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Chanceux comme un quêteux

Within Temptation: Critique de l’album « The Unforgiving »

Yanick Klimbo Tremblay
28 mars 2011

Within Temptation
The Unforgiving
Roadrunner

Quoi de plus pompeux qu’un album concept? Il faut avoir des couilles de titane pour lancer ce genre d’enregistrement, surtout si vous ne jouez pas dans les cordages habituels du genre conceptuel. Within Temptation s’est donc mis dans une situation très particulière lorsqu’ils ont annoncé leur intention de lancer un album concept suite à l’avortement du projet de la trame sonore car à la base, le groupe voulait composer une trame sonore pour un film mais les délais, la précarité et la fragilité d’un projet cinématographique ne plaisaient pas au groupe qui craignait devoir repousser la sortie de la trame sonore si le projet du film tombait dans l’oubli.

Alors, pourquoi ne pas créer son propre monde avec l’aide d’une équipe de travail qui produit des bandes dessinées ? Le groupe a utilisé les services de Steven O’Connell, qui a scénarisé Bloodrayne et Dark 48  en plus de Romano Molenaar, un illustrateur qui s’est fait aller le crayon sur X-Men, The Darkness ainsi que sur Witchblade. The Unforgiving vient donc en format musical et en comics mais… surprise additionnelle d’un tout autre domaine !

Effectivement, Within Temptation a siphonné tout son budget de vidéoclips pour mettre au monde trois courts-métrages basés sur la trame narrative des paroles.

Ouff…

Mais musicalement, c’est comment ? Personnellement, je m’attendais à détester ça mais oh que non, c’est vraiment bon ! Rien n’est grandiose, pompeux ou spectaculaire. À la base, ca demeure du rock gothique, mélancolique, quelques brins pop. Rien à voir avec les grands concepts progressifs des groupes sur Magna Carta, nous sommes bel et bien en présence d’un nouveau disque du groupe à la base avec des chansons et non pas des envolées lyriques ennuyeuses et pédantes !

La balance entre intensité du rock versus ballade penche plus vers la portion du rock, heureusement ! Après l’introduction narrative qu’est Why Not Me, c’est Shot in the Dark, avec sa tonalité pausée, rock goth feutré, qui donne le ton à l’album suivie par l’impétueuse In the Middle of the Night qui patauge dans une sonorité plus power métal. Faster est celle qui m’a vraiment accroché avec sa rythmique copié/collé sur la version de Wicked Game de Chris Isaak qu’a enregistré HIM. Le refrain est captivant et sera un délice à entonner par les foules.

Des chansons poignantes et accrocheuses, il en pleut sur cette production, Iron avec son riff très Maidenesque en ouverture, Sinéad qui possède un des refrains les plus imprimables dans une mémoire humaine depuis In the Shadows des Rasmus quoique Rasmus nous poussaient aux limites de l’insoutenable tandis que Within Temptation demeure fortement soutenable…

Côté balades, ce qui n’est jamais de mon plus grand ressort et bonheur, Fire and Ice offre la première pause du disque, Lost poursuit dans la même lignée mais en étant plus épique et la dernière du lot, Stairway to the Skies, termine l’album en mode caramel sucré !

Album concept réussi car il ne présente pas la facture habituelle ainsi que l’arrogance qui accompagne le tout, habituellement. Il ne reste plus qu’à placer les pièces du puzzle avec l’album, la bd et les courts-métrages pour pouvoir apprécier pleinement l’expérience entière!

www.within-temptation.com

Les deux premiers courts-métrages sont disponibles:

2 commentaires
  • Thomas
    9 avril 2011

    C’est marrant je suis d’accord sur le fait que le CD est bien, son coté pop et accessible le sert dans le bon sens, et que ça fait aussi du bien d’avoir de la musique accessible.

    Par contre tout tes adjectifs sur le prog et le symphonique ne prouve qu’un chose : tu craches sur ceux qui se cassent le cul. Tu alignes par le bas. Tu propulses la musique dans le Grégoire & co. Tu « consommes » la musique, et oui, c’est bien une critique négative, mais peut-être ne t’en rendras-tu pas compte.

    « les amis (ne) faisons pas des trucs trop compliqués, les intellos nous font chier. »

    Adieu

  • Yanick Klimbo Tremblay
    9 avril 2011

    Thomas, je ne peux cracher sur ceux qui se cassent le cul, c’est mal me connaître. Mais merci des commentaires, car ils sont longs ce qui fait changement des petits commentaires du genre: « Ouais, c’est bon ce groupe! »

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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