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Chanceux comme un quêteux

Anik Jean: Critique de l’album éponyme en collaboration avec Maxime Laberge de Radio Rock Détente de Chicoutimi!

Yanick Klimbo Tremblay
9 novembre 2010

Anik Jean
Anik Jean
Tacca/Select

C’est avec mon cœur de patriote et non de pirate que j’ai encore une fois accepté de faire une collaboration avec un animateur radio du Saguenay. Cette fois-ci, Maxime Laberge du 96.9 FM, le Rock Détente de Chicoutimi. Ce jeune animateur est celui qui twitte plus vite que son ombre, celui qui a tenu des propos disgracieux à l’égard de Cœur de Pirate sur son compte Twitter dimanche soir. Dès le lendemain matin, d’innombrables excuses pleuvaient sur son compte Twitter, question d’éteindre le feu et de rediriger la pression subit pas ses patrons. Donc, Maxime et moi avons pu échanger sur le dernier album d’Anik Jean ; moi pendant une période où mes élèves étaient en éducation physique et lui, entre une toune de Céline Dion et une d’Isabelle Boulay.

« Je me lance mon Maxime, tu interviens quand tu veux, tu peux ajouter des commentaires ! »

« C’est bon mon Yan ! Je te trouve en retard par exemple de parler de ce disque-là ? »

« Qu’est-ce tu veux, c’est de même ! C’était dans une pile au bureau pis c’est moi qui s’est ramassé avec !»

« Moi, je revends les disques gratuits que je reçois mais ne le dit pas à mon employeur, sinon je vais être obligé de me rétracter sur mon compte Twitter demain… encore… »

Eh bien. Certains appellent ce genre de disque « l’album de la maturité », d’autres appellent ça se casser la gueule. Dehors le look romantico-gothique de la demoiselle qui lui donnait cette aura de mysticisme, maintenant voici la femme… la pure et vraie, l’accomplie qui s’assume. Fini les titres de chansons comme Lucifer, Thorazine, Veuve Noire ou Amour Absinthe ou la révélatrice Tendre Sorcière. Avec cette nouvelle facette autant sonore que littéraire et surtout visuelle, Anik Jean nous parle de trucs un peu plus mondains comme l’amour d’un point de vue plus commun, des relations humaines mais avec une vision plus claire, le tout avec une image plus épurée. Hum… la fille tatouée avec des pochettes énigmatiques n’y est plus. 

Celle que l’on surnommait la Jean Leloup féminine décape beaucoup moins que sur ses deux albums précédents, la facture de cet album éponyme est beaucoup plus feutrée, plus prudente et même plus accessible.

« J’te coupe icitte mon Yan, tu dis une Jean Leloup féminine, mais je dirais plus qu’elle a une face de p… »

« Aie aie aie, commence pas à faire ton gigon! T’as pas eu ta leçon le clown, attention à ce que tu dis sur BangBang ! Je continue. Je propose du contenu intelligent, dude !  »

Ouff… L’écoute n’a pas été pénible mais c’est effectivement un choc si l’on compare avec les deux albums précédents car le changement est semi-drastique. C’est plus calme, moins porté sur les guitares et la dimension rock laisse place à quelque chose de plus contrôlé, plus apaisant que virulent. Certains titres fessent encore comme Run et Insomnie. Pour le reste, nous y allons avec une livraison plutôt affable, douillette et harmonieuse.

Anik Jean s’est bien entourée sur ce disque avec des musiciens de renom comme Pierre Flynn, Gilles Brisebois un ancien de la Sale Affaire, Sterling Campbell qui est/était le batteur de Bowie, Cindy Lauper et Eric Clapton mais surtout, pour une deuxième fois, Earl Slick qui est/était un collaborateur de Bowie, Lennon et Peter Gabriel… euh… elle a dû casser son cochon pas à peu près !  Mais, tant qu’à y aller dans le name dropping, Anik Jean propose un duo avec Robert Smith du groupe The Cure sur la pièce J’aurai Tout Essayé qui étrangement, est la moins intéressante de l’album !

