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Chanceux comme un quêteux

Graveyard : On a ben des blues à déboutonner… (Entrevue avec Rikard Edlund)

Yanick Klimbo Tremblay
6 avril 2011

Le rock ne meurt pas et ne pourra jamais mourir, c’est un constat aussi indélébile qu’un feutre noir de marque Markette ! Même si de nombreux groupes nous la jouent rock avec une version nostalgique trop kinky et sarcastique, d’autres formations prennent la bête par les oreilles pour l’apprivoiser en offrant un matériel chaud, enivrant et opulent en proposant une percolation du blues ancestral avec le rock d’autrefois en combinant les prouesses modernes. Un groupe comme Graveyard, qui a vendu plus de copies de leur dernier album en Suède que ce que Britney Spears a pu vendre avec sa nouvelle galette Femme Fatale, aime tâter dans les vieilles terres rocailleuses pour nous remodeler une structure solide de blues rock bien solide. Étrangement, ce groupe enregistre pour Nuclear Blast, n’est pas vraiment métal mais peut faire groover n’importe quel amateur de toutes sphères métalliques confondues. Entrevue avec Rikard Edlund, bassiste. 

Quand j’écoute Graveyard, j’ai l’impression de fouiller dans les vieux vinyles de mon père. Je pense, en écoutant Hisingen Blues, à des groupes comme Blue Cheer, Cream, CCR, Led Zeppelin et Black Sabbath. Avec vous, on sent que le rock n’ roll ne se meurt pas car vous restez très près des racines du genre. Donc, peux-tu nous parler de cette passion envers l’essence même du rock dans un monde actuel où tout est consommé rapidement, mis aux vidanges et oublié… comme la musique populaire ! 

On dirait que ton père et moi avons les mêmes goûts musicaux car sa collection de disques semble ressembler à la mienne! J’écoute généralement que de la vieille musique, c’est plus facile de la trouver en vinyle. Je ne possède même pas de lecteur CD ! Moi, ce sont les vinyles, point à la ligne et de plus, le son est nettement supérieur. Espérons que nous pourrons ouvrir les yeux de certaines personnes qui n’ont jamais pris le temps d’écouter les pionniers du genre, il faut les guider vers le bon chemin, celui où tu apprécies la musique pour ce qu’elle t’apporte et non pas pour qu’elle finisse dans l’oubli total !

Graveyard, pour faire une histoire courte, est comme le phénix : né des cendres du groupe Albatross. J’espère que tu aimes mon allusion aux oiseaux ici ! Peux-tu nous parler des origines du groupe ?

Moi et Joakim avons toujours joué dans des groupes et ce, depuis l’adolescence. Dans un premier temps, avec un groupe du nom de Norrsken. Nous avons ensuite déménagé de la ville d’Örebro vers Göteborg pour des raisons quelconques. Joakim et Axel ont mis sur pieds un groupe du nom d’Albatross, comme tu le disais. Ils avaient besoin d’un guitariste, j’ai donc pris le poste offert et je suis resté avec le groupe un bon deux ans environ. Quand Albatross s’est séparé, Joakim, ainsi que moi-même, voulions avoir notre propre groupe mais en étant de retour vers nos instruments originaux, ce qui veut dire qu’il allait chanter et moi, jouer de la basse. Axel était, par la suite, le candidat idéal pour être le batteur. Nous avons eu un autre gars à la guitare pour le premier album mais il a quitté pour poursuivre des études en arts. Mais nous avons découvert Jonathan Ramm assez rapidement et c’est quelque chose que nous n’avons jamais regretté.       

 

Confortablement engourdis…

Sur votre disque, on retrouve une chanson qui est très puissante, bluesée et énergique. Elle se nomme No Good Mr. Holden. Je me demandais qui était ce Monsieur Holden?

Le nom de la chanson n’a vraiment rien à voir avec les paroles ! C’est parce qu’il y a un riff dans la chanson qui sonne un peu comme une certaine partie musicale que l’on retrouve dans une pièce de Randy Holden et la partie “No good” est un bout des paroles dans la chanson de Randy Holden justement ! C’est juste ça… Un nom stupide pour une bonne chanson !  

Aussi, il y a une référence assez évidente à Pink Floyd sur l’une de vos chansons qui porte le titre d’Uncomfortably Numb. Est-ce un hommage au groupe ou un hasard fantastique ? 

