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Chanceux comme un quêteux

The Vision Bleak: Cap vers le mystère le plus glauque possible… (Entrevue avec Schwadorf)

Yanick Klimbo Tremblay
22 juillet 2010

Après le buzz laissé par l’ouragan Rammstein dimanche dernier, quoi de mieux que de se laisser séduire par une nouvelle formation allemande ? À des lunes de la sonorité de la troupe de Till Lindemann, The Vision Bleak est plutôt axé vers le côté glauque de la musique, les ambiances meurtrières qui nous rappellent des gens qui aiment parader la nuit dans de somptueux cimetières ! Inconnu chez nous, laissez vous tenter par ce groupe qui risque de vous rappeler vos soirées de danse sur les rythmes gothiques de Sisters of Mercy autant que vos incantations à la lune en écoutant du Moonspell attriqué de votre chandail avec un loup d’imprimé sur le devant ! Entrevue avec Schwadorf, multi-instrumentiste et fondateur du groupe.

Votre groupe est un mystère total ici au Québec, pouvez-vous nous en parler pour le bénéfice de nos lecteurs?

Nous sommes The Vision Bleak d’Allemagne, nous avons quatre album jusqu’à maintenant et nous jouons du métal du style “Horror Metal”. C’est atmosphérique, du métal énergisant qui traite des phénomènes surnaturels à travers des formes diverses comme la musique et la poésie. 

Ce nouveau disque semble beaucoup plus fluide. Il coule bien, c’est comme un bateau qui se laisse aller sur les eaux d’une rivière. C’est le genre de disque que l’on peut écouter d’une traite sans passer une seule pièce ; et c’est rare ce genre d’album ! Comment avez-vous attaqué ce disque si l’on compare avec le précédent, The Wolves Go Hunt Their Prey?

Merci pour les mots, c’est apprécié! Je crois que ce disque pourrait être perçu comme étant un best of de tout ce que nous avons accompli jusqu’à maintenant. Il possède l’énergie sauvage de The Wolves Go Hunt Their Prey, les atmosphères de Carpathia- A Dramatic Poem en plus du côté très frais et rock de notre premier disque. Au niveau de la production, nous voulions y aller avec quelque chose de moins poli, plus naturel mais qui a toujours cette facture très grasse ! Je crois que nous l’avons accompli avec succès. Rien de très spécial à dire au sujet de l’écriture. Nous utilisons la même technique depuis Carpathia- A Dramatic Poem et ca fonctionne à merveille. En plus, je dois avouer avec un certain stress que nous avons laissé beaucoup plus de place à la spontanéité, aux techniques d’enregistrement. Rien n’a été fait de manière trop précise come sur le dernier disque.   

Vous lancez ce disque avec la compagnie Prophecy Productions uniquement, c’est donc une importation pour nous en Amérique. Pour The Wolves Go Hunt Their Prey, vous aviez une entente avec Napalm Records pour l’Amérique. Qu’est-il arrivé avec Napalm ?

Ce sont des détails très business et je ne m’en soucie pas vraiment. Je sais que Nathan de Prophecy fait un excellent travail en Amérique pour nous et c’est tout ce qui compte!

Ce disque, Set Sail to Mystery, est disponible en plusieurs formats. Il vient dans un livre gigantesque (cliquez ICI pour un lien où vous pouvez visiter le livret, c’est génial!) rempli de photos et d’autres trucs. Prophecy fait ce genre d’édition spéciale avec quelques groupes comme le vôtre, Les Discrets et Alcest. Est-ce quelque chose qui a été proposé par votre groupe ou bien c’est Prophecy qui vous a demandé si vous pouviez être intéressés par ce concept ?

Ouais, c’est un truc que moi et Martin de Prophecy avons eu comme idée. Nous avons pensé à ça après s’être creusé la tête longtemps pour trouver un format vraiment original pour l’édition spéciale. C’est une excellente décision d’avoir pris le risque de faire cette édition spéciale car j’aime vraiment le produit fini et comment le tout a sorti !

Est-ce quelque chose qui vous a demandé beaucoup de travail additionnel au niveau des textes dans le livret. Avez-vous fourni des images supplémentaires et des chansons en bonus ?

Oh oui ! C’est beaucoup de travail de concevoir un livret de 48 pages qui aurait bonne mine en format 28 cm par 28 cm ! Heureusement, moi et notre technicien artistique Lukasz Jaszak travaillons ensemble de manière simple, rapide et efficace. J’ai écrit aussi beaucoup de textes pour combler le tout et nous avons pris énormément de photos en prévision de l’édition spéciale. En tout et partout, l’édition spéciale a pris un bon mois de travail, incluant le matériel du deuxième disque.

Vous travaillez en format duo, Schwadorf et Konstanz uniquement, est-ce par manque de musiciens de talent ou plutôt pour garder la vision du groupe intacte ?

Nous ne pouvons écrire des chansons qu’en tant que duo sans compromettre l’opinion de l’autre et ainsi nous ne finissons pas par changer complètement l’idée de base pour plaire à d’autres musiciens du groupe. J’ai déjà expérimenté ce genre de problèmes avec des groupes qui viennent dans mon studio pour enregistrer car je possède un studio d’enregistrement et je suis un producteur, c’est ce que je fais comme travail dans la vie.

