’ai grandi en écoutant du BARF. Aie, les vieux albums comme Ignorance, Chaos, Suicide et Surprise, c’est certain qu’il faut supporter ce groupe ! Il y a Winds of Plague de la Californie qui vaut la peine. Ce sont de bons amis à nous, on fait de la tournée avec eux autant en Europe qu’en Amérique. J’ai hâte de les revoir. Cette année, les deux tournées qu’on a fait, c’était avec eux. J’ai passé trois mois avec le groupe cette année.

Mais pour ce qui est de Despised Icon, que dirais-tu ?

À la base, je dirais qu’on a deux invités surprises pour venir vous chopper la tête ! Ca va être du bon vieux Despised ! On sait que la fin approche, chaque show est intense et on se donne pas mal, à notre 110% En plus, on va être à la maison. Mettons qu’il y a toujours un p’tit quelque chose de plus quand on joue ici ! Ca va être dehors, il va faire beau… Une journée de métal à l’extérieur! Ca va bûcher, c’est tout ce que je peux vous promettre !

www.myspace.com/despisedicon

Despised Icon sera sur la scène Rockstar Mayhem à 14 :45, le dimanche 25 juillet.

Pour des billets, cliquez ICI !

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