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Chanceux comme un quêteux

The Absence : Les absents ont bien souvent raison (Entrevue avec Patrick Pintavalle)

Yanick Klimbo Tremblay
24 octobre 2010

The Absence… On pointe souvent ce groupe, d’un gros doigt métallique, pour le fait suivant : la sonorité du groupe qui est identique à celle des groupes death mélodique suédois. On rigole en disant « absence » d’originalité… En parlant avec Patrick, guitariste du groupe, je me suis rendu compte que c’était un fait indéniable qui ne le dérangeait aucunement. Après tout, ce groupe peut bien sonner comme il le veut, l’important est la longévité ! Avec un troisième album sous la ceinture, j’imagine que les choses roulent bien pour The Absence qui est sous contrat avec Metal Blade depuis quelques années. Amateurs de la route, le groupe visite l’Amérique de long en large, question d’agrandir leur cercle d’amateurs. Justement, The Absence sera en ville très bientôt, en ouverture de Firewind. Leur sonorité très mélodique et le talent des guitaristes risquent d’attirer les regards des amateurs de Gus G qui seront sur place ! Entrevue avec Patrick Pintavalle, guitariste du groupe américain The Absence.

Le nouvel album Enemy Unbound est sorti depuis quelques semaines, que dirais-tu à ceux qui ne connaissent vraiment pas le groupe comparativement aux amateurs qui ont découvert The Absence avec Riders of the Plague ou peut-être même From Your Grave ?

Alors, je dirais que si vous ne nous connaissez pas et qu’Enemy Unbound est votre premier contact avec notre groupe, je vous invite fortement à vous procurer nos albums précédents car vous pourrez vous faire une meilleure idée de ce qu’est le groupe The Absence. Je dirais que si vous aimez la mélodie et la musique lourde, nous devrions être dans votre liste !

Le son sur cette nouvelle production est époustouflant, chaque élément est lourd dans la balance et aucun instrument n’a été mixé plus puissamment qu’un autre. J’ai cru comprendre que l’album a été produit au studio Mana, le studio d’Erik Rutan du groupe Hate Eternal. Je me demandais qui est le producteur et la personne responsable du mix de l’album ?

Moi et Peter avons fait la grande majorité de la production sur l’album. Il y a eu un ingénieur de son qui a travaillé sur le disque, son nom est Brian Elliot qui a fait le travail au studio Mana, justement. Pour ce qui est de la portion du mixage et du mastering, c’est Jonas Kjellgren qui s’en est occupé.  

La chanson qui m’a le plus frappé sur le disque est Hidden in White, une chanson très puissante musicalement mais je me demandais quel était le sujet derrière les paroles ?

Cette chanson parle du fait que l’on peut avoir un sentiment d’incertitude face à notre avenir. La possibilité de voir la lumière au bout du tunnel est porteur d’espoir mais parfois, cette lumière nous déçoit. C’est aussi en relation avec la propension que certaines personnes peuvent avoir envers les autres en prétendant qu’ils sont de ton côté et qu’ils t’appuient mais dans un sens, ils ne font que te détruire à petit feu. 

 

Triomphe du son… suédois

Peux-tu me parler de la pièce Vengeance and Victory, plus spécialement le bout en introduction, est-ce un accordéon que l’on peut entendre ? Il y a une petite tendance Amon Amarthesque sur cette pièce !

Peter est celui qui a monté l’intro de la chanson au studio avec l’aide d’un clavier. Pour être franc, je ne crois pas que le tout soit sorti de la manière que l’on souhaitait à la base. Cette chanson en tant que tel est une pièce que l’on trouve très puissante. Effectivement, l’influence Amon Amarth est omniprésente sur celle-ci !

La pièce Triumph est plutôt épique. Nous pouvons ressentir cette dimension combative et victorieuse. Est-ce que c’était quelque chose de clair pour le groupe d’avoir cette chanson comme conclusion à l’album ?

Oui, nous savions déjà que Triumph serait celle qui allait se retrouver à la toute fin du disque. J’ai écrit cette chanson des mois avant d’entrer en studio. La seule chose que je n’avais pas était un nom à lui donner. À l’origine, elle portait le nom que porte notre chanson The Bridge. Quand nous avons changé le titre pour Triumph, je me suis dit qu’elle serait parfaite comme pièce en position de queue, en guise de conclusion.

Toujours en relation avec la pièce Triumph, pourquoi ce long silence qui nous dirige vers une pièce cachée ?

Eh bien, je crois que nous nous sommes toujours rappelés inconsciemment de l’époque où nous écoutions des disques sur nos lits dans nos chambres et que soudainement, croyant que le tout était terminé, un truc sortait de tes enceintes acoustiques ! C’est l’idée à la base, l’effet de surprise.

Il y a un vidéo pour la pièce titre et je regardais votre chanteur, Jaime Stewart. Il est le mélange parfait entre Tomas Lindberg du groupe At the Gates/Disfear et le chanteur canadien, Ben Kowalewicz de Billy Talent. C’est probablement toute une bête sur scène !

