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Chanceux comme un quêteux

Riotor: Critique de l’album « Beast of Riot »

Yanick Klimbo Tremblay
11 mai 2011

Riotor
Beast of Riot
Indépendant

La vie est un cycle, tout revient dans un sens !  Les modes partent et reviennent ! Le fluo, jugé quétaine, a eu une sixième vie il y a quelques temps. Les leggings (jamais démodés dans Hochelaga !) effectuent un retour de moins en moins timide. C’est la même chose avec les jouets avec tous les retours des Bébés Bout’ Choux, Fraisinette et Ma Petite Pouliche ! Et au cinéma, que doit-on penser des nouvelles versions de GI Joe, Transformers et Conan ?

Oui, tout ce qui part revient… et en force !

Le métal n’y échappe pas, c’est évident. Même si le thrash métal a manqué de souffle pendant quelques années, il a repris du tonus depuis quelques lunes. Certes, de nombreuses formations y sont allées de manière sarcastique, sans véritable entrain métallique mais d’autres groupes gardent le fort bien solide et gentiment gardé.

Riotor de Québec est l’une de ces formations. Si je ne savais pas que ce groupe vient de Québec, à l’écoute, j’aurais pris la chance avec soit l’Allemagne, ou le Chili? P’t'être bien le Brésil car c’est cru métalliquement, aromatisé de cuir sale et badigeonné d’un fond juteux de canettes de biére bon marché… toutes égratignées par des ceintures de studs et de balles de mitraillettes!

C’est du thrash de la vieille école, comme il s’en créait dans les années 90 avec Rigor Mortis, Destruction, Kreator, Defiance, Nuclear Assault et Sarcofago. Et le modèle demeure le même avec une pièce instrumentale en guise d’introduction du nom de Dawn of Death and Destruction, des échantillonnages de quelques extraits de films de fesses sur Sextasy, une pièce qui porte le nom du groupe et, magie… le nom du groupe chanté dans le refrain !

Je suis conquis !

Beast of Riot demeure une production qui satisfait les puristes du genre. Tout est balancé de manière à ce que chaque instrument puisse avoir sa place, rien ne dépasse, rien n’est à l’avant plan tout en faisant de l’ombre au reste du groupe. La voix d’Ismarevil est dotée de la même précision imprécise, mais teintée de hargne, que celle d’un Mille Petrozza aux environs de 1986, époque Pleasure to Kill.

C’est sur Poser Hunt que l’on retrouve les véritables premiers passages impressionnants au niveau des guitares avec quelques leads impressionnants doublés par une présence dynamique des percussions. Le stratagème se poursuit avec Pagan Curse et Void Of Emptiness qui propose, quant à elle, une cadence plutôt galopante.

Avec Metal Oath, nul ne peut douter des intentions puristes du groupe qui clame haut et fort son allégeance au métal sur une pièce métallique foutrement efficace avec une certaine accélération au niveau de la batterie de Stefanatik en plus d’un solo à la guitare fort ingénieux !     

Il sera facile pour Joe Bine de dire que ce groupe ne compte que des musiciens qui ne font que tapocher sur leur instrument. Ce que l’on retrouve sur ce disque n’est pas de la virtuosité maniaque, mais plutôt une interprétation musicale qui vient des trippes d’où est projeté un grand sentiment d’intégrité, le tout proposé par une équipe de jeunes hommes qui carburent à une essence métallique qui vient d’une époque où certains des membres du groupe Riotor ne devaient même pas être en âge de jouer avec des figurines GI Joe et des Transformers!

Fortement recommandé!

www.riotor.ca

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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