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Chanceux comme un quêteux

Death Angel: Ce feu qui brûle toujours et encore… (Entrevue avec Ted Aguilar)

Yanick Klimbo Tremblay
3 octobre 2010

À ne pas confondre avec la pièce de Slayer « Angel of Death », oh que non! Non, car Death Angel est un groupe qui existe depuis presque aussi longtemps que Slayer. N’ayant pas eu la même veine que le groupe susmentionné, Death Angel a tout de même eu son tour au bâton en proposant quelques albums qui ont connu un succès irréprochable. L’aventure avec la compagnie de disques Geffen a eu la peau du groupe dans un sens car les musiciens de la formation originaire du Bay Area de San Francisco ne savaient plus où donner de la tête vis-à-vis les exigences d’une compagnie majeure versus ce que les gens du public voulaient vraiment. Le groupe s’est donc scindé mais a effectué un retour au début des années 2000, la fougue étant toujours présente. Quelques éléments n’ont pas suivi et la formation originale n’a jamais pu franchir le cap des années 2000 mais Mark Osegueda  et Rob Cavestany n’ont pas laissé ces éléments secondaires nuire à la survie du groupe car ils ont recruté d’autres membres, dont Ted Aguilar qui remplace Gus Pepa à la guitare. Avec un nouvel album, le troisième depuis la reformation, Death Angel confirme qu’il y a encore une place bien béante pour le thrash métal de haute qualité, qui vient du cœur et qui n’a rien de sarcastique ! Entrevue avec Ted Aguilar, guitares. 

Premièrement, il serait intéressant de savoir comment tu en es arrivé à joindre les rangs de Death Angel.

J’ai joint le groupe en juillet ou aout 2001. Quand le groupe s’est reformé pour le concert Thrash of the Titans, un concert pour amasser des fonds pour Chuck Billy de Testament qui combattait le cancer à l’époque. Les quatre membres originaux du groupe, à l’exception de Gus Pepa, étaient présents et prêts à reformer le groupe pour ce concert. Pendant cette période, Gus était aux Philippines et il n’était pas dans une situation qui lui permettait de rejoindre le groupe de façon permanente, et ca ne lui disait pas vraiment. Donc, Rob Cavestany m’a téléphoné et m’a demandé si j’étais intéressé à me joindre au groupe question de pratiquer les pièces en prévision du concert bénéfice pour Chuck Billy. J’ai tout de suite dit oui, comme de raison. C’était l’un des plus grands jours de ma vie, sans contredit. De recevoir ce téléphone me demandant de me joindre à l’un de mes groupes préférés à vie, c’était fantastique !

Votre nouveau disque est merveilleux, c’est du thrash de la vieille école mais pas dans le sens nostalgique ou quétaine, c’est très frais et pur ! C’est comment de travailler, justement, avec les gars du groupe quand vous êtes en préparation d’un album, de nouvelles chansons ou même d’une tournée ?

C’est génial de travailler avec les autres gars du groupe. Autant pour créer de nouvelles pièces, d’enregistrer et pour ce qui est de la préparation d’une tournée. Je jamme avec Mark et Rob depuis neuf ans maintenant et mon état d’excitation est semblable que lors des premiers jours ! C’est vraiment une partie de plaisir. Je connais Will depuis plus de vingt ans, nous avons déjà été dans d’autres groupes auparavant. Donc, de pouvoir travailler encore avec lui est quelque chose que je pourrais décrire de confortable et facile. Avec Damien, nous jouons dans Scarecrow, avec Will aussi en passant. De jammer avec lui est amusant et très éducatif. Damien est très technique et avancé dans le domaine musical. 

As-tu un certain impact au niveau écriture ou bien Rob Cavestany est celui qui s’occupe de toute la dimension écriture dans Death Angel?

Pour Relentless Retribution, le dernier album, Rob a écrit toute la musique. La plupart du temps, il arrive avec des chansons complètes avec toutes les structures, les arrangements et tout le bataclan ! Quelques chansons ont été assemblées avec des riffs qui étaient enregistrés sur des démos qui provenaient de sessions avec l’ancienne formation, avec les autres musiciens. J’ai aidé Rob à remettre le tout en place. Je contribue en ayant mes parties à la guitare à lui offrir sur les trucs qu’il a écrits. Nous collaborons dans le sens que nous trouvons ce qu’il y a de mieux pour que le tout devienne une chanson de Death Angel. Mais Rob a écrit chaque riff de l’album. Mark a écrit les textes de 9 des 12 pièces et Rob a écrit les trois autres.  

