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Chanceux comme un quêteux

Condemned? : Condamné à l’oubli ? (Entrevue avec Keith Chatham)

Yanick Klimbo Tremblay
8 mai 2011

Je crois avoir de bonnes connaissances dans le domaine métallique mais quand j’ai appris le retour du groupe Condemned ?, je me demandais qui était ce groupe ? Aucune espèce d’idée de l’existence, précaire tout de même, de cette formation qui a été l’une des premières à proposer cette fusion métallico-hardcore que l’on nomme le crossover. J’ai fait mes recherches pour me rendre compte que ce groupe a passé comme un carré de beurre dans le fond d’une poêle antiadhésive sur un rond à forte température. De retour après une longue période d’hibernation, j’ai pu m’entretenir avec le bassiste du groupe et fondateur, Keith Chatham (dernier sur la photo).  

Condemned? est de retour après une pause excessivement longue. Votre groupe n’a jamais vraiment eu de reconnaissance et une certaine place sur l’échiquier métallique, vous êtes tombés dans l’obscurité assez rapidement. Maintenant, sorti de nulle part, vous refaites surface en 2011 avec un nouvel album. Pouvez-vous nous dire quel est l’élément essentiel qui a rallumé le feu sacré ?

Écoute Yanick, premièrement le groupe s’est reformé il y a quelques années un  peu grâce à la chance et aussi grâce au sentiment que nous n’avions jamais eu la chance d’enregistrer et de faire de la tournée avec le potentiel complet du groupe. Nous avons tous eu le réflexe à l’époque de nous diriger vers d’autres formations et n’avions jamais repensé revenir ensemble jusqu’à très récemment. Nous avons maintenant des expériences de vie très différentes les uns des autres et de nombreuses passions sur lesquelles, nous pouvons élaborer. Ce groupe pose des questions, ces questions qui brûlent les lèvres. Nous voulons vous éduquer au travers vos intérêts. Nous avons un passé assez obscure, je dois l’avouer et sur notre nouvel album, il y a un disque additionnel, un disque historique si tu préfères avec des chansons qui proviennent des autres groupes avec qui nous avons déjà joué. Ce disque comprend en fin de compte notre premier album Humanoid or Biomechanoid? qui a été enregistré en Australie et qui a été le deuxième disque lancé dans toute l’histoire de Nuclear Blast. Aussi, il y a des chansons qui datent de l’époque très précoce d’Attitude un groupe avec des membres d’Attitude Ajustment.       

Donc, vous avez été le deuxième groupe à signer avec Nuclear Blast dans le temps. Si on se remet dans le contexte de l’époque, aviez-vous peur de signer avec une nouvelle compagnie si petite?

Moi et Markus, le fondateur de Nuclear Blast, nous nous sommes rencontrés dans le temps. Nous faisions tout par nous-mêmes que ce soit dans notre garage ou dans nos chambres à coucher. Nous supportions la scène de toutes les manières possibles. J’étais bien content de pourvoir travailler avec Markus et j’ai apprécié comment cette étiquette a pris de l’ampleur avec les années. Malgré tout, Nuclear Blast est demeurée comme une famille mais une famille de métalleux très dévoués. Nous sommes très heureux de revenir.

Punks à la vapeur….

 
Quand j’écoute vos premiers enregistrements, je comprends que vous étiez l’un des précurseurs de la fusion métal-hardcore, le crossover, même si la terminologie n’existait pas! Crois-tu que Condemned? était trop en avance sur son temps?
 
Je crois que tu as raison, nous étions peut-être avant-gardistes. Quand nous avons fait le premier album, on nous catégorisait dans le Paisley-Punk ou le Prog-Core, en raison de notre utilisation du flanger et des ajouts un peu spatiotemporels dans nos chansons, le résultat de nos longues veillées à écouter du Pink Floyd. Je crois que tant et aussi longtemps que nous explorerons nos limites en les repoussant, nous resterons uniques. Nous somes ne train d’écrire l’album suivant, Steamed Punks que nous allons enregistrer cet été. On y retrouve des influences de Rush autant que Motorhead.   
 
Vous avez enregistré votre nouveau disque avec Billy Anderson, un producteur de talent qui a déjà travaillé avec Brutal Truth et Neurosis. Comment en êtes-vous venus à travailler avec lui ?

J’ai rencontré Billy dans les années 90 lorsque je jouais avec Something Scaley. Nous avons enregistré ensemble lorsqu’il débutait comme producteur et ingénieur de son. En tant que bassiste, j’avais besoin de lui pour qu’il puisse préserver le son très lourd de ma basse. Il est lui-même un excellent bassiste, je savais que je devais retravailler avec lui pour notre nouvel album. Je l’ai contacté et il était disponible, nous avons fait le disque au studio Prairie Sun. Deux des membres du groupe avaient déjà travaillé à ce studio avec Attitude, pour l’album Kein Schlaf Bis Deutschland dans les années 80. Ce studio possède une très grande salle pour enregistrer en direct et ils ont une enregistreuse analogue qui utilise du ruban de 2 pouces. Des artistes comme Testament, Tom Waits et Possessed ont enregistré à ce studio. Billy est comme un membre de la famille et il était très confortable de faire l’album avec le groupe. Nous avons passé deux semaines dans une vieille ferme à cuisiner et à faire la fête. Quand il est disponible, il fait notre sono en concert et il sera définitivement celui qui va produire notre prochain disque cet été.       

Comme tu le disais, votre nouveau disque est offert en format double. On retrouve 14 nouvelles chansons et du vieux matériel qui date d’il y a longtemps. Qui a eu cette idée de faire ce genre d’emballage ?

Je voulais mettre tous les groupes auxquels j’ai participé en ordre, question de créer une chronologie. Je voulais honorer le passé en introduisant tous les groupes, en commençant avec Condemned to Death de San Francisco en 1983. Cette première expérience m’a inspiré pour que je puisse créer mon nouveau groupe qui allait comprendre un amalgame de sonorités avec un concept de paroles plutôt punk qui squatte, disons. Je suis déménagé en Australie à l’âge de 19 ans et c’est là que j’ai fondé Condemned tout en étant un squatteur. Inconsciemment, je retournais toujours vers ce mode de vie et ce, pendant toutes ces années. Je ne vivais que pour survivre et cette quête, ce désir de vaincre m’a inspiré pour les paroles, ainsi que mon mode de vie. Nous explorons encore et toujours différentes cultures et nous fusionnons les rythmes, nous explorons diverses façons de nous influencer au niveau de l’écriture. Nous venons tout juste de remettre cette machine de punk métal en marche !     

www.myspace.com/c2dcondemned2death

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Yanick Klimbo Tremblay

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