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Chanceux comme un quêteux

Forbidden: Les mâles Alpha (Entrevue avec Matt Camacho)

Yanick Klimbo Tremblay
12 novembre 2010

Ressusciter, revivre de nos cendres tel le phénix… Combien de groupes reviennent ensemble à chaque année, à la recherche d’une gloire oubliée, question de faire quelques bidous pour pouvoir se refaire une certaine dignité. Un peu comme New Kids on the block dans un sens. Mais quand tu appartiens au domaine métallique et que tu n’as jamais vraiment fait une cenne avec ta musique, le retour sur la scène n’est bien souvent motivé que par un amour inconditionnel envers le genre musical, une passion qui te brûle les doigts, un désir ardent de partager une bonne dose malsaine de métal hurlant !  C’est ce qui est arrivé avec Forbidden qui nous revient après une absence d’une durée excédant les 10 ans. Avec un nouvel album vivifiant et une tournée qui nous les regaroche sur scène, l’excitation est au comble en ce qui a trait  à ce retour du groupe de San Francisco. Avec l’album Omega Wave, nul ne pourrait douter que ce groupe n’avait rien lancé depuis une bonne décennie. En tournée avec Overkill cet automne, le groupe débutera sa propre portion de concerts, chez nous, à Montréal. Entrevue avec Matt Camacho, bassiste de Forbidden qui en avait long à dire !   

J’ai écouté à plusieurs reprises votre nouvel album, Omega Wave. Je me dois d’être honnête, c’est renversant! C’est la sonorité classique de Forbidden avec une touche moderne. Rien n’est dépassé musicalement, rien de nostalgique et bidon, ca vient des tripes. C’est comme si vous n’aviez jamais quitté l’univers métallique. Comment avez-vous approché l’écriture pour ce disque étant donné que le groupe a été mis sur la glace aussi longtemps ?

Merci pour tes bons commentaires, c’est très apprécié ! La majorité de l’album a débuté avec Craig Locicero, notre guitariste et Mark Hernandez, notre batteur, qui sortaient des riffs pour ensuite les structurer pour qu’ils deviennent des chansons. Moi et Russ Anderson étions présents pour donner quelques idées, faire des suggestions au niveau des structures et même proposer quelques riffs nous aussi. Steve Smyth, l’autre guitariste, habite en Angleterre et il a contribué au niveau des riffs et des structures des chansons via Skype ! Nous sommes membres d’un groupe pas très orthodoxe pour ce qui est de l’écriture des pièces, la musique est rapiécée ensemble par morceaux, enregistrée et tous les membres de Forbidden a l’opportunité d’ajouter son grain de sel en plus de son opinion. Les voix et les mélodies ont été écrites par Craig et Russ à l’exception de quelques trucs. Parfois, les pièces ne sont jamais entendues dans leur format définitif, elles ne le sont qu’après que tous les instruments ne soient enregistrés. Quand tu parles du fait de garder notre signature classique du son Forbidden sans avoir une sonorité antique, c’est simple car nous sommes retournés vers nos racines, vous pouvez aisément ressentir cette sonorité particulière du Bay Area, un son qui était familier sur nos deux premiers albums. De plus, même si Forbidden était en période de repos depuis 13 ans, les autres gars du groupe n’avaient pas cessé de jouer de la musique. En plus de jouer avec de nombreux autres groupes métal, Craig, Steve et Mark ont tous pris part à de nombreux projets rock et punk rock, ce qui n’a fait que, selon mon humble avis, renforcé leur talent comme musicien et compositeur. Ils ont tous pris une certaine maturité. En gros, c’est notre signature classique avec quelques particules des influences plus modernes de chaque membre du groupe.   

À la première écoute, j’ai été fortement impressionné par la chanson Dragging My Casket. C’est une pièce très puissante au niveau sonore, plus calme en introduction mais le tempo prend de l’ampleur plus la pièce avance. On retrouve de belles harmonies vocales, c’est une chanson dans le registre classique du métal! Étant donné que cette pièce semble si solide, est-ce la première qui a été composée pour l’album?