Il a un grand talent au niveau de la voix, c’est indéniable. Je ne sais pas comment il s’y prend pour produire cette série de sons ! Il a un poids énorme sur ses épaules lorsque nous sommes en concert car il est celui qui doit s’arranger pour que le foule embarque dans notre univers, dans notre musique. Mais pour être franc, je crois qu’il apprend encore quelque chose de nouveau à chacun de nos concerts.

En parlant de ce vidéo, j’ai remarqué vos guitares. De beaux spécimens avec des lignes tigrées toutes rosées ou grises. Très années 80 comme genre mais de quelle modèle parle-t-on ici ? Est-ce du Ibanez ou du Kramer ?

La rose est celle de Peter, c’est une Suhr. Il est endossé par cette compagnie. La grise et blanche, c’est la mienne. C’est une ESP, un modèle custom donc fait sur mesure. Je suis avec ESP depuis que nous avons lancé l’album From Your Grave.

 

Changer les pions de place

Vous avez effectué quelques changements de musiciens dans le groupe, plus particulièrement en ce qui est en relation avec votre batteur qui a eu un accident de voiture. Peux-tu t’étendre sur le sujet ?

Justin a eu un accident, très mauvais accident. Nous avons donc engagé un jeune homme du nom de Matt Solka qui a joué lors de nos concerts dans notre région. Je suis sorti à quelques reprises avec notre ancien batteur Jeramie Kling. Nous avons discuté de la possibilité qu’il reprenne du service avec nous et le tout semblait opportun. Nous avons fait en sorte que le tout se produise.

La sonorité de ton groupe est souvent liée avec le son scandinave des groupes death mélodiques comme In Flames et At the Gates. Trouves-tu que les journalistes mettent trop l’emphase sur ce point car vous êtes originaires de Tampa et que vous devriez avoir un son plus classique, de la vieille école du death métal comme les pionniers comme Deicide et Obituary qui étaient de cette région ?

Peut-être. Je crois que la plupart des gens se plaignent bien souvent du fait que nous n’apportons rien de nouveau et d’excitant. Mais qui le fait maintenant ? J’écoute de nombreux groupes aujourd’hui qui sont considérés comme populaires et à l’affût mais je peux te nommer tous ceux qui ne font que copier et recopier ce qui se faisait avant. Ou bien, ils utilisent des influences évidentes mais à leur propre honneur et bénéfice. Ce n’est pas notre façon de fonctionner. On dirait qu’il existe une loi non-écrite qui interdit les nouveaux groupes de jouer du death métal mélodique !

Je viens de lire la critique d’Enemy Unbound dans le magazine Decibel. Ce n’est pas une critique très enthousiaste si je pèse mes mots. En prenant note que Decibel est la nouvelle bible du métal, comment réagissez-vous à ce genre de critiques car ce magazine est populaire, lu et considéré comme la référence ultime.

Ca ne me surprend pas du tout! Je suis pratiquement certain que la personne qui a eu la responsabilité d’écouter le disque et d’en faire la critique n’aimait pas le death métal mélodique. Nous ne pouvons pas plaire à tous. Je me contrefiche carrément de ce que les critiques peuvent penser de notre musique mais il serait intéressant que ceux qui écrivent les critiques soient des amateurs de métal à la base. Qu’est-il arrivé à la musique ? Pourquoi une critique importe autant ? Qu’arrive-t-il aux chansons si bien écrites que l’on écoute? J’abandonne, mec !

Vous serez à Montréal bientôt avec Firewind, le groupe qui met en vedette Gus G, qui fait parti de la formation d’Ozzy Osbourne. Sentez-vous une certaine pression face au fait qu’il joue avec une légende vivante du métal ? Que quelque chose sera différent lors de cette tournée parce qu’il joue dans les grosses ligues ?

Non. Pas du tout! C’est plutôt un plus pour nous parce que ses fans sont des amateurs de guitares bien exécutées, de musique dominée par les guitares et c’est ce que nous faisons. Je crois que nous allons nous en sortir haut la main lors de cette tournée. Pas de pression, nous allons tirer comme des malades avec nos guitares et faire exploser les visages de tous ses jeunes avides de guitares ! Hahhhaa, je ne fais que rigoler !

Et pour finir, quelques mots d’encouragements pour convaincre les gens à se procurer Enemy Unbound et d’aller vous voir en concert en novembre ?

Oui! Montréal, nous revenons pour vous obliger à vous brasser la tête et causer des dommages irréparables ! Allez vous chercher Enemy Unbound, venez au concert et nous pourrons faire la fête !

***

The Absence sera en concert le dimanche 7 novembre aux Foufounes Électriques de Montréal! Une présentation d’Extensive Enterprise

www.myspace.com/theabsence

 

Photos par Alison Webster
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Yanick Klimbo Tremblay

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