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Mécanique du Vertige : Bond vertigineux vers une dimension métallisée (Entrevue)

Yanick Klimbo Tremblay
22 avril 2011

Un nom qui laisse transparaitre une sonorité hors du commun, c’est ce que nous propose ce groupe à l’appellation distincte. Mécanique du Vertige n’est pas un syndrome maladif ou une épidémie qui peut se transmettre comme le virus de l’influenza ou une bonne vieille mononucléose mais plutôt une formation québécoise qui propose un deathcore rafraichissant en plus d’être en français, langue qui n’est point prisée par cette sphère métallique, d’habitude. Le groupe en est encore à ses premiers balbutiements mais est affamé comme un ours lors de son réveil tardif après sa période d’hibernation ! Entrevue avec le groupe Mécanique du Vertige.  

Il est de coutume de demander, à un groupe fraichement sorti de la boîte à nouveautés, la question qu’est la suivante : Comment est né ce projet ?

À la fin de l’année de 2009, l’embryon qu’allait devenir Mécanique du Vertige apparaissait. Mathieu et Antoine étant arrivés de France depuis plus de deux ans, peu de temps fût nécessaire pour découvrir la richesse et la variété de la scène métallique montréalaise. Après être allés voir plusieurs concerts à la fois dans des petites salles et dans les plus grandes, nous avons remarqué que Montréal était une plaque tournante ! Il n’en fallu pas plus pour avoir envie de créer nos propres compos ! Après avoir jammé quelques temps avec d’autres musiciens, nous n’avons pas eu trop de mal à intégrer Philippe, notre batteur. Dave, notre actuel bassiste, est venu remplacer un ami qui nous avait aidés, et a complété le line up en janvier 2010.

Aucunement morbide ou fataliste comme appellation, le choix de nom de Mécanique du Vertige impressionne ! Avec un nom aussi hallucinant que le votre, il est impossible de ne pas avoir envie de vous découvrir, pouvez nous donner quelques pistes au sujet du choix de ce nom ?

C’est vrai qu’on a voulu éviter cette image un peu morbide qui reste collé au Métal, d’autant plus que c’est difficile de ne pas faire ‘’quétaine’’ en français ! Pour nous, le Métal est plutôt considéré comme une science, un moyen de décortiquer ce qui nous entoure, ce qui bouge, ce qui vit ! Et quand on commence sérieusement à comprendre comment le monde fonctionne, il y a de quoi perdre l’équilibre : d’où Mécanique du Vertige ! C’est d’autant plus approprié que notre nom se retrouve dans la structure de nos chansons : des morceaux déstructurés où s’enchaînent trémolos, breakdowns et mélodies cleans pour créer un certain effet d’étourdissement ! Finalement, on aimait bien aussi ce petit côté inhabituel pour un nom de band métal, qui attire l’attention !

Un fait étrange, vous êtes dans le domaine métallique où l’on retrouve une certaine prédominance anglophone mais vous y allez avec un nom en français et des textes dans la langue de Molière. La plupart des groupes dans votre genre y vont en anglais même s’ils sont de souche linguistique autre… donc, pourquoi un choix aussi drastique que certains peuvent voir comme audacieux et d’autres, comme un élément qui vous fermera des portes, pratiquement ?

En écrivant en français, nous étions conscients de ce dilemme… même si, lentement, le français semble vouloir apparaître dans le métal, par exemple Despised Icon. Par contre, il était clair que nous voulions privilégier le français et ce, pour plusieurs raisons : la première, c’est que le band est composé de deux français et de deux québécois ! Comment ne pas vouloir revendiquer notre francophonie ? Mais surtout, nous croyons que le français permet d’aller chercher des ambiances plus malsaines en jouant avec les mots, les sous entendus, et les non-dits ; même si les paroles ne sont pas audibles au premier abord, nous voudrions qu’elle touche le lecteur, qu’il en comprenne facilement le sens et qu’on l’entraîne avec nous dans notre ambiance. La langue française est un terrain de jeux superbe pour celui qui aime écrire : richesse du vocabulaire, figures de style ; tout y est pour mettre des mots sur des situations ambigües ou contradictoires ! Nous composons aussi quelques chansons en anglais qui, elles, au contraire, sont plus rapides et où l’anglais, avec des syllabes et mots plus courts, est parfait. « Gods Never Cry » par exemple, est un mélange des langues : de l’anglais rapide et efficace et un passage en français qui peut surprendre à l’écoute !

Croyez-vous que la dimension francophone ou francophile du groupe peut jouer en faveur du groupe en offrant une dose d’exotisme dans un sens, un truc irrégulier dans un monde où tous les groupes se ressemblent ou bien qu’elle peut, par contre, vous fermer des opportunités par un manque d’ouverture d’esprit?

Tout dépend de l’auditoire ! Au Québec ou en France, nous ne pensons pas que ça poserait de problème : au contraire, on pourra se dire « Enfin, le français est présent dans le Métal »  Pour les plus sceptiques, nous dirions que c’est à nous de leur prouver que notre son est de qualité, que le français n’est en rien une barrière pour faire du bon métal ! D’autant plus que nous avons eu la chance de constater récemment qu’au Québec, avoir des textes en Français peut justement nous aider à être diffusés à cause des quotas de diffusion que les stations de radios ont au niveau de la langue. Sans avoir la prétention de se comparer à eux, Rammstein a su montrer qu’il était possible d’écrire dans sa langue maternelle tout en envoyant du lourd ! L’anglais c’est mieux pour être davantage connu, pour être rentable, et vouloir faire du business. Musicalement parlant, si on doit « renier son identité » pour être dans la logique marchande, c’est vraiment le vertige de la culture !!

Pour que les gens puissent avoir la puce à l’oreille, pouvez-vous nous expliquer quels sont vos influences directes et mêmes indirectes, quelles soient musicales ou autres?

Musicalement, on va chercher nos influences dans le deathcore. On a écouté en boucle les albums de Despised Icon, on s’est gavé des rythmes de Parkway Drive, on a lu les textes de Eths, et on s’est nourri des breakdowns d’Emmure ! On saupoudre le tout avec des mélodies à la Opeth et Gojira… bref, on peut dire que tout ce beau monde nous influence maintenant. Mais sinon … Mathieu étudie l’histoire grecque ancienne et cueille quelques idées dans le répertoire du rock psyché des années 60-70 et dans la musique classique de Debussy et Prokofiev entre autre. Aussi, Antoine s’intéresse beaucoup à la Philosophie. Nous croyons que cet amalgame d’influences, d’intérêts et de cultures nous a permis de faire naître des compos originales, tant dans les structures que dans les textes !

Quels sont les projets du groupe pour 2011 autant pour le studio que pour les concerts et autres possibilités de mettre le nom du groupe sur la carte ?

Notre principal but est de monter sur les planches ; toute l’énergie, le plaisir de jouer et la fougue de MDV, c’est sur une scène que la fusion se passe et c’est de ça que se nourrit le groupe ! Nous avons un concert de prévu en septembre prochain au Petit Campus. C’est un peu loin mais nous travaillons fort pour se «booker» des shows durant l’été ! Étant tout nouveau dans le paysage Métal, c’est parfois difficile d’avoir les bons contacts et de performer avec d’autres groupes qui ne nous connaissent pas encore, mais on a cette envie d’aller retourner autant de mosh-pit que possible, et rien va nous arrêter ! Gardez l’œil ouvert sur Mécanique du Vertige !!

www.myspace.com/mecaniqueduvertige

 

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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