Non, c’était la 5e ou 6e je crois. Et je suis d’accord avec toi, cette pièce a une certaine aura de métal classique mais une touche d’agressivité très moderne. Lors d’une partie très précise de la pièce, Russ chante une mélodie de manière plus silencieuse et par la suite, il monte vers des rangs très élevés avec sa voix, dans un registre qui t’arrache la tête! Je crois que cette chanson démontre facilement la gamme d’émotions que nous pouvons apporter à notre musique. Les pièces Forsaken at the Gates et Omega Wave te cognent au visage de manière très virulente tandis que Dragging My Casket possède cette habileté de combiner les ténèbres avec la tristesse, pour se diriger en vain vers une portion plus agressive.  

Et pour ce qui est du texte pour cette pièce, qu’est-ce que l’on retrouve?

Aux environs de… vers le milieu de l’écriture de la chanson je te dirais, Craig a essayé d’expliquer les concepts derrière Dragging My Casket. C’était au sujet de toutes les entités gouvernementales qui sont contrôlées par des corporations et des sociétés plutôt secrètes, de la présence de vaccins qui sont modifiés intentionnellement pour différentes raisons, de la situation économique qui demeure un sujet ridicule avec tout ce qui se trame derrière, la situation politique qui se dirige vers les ténèbres les plus profondes que notre société n’ait jamais connues… et comment seront nos vies après toutes ses épreuves qui nous dirigent vers un gouffre. Je crois que si Craig croit fortement en, ne serait-ce que la moitié de ce qu’il nous expliquait, je me demande comment il fait pour demeurer si optimiste dans sa vie quotidienne? Comment fait-il pour ne pas être plus affligé par notre fardeau? Le titre Dragging My Casket est ma vision de ce qu’une personne peut ressentir lorsqu’elle croit en toutes les conspirations! Je me disais que ca doit être tout un fardeau à porter de savoir que ta vie se dirige vers un enfer, vers sa fin imminente! Tu dois te sentir comme si tu, justement, tirais la mort derrière toi. J’ai pris en note quelques bribes ici et là, des idées pour des couplets et travailler sur une sonorité de guitare très sombre en plus d’une mélodie pour la voix. Une des forces de Craig est de justement prendre nos petites idées et de créer l’étincelle qui va nous permettre de continuer à travailler avec ce qui a été proposé, le tout prend différentes directions et parfois, des directions très différentes. La mélodie très simple est devenue une mélodie très lourde pour la guitare, le tout s’est dirigé vers autre chose avec Mark qui y est allé de sa partie à la batterie, des rythmes différents et la chanson a pris une autre tournure, ce qui est devenue celle qui se retrouve sur le disque. Quand Russ et Craig ont terminé la pièce au niveau des mélodies, le tout nous a donné une histoire qui, à la base, raconte justement qu’une personne est au bout de son rouleau. Elle a un pied dans la tombe, elle demande de l’aide mais le tout est flou pour lui car il sait que tout est relié à de la conspiration. Ce qui différencie vraiment cette chanson des autres, c’est le ton dans la voix de Russ car on peut ressentir et entendre la douleur et la peur dans son timbre de voix.

Juste après cette chanson, il y a Hopenosis, une chanson thrash qui déménage. La façon avec laquelle vous avez travaillé les guitares sur celle-ci nous prouve que vous êtes d’habiles techniciens, passant de l’électrique à l’acoustique de façon tellement fluide. Le tout se mêle bien avec les parties aux voix. Est-ce une pièce qui a été écrite dans votre espace de pratique avec vos idées bien en tête ou était-ce plutôt le fin travail d’une opération en studio avec l’aide du coproducteur, Tim Narducci, plus spécialement pour ce qui est des effets dans la voix? 

Je suis bien d’accord avec toi car nos guitaristes sont phénoménaux. Hopenosis a d’abord été enregistrée en version démo pour intéresser les compagnies de disques. Je savais comment cette chanson allait sonner lors de sa version finale mais ce n’est qu’en studio que j’ai entendu la partie acoustique car c’est à cet endroit qu’elle a été ajoutée. J’étais renversé. Je crois que l’on retrouve un véritable contraste mais pas seulement en relation avec la dualité acoustique et électrique mais c’est surtout que Russ est capable de mélanger ses immenses capacités vocales, qu’il chante de manière plus douce, en mode criard ou plus grognonne. 