J’expliquais précédemment que la présence de Sterling Campbell et d’Earl Slick était tout de même un événement majeur pour une production québécoise car ils sont deux collaborateurs de Bowie. Anik Jean y va de deux interprétations sur son album dont Wild is the Wind de David Bowie, justement et Mon Dieu de Nana Mouskouri.

« Maxime, as-tu un mot dégradant à ajouter au sujet de Nana Mouskouri ? »

« C’t’une grecque ça ? »

«Oui, effectivement, deux points mon champion ! Attends un peu par contre. Y’a une Casa Grecque à Chicoutimi. Tu serais mieux de te fermer la trappe là-dessus si tu ne veux pas que Casa Grecque retire leurs publicités des ondes de votre station de radio. »

« Mes boss seraient fâchés, tu penses ça, Yan ? »

« Écoute, si ton 4% n’est pas dans ton pigeonnier jeudi prochain, t’es un être béni par Belzébuth. Tsé, t’es à Rock Détente, Nana  Mouskouri et Rock Détente ne font qu’un ! En passant, qu’est-ce qu’un jeune homme dans le vent comme toi fait dans une station de matantes ? »

« Ce n’est pas pour la paye en tout cas… Oups, faut que je me rétracte après ?»

« Non mais laisse-moi finir ! »

Malgré une production en béton, des collaborateurs de très haut calibre et un changement drastique au niveau de la direction artistique, il reste que les amateurs originaux d’Anik Jean, à la base, risquent de ne pas la suivre dans son cheminement. Malgré tout, après quelques écoutes, j’estime que ce disque est bon, judicieux même mais dans une province comme le Québec pour qui un changement d’heure en plein mois de novembre ou un déplacement de plage horaire d’un programme télé devient une cause d’angoisse, je doute que ce disque puisse recevoir un accueil favorable… malheureusement. Trop mollasse pour le réseau NRJ, trop fébrile pour Rock Matante, on sent que ce disque sera boudé !

« Un mot de la fin mon Maxime ? »

« Anik Jean, en blonde…on dirait que tes cheveux sentent la pi.. »

« Ah, ta yeule! »

« Non, écoute bien : la pivoine lors de la première floraison! »

« C’est mieux… tu peux mettre ça sur ton Twitter ! »

www.anikjean.com

*Cette collaboration n’est que pure œuvre fictive (tout comme ma première expérience que vous pouvez consulter ICI ), qui comprend des éléments forts en ironie et en épaïsme, discipline qui semble affecter de plus en plus les animateurs de radio de mon coin de pays… malheureusement!

5 commentaires
  • JPO
    10 novembre 2010

    « euh… elle a dû casser son cochon pas à peu près ! »

    Avec des parents riches, riches, riches, on fait bien des choses…

  • Yanick Klimbo Tremblay
    10 novembre 2010

    Oh oui, une gosse de riches? Je ne connais pas sa situation familiale, je ne sais pas de quel milieu elle vient mais pour lui avoir déjà parlé, elle m’avait dit qu’elle avait enregistré son premier ou deuxième album à Los Angeles… Je ne crois pas que TACCA offre ça à tous leurs artistes, ils ont dû lui dire: « Tu veux aller à LA, vas-y mais à tes frais! »

  • Charles Laplante
    10 novembre 2010

    La collabo avec Robert Smith a été réalisée avec des chutes de studio des cure. Ce bon vieux rob ne se doute probablement même pas qu’il a fait un duo avec Anik Who?

  • Seb
    11 novembre 2010

    Maxime « 4% » Laberge. Vous faites un bon duo les boys! Est-ce que Max va venir travailler à temps plein pour BangBang?

  • Yanick Klimbo Tremblay
    11 novembre 2010

    J’pense pas, il devrait se recycler dans la confection de biscuits chez Christie, il pourrait confectionner les biscuits Pirate?

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

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