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Chanceux comme un quêteux

Rammstein : L’art de créer un évènement, de donner un concert et de chauffer une foule (Critique du concert)

Yanick Klimbo Tremblay
19 juillet 2010

Avec Apocalyptica le 18 juillet 2010 lors du Festival d’Été de Québec

Les festivités en relation avec le Festival d’Été de Québec se terminaient de manière grandiose avec ce concert exclusif pour l’Amérique du Nord du groupe Rammstein. Quel coup de la part du Festival d’avoir déplacé le groupe jusqu’ici et du même coup, déplacer de nombreux touristes!

La foule était déjà très dense à l’entrée vers 18h00 mais heureusement pour moi, j’avais accès à la section VIP avec entrée par l’arrière-scène. Je n’ai pas eu à jouer du coude avec les autres et dès 18h15, j’étais dans l’enclos de privilégiés à siroter une canette de bière. En regardant derrière moi, je voyais déjà les Plaines remplies à forte capacité; cette soirée allait donc être très populeuse. Ne sachant pas les chiffres exacts, il ne serait pas étonnant d’apprendre que le chiffre magique de 70 000 a été atteint!

En ouverture, le quatuor Apocalyptica nous a offert une prestation unique de métal interprétée par trois violoncelles et une batterie. Se spécialisant, à la base, aux interprétations des succès de Metallica, le groupe a varié son catalogue avec les années et offre aussi, ses propres compositions. Le public a bien apprécié la mouture métallique du groupe quoi que l’ajout du chanteur ramollissait les ardeurs et l’intensité tant qu’à moi. La pièce I’m Not Jesus, interprétée à l’origine par Corey Taylor de Slipknot/Stone Sour, est celle qui a sauvé la mise pour bien des gens au niveau des chansons avec voix car cette chanson a été un gros succès sur les ondes de Radio X de Québec. Pour ce qui est des pièces instrumentales, Wherever I May Roam et Fight Fire With Fire de Metallica ont eu les meilleures réactions de la part de la foule suivie de près par Refuse/Resist de Sepultura.

Durant la pause entre Apocalyptica et Rammstein, j’entends un gars en avant de moi qui explique à son compatriote de derrière que son patron lui a demandé d’entrer à la shop aujourd’hui. Il lui a répondu par la négative car il désirait assister au concert de Rammstein à Québec, lui étant de Montréal. Son patron lui a clairement fait comprendre que s’il manquait sa journée de dimanche à la job, il perdait cette dernière. Il continue d’expliquer au gars qu’il attend ce concert depuis toujours et sa copine aussi, les deux tourtereaux sont comblés!

Dix minutes plus tard, c’est-à-dire 5 minutes avant l’entrée en scène de Rammstein, la copine du gars tombe dans les vaps! Les agents de sécurité arrivent pour ensuite demander l’aide de l’ambulance St-Jean et c’est la sortie de la jeune dame… suivi par son copain débiné de manquer le concert et déçu d’avoir perdu son emploi pour… pas grand-chose en fin de compte. Ah oui, et de voir sa copine sans connaissance l’a affecté aussi… probablement!

 

Préparations sur scène et tombée du rideau pour cacher le décor et tous les bidules. Peu de groupes ont ce rituel : Ozzy, KISS et Rammstein. Si l’on prend la peine de cacher tout ça, c’est que des surprises, il y en aura. Et comme de raison, le tout fut… flamboyant! Tombée du premier rideau noir pendant l’intro suivi par un drapeau allemand aux dimensions hors normes qui tombera lui aussi pour laisser place à la scène! Cette dernière est sombre et les musiciens crottés. Le décor ressemble à celui dans le clip de Ich tu dir weh en fusion avec des restant du film Blade Runner

En guise de chansons de départ, la formation allemande y est allée d’un triplé du dernier album avec Rammlied, B******** et  Waidmanns Heil. Till Lindemann, chanteur du groupe, se change souvent pour agrémenter les chansons. Lors de Rammlied, il portait un habit de femme style charleston (hein?) avec les plumes rouges et cette étrange lumière dans la bouche, tout comme dans le clip d’Ich tu dir weh. Lors de Waidmanns Heil, qui se traduit aisément par « bonne chasse », il était attriqué comme un chasseur qui pourrait se retrouver dans les fables pour enfant avec un coquet chapeau et un fusil de chasse aux proportions gigantesques. Comme de raison, le fusil était chargé de matériel pyrotechnique et les effets de flammes se sont manifestés fortement à partir de ce moment. C’est vraiment à la fin de cette troisième pièce que le concert a vraiment levé.

L’énergie était bien présente avec Keine Lust suivie par Feuer Frei! Chanson fétiche pour bien des gens car on retrouve le groupe dans le film xXx qui l’interprète dès le début. Dans le film, nous voyons les possibilités incendiaires du groupe sur scène et pour la représentation de Québec, nous avons eu droit à la même dose de flammes mais à la puissance mille avec les trois membres du groupe en avant-scène qui étaient armés de lance-flamme au niveau de leur bouche! Les flammes montaient et je ressentais la chaleur de ma place… imaginez leur menton!