 

Produire des vagues

Je te parlais de Tim Narducci, le coproducteur de l’album avec Craig Locicero. Il est lui-même un chanteur, l’avez-vous engagé en fonction de ce facteur plus précisément?  

Tim est quelqu’un que l’on admire depuis longtemps. C’est une connaissance de Craig depuis les beaux jours du Bay Area. Ils ont joué ensemble dans Spiral Arms. Moi et Paul Bostaph avons joué avec lui dans Novocaine au milieu des années 90. Déjà à cette époque, il produisait des démos de grande qualité. Au cours des dernières années, il a produit de nombreux groupes locaux et a été un ingénieur très recherché dans le milieu. En plus d’avoir une excellente relation avec Craig, tout nous indiquait qu’il était le candidat parfait pour produire les démos pour ce disque. Nous étions tous satisfaits des résultats. Pour ce qui est de la production d’Omega Wave, Craig était le point central, la personne ressource. Il est l’instigateur du projet, la personne qui a écrit les pièces à la base et celui qui possédait une opinion forte sur la musique, les concepts de paroles et le son en général. Nous étions tous d’accord pour qu’il produise l’album. C’était son idée de demander à Tim de coproduire avec lui. Je crois qu’il a demandé à Tim de participer au projet étant donné qu’il possède de nombreuses connaissances dans le domaine de l’ingénierie sonore en relation avec les aspects techniques comme la disposition des microphones, le travail avec les amplificateurs et la manipulation des logiciels Pro-Tool. En ayant Tim qui pouvait s’occuper de cette fonction plus technique, ça laissait à Craig l’opportunité de mettre tous ses efforts sur la dimension artistique de l’album et des performances. Il ne faut pas négliger le fait que Tim a eu une certaine influence au niveau de la performance de Russ aux voix ainsi que de tous les autres musiciens.    

La chanson titre, Omega Wave, est la plus rapide du lot, la plus féroce et agressive. Croyez-vous ouvrir vos concerts avec cette pièce ?

Nos plans à la base étaient d’ouvrir avec une pièce très brutale comme Forsaken at the Gates car elle se faufile bien avec l’intro que nous utilisons sur scène. Mais je nous imagine très bien commencer les hostilités avec cette chanson, définitivement. Nous allons voir avec le temps, nous allons nous adapter et vérifier celle qui s’adapte le mieux aux foules. 

L’album s’ouvre avec la pièce Alpha Century, alpha qui est la première lettre de l’alphabet grec. Votre disque se termine avec Omega Wave, et oméga est la dernière lettre de l’alphabet grec. C’était pensé ainsi j’imagine? C’était évident que l’ordre des chansons allait être fait en sorte de suivre cette dynamique?   

Alpha et oméga résume bien ce concept et ce, à la perfection. C’est le Début de la Fin. Pour moi, quand j’entends Alpha Century, je la perçois comme la trame sonore de l’aube d’une nouvelle vie, d’un renouveau. C’est aussi une visualisation d’un prologue très épique du déploiement de notre fin imminente. Les chansons se propulsent par la suite vers des titres et des paroles qui nous indiquent la fin des temps et les désillusions de la race humaine. La  montée vertigineuse d’Omega Wave, dans toutes les sphères que nous explorons sur l’album, pour moi, représente bien une société qui doit regarder droit devant et laisser derrière un bon nombre de choses, sauf que devant, on se dirige vers la fin imminente, la fin des temps… La dimension Omega

La pochette de l’album est, comment dirais-je, un hommage à celle de votre premier album, Forbidden Evil avec les deux crânes, le bleu et le rouge,  qui entrent en collision. Qui a eu cette idée, le groupe ou l’artiste responsable de la pochette?

