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Chanceux comme un quêteux

Cauchemar: Critique du EP « La Vierge Noire »

Yanick Klimbo Tremblay
30 août 2010

Cauchemar
La Vierge Noire
Nuclear War Now !

Quand je demande à mes élèves pourquoi ils n’écoutent pas de musique québécoise, la réponse que je reçois le plus souvent est la suivante : ca sonne mal du français avec de la musique ! Sauf pour le cas Marie-Mai qui fait l’unanimité dans mes classes depuis belle lurette, mes filles me disent que « c’est parce qu’elle est full cool pis elle a du beat et tout un look, genre! » La réponse me surprend toujours, ça vient me chercher à l’intérieur de sentir que des jeunes laissent de côté leur patrimoine artistique au profit des étoiles montantes au beau minois de la pop américaine ou la dernière saveur du mois à faire la première place des palmarès !

Donc imaginez quand on parle de métal québécois chanté en français ? Imaginez un groupe francophone du Québec qui produit un mini-album d’un métal qui est inspiré par les racines mêmes du genre, les premiers balbutiements du style… Mes jeunes ne voudraient tellement rien savoir… et je ne crois pas que les intentions du groupe Cauchemar soient dirigées envers la plèbe juvénile de chez-nous !

Cauchemar est un trio qui offre un métal qui n’est pas accessible à toutes les têtes métalliques et autres métalleux du coin. Ici, nous parlons d’un métal qui vient des trippes d’où émane l’odeur du cuir des premières années de la nouvelle vague de métal britannique, des sensations dignes des premiers enregistrements de Manilla Road, le tout égayé du doom d’antan comme Pagan Altar, formation qui n’a rien à voir avec ce que peut produire des groupes doom plutôt contemporains comme Cathedral.

Héritiers de Trop Feross? 

La Vierge Noire est un mini-album qui a été concocté par des passionnés du genre qui ne tentent pas de vous en mettre plein les oreilles avec des prouesses sonores ou techniques effectuées sur chaque instrument. Le tout demeure minimaliste, autant au niveau de la production qu’au niveau de l’interprétation. Au chant, Annick Giroux (Dj Satannick des Katakombes, Morbid Chef pour son livre de recettes et rédactrice du fanzine Les Templiers/ Morbid Tales) ne propose pas le type de voix conventionnelle d’une femme dans le métal, ce n’est pas une cantatrice du même registre que les autres Tarja, Anette Olzon ou Simone Simmons du métal européen, elle offre plutôt une voix aux impulsions languissantes et uniformes.

Des cinq pièces, deux se démarquent du lot pour leur potentiel métallique enivrant. Le Voile d’Isis possède un riff de guitare qui ramasse tous les poseurs sur le chemin pour nous amener vers une transition massive où les trois instruments écrabouillent les restants encore tout chaud des ti-gars à toupets noirs trop émotifs! L’autre pièce qui m’a bien intéressé est Les Ailes de la Mort, autre pièce au rythme plutôt fulgurant qui demeure assez linéaire mais bien cadencé grâce à une guitare vigoureuse qui découle du vieux Judas Priest.

Ce disque prouve tout simplement que l’on peut effectuer un retour vers le passé de manière originale mais sans présenter une dimension nostalgique qui découle du domaine de la tendance du moment et le tout, dans une langue autre que l’anglais.

Ouf, pas facile d’y aller avec autant de contraintes car La Vierge Noire est un album qui va à contre-courant dans l’univers métallique, ca prend du guts pour produire un tel album dans cette sphère métallique ultra remplie de groupes de tous genres… Tous les obstacles étaient en place, Cauchemar les a contournés !

Pour les nostalgique de la très vieille école du métal… C’est dans le mille !    

www.myspace.com/cauchemarmetal

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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