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Chanceux comme un quêteux

Osheaga 2010 : La journée du samedi 31 juillet sous l’œil inattentif d’un père de deux enfants! (Retour sur le concert)

Yanick Klimbo Tremblay
2 août 2010

Pour ceux qui le savent et même ceux qui ne le savent pas, Osheaga est pour nous, une sortie familiale depuis trois ans. Le tout a débuté en 2008 lorsque ma fille de trois mois nous a accompagnés. Elle avait survécu au Heavy Mtl quelques jours auparavant, il était évident qu’Osheaga était de calibre pour son système auditif. Ma mère y était aussi, donnant un coup de main habile et apprécié pour les couches. L’année dernière, ma fille avait 15 mois, elle marchait et appréciait les prestations en tapant des mains, en se dandinant, le tout sous la supervision de parrain. Ma blonde, enceinte de numéro deux, pouvait se la couler un peu plus douce grâce à l’aide de parrain. Cette année, deux enfants : une fillette de deux ans qui veut jouer et un garçonnet de neuf mois qui marche à quatre pattes. Moins de repos cette année. Je devais jongler avec ma fille qui désirait aller aux toilettes et mon gars qui veut marcher sur le gazon et grignoter le gazon ou les cailloux en plus de nourrir la marmaille, d’aller chercher de l’eau et gérer les jeux de ma fille. Heureusement, parrain y était cette année avec sa copine en plus de quelques amis qui nous ont grandement aidés! L’an prochain? Je crois qu’on mérite bien un petit festival en couple, nous allons délier les cordons de la sacoche et se payer une gardienne… ou demander aux grands-parents de garder en échange d’un repas familial St-Hubert et trois Popsicles!

Ai-je pu regarder et entendre quelques artistes? Oui, comme de raison! Je n’ai pas deux monstres mongols et pas vivables avec moi tout de même.

Fait intéressant, de nombreuses et je souligne NOMBREUSES familles sont présentes sur le site. Les carrosses et les gamins pullulent pour une première fois à Osheaga. Il y a trois ans, nous avions l’air un peu freaks voire irresponsables avec un bébé d’à peine trois mois! Mais la réalité moderne fait que les gens continent de profiter de la vie malgré le fait d’avoir des enfants; ce n’est pas un handicap après tout. À moins que tous ces gens aient lu mes guides de survie pour parents lors des concerts en plein-air? Comme de raison!

Mon compte-rendu peut paraitre bref, incomplet même mais je ne me rendais pas à Osheaga en tant que membre des médias cette année mais plutôt en tant qu’amateur de musique ce qui fait que j’en ai profité longuement en ne m’attardant pas aux moindres détails des artistes, je suis resté aux deux scènes principales toute la journée. Mon seul regret est d’avoir manqué Japandroids et Final Flash.

« Pourquoi fais-tu un papier là-dessus si tu n’y allais pas comme média, jeune homme! » Anne-Karyn, fan de Robyn.

Parce que j’aime écrire et vous informer!

Ben non, c’est parce qu’il est 10h00 le soir un dimanche et que tout le monde dort chez nous pis y’a rien à la télé…

15H20, nous arrivons après une fouille pratiquement inexistante aux portes. Après avoir ouvert mon sac, la responsable de la sécurité n’a vu que des jouets et deux ou trois couches. Bloquant l’accès, je suis passé rapidement sans zèle excessif… j’aurais pu entrer une panoplie incroyable de canettes de bière et revendre le tout à bon prix… shit, moi qui voulait envoyer mes enfants au privé, je viens de manquer ma chance de faire du foin!

C’est Edward Sharpe & the Magnetic Zeros qui est sur scène. Musicalement, c’est comme si Polyphonic Spree faisait du folk et que Wayne Coyle de Flaming Lips en était le chef spirituel au lieu de Tim DeLaughter. Je suis dans le beat, c’est joyeux et festif !