Personnellement, quand je pense à Forbidden, autant présent que par le passé, les deux crânes me viennent en tête. C’est notre marque de commerce, le Bien versus le Mal. C’est tellement symbolique et plusieurs personnes ont leur propre idée sur ce concept aussi. Nos crânes font aussi de beaux tatouages et de fantastiques t-shirts. Quand Nuclear Blast nous a signés, ils ont trouvé qu’il serait intéressant de travailler avec l’artiste qui a fait notre première pochette à l’origine. Craig est celui qui a eu l’idée et le concept pour la pochette d’Omega Wave en y ajoutant le crâne de cristal de la civilisation maya avec les deux crânes originaux qui sont sur le point de s’entrechoquer. Nous sommes tous au courant des prophéties du peuple Maya envers une fin du monde en 2012. Ce crâne maya, avec ce qu’il représente, se mariait bien avec le concept des paroles d’Omega Wave.     

 

Retour d’entre les morts

Quelques groupes ont décidé de revenir ensemble après le concert du Thrash of the Titans, un évènement qui permettait de venir en aide à Chuck Billy de Testament qui soufrait d’un cancer à l’époque. Death Angel l’a fait et Exodus aussi mais de manière plus indirecte car Paul Baloff est décédé l’année suivante. Vous, en tant que Forbidden, vous ne vous sentiez pas prêt en 2001 pour reprendre du service à nouveau? 

Nous n’avons jamais considéré une réunion avant le milieu de l’année 2007. Le concert du Thrash of The Titans était vraiment pour Chuck, pour ramasser des fonds pour lui venir en aide. De plus, ce n’était pas le vrai Forbidden dans un sens, Craig n’y était même pas car il était trop pris par son horaire et son travail au studio avec ManMadeGod, Paul Bostaph était pris dans son dilemme de rester ou de quitter Slayer. En fin de compte, il est venu et a fait quelques chansons. Moi, j’étais en fin de session au collège, Russ n’était là que pour Chuck, question de respect. Sur scène, il y avait deux autres gars qui prenaient place pour remplacer Craig et Paul, deux gars avec qui je n’avais jamais joué et qui n’étaient-là que pour boucher les deux trous. L’élément déclencheur est le film ou plutôt documentaire « Get Thrashed » c’est ce qui a remis Forbidden et le métal dans la tête de Craig. De plus, Paul Bostaph ne cessait de nous dire comment les gens en Europe ne cessaient de lui parler de Forbidden et que l’on devrait au moins essayer de faire une tournée réunion là-bas!    

J’aimerais te parler du fait que Forbidden a été en période d’hibernation de 1997 à 2007, une durée de 10 ans! Que faisaient les membres du groupe? Nous savons que Craig a joué avec Spiral Arms, ManMadeGod et aussi Demonica. Mais qu’en est-il de toi et Russ? 

Après la cessation des activités avec Forbidden, tous les musiciens du groupe ont continué d’évoluer musicalement avec d’autres projets à l’exception de…moi! Tous les autres gars se sont dirigés vers d’autres horizons. Russ est demeuré beaucoup plus au niveau des groupes qui jouent dans les bars. Lors des dix dernières années, Russ a eu quelques boulots par-ci par-là et a joué avec de nombreux groupes d’interprétations (NDLR : des groupes de covers) Craig, Steve et Tim se sont tous retrouvés avec des groupes qui ont connu un certain succès. Moi, de mon côté, je me suis rendu compte que j’étais désillusionné par tout ce qui touchait l’industrie musicale. J’avais trop eu d’attente face à des tournées d’envergure qui ne sont jamais arrivées et le support que pouvait nous accorder notre maison de disque. Tout ca a affecté ma relation avec les autres membres du groupe en plus de mon habileté à pouvoir performer avec le groupe. Je n’avais plus cette sensation si unique de me laisser aller par la musique car les décisions financières et l’appât du succès m’empêchaient de pouvoir continuer correctement. Après la rupture de 1997, j’ai passé un bon sept ans à refaire mon éducation. Je suis passé du gars qui a lâché le secondaire à un homme qui a finalement été accepté en faculté de droit! En fin de compte, j’ai abandonné mes cours en droit juste avant de pouvoir les commencer! J’ai réalisé que j’étais en train de courir après une carrière qui n’était pas reliée à ma véritable passion. J’ai donc suivi mon cœur. J’ai toujours voulu jouer et vivre de la musique. Je suis maintenant très fier d’être de retour là où je dois être, là où mon cœur et ma tête doivent être.       