En écoutant The Vision Bleak, on peut ressentir certaines similitudes avec d’autres groupes comme Moonspell, Sisters of Mercy et Type O Negative. Je me demandais si les groupes dont je te parle sont des influences de votre groupe ?

Le vieux Moonspell des premières années et Sisters Of Mercy sont de grandes influences pour nous. Je dois avouer que Type O Negative n’est pas dans mon bagage d’influences. Je n’ai jamais été un grand amateur de leur approche et de leur sonorité.

Avec la mort dernièrement de Peter Steele de Type O Negative, trouves-tu qu’il y a une pièce manquante dans la communauté métal ?

Même si je ne suis pas un fan de sa musique, je peux dire qu’il était un être charismatique avec beaucoup d’attitude. Ce fait, à lui seul, est une perte énorme…

Les titres de vos chansons sont très longs et les paroles sont complexes avec de nombreux détails, c’est un véritable plaisir de lire vos paroles ! Vous semblez très inspirés par le romantisme antique, le gothisme mais pas de manière quétaine et les films d’horreur. Quand vous écrivez des paroles, voulez-vous transcrire des éléments que vous avez déjà observés dans des livres ou des films ou plutôt créer de nouveaux éléments, propres à vous ?

J’ai toujours été très maniaque de la littérature classique et la fiction la plus étrange. J’aime le sens du dramatisme et l’utilisation d’un langage riche, qui n’est pas dégénéré comme ce que l’on retrouve sur la rue. Sur ce disque, j’ai pris de l’inspiration envers d’autres écrivains mais sur Carpathia, notre deuxième disque, nous avions une histoire montée de toute pièce, montée par nous, du début à la fin.

La chanson I Dine with the Swans est la plus, comment dirais-je, unique sur le disque car nous pouvons sentir qu’elle a un tempérament différent, elle est plus parlée au lieu d’avoir le rythme habituel qui est suivi par les paroles. Qui est le responsable de celle-ci ?

J’ai écrit cette chanson et les paroles. Pour dire vrai, je suis celui qui écrit la plupart des chansons du groupe. Mais nous travaillons toujours mes idées de base ensemble. Ceci veut dire que je suis responsable du matériel à la base, lorsqu’il en est à ses premiers balbutiements et par la suite, moi et Konstanz retravaillons le tout. Et oui, c’est une chanson toute simple et très spéciale mais elle est tellement atmosphérique. Je suis plus que certain que nous allons en faire encore d’autres dans la même veine que celle-ci dans un futur rapproché. 

Peux-tu nous parler plus précisément de la pièce A Romance with the Grave. Personnellement, c’est ma favorite sur l’album. Je peux entrevoir une certaine romance dans la pièce, mais une romance avec quelqu’un de mort… Comment t’es venue l’inspiration pour celle-ci ?

C’est une chanson très poétique, un peu sarcastique, au sujet justement d’aimer une personne décédée. J’étais très inspiré par un poème d’Heinrich Heine, sur lequel je suis tombé il y a un an ou deux de ça.

Et la pièce He Who Paints The Black Of Night, est-ce au sujet du manqué d’inspiration d’un peintre, qui peut aussi bien se transposer à un musicien, le syndrome de la page blanche ?

Oui. Dans un sens, cette pièce est au sujet de trouver la plus grosse sensation possible lors de moments dits créatifs lorsque tu écrits au sujet de choses plutôt sombres, sinistres comparativement à ce qui se fait au niveau des trucs plutôt légers dans le domaine de l’art. C’est aussi au sujet de la symbiose entre l’artiste et son œuvre, ne faire qu’un tout avec ce que tu crées et vice versa ! 

Je regardais votre page MySpace et à ma grande surprise, j’ai remarqué que The Vision Bleak fait de la tournée ! Vous avez des musiciens avec vous qui portent le nom de Wolfpack. Peux-tu me parler de ce groupe de musiciens ?

Oui et nous avons fait quelques tournées depuis que le groupe existe. Le Wolfpack est une fraternité de musiciens extrêmement talentueux et dédiés qui nous aident à recréer sur scène ce que nous faisons sur nos disques. Thelemnar est à la batterie. Josi Maddox à la guitare rythmique et Marco Magico à la basse.

Des projets de traverser l’Atlantique pour venir jouer ici, en tant que groupe en ouverture d’une formation majeure?

Espérons qu’une telle chose puisse arriver ! Pas de plans du genre, encore,  par contre…

Et pour finir, qu’as-tu à dire aux Québécois et Québécoises?

Eh bien, tout simplement d’encourager The Vision Bleak en écoutant notre musique et tout spécialement, notre dernier disque Set Sail To Mystery, si vous êtes un amateur de métal avec de l’énergie et de l’atmosphère, c’est pour vous ! Et merci !

www.myspace.com/thevisionbleak

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Yanick Klimbo Tremblay

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