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Chanceux comme un quêteux

Meat Loaf: Le très juteux « Hang Cool Teddy Bear » en critique (Série d’albums qui se sont retrouvés dans ma pile comme par magie…)

Yanick Klimbo Tremblay
25 décembre 2010

Meat Loaf
Hang Cool Teddy Bear
Roadrunner/Warner

Joyeux noël !!! En ce moment, c’est la réception chez-moi, comme on doit dire je reçois ! Mais je prends quelques minutes pour mettre une critique très juteuse, aussi juteuse que le rosbif qui cuit dans mon four. Il y a de la bière, du vin et des convives qui fêtent dans mon humble demeure. Les cadeaux seront remis plus tard donc, le classique quoi ? Un joyeux noël encore une fois et bonne lecture !

Lors de ma période adolescente, j’achetais au moins un disque par semaine. J’ai toujours travaillé et même à l’âge de 12 ans, j’avais du travail comme camelot pour le journal Le Quotidien de Chicoutimi en plus de passer leurs circulaires… qui finissaient bien souvent dans le bac à vidange ; désolé planète ! Lors de mes périodes de magasinage de l’époque, et je vous rappelle qu’il n’y avait pas internet pour nous faire découvrir les dernières nouveautés musicales, nous devions nous fier à des compagnies de disques de qualité. C’est pourquoi, dès qu’un artiste lançait un album pour des compagnies comme Nuclear Blast, Metal Blade, Megaforce, Combat ou Roadrunner, nous achetions ce produit les yeux bandés. Les pochettes étaient attrayantes et nous nous fions à l’étiquette de disques car si c’était signé chez eux, c’était bon et richement dosé en métal !

Sur l’étiquette Roadrunner, nous avons découvert des artistes comme Obituary, Deicide, Exhorder, Suffocation, Fear Factory, Atrophy et Sepultura. À l’aveuglette, nous avons découvert de nombreux groupes intéressants mais aussi d’autres navets qui l’étaient moins, comme Xentrix ou Toxik… 

Heureusement que l’internet existe aujourd’hui car je m’imagine mal en ce moment au magasin de disques en train de flipper les CDs et de tomber sur les titres Roadrunner pour les acheter à l’aveuglette comme jadis. Imaginez la surprise en écoutant Nickelback à la maison, Black Stone Cherry ou Meat Loaf

Oui, « pain de viande » est maintenant un artiste Roadrunner ! Les temps changent, hein ? Sa musique ? Encore très pompeuse et très théâtrale. Sur ce disque, qui a des allures de comédie musicale, nous retrouvons des pièces de haute voltige où la voix de Meat Loaf est en avant plan le tout accompagné par des chœurs de toutes sortes et des rythmiques de rock très FM Radio. C’est langoureux, très lambineux et trop mielleux.

L’amateur de l’artiste sera comblé comme de raison car à la base, ce disque ne tente pas de tâter le pouls d’un nouveau marché mais plutôt de satisfaire celui qui suit le gars depuis Bat Out of Hell. La réalisation est épique et le mix de Chris Lord-Alge vous perce le péteu parce que ça sonne en gériboire !

De nombreux invités de forte pointure présentent leur talent sur ce disque comme Jack Black qui a une partie chantée sur l’album en tant que personnage de l’histoire, Steve Vai et Brian May de Queen ont quelques parties de guitare et Hugh Laurie, oui Docteur House, qui joue du piano sur If I Can’t Have You! De grands artistes de talents certes dans un produit aussi aseptisé, sans véritable défi et qui demeure surtout une œuvre très plastique, je ne suis pas impressionné car le tout reste très prudent quoiqu’impressionnant pour l’amateur du genre. Habituellement, les ballades et les pièces plus rock se chevauchent sans véritable surprise sur ce genre de production, une convention dans ce genre de rock gériatrique. Mais ici, c’est beaucoup plus rock qu’à l’habitude.

Dès la première pièce Peace On Earth, qui déménage un tantinet tout de même, la dimension dialogue-chanté agace pour se poursuivre sur Living on the Outside. Ensuite, c’est la cabotine Los Angeloser qui offre un air coquin à l’album. On demeure en terrain rocheux jusqu’à la septième pièce, Did You Ever Love Somebody qui nous offre une première vraie dose baladeuse. Les premiers accords de Running Away from Me sont très métalliques mais sont trompeurs car par la suite, nous tombons dans le type moelleux jusqu’au solo où nous avons droit à un retour à une facture plus rock. Jusqu’à la fin, c’est la sauce habituelle qui n’épate pas mais satisfait l’appétit le plus vorace du fanatique de Meat Loaf, comme de raison !  

Oui, Meat Loaf s’entoure d’une équipe fantastique pour ce qui est des invités spéciaux et au niveau de ses musiciens personnels, nous sommes en terrain excessivement gratifiant en plus d’avoir de nombreux arrangements grandioses avec des sections de cordes et de cuivres… donc très hollywoodien comme produit manufacturé. Pour ce qui est des collaborateurs à l’écriture, quand tu peux te permettre de réunir Jon Bon Jovi, Desmond Child et Raine Maida d’Our Lady Peace dans le même projet, il faut s’attendre à une dose gigantesque de rock sirupeux au maximum !

C’est vaste, magistral et perspicace dans le domaine du rock moelleux !

www.meatloaf.net

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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