Après l’incendie, deux moments de répit question de reprendre notre souffle. La pièce Wiener Blut a propulsé quelques amateurs aux cabinets de toilette. Frühling in Paris nous a proposé le bassiste à la guitare acoustique. Il est venu en avant, illuminé par un globe descendu du haut de la scène.

Par la suite, c’est l’apocalypse avec tout ce qui est mise-en-scène et pyrotechnie. Lors de Ich tu dir Weh, le chanteur Till Lindemann et le claviériste feignent le combat, gagné par le chanteur au gabarit plus qu’imposant face au frêle musicien. Ce dernier se retrouve propulsé dans une baignoire tandis que le chanteur est surélevé à plusieurs mètres de la baignoire. Il a en sa possession un cruchon de lait en métal, comme ceux utilisé par les fermiers et il en déverse le contenu dans la baignoire. Un mélange de flammèches imitant le métal en fusion se dirige vers la baignoire suivi d’une explosion. Le claviériste Christian Lorenz en ressort mais vêtu d’un habit très illuminé, style disco. Il reprend son chemin, sous les applaudissements, et reprend sa position aux claviers mais maintenant il est sur un tapis roulant. Quoi de mieux que la chanson Du riechst so gut avec sa rythmique de jogging pour reprendre la soirée!

Par la suite, avec Benzin, un immense distributeur à essence, un lance-flamme en vérité, est apparu sur scène et a été activé par Till Lindemann qui s’est amusé à flamber un gars qui était sur la scène. Pas de panique, c’était un membre de l’équipe, déguisé pour l’occasion en amateur de Rammstein!

Personnellement, c’est la pièce Links 2-3-4 qui s’est avéré la plus intéressante de la soirée. Moins d’artifices mais sa cadence militaire et son intensité m’a fait brasser la tête! Évidement, c’est avec Du Hast que l’apothéose est survenue. Peu importe comment vous avez connu cette chanson, que ce soit dans le film Matrix, aux danseuses ou en dansant devant un mur d’un bar alternatif, il était évident que cette chanson allait attirer la plus grande réaction de la part des gens. Le début a été chanté par la foule pour ensuite être reprise par le chanteur. Vers la fin, Lindemann est apparu de derrière avec ce que l’on pourrait qualifier d’arbalète, a lancé un coup de semonce vers la foule suivies par des fusées qui se dirigeaient vers la console de son pour ensuite revenir vers le groupe et finir le tout dans une explosion chaotique! Ouf… de plus, je vous laisse de côté les nombreux chalumeaux en permanence et autres souffles de feu, de boucane, de vapeur et de flammes… Vous pouvez regarder mes vidéos pour mieux comprendre le buzz!

La dernière pièce du concert a été la très controversée Pussy, pièce dont le clip ne peut être vu sur les médias réguliers pour son contenu fortement pornographique. Présent dans l’aire VIP, j’ai eu le « plaisir » d’être aspergé par l’immense canon à mousse de Lindemann. Symbole phallique par excellence, le tout a été achevé par la suite par une pluie de confettis, l’orgasme total pour certains!

Lors du rappel, trois pièces, question de ne point laisser ce public en délire sans appétit! Entamant ce rappel avec Sonne, le groupe a ramené sur scène Apocalyptica pour que le groupe puisse y aller de quelques mesures musicales pendant que le claviériste prenait place à l’intérieur d’un canot gonflable pour se laisser porter par la vague humaine pendant la chanson Haifisch (requin).

 

Le tout s’est terminé rapidement pour plusieurs avec Ich Will. Il est évident que tous en auraient voulu pour une heure additionnelle. Comme de raison, étant donné que ce concert était une primeur nord-américaine, il aurait été de mise d’ajouter Amerika à la liste de chansons. De mon point de vue, j’aurais bien aimé entendre Mein Teil, pièce favorite du groupe.

Pour avoir vu de nombreux concerts dans ma vie, et je ne suis pas le seul à dire ce genre de chose, il est maintenant impossible de voir toute autre prestation scénique de la même façon. Ce que Rammstein présente, c’est l’ultime consécration du mariage de la musique métal, industrielle et de la performance scénique dangereuse, voire le cirque de freak avec en surplus une dimension saligaude à souhait. Il y a une dose de risque très élevé à leurs concerts et c’est probablement ce qui est le plus fantastique dans tout ça. Voir Iron Maiden avec Eddie sur scène, c’est bien mais nous aimons les voir/entendre surtout pour les chansons avant tout. Rammstein, c’est un cumulatif et aucun élément n’est indissociable. Unique et inimitable!

Vous avez manqué ce concert? Hum…

Photos et vidéos: moi

3 commentaires
  • Mike Savard
    19 juillet 2010

    les lance-flammes direct dans gueule sont ma-la-des!

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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