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Chanceux comme un quêteux

Korpiklaani: Odieux du ciel! (Entrevue avec Juho, accordéoniste)

Yanick Klimbo Tremblay
14 avril 2011

Difficile à prononcer et à écrire, l’appellation Korpiklaani doit l’être encore plus glissante pour la langue après quelques pots de cervoise. La musique du groupe sert effectivement de rampe de lancement vers de longues veillées de bambochades nocturnes en forêt et il doit être amusant de tenter de dire le nom de groupe après quelques gorgées d’élixir. Outre ce petit quolibet bien coquet, la vitalité musicale du groupe combine une bonne pelletée de musique folklorique bien propulsée dans des cadences métalliques. Ce groupe finlandais a un nouvel album du nom d’Ukon Wacka qui permet à ses fans de se verser de la bière sur la tête tout en effectuant quelques turlututus de belle manière ! J’ai pu m’entretenir avec Juho, l’accordéoniste du groupe (dernier sur la photo, à droite!) qui en a très long à raconter au sujet de son groupe !

Fidèle à la coutume, ce nouveau disque est une célébration en relation avec la beuverie, l’art de faire la fête et les difficiles lendemains de bambochades. Vous semblez ne jamais vous lasser de ce genre de chansons sur vos albums. Crois-tu que ce type d’inspiration festive est sans fond, qu’il y aura toujours de la matière à s’inspirer ?   

Je ne dirais pas que l’inspiration est illimitée. Nous avons l’inspiration du moment pour certaines chansons, c’est certain. Mais l’inspiration à elle seule n’est pas suffisante. Un peu de savoir-faire est requis aussi. Les chansons à boire émergent quand elles doivent arriver, nous n’essayons pas uniquement ce type d’écriture en s’imposant des contraintes ou en poussant la chose délibérément. Des fois, elles se créent. D’autres fois, non. Et ce n’est pas un problème en tant que tel. Jonne a déjà dit qu’à de nombreux moments, il ne peut absolument rien écrire, rien ne vient à lui ! Tandis qu’à d’autres moments, c’est le contraire et l’inspiration coule et des quantités de chansons peuvent se créer en un instant ! Le processus de composition n’a jamais été très complexe pour nous et n’a jamais pris une très grande période de temps. Les chansons sont comprises rapidement,compréhensibles et ne prennent pas de longues périodes pour se concrétiser complètement. De plus, je peux te confirmer que nos pièces prennent une véritable vie lorsqu’elles sont jouées sur scène. Même si nous avons une certaine facilité à composer des chansons, nous ne prenons pas pour acquis que nous ne composons que de bonnes chansons.  C’est bien plus compliqué d’écrire des chansons mémorables et qui passeront le test du temps que d’écrire une chanson ennuyeuse qui n’intéressera personne. Nous avons été chanceux d’avoir eu l’opportunité d’écrire du bon matériel en quantité pour créer de bons albums qui peuvent se vendre partout dans le monde.

Ukon Wacka, en tant que disque, est un hommage au dieu païen Ukko, le Dieu du Ciel, je crois ? Pour nous, au Québec, nous regardons la pochette et nous ne voyons qu’un type avec des bois de chevreuil sur la tête qui possède une choppe probablement remplie de bière bien tiède. Il ressemble beaucoup plus à un dieu de la nature, non ? Est-ce la représentation typique du personnage du nom d’Ukko ou plutôt une représentation personnelle de l’artiste qui a fait la couverture ?  