À chaque année, il y a un artiste reggae qui joue à Osheaga. Habituellement, c’est un des enfants de Bob Marley, un de ses cousins ou celui qui lui roulait ses pétards back in the days! Cette année, Jimmy Cliff, légendaire reggae man et crieur invétéré de « Ar’ You Feelin ! », foule les planches à mon grand malheur. Je déteste passionnément le reggae, pas capable. Désolé mais non. C’est bien la diversité musicale mais selon moi, le reggae à Osheaga serait à proscrire ! J’ai eu sourire à deux reprises lors de la prestation de Jimmy Cliff car le bonhomme de 62 ans aime faire des interprétations. Il nous a fait I Can See Clearly Now de Johnny Nash et Wild World de Cat Stevens.

K’Naan, ce nom me disait quelque chose. Je savais qu’il avait fait quelques lignes sur une chanson de Keane et, lors de sa dernière pièce lors de sa prestation d’hier, j’ai allumé. C’est lui qui est responsable de la chanson Waving Flag, tube d’artistes canadiens qui sont venus en aide aux sinistrés d’Haïti. Je connais cette chanson par cœur état donné que Justin Bieber chante dessus, mes élèves l’écoutaient en boucle lors des derniers mois. Sur scène, les pièces de K’Naan me laisse totalement impavide. Au moins, il ne nous a pas sorti le p’tit Bieber à la toute fin… Choix de programmation artistique très douteux pour un festival du genre, venait-il en combo avec Keane ?

Pour Stars, j’ai pris ma fille, l’ai assise sur mes épaules et je me suis avancé pour les deux premières chansons. Quand j’ai découvert la pièce Ageless Beauty il y a quelques années, je suis tombé sous le charme de Stars, du moins lorsque c’est Amy Millan qui chante. Le groupe semblait éprouver des problèmes avec leurs moniteurs et Torquil Campbell aux voix était en furie tout au long des 6 minutes où je me suis avancé. Je suis retourné au loin rejoindre la compagnie et le fait de ne pas voir ce coquin frustré m’a permis de mieux apprécié les pièces de Stars, bien enfoui dans la pelouse. 

Je me dois de faire quelques parallèles avec Heavy Mtl, question de bien comparer avec ma paroisse et question que les métalleux s’aperçoivent de quelques ajustements à faire :

- Au Osheaga, les gens se ramassent beaucoup plus. Oui, il y a moins de monde, c’est certain mais les poubelles sont toutes aussi visibles et mieux utilisées. Il faut prouver que la communauté métallique se ramasse. Ainsi, la petite scène Silverstar de la semaine passée pourrait se retrouver derrière les arbres… près de la crique en entrant ? Vous vous souvenez ? Elles sont là les autres scènes mais au Heavy Mtl, il faut se contenter d’être empilé comme des rats !

- Au Osheaga, les shooters girls se poignent vraiment le beigne, les kiosques à bière sont toujours désertés donc pas de file ! Constat : le public dit « alternatif » ne se bamboche pas.

- Au Osheaga, sur présentation de ton billet de concert, tu ne paies pas le métro ! Injustice majeure, métro gratuit pour les coquets et les poilus, payez les crottés ? Écrivez à votre député pour ça ! Je peux vous confirmer qu’il n’y avait pas d’attente comme la semaine dernière après Megadeth, les tourniquets roulaient comme les menteries dans yeule de Vincent Lacroix!

- Au Osheaga, c’est très anglophone !

Au risque de me faire tirer des bières vides au concert de Jungle Rot, j’allais au Osheaga pour Keane !  J’assume pleinement cette friponnerie mais l’honnêteté est importante au risque de coups, blessures et de railleries de la part des amis ! Toute la famille s’avance pour la prestation du groupe, un de nos favoris en tant que parents qui doivent mettre de la musique mollo avec les loulous ! Idée géniale de la part de la formation d’ajouter un bassiste pour les concerts, le son est plus lourd et prend une dimension plus large. Les gens s’en balancent par contre, ce groupe est trop pop pour les festivaliers et les applaudissements sont très polis, même après les gros canons comme Is it Any Wonder ?, Everybody’s Changing ou Bedshaped. De mon côté, de finir leur prestation avec Crystal Ball a été mon moment fort de la journée, j’ai fêté le tout avec un Bacardi Breezer Pina Colada car la Bud était flat pas à peu près.

