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Chanceux comme un quêteux

The Low Anthem: Chair douée sur sauce à spaghetti (Entrevue avec Jeff Prystowsky)

Yanick Klimbo Tremblay
3 mars 2011

“Nous allons devoir faire le tout rapidement ! Tu sais, nous sommes en tournée et en ce moment, nous dinons. Je suis en train de manger ma soupe, je ne veux pas qu’elle soit froide !» m’a dit Jeffrey Prystowsky du groupe américain The Low Anthem juste avant de commencer notre entrevue téléphonique. D’un ton décontracté, le multi-instrumentiste s’est entretenu avec moi pendant une bonne dizaine de minutes au sujet de leur nouvel album, Smart Flesh, paru tout récemment. Ce groupe, qui combine le folk et le blues, nous démontre le talent incommensurable que partage trois musiciens aux talents variés qui changent d’instrument aussi rapidement que François Legault change d’idée au sujet de la création d’un nouveau parti politique !

De formation classique, le groupe possède des instrumentistes habiles, certes, mais qui ont laissé le côté froid, tellement appris et éduqué de leur instrument pour offrir une chaleur beaucoup plus humaine avec leur musique qui s’apprécie encore mieux en formule concert. The Low Anthem est une formation qui nous la joue lancinante et folklorique tout en proposant subtilement un clin d’œil à Bob Dylan, donc une musique qui se déchire entre une peine d’amour en sirotant un thé et la joie de sauter dans une flaque de boue vers l’âge de 6 ans. Bucolique, n’est-il pas?

Le deuxième album du groupe Oh My God, Charlie Darwin a reçu d’impressionnantes critiques pour un album lancé de manière indépendante dans un premier temps. Ce disque était destiné à passer un peu sous le radar mais quelques copies sont tombées entre de bonnes mains.  Par la suite, le groupe s’est retrouvé sous contrat avec la compagnie Nonesuch en Amérique et Bella Union pour le Royaume-Uni. Les deux compagnies ont ressorti l’album de manière beaucoup plus globale et les tournées qui ont accompagné cette nouvelle sortie n’étaient pas à négliger. Lorsque les critiques encensent ton album, une certaine pression doit être palpable lorsque tu prépares son successeur. « Pas vraiment ! » de me répondre Jeff au bout du fil. « Nous n’avons fait que ce que nous faisons d’habitude sauf que cette fois-ci, le budget était beaucoup plus intéressant. Nous avions de bonnes conditions d’enregistrements au lieu de bizouner le tout dans le garage d’un ami ! »

Pour ce qui est des sessions d’enregistrement pour Smart Flesh, le tout ne s’est pas déroulé dans un environnement typique comme un studio qui obéit aux normes dites régulières de l’industrie. « Nous avons loué un espace dans un édifice qui abritait des manufactures. C’était un édifice à l’abandon, plus rien n’existait à l’intérieur, c’était vide. L’endroit que nous avons choisi était une ancienne fabrique de sauce pour les pâtes. Il y avait un plancher en bois qui était encore dans un état très acceptable. » de raconter Prystowsky.

Dans un endroit aussi vide, l’écho est immense, ce qui a causé quelques difficultés au groupe qui a su tout de même redoubler d’ingéniosité pour combler les lacunes sonores. « En général, notre musique est plutôt apaisante, ce qui ne cause pas de problèmes énormes au niveau de la logistique lorsque nous plaçons nos instruments en mode enregistrement. À l’exception de la pièce Boeing 737 car c’est la plus tonitruante du lot. Donc, ce que vous entendez sur le disque c’est ce que nous avons obtenu au studio. » a ajouté le musicien.

Interrogé sur la signification du titre Hey, All you Hippies ! Jeff demeure évasif et préfère que chacun puisse avoir sa propre interprétation : « Ce n’est pas une chanson qui règle des comptes. C’est apolitique. Ce n’est pas une chanson qui décrit les pro-Reagan ou qui parlent de ceux qui sont contre tel régime. Non… » Il me confirme aussitôt que le tout n’a rien à voir avec les hurluberlus qui arboraient quelques fleurs dans les cheveux ou le fait de conduire un Westfalia à 60 km/h sur l’autoroute dans la voie de gauche…

Avant de raccrocher, j’explique à Jeff que je suis généralement attitré vers le matériel plus métalloïde et je lui demande si l’un des musiciens du groupe The Low Anthem est un amateur de métal qui est encore dans le garde-robe : « S’il n’y en a qu’un, c’est moi. J’ai suivi des cours de basse très jeune et mon enseignant ne carburait qu’au métal. Il me faisait entendre les classiques comme Black Sabbath, Iron Maiden ou Rush. Et je les jouais ! Je pratiquais en faisant ces chansons. Tu sais, The Low Anthem, nous sommes comme un groupe métal. Même si nous privilégions un son plutôt folk, nous voulons le faire avec la même intensité qu’un groupe métal. Mais sans le volume ! »    

The Low Anthem sera en concert le jeudi 3 mars 2011 à la Sala Rosa de Montréal. Pour des billets, rendez-vous à la porte !

www.thelowanthem.com

Toutes les photos sont une courtoisie de Warner Music Canada
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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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