Je crois que l’artiste responsable de la couverture a seulement essayé de représenter de quoi peut avoir l’air le paysage en été sur le bord d’un lac chez nous, en Finlande. L’homme que l’on peut voir sur la pochette est le même personnage que l’on retrouve sur nos autres pochettes, du moins depuis « Tales Along This Road »  Tout le monde sait de quoi avait l’air le shaman que l’on retrouvait sur nos albums avant « Tales Along This Road »  L’homme âgé avec les bois de cerf sur la tête est le même personnage que le shaman mais de manière beaucoup plus humaine. Il ressemble pratiquement à un véritable humain, si l’on met de côté les bois. Mais à chaque personne sa propre idée et ses conclusions ! Jan Yrlund a toujours créé des pochettes qui étaient en fusion avec l’image du groupe et qui livraient le message que nous voulions transmettre. C’est pourquoi nous souhaitons encore travailler avec lui dans le futur. 

 

Sur ce nouveau disque, il y a une chanson du nom de Tequila. Korpiklaani étant scandinave et qui s’abreuve de l’alcool provenant de votre coin de pays, je me demandais d’où vous en venue l’idée pour celle-ci ?

Premièrement, la pièce Tequila n’est pas une chanson de type joyeuse, ou si tu préfères, une chanson à boire. Nous avons puisé l’inspiration pour cette chanson lors de notre tournée en Amérique du Sud et au Mexique car notre tournée là-bas a été une expérience rafraîchissante, mémorable. Nous voulions remercier nos amateurs de ce coin de pays en leur offrant une chanson bien particulière. Nous avons été secoués de voir nos fans du Chili pouvoir se rendre à notre concert malgré les terribles incidents qui s’étaient déroulés quelques temps auparavant. Nous avons joué dans des villes qui étaient totalement réduites en poussière ! Les autorités chiliennes ont imposé un couvre-feu aux gens du pays et c’est pourquoi deux policiers sont venus arrêtés un de nos concerts. En raison de cet arrêt, nous n’avons joué que 45 minutes mais il semble que le tout fut suffisant car les gens ont quitté sans faire de grabuge.    

Korvesta Liha possède un riff très heavy rock au début de la chanson, un peu comme du Van Halen, du Ratt ou du Poison, du rock très hollywoodien. Mais nous pouvons ressentir la touche Korpiklaani à un moment donné. Lors de l’écriture de cette chanson, aviez-vous une impression plutôt étrange en la réécoutant, du genre: “Celle-ci est trop cock rock? Il faut faire des ajustements !»

Nos riffs et nos mélodies sont écrits assez rapidement et sous le coup de l’inspiration, et c’est probablement  pourquoi nous ne nous inquiétons pas vraiment de savoir si nous sommes en présence d’un riff typiquement relié à notre son ! Le son heavy-rock des années 80 a toujours été l’un des éléments majeurs dans notre musique et il n’y a aucune raison de diminuer cet impact. Nos chansons peuvent sembler être à des lunes de ce que nous avons enregistré sur les maquettes lors des premiers jets avant d’entrer en studio mais juste avant d’y entrer, les chanson font notre affaire pour ce qu’elles sont, elles prennent alors tout leur sens en studio et se retrouvent sur les albums. 

Koivu Ja Tähti est la chanson la plus folklorique de l’album, c’est sur cette chanson que les éléments les plus folkloriques sont plus évidents. Lorsque vous écrivez votre musique, commencez-vous par la portion métallique ou par la portion folklorique ? 

Nous avons différentes méthodes de travail. Il n’y a pas de modèle préétabli sur lequel nous restons collés de façon entêtée. Je dirais même que les éléments métalliques et folkloriques ne sont pas séparés. Notre musique n’est que de la musique après tout, elle se compose d’éléments qui peuvent sembler folkloriques, d’autres métalliques. Personne dans le groupe ne croit en une formule qui nous permettrait d’avancer plus facilement avec le processus de nos compositions ou pour faciliter le travail en studio. Je dirais que la chose la plus importante avec nos chansons demeure la mélodie. Et si nous devions choisir entre jouer de la musique folklorique ou du métal, nous choisirions le folklore !  Si nous devions identifier une façon de faire très claire pour notre musique, nous dirions que les instruments traditionnels jouent les mélodies, comme je le disais plus tôt,  car c’est ce qu’il y a de plus important pour nos chansons.  