Forbidden a fait quelques dates ici et là en 2007 et 2008. Votre retour n’était qu’en formule concerts à l’origine, dans un sens. Vous avez fait la tournée des festivals en Europe et tout d’un coup, nous apprenons que vous signez avec Nuclear Blast. Ils ont dû être très convaincants ?

Dans un premier temps, cette réunion n’était que pour le plaisir, allez en Europe et faire quelques festivals. Peut-être faire quelques villes majeures aux Etats-Unis pour pouvoir jouer le vieux matériel du groupe et peut-être même faire quelques dollars sur la route ! Quand nous avons fait la tournée des festivals en Europe, nous sommes tombés sur le derrière et pas à peu près ! La réponse des amateurs a été magistrale ! Notre dernière visite là-bas datait d’il y a 14 ans, et non seulement les vieux de la vieille y étaient mais aussi tous les amateurs de cette nouvelle génération métallique qui carbure au vrai thrash métal. Ils étaient très entichés de Forbidden! En Belgique, j’ai remarqué qu’un gars au look un peu hippie et qui portrait un t-shirt de Death Angel, nous suivait. Ce gars avait organisé un meet-&-greet (NDLR : un meet-&-greet est une rencontre entre des amateurs d’un groupe et le groupe en question) avec des amateurs. À un moment donné, j’ai vu ce gars dans un coin en train de parler plus sérieusement avec Craig. Par la suite, Craig nous a dit qu’il était le représentant en chef pour les artistes chez Nuclear Blast et que la compagnie voulait nous signer ! Il parlait du fonctionnement chez Nuclear Blast et comment les membres de l’équipe sont des fans du groupe. Nous avons pris la décision lors de cette tournée, il était évident qu’en revenant en Amérique nous allions écrire de nouvelles chansons et signer un contrat de disques. D’autres maisons de disques ont démontré de l’intérêt mais il était évident que nous allions signer avec Nuclear Blast car c’est la compagnie parfaite pour un groupe métal.     

Vous serez à Montréal très bientôt. Votre tournée en tant que tête d’affiche commencera justement ici, à Montréal après votre périple en ouverture d’Overkill. Vous présenterez un album qui est excellent mais les gens vont probablement s’attendre au vieux matériel, comme de raison. Après tout ce temps, il doit y avoir un brin de nervosité ? 

Je suis vraiment excité face à cette tournée. À chaque fois que tu sais que tu vas sur les autoroutes avec tes copains du groupe pour jouer nos chansons, c’est le paradis pour moi. Mais avant de partir, tu dois te préparer mentalement face à certaines choses comme le fait qu’un promoteur peut quitter la salle de concerts sans te payer, s’attendre à ce que la remorque derrière l’autobus brise, que l’autobus brise lui aussi et avoir le mal du pays. L’important, c’est d’avoir 100 ou 500 amateurs de Forbidden qui sont prêts à participer avec nous au concert. Il faut aussi apprendre à laisser de côté les critiques négatives car la musique apporte un sens à de nombreuses personnes et ce, à un niveau très personnel. Il est inévitable que pour un amateur de Forbidden qui aimait le groupe il y a vingt ans avec nos albums Forbidden Evil et Twisted Into Form n’aura pas les mêmes réactions face au matériel contenu sur Omega Wave. Et par le fait même, il y aura probablement des gens qui seront attirés par le matériel qui se retrouve sur Omega Wave et ne voudront rien entendre des vieilles chansons. Mais peu importe, nous allons botter des culs à chaque soir!        

Vieilles affaires à dépoussiérer

J’ai encore ma vieille cassette VHS du Combat Tour II avec Forbidden, Death, Dark Angel et Faith Or Fear qui était une copie, d’une copie qui venait probablement d’une autre copie déjà copiée des dizaines de fois… C’est comme ça que le tout fonctionnait dans le temps! Est-ce qu’il y a des chances que ce concert se retrouve en DVD un jour? 