C’est un nom adéquat pour une chanson triste et par le fait même, une manière géniale de démontrer toute notre admiration envers ce groupe légendaire. Chapeaux bas !

La pièce RSS est probablement votre chanson la plus lourde du lot. C’est sur cette pièce que l’on peut ressentir toute la chaleur et l’intensité dans vos voix. Qui d’entre Joakim et Jonathan est le chanteur principal sur cette chanson ?

Joakim est celui qui chante sur toutes les pièces de l’album, ce qui n’était pas le cas avant.

 

Trop de puissance dans ton blues…

Vous êtes un groupe qui a une sonorité pour se retrouver avec Rise Above Records mais vous êtes avec Nuclear Blast. Pouvez-vous nous expliquer cette décision de signer avec une étiquette de disques de métal plutôt extrême ?

Parce que c’est la taille qui est importante, hahhaha ! Nous avons étudié de nombreuses offres et celle de Nuclear Blast était la plus intéressante du lot car ils ont l’air d’avoir un souci de l’organisation. Le problème avec notre ancienne compagnie de disques,  c’est que les gens qui aimaient notre musique ne pouvaient pas mettre la main dessus ! Et ce n’est pas les cas avec Nuclear Blast !

En passant, en étant sous contrat avec eux, en étant un groupe originaire de Suède et en ayant un nom comme Graveyard (traduction : cimetière) à consonance morbide, croyez-vous que de nombreuses personnes seront attirés vers votre groupe de manière naturelle mais seront totalement surpris par ce qu’ils vont entendre car c’est l’absence de riffs death métalliques mais une abondance de riffs blues sur un fond rock?

Après notre premier album, nous l’avons entendu à de nombreuses reprises car nous vivons à Göteborg, et c’est la capitale métallique de la Suède. Heureusement, les gens écoutent notre musique avant de l’acheter ! 

Vous étiez avec Tee Pee en Amérique du Nord pour votre premier album, c’était une entente pour un seul album?

Tee Pee avait la licence pour notre premier album, ils l’avaient obtenu de notre maison de disques suédoise de l’époque. Après de nombreuses tournées, nous avons eu l’opportunité de choisir une compagnie beaucoup plus grosse et c’est ce que nous avons fait. Steve chez Tee Pee est un bon gars et nous lui souhaitons la meilleure des chances avec tous ses projets!

 

Les vieux routiers enseignent aux jeunes loups…

Parlant de tournées, vous en avez fait avec Witch, un des projets de J Mascis de Dinosaur JR et aussi avec Clutch, deux figures majeures du rock américain. Comment était-ce d’être en tournée avec d’aussi grosses pointures ? Ils vont ont probablement guidé, donné des trucs et conseils sur la facon de faire de la tournée en Amérique ?

Je dois avouer que j’ai eu une petite gêne, j’étais intimidé par la présence de J mais en réalité, il est un gars tellement cool et terre-à-terre. C’était vraiment intéressant d’entendre ses histoires de tournées de l’époque où Dinosaur Jr était en tournée avec Nirvana. Les autres membres de Witch étaient sympathiques aussi. Dave, leur bassiste, nous a laissé dormir chez lui. Les membres de Clutch étaient très amicaux. Ils nous ont aidés lorsque nous avons perdu tout notre argent à une station-service. Faire de la tournée avec eux nous a démontré que la vie sur les routes avec un groupe musical peut être très intéressante lorsque tu réussis à grimper quelques échelons !

La dernière question mais très évidente : Revenez-vous en Amérique bientôt ?

En ce moment, nous sommes sur une petite tournée en Suède. Après ça, nous traversons la mer pour jouer en Finlande, le temps de quelques concerts. Nous retournons à la maison ensuite pour un peu de repos et c’est la tournée de l’Europe. Pendant l’été, nous allons faire les festivals en Suède et ce n’est qu’après tout ça, vers le mois d’août, que nous allons prendre l’avion qui, nous l’espérons, ne s’écrasera pas ! Nous serons de retour en Amérique et, en l’espérant plus que fortement, irons jouer à Montréal si notre agent est capable de nous trouver une occasion de jouer chez vous !

Merci Rikard, on se voit à Montréal alors !

Oui, j’espère bien! Et de rien, merci à toi ! Et bien sûr, paix, amour et destruction chimique !

www.myspace.com/graveyardsongs

Lien vers ma critique de l’album Hisingen Blues, cliquez ICI !

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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