 

Instruments de destruction massive…

Question du domaine néophyte, mais j’aimerais savoir sur quelle chanson de Korpiklaani peut-on entendre du Jouhikko plus précisément?  

Je ne me souviens pas pouvoir en entendre sur autre chose que Hullunhumppa, qui se retrouve sur le premier album Spirit of the Forrest. Je doute que Hittavainen commence à en jouer lors des concerts mais ca reste à voir !

Ceci est votre troisième album pour Nuclear Blast, quelle est la différence majeure entre travailler avec eux en comparaison avec votre ancienne compagnie Napalm Records ?

C’est essentiellement Jonne qui reste en relation avec les maisons de disques lorsque vient le temps de parler affaires. Les deux maisons de disques nous ont apporté beaucoup de soutien à certains moments de notre carrière. J’ai encore l’impression que notre carrière vient à peine de commencer même si nous avons déjà sept albums d’enregistrés sous le nom de Korpiklaani. Il arrive un temps dans un groupe où l’on veut du changement, on change de compagnie de disques. Nous l’avons fait car nous nous sommes rendus compte qu’aucun groupe n’avait quitté cette compagnie après avoir signé avec eux. Notre statu quo avec Nuclear Blast approche à la perfection et nous ne pouvons imaginer que de belles choses  à venir avec eux!     

Quand t’en veux une frette…

Lorsque vous partez en tournée en dehors de la Scandinavie, vous devez vous sentir un peu perdus car vous semblez être des gens très près de vos racines, de la nature, de la forêt et de votre pays. Lorsque vous êtes venus au Canada en janvier 2010, vous avez vu toute cette neige et nos magnifiques paysages, vous deviez-vous sentir un peu comme à la maison ?

C’est vrai que le Canada et la Finlande ont de nombreux points en commun. Nos deux pays ont un plaisir incommensurable envers le hockey, nous avons des hivers longs et froids qui se résument donc avec le même genre de climat ainsi que le même type de végétation. Le Canada et la Finlande ont aussi une note très élevé mondialement en ce qui concerne le bien être de sa population. Donc, je dirais que le Canada nous fait sentir comme si nous étions en Finlande. Si je devais quitter mon pays, je ne mettrais pas de côté le Canada de mes choix, c’est certain ! Lors de notre première opportunité de jouer en concert ici, c’était à Toronto, à l’Opera House. Moi, je croyais qu’à cause du nom, que cette place allait être grande et spacieuse mais en réalité, c’était plutôt un club rock très décent, de grandeur moyenne. Je ne suis pas en train de dire que c’était misérable, non. C’était bien rempli par les amateurs de métal et c’est un endroit bien intéressant pour jouer !  

Pour un québécois qui parle le français comme moi, le nom de votre groupe est généralement assez difficile à dire et à prononcer. As-tu déjà eu d’agréables surprises phonétiques ailleurs sur la planète avec des gens qui ont excessivement de difficultés à dire correctement Korpiklaani ?

En autant que je peux comprendre quelques bribes de ce qui est dit, je ne parlerais pas de difficultés extrêmes au niveau de la prononciation. C’est juste intéressant d’entendre différentes variations de notre nom.  En plus de la prononciation, il est intéressant de voir les différentes façons dont certaines personnes écrivent notre nom. L’erreur la plus commune demeure « KORPLIKAANI » qui continue encore de m’amuser!  

Revenez-vous au Canada bientôt pour des concerts ?

Nous aimerions vraiment revenir bientôt. Le plus tôt serait le mieux ! Si ma mémoire est bonne, nous devrions être chez vous à l’automne pour une tournée. Et comme c’était pour la dernière fois, nous passerons par chez vous, comme de raison !

Juho, je te remercie pour ton temps !

Merci à toi pour l’entrevue!

www.korpiklaani.com


Photos par : Harri Hinkka

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Yanick Klimbo Tremblay

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