On dirait que depuis le retour du groupe en 2001, vous êtes très inspirés. C’est votre troisième album en moins de neuf ans. Ce feu brûle encore à l’intérieur de vous. Qu’est-ce qui garde cette flamme vive et allumée ?

 C’est en  nous, chaque membre du groupe possède ce feu et ce désir de jouer de la musique. C’est dans notre sang.

 

Production enflammée

Ce nouveau disque a été produit par Jason Suecof. Un des guitaristes de Whitechapel m’expliquait qu’il est un excellent guitariste car le groupe a travaillé avec lui aussi pour leur dernière production. Jason joue un solo sur la pièce Truce. Est-ce quelque chose que vous lui avez demandé ? Peut-être qu’il a offert ses services lui-même ou peut-être que ce solo était inclus dans la facture ?

Oui, Jason est un excellent guitariste. Quand est venu le temps pour Rob d’enregistrer ses solos pour l’album, Jason était tellement impliqué et motivé par le projet qu’il n’a pas cessé de titiller Rob avec le fait qu’il voulait absolument faire un solo sur le disque. Les deux en sont venus à la conclusion que Truce serait une bonne pièce pour lui pour pouvoir y mettre un solo. La partie du solo dans cette pièce est très puissante et intense, c’est parfait pour un solo effectué en duo. Jason et Rob s’échangent les solos. De plus, les deux font un solo en harmonie à la fin de la section  juste avant le dernier couplet. Tout simplement incroyable !

 Aussi, sur Relentless Retribution, on dirait que chaque chanson est différente l’une de l’autre. Il y a les typiques chansons thrash métalliques comme Truce, il y a celle avec les changements étranges de tempos qui se nomme Absence of Light. Il y a la chanson de style feu de camp ou plus douce qui se nomme Volcanic en plus d’avoir le classique avec tous les riffs de la mort, la chanson intitulé This Hate. Avec tous vos albums derrière vous, avec une carrière qui dure depuis si longtemps, est-ce que vous sentez que vous faites vraiment de la musique pour vous plaire, des trucs qui sont à la mesure de vos goûts comme les pièces que je te décrivais ? Vous n’avez plus à plaire à une compagnie de disques plus exigeante maintenant comme à l’époque d’Act III…

Nous écrivons de la musique qui nous plait et plait à nos fans. C’est tout ce que je peux dire !

En parlant de Volcanic, peux-tu me dire le sujet qui se retrouve derrière cette chanson ?

Cette pièce a été inspirée par les incidents en Islande avec le volcan qui est entré en éruption, c’est en parallèle avec le fait que parfois, tu tentes d’aider les gens que tu aimes et qu’en retour, tu ne reçoives que trahison et abandon.

Et pour ce qui est de Truce, les paroles traitent de quoi ?

C’est au sujet de l’invincibilité que tu peux développer, de l’insensibilité qui t’arrive à force d’être laissé de côté continuellement par ceux qui t’entourent. Je suis certain que de nombreuses personnes peuvent se reconnaitre là-dedans.

Une dose de flamenco dans ton métal…

Rodrigo Y Gabriela jouent sur la pièce Claws in so Deep. Ce duo de musiciens est celui qui a connu un certain succès en interprétant de manière flamenco et acoustique la pièce Orion de Metallica. Comment en êtes-vous venus à collaborer avec eux ?

Rob est allé voir Rodrigo Y Gabriela en concert à San Francisco à un moment donné, l’an passé. Il a eu l’opportunité de les rencontrer. Rob a appris qu’ils étaient de grands fans de Death Angel, de musique thrash en général. Rob a gardé contact avec eux. C’est Rodrigo qui a dit en blaguant : « Et alors, c’est quand que tu te décides à nous faire jouer sur un album de Death Angel ? » Donc, ils ont écrit une pièce musicale et l’ont présentée. Ce que nous avons entendu était génial ! Nous sommes tellement heureux de cette collaboration et de la musique qu’ils ont composée pour l’album. Nous sommes de grands amateurs de Rodrigo Y Gabriela et c’est tout simplement un honneur de les avoir sur le dernier album.

