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Chanceux comme un quêteux

1349 avec Triptykon et Yakuza (Critique du concert)

Yanick Klimbo Tremblay
11 octobre 2010

Le 10 octobre 2010 aux Foufounes Électriques de Montréal

Le 10 du 10 de l’an 2010 peut exprimer une certaine signification pour les adeptes de la numérologie car le nombre 10 revient trois fois pour cette journée fatidique, un peu comme le 6 du 6 de l’an 2006 qui proposait une dimension satanique ou le 7 du 7 de l’année 2007, qui proposait une journée de chance ! Mais pour les amateurs de métal de la grande métropole, la seule vraie signification de cette date était de marquer le retour en ville de Tom G Warrior et sa nouvelle formation, Triptykon. Avec le congé de l’Action de Grâces du lundi, j’imaginais déjà les Foufounes pleines à craquer car en plus, les très appréciés 1349 étaient les partenaires du clan triptyque en plus des surprenants Yakuza…

… mais c’était tranquille en ‘tit-pepère !  Est-ce que les excès de dinde peuvent en être la cause ? La messe dominicale qu’est Tout le Monde en Parle ingurgite-t-elle la communauté métallique maintenant ? Je n’ai pas la réponse à cette question mais nous n’étions qu’une centaine à pouvoir apprécier cette soirée haute en crapulation !

Sur l’affiche originale de la tournée, il n’y avait que trois groupes mais le promoteur montréalais a décidé d’inclure deux autres groupes au programme dont Talamyus de Montréal et une horde black métallique de Toronto dont j’oublie le nom. Oui, il y a du black métal produit à Toronto, surprenant n’est-ce pas ? Quelques amateurs ont bien apprécié la présence de deux groupes additionnels mais en majorité, les gens grommelaient et retournaient à l’étage inférieur profiter de l’aisance de la terrasse et des spéciaux offerts sur la bière.

Yakuza est une formation qui n’a rien à voir avec son sobriquet, le groupe est américain et aucun membre de la mafia japonaise n’est membre du quatuor. Surprenant, le groupe propose un amalgame sonore qui combine le métal très lourd aux accents sensuels du saxophone et de la clarinette, ce qui donne une musique qui plait aux amateurs de métal avant-gardiste et aux gens ouverts d’esprit. À voir la nuée de crapules se ruer à leur table de marchandises par la suite, nul ne fut surpris de savoir que leur dernier album était déjà en rupture de stock !

Étrangement, nous avons eu droit à Triptykon par la suite. Le groupe et 1349 font ce que l’on appelle une tournée en, inclure l’anglicisme ici, double-headline. En d’autres termes, un soir sur deux, Triptykon ferme la soirée, et l’autre soirée est fermée par 1349. Pour l’arrêt montréalais, c’est donc la formation black métallique norvégienne qui clôturait l’évènement. Comme de raison, il était impensable que Triptykon ne produise que des chansons de leur seul et unique album, c’est pourquoi la troupe de Tom G Warrior a pigé généreusement dans le matériel des défunts Celtic Frost et dès l’ouverture, c’est Procreation of the Wicked qui a été balancée aux amateurs conquis dès le premier riff !

 

Alternant entre les pièces d’Eparistera Daimones et le matériel de Celtic Frost, le groupe a su garder son public en état d’excitation complet. La livraison musicale du matériel de Celtic Frost semble plus lourde si l’on compare avec les originaux, c’est vraiment pesant et opaque ! L’énervement se faisait sentir dans la foule et les petites bousculades sympathiques ont pris de l’ampleur et certains ont tenté de jouer les durs… sans dégâts heureusement !

Lorsque 1349 est entré en scène, il était déjà tard et certains amateurs avaient déjà quitté soit par peur de manquer le dernier métro ou par désintérêt total envers le black métallique du groupe. Cette formation propose Frost de Satyricon aux percussions et il varge comme un enragé sur sa batterie Mapex, qui a elle seule doit valoir trois ans de salaire d’un employé de chez SNC Lavalin ! Le groupe était en furie et a proposé du matériel énergique hier soir aux gens encore sur place. La foule plus maigre a tout de même embarqué et de nombreuses personnes manquaient le pied sur le devant de la scène car de nombreuses bières avaient coulé sur le plancher le rendant aussi glissant qu’un visage plein de Botox !

Sur scène, les gars sont imposants. On y croit ! La dimension image est importante dans ce genre de musique et 1349 nous donne la frousse, même si le bassiste Seidemann, vêtu en moine à capuchon peut faire sourire par bout sauf que Ravn aux voix détonne ce qui nous fait oublier le moine musical ! Frost derrière la batterie tape à tout rompre et lorsque le groupe quittait la scène il est sorti de derrière, les yeux glauques, blancs et retournés pour serrer quelques mains. Musicalement, c’était impeccable même si le genre black mitraillette peut paraître redondant parfois. Professionnels, les musiciens ont tout de même continué à jouer même si le guitariste Archaon a perdu tout contact avec son ampli pendant quelques minutes. Nous n’entendions que la voix, la batterie et la basse mais la furie dégagée était la même !

C’était fulgurant certes mais à 12h10, je n’étais pas déçu que le tout se termine !

Merci à Extensive Enterprise !

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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