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Chanceux comme un quêteux

The Acacia Strain: Repousser tous ces vers à bois! (Entrevue avec Vincent Bennett)

Yanick Klimbo Tremblay
29 juillet 2010

Trouvez-vous qu’il y en a des groupes métal sur le marché ? Mets-en ! Des fois, on perd notre temps en gossant après certains types de groupes en se disant qu’ils ne sont pas si pires que ça après tout mais d’autres fois, on manque le bateau un peu. The Acacia Strain est un groupe envers qui les amateurs de metalcore ou de deathcore devraient donner une bonne oreille car ils offrent un métal très révélateur sur leurs albums. Ce groupe, qui existe depuis près de dix ans, a une bonne base solide d’amateurs au Québec. Certainement pas aussi grosse que celle qu’a As I Lay Dying, Unearth ou Children of Bodom mais tout de même, de nombreux artistes tueraient pour n’avoir, ne serait-ce que 30% de la reconnaissance que cette troupe peut avoir ici. Cette formation, originaire du Massachussetts, nous a proposé la semaine dernière son cinquième album intitulé Wormwood, qui se veut un pas en avant vers un métal plus direct, moins hardcorisé ou métalcorisé. Le groupe en est fier et Vincent Bennett, le chanteur était très fier de m’en parler juste avant de partir pour une tournée. Entrevue avec Vincent Bennett, deuxième sur la photo.

The Acacia Strain est un groupe relativement bien connu mais ici à Montréal, à part quelques adeptes, vous demeurez encore un mystère total ! Crois-tu que c’est un manque de promotion de la part de votre étiquette de disques ou tout simplement que vous n’avez jamais fait parti des grosses tournées métalliques majeures qui viennent jusqu’ici?

C’est ton deuxième argument. Nous avons fait de nombreux spectacles à Montréal mais c’était toujours dans des concerts de formats plus petits. Nous allons chez vous soit en support de groupes légèrement plus connus que nous ou en tête d’affiche dans de petites salles. Il y a de nombreux groupes de nos jours et réussir à se faufiler sur de grosses tournées métalliques est excessivement ardu. Mais nous continuons à bucher fort ! Il y a, chez vous, Dave Boucher avec qui nous faisons des affaires bien souvent. Il nous aide énormément pour que l’on puisse jouer chez vous lorsque l’occasion se présente. C’est un monde assez intense celui de groupes en tournée ! Il y a de nombreuses formations qui tournent et il faut attendre notre tour j’imagine.

Tu expliquais dernièrement que Wormwood, votre nouvel album, est votre album le plus lourd de votre catalogue. Dans un sens, crois-tu mettre de la pression pour le prochain ?

Oui mais l’objectif est de toujours de se dépasser d’album en album dans un sens, tu vois ? J’aime vraiment notre nouveau disque, il est puissant et intense. Je me sens très confiant, et je crois que les autres gars du groupe aussi, envers ce que l’on propose musicalement sur Wormwood. Je suis vraiment fier de la façon dont le tout a été écrit, comment le tout sonne comme produit fini.

Tu expliquais aussi que les paroles des chansons sur Wormwood sont très personnelles. Si l’on se fie aux titres, c’est étrange par contre car avec des titres comme Unabomber et Ramirez, un terroriste et un tueur en série. J’imagine que les titres n’ont rien à voir avec tes paroles ?

Exactement! Ce ne sont que des noms qui me viennent en tête, c’est tout. Ca donne une certaine dose d’intrigue dans un sens d’avoir un titre comme Unabomber et que le texte de la chanson soit totalement à l’opposé ou différent de ce que ca devrait être. C’est un peu cul-cul à dire mais c’est notre album le plus mature à date. Les textes parlent beaucoup de la vraie nature de l’Homme, avec ce petit sentiment diabolique qui réside dans notre for intérieur qui fait que chacun peut être foncièrement méchant.

Les titres demeurent, par contre, assez intenses et centrés autour de la destruction et de l’oblitération. Tu ne donnes pas des noms de fleurs à tes chansons quand même!

Non ! C’est tout de même assez brutal ! Que ce soit de parler de détruire la nature, de détruire d’autres humains ou de détruire une force extraterrestre qui vient de l’espace, c’est juste quelque chose qui est imprégné dans notre sang, cette volonté de détruire à peu près n’importe quoi, tu vois ?         

Par le fait même, vous avez une chanson qui s’intitule BTM FDR. Est-ce des lettres qui veulent dire quelque chose de précis, les initiales de Beneath the Massacre et Franklin D Roosevelt?

Non, mais bonne observation de ta part ! Je ne sais pas si vous pouvez faire ça au Québec quand tu vas chercher ta plaque d’immatriculation, il y a des endroits en Amérique où tu peux choisir toi-même les lettres qui vont se retrouver sur ta plaque.

Non, au Québec on prend ce que l’on nous donne !

Certains États ici nous laissent l’opportunité de choisir notre plaque. Les initiales dans ce titre de chanson veulent tout simplement dire Bottom Feeder. C’est le genre d’initiales que l’on peut avoir ici, c’est un truc que j’avais déjà vu sur une voiture et je l’ai utilisé pour cette chanson.

 

Peux-tu nous parler de l’illustration qui se retrouve sur votre album ? C’est étrange!