J’aimerais bien mais c’est Sony qui possède les droits du catalogue de Combat. Ils ne sont pas très chauds à l’idée de ressortir ce genre de matériel. Nous espérons pouvoir renégocier nos droits et reprendre possession de notre matériel, et ce dès que le groupe sera dans une meilleure position. Ou tout simplement demander à Sony de ressortir notre vieux matériel. Avec le temps, de nombreuses personnes ont digitalisé le Combat Tour II et on peut trouver ce concert en partie sur Youtube. Mais come de raison, moi aussi j’aimerais bien posséder ce concert en format DVD.

Avec le recul et après toutes les années, quand vous y repensez correctement, comment percevez-vous les albums Green et Distortion

Les gens nous disaient que nous étions à la fin de cette période des belles années du thrash après avoir été catégorisé dans la deuxième vague de thrash provenant du Bay Area. Nous étions difficiles à catégoriser dans un sens. Je crois que ses deux albums étaient en avance sur leur temps. J’ai remarqué que de nombreux groupes ont eu un certain succès par la suite en jouant ce même genre de grooves qui se retrouvaient sur nos deux derniers albums. En 1994 et 1996, lorsqu’ils ont été lancés, il n’y a pas eu de promotion ni de support de la part de notre compagnie de disques. De plus, ils n’ont pas reçu un accueil favorable de la part de la presse. Quand nous avons recommencé à donner des concerts en 2008, j’ai entendu de nombreux groupes populaires en ce moment qui citaient Green et Distortion comme étant des albums d’influence pour eux. Les amateurs nous rappellent souvent comment Green et Distortion sont des disques sous-estimés et parfois, des gens nous disent que ce sont ceux qu’ils préfèrent dans notre discographie. Nous avons appris dernièrement que nous avons les droits sur les deux albums et que nous sommes en droits de les relancer. Le but serait donc de faire redécouvrir ses deux disques aux amateurs qui ont manqué le bateau la première fois. Pour moi, ils passent le test du temps haut la main. 

De mémoire, je crois que votre dernière visite remonte à 1990 avec Death Angel, lors de la tournée pour Twisted Into form. De bons souvenirs de Montréal?

Malheureusement, Montréal est une ville que nous n’avons jamais eu l’opportunité de visiter. Je crois que nous sommes venus deux fois; une fois avec Death Angel comme tu le dis et l’autre avec Malevolent Creation en 1994, à moins que ce ne soit en 1989 avec Sacred Reich? De toute façon, j’ai toujours pensé que Montréal était une ville merveilleuse et j’aimerais avoir l’opportunité de pouvoir la visiter un peu plus lors de notre prochaine visite. Une chose m’a surpris par contre; tu joues un soir aux États-Unis, tu entres dans ton autobus après le concert, dors un peu et lorsque tu te réveilles à Montréal, tu as l’impression de te réveiller en France car on retrouve définitivement ce sentiment européen chez vous!

La chanson Step By Step a été un grand succès dans le temps. Je me souviens encore qu’au secondaire, bien des gens se moquaient de Forbidden parce que les New Kids on the Block avait un album et une chanson qui portait le même nom. Votre clip jouait régulièrement à Solidrok, le programme métal de Musique Plus à l’époque. Ca me mettait en beau fusil quand les gens se moquaient de Forbidden en pointant le fait qu’il y avait une chanson de New Kids on the Block du même nom… Et vous, comment avez-vous vécu cette période et cette coïncidence?

Ouais, je me souviens que j’aimais bien taquiner les autres dans le groupe avec ça! Ce n’était qu’une coïncidence. Step By Step a été l’une des premières chansons écrites pour l’album Twisted Into Form. Le clip a été tourné bien avant de savoir que New Kids on the Block avait une chanson du même nom qui était tirée de l’album du même nom. Maintenant, nous n’avons plus qu’à souhaiter que Justin Bieber ne lance pas une nouvelle chanson du nom de Forsaken at the Gates! 

www.myspace.com/forbiddenofficial

Forbidden sera en concert le lundi 22 novembre aux Foufounes Électriques de Montréal avec Evile, Bonded by Blood et Gama Bomb. Billets en vente ICI!

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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