Death Angel vieillit bien, c’est probablement en relation avec le fait que vous faites plaisir à vos fans. Je parlais avec Gary Holt d’Exodus l’autre jour, il m’expliquait qu’il y a quelques années, le groupe avait enlevé la pièce Toxic Waltz de leurs concerts car ils étaient écœurés de la jouer mais que par la suite, ils ont remis la pièce dans la liste de la soirée car elle était très demandée par le public. Même si tu n’es pas avec le groupe depuis le tout début, aimes-tu jouer, et ce à chaque soir, les pièces plus vieilles comme 3rd Floor, Bored et évidement, Voracious Souls?

Pour moi, de manière très personnelle, je te dirais que j’aime passionnément jouer toutes les pièces énumérées. Ce sont de grandes chansons et des incontournables pour une foule. Une fois de temps en temps, nous aimons en changer quelques-unes avec d’autres que nous ne jouons que très rarement, question de rajouter un peu de piquant. De plus, nous aimons donner aux foules quelque chose de différent une fois de temps en temps, tu vois ? C’est bon pour nous, autant que pour les fans, de changer les pièces une fois de temps à autre.   

Et pour ce qui est de Mark et Rob plus spécialement?

C’est la même chose pour eux.

Vous étiez en tournée cet été avec Soilwork. Peux-tu nous dire comment on se sent quand on ouvre pour un groupe qui est plus jeune que nous ? J’imagine que de nombreuses personnes dans les salles ne connaissaient pas le groupe Death Angel. Était-ce un défi à chaque soir ?

C’était bien de pouvoir faire la tournée avec Soilwork. Nous avons eu la chance de jouer pour leurs fans, de gens plus jeunes en général et qui n’avaient jamais entendu parler de Death Angel pour la plupart. Je peux te confirmer que c’est une expérience enrichissante car ça élargi notre public, sans aucun doute !

Après votre concert de Montréal lors de la tournée avec Soilwork justement, vous avez pris le temps de piquer une petite jasette et des amis à moi ont réussi à vous parler, vous avez raconté que vous reveniez en tant que tête d’affiche en 2011, peux-tu en parler ?

Oui ! Nous allons faire une tournée en 2011 en tant que tête d’affiche, les dates et les villes pour cette tournée seront annoncées bientôt. (NDLR : les dates sont sorties et aucune date n’est prévue au Québec, le plus près demeure Toronto)

Ted, tu joues ou jouait avec Scarecrow, c’est comment de partager ton temps entre deux formations dont l’une est plus populaire que l’autre ?

Pour ce qui en est maintenant, Scarecrow est au repos forcé. Death Angel est ma priorité pour le moment, ce groupe requiert mon attention complète et énormément de mon temps. De plus, Death Angel a une horaire assez bien remplie pour la prochaine année et même plus. Heureusement, dans le futur et si le temps le permet, Scarecrow demeurera un groupe plus actif. J’aimerais bien pouvoir sortir du matériel de ce groupe car je suis très fier du matériel que nous offrons. Scarecrow a besoin de se chercher un chanteur aussi…

Est-ce qu’il y a un sentiment de frustration de la part des autres membres de Scarecrow ou même de Death Angel qui peuvent percevoir ou ressentir que tu n’es pas dévoué à 100% au groupe ou bien tout est parfait avec tout le monde ?

Il n’y a aucune frustration de toutes parts. Deux des membres de Scarecrow, Will Carroll aux percussions et Damien Sisson à la basse, sont dans Death Angel maintenant. Notre autre guitariste Bud Burke habite maintenant en Caroline du Nord et il travaille sur son autre projet, The Wiggle Wagons

Un de mes cousins est aux Philippines en ce moment pour le travail. Il a rencontré de nombreux amateurs de métal là-bas, a tissé des liens amicaux avec eux et il leurs a demandé comment était perçu Death Angel dans ce pays étant donné que Rob et Mark, ainsi que les membres originaux sont originaires du pays. La réponse était simple : Ce sont des dieux ! Est-ce que le groupe ressent une certaine fierté envers ce genre de commentaires de la part des Philippins ? 

Nous sommes très flattés par ce compliment! Nous avons eu la chance de jouer aux Philippines il y a de cela trois ans et demi. Nous avons eu un voyage formidable. Nous avons joué au festival Pulp Summer Slam et c’était sensationnel. Et pas seulement parce que le concert a bien roulé pour nous mais surtout parce que le pays et ses habitants étaient si chaleureux ! Nous sommes restés une semaine complète après le festival pour jouer les touristes et c’était génial. Nous sommes très excités à l’idée de pouvoir y retourner un jour.

Et bien Ted, merci beaucoup !

Merci à toi!

www.myspace.com/deathangel

 

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Yanick Klimbo Tremblay

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