Moment faible de la journée : Rien à voir avec la musique ou les toilettes. Je croise deux hommes, fin quarantaine. Ils ont avec eux des bouteilles d’aluminium de Bud. Étant donné qu’elles étaient en vente la semaine dernière au Heavy Mtl, je demande poliment aux messieurs :

« Excusez, où avez-vous pris ces contenants ? » demande de ma part.

« Ils ne donnent pas ça à n’importe qui ! » de me répondre le gars au chandail bleu.

Coudonc, suis-je tombé sur Jean-Paul Belmondo, le proprio du Parc Des Iles ? Robert Osheaga en personne peut-être ?

« Ah… vous êtes dans la section VIP ? » dis-je.

« On est dans un lounge, on a gagné un concours au dépanneur, il fallait remplir un coupon quand on achetait une caisse de Bud. En plus, on couche à l’hôtel patente blablabla… » il continue et je le remercie.

Si c’est ça ta définition de « pas n’importe qui » je me demande comment doit se sentir ta femme quand tu passes ta tondeuse en bedaine avec tes sandales pis tes bas gris dedans…

Quand Pavement est arrivé en disant que c’était « 1996 all over again », je me sentais plus en 1995 car ma dernière rencontre avec le groupe remonte à cette année, au Lollapalooza à Barrie, en Ontario. Flashback incroyable que seul Marty McFly peut revivre selon moi. C’était pratiquement les mêmes pièces, même ambiance sur scène mais pas dans la foule. Le groupe a capitalisé fortement sur leur album le plus populaire, Crooked Rain Crooked Rain. Est-ce que la génération d’aujourd’hui connait bien Pavement, le groupe était-il si attendu et désiré ? J’en doute ! De dire que j’étais surpris, que je m’étais ennuyé de la musique très lo-fi et de l’arrogance du groupe, c’est exagéré. Correct, c’est tout !

The National avait la lourde tâche de passer entre un groupe qui brasse tout de même, Pavement et l’attraction finale, Arcade Fire. Pas facile pour le commun des amateurs qui commence à être sur la fiesta car The National, c’est très glauque comme sonorité, habile mélange entre les ténèbres de Joy Division et le côté plus pimpant d’Interpol. C’est comme décider d’aller aux funérailles de mémé, morte écrasée par une lourde table de bingo, avant d’aller à son enterrement de vie de garçon avec les chummys… bien apprécié par contre, l’aventure sur album risque de me plaire !

Arcade Fire… c’était attendu ! Après avoir boudé Osheaga pendant quelques temps, il était de mise que le groupe se pointe le nez cette année ! Fond de scène et écran qui ressemble au gros billboard sur le bord des routes en banlieue, ce décor représente l’ambiance visuelle du prochain album. On retrouvait tout de même encore la panoplie de caméras personnalisé qui nous permettent de voir le travail du batteur autant que les narines de Régine ! Série de chansons qui ont récolté satisfaction, c’était dans la poche dès le départ. Réactions plus qu’intéressantes pour les gros canons comme No Cars Go, Neighborhood 3 Power Out, Haïti et Rebellion : Lies. La foule était joyeuse et souriante car le groupe venait de  prouver qu’il n’était pas seulement une saveur du mois, un coup d’épée dans l’eau en confirmant le tout avec les nouvelles pièces jouées ce soir qui étaient vachement bonnes !

Mes enfants dormaient, nous en avons profité mais avons quitté juste avant le rappel, question de s’avantager la vie dans un sens ! Les gens dans le métro ont été très coopératifs et cordiaux ! Un gars pompette me faisait remarquer par la suite, dans le métro, que la présence de mes enfants était fantastique car dans quelques années, ils vont pouvoir dire à leurs amis qu’ils étaient là, à ce concert, qu’ils ont déjà vu tous ces groupes et le Osheaga en 2010 !

« Ouais, ils vont pouvoir dire ça, c’est vrai ! Ils vont devoir dire aussi qu’ils ne s’en souviennent plus pantoute! » 

Photo : Tim Snow

2 commentaires
  • Stephanie
    2 août 2010

    Les Bacardi Breezer étaient nettement supérieurs à la Bud, je seconde ton choix!

    Et c’était bien bon Keane, j’accepte ton amour pour ce band, c’était foutrement efficace!

  • Yanick Klimbo Tremblay
    2 août 2010

    Merci pour l’appui dans ma turlutututerie!

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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