L’artiste responsable est Justin Kamerer. C’était notre première expérience avec lui et le tout donne un truc génial ! Je lui ai fait parvenir mes textes de chansons de l’album en lui disant environ : « Vas-y, fait ce que tu veux ! » Ce gars est excessivement créatif, il a pris des bouts de mes chansons ici et là pour s’inspirer. Il a visualisé le tout et transféré ça dans son œuvre. Dans le livret, il y a d’autres trucs assez hallucinants aussi comme une ruche d’abeilles qui prend la forme d’un cœur humain avec les abeilles qui en sortent. Mais en général, je dirais que c’est difficile de voir tes paroles en dessins! Je peux dire que cette pochette attire l’œil, elle n’est pas trop dark comparativement à ce qui se fait de la part de bien des groupes !

Vous allez donc pouvoir créer de nombreux items de merch à partir de ce qu’il a créé ?

Définitivement !  Tout ca va bien sortir et va avoir l’air très cool sur des t-shirts. J’espère que les gens vont en acheter car c’est ce qui nous tient sur la route.

Tu es le responsable de tout ce qui est items de promotion pour ton groupe, je crois ?

Oui, ca vient de moi. Toutes les idées sont les miennes quand on parle des items de promotion (merch). Des artistes travaillent pour nous dans un sens, je leur explique ce que je veux et ils reproduisent le tout. Si je ne suis pas satisfait pour une raison ou pour une autre, ils vont faire les changements nécessaires. J’ai le contrôle à 100% et il faut que ca soit fait à mon goût car c’est une source de revenu important pour un groupe comme le notre.    

J’aimerais te parler de quelque chose. Je sais que tu n’aimes pas les étiquettes que l’on appose à ton groupe. Il y a beaucoup de commentaires au sujet de The Acacia Strain et d’autres formations comme Despised Icon par exemple, où certaines personnes parlent de vous comme étant des posers avec des looks trop hip-hop. Il y a même une catégorie qui s’appelle wigger métal (NDLR : wigger est un terme péjoratif et veut dire : nègre blanc. Ce terme décrit les Blancs qui aimeraient être des Noirs, qui agissent tel quel et se donnent une certaine attitude typiquement associée au mode de vie des Noirs. Ce mot est très répandu dans le domaine du rap, Eminem en serait le porte-étendard !)  Le tout est fait sous le couvert de l’anonymat comme de raison, l’Internet offrant ce petit avantage ! Quel est ton point de vue face à ce genre de commentaires des gens qui jugent ton groupe au niveau de ton look plutôt qu’au niveau de la musique offerte ?

Je ne sais pas d’où tout ça peut bien venir mais dans le coin d’où nous venons, le wigger métal est plutôt pour des groupes comme Limp Bizkit, les groupes rapcore dans un sens. La plupart des jeunes qui nous appellent ainsi sont évidement plus jeunes que moi et ne connaissent probablement pas Limp Bizkit. Mais ils peuvent bien nous surnommer comme ils le veulent, nous croyons en nous-mêmes, c’est tout ! Nous ne représentons pas vraiment ce qu’est un wigger, pas du tout. Rien de très près de ce genre ne pourrait s’identifier à nous. J’ai entendu ce genre de commentaire et ce n’est que de l’ignorance totale envers le monde musical. Despised Icon, voyons, c’est un groupe métal, point ! Et un bon groupe métal, même si d’autres jeunes veulent leur mettre une étiquette de deathcore ou grindcore. C’est étrange et tant qu’à moi, ce n’est que du métal. Pour en revenir à The Acacia Strain, nous sommes des gars du milieu hardcore qui possèdent des éléments métalliques dans leur musique. De nous mettre dans une catégorie uniquement en relation avec le fait que l’on porte des vêtements sportifs ou urbains, c’est pathétique. Une chose est certaine, nous faisons ce que nous voulons et nous nous habillons comme nous le désirons, c’est tout et nous nous en foutons !

On doit juger par la musique, c’est ça ?

Exactement, la musique c’est la musique! Si tu aimes, tu aimes! Sinon, passe à autre chose !   

Vous êtes sur la Tournée Cool Tour avec As I Lay Dying mais aucune date pour la province de Québec, la plus près demeure Toronto. Des chances de vous avoir chez nous bientôt ?

Avant de voir à la planification de la prochaine tournée, nous devons voir avant tout comment seront les ventes de l’album car c’est très important pour les gens de l’industrie, surtout les chiffres de la première semaine. En septembre, nous allons faire le Hell on Earth en Europe mais pour ce qui du reste, nous sommes très ouverts.

Avant d’accrocher, j’aimerais avoir tes impressions sur le fait que tes amis de Despised Icon aient décidé de lancer la serviette.

C’est triste sur le coup mais de savoir que c’est pour des raisons qui vont rendre les membres du groupe plus heureux, ca me va ! Nous avons fait de la tournée avec eux, c’était en 2007 je crois. Ce sont de bons gars et il est facile de bien s’entendre avec eux ! C’est juste plate ! Mais de la manière qu’ils parlent, c’est mieux ainsi, ils veulent passer à autre chose. Ils ont été sur la scène assez longtemps pour pouvoir apprécier tout ce qui leur est arrivé. Ils ne voulaient pas devenir une pâle imitation d’eux-mêmes avec tous les membres changeants. Et quand tu vois de nombreux groupes des années 80 qui sont toujours actifs et qui n’ont que le bassiste comme membre original et jouent devant des salles de 200 personnes tandis que par le passé, c’était dans des arénas, c’est pathétique. Je crois que les gars de Despised Icon ont voulu quitter sur cette note de leur carrière, pendant que le tout allait bien pour eux. Je leur souhaite ce qu’il y a de mieux, vous allez nous manquer !

www.myspace.com/theacaciastrain

 

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Yanick Klimbo Tremblay

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