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Chanceux comme un quêteux

Glasvegas: Analyse de l’album « Euphoric///Heartbreak\\\ »

Yanick Klimbo Tremblay
26 mai 2011

Glasvegas
Euphoric///Heartbreak\\\
Columbia/Sony Music

Deuxième album pour ce groupe écossais, le tout sous un thème pas très gai qu’est celui de la douleur, cette sensation si poignante qui touche bien des gens. Si l’on se fie au titre, j’imagine que c’est la douleur en relation avec la peine d’amour. Avec une introduction sonore nous laissant entendre une voix française nous susurrer : « Souffrance, vous n’avez jamais existé, dans ce foyer où perdure et triomphe la tranquillité… » nous sommes interpellés immédiatement étant donné la proximité linguistique… et par la suite, l’intérêt musical nous gagne…

Sonorité très éthérée, soporifique, planante et visqueuse, toutes les pièces de l’album nous emmènent là où des formations comme 10CC, Air, Doves ou un New Order époque Republic peuvent ou pouvaient le faire. Produit par Flood ( Depeche Mode et U2) nous sommes donc en présence d’un album aux couches sonores superposées en nombreuses quantités, nous laissant découvrir de charmantes subtilités, accentuant l’effet douloureux créé par les compositions du groupe.

L’abus ne semble jamais une chose très valable dans tous les niveaux de la vie, peu importe la sphère. Lorsqu’il y a une surdose, on aime moins ; que le tout vous soit dicté par votre estomac ou par un appel vocal grinçant, l’abus dérange. Sur la dernière création de Glasvegas, il me semble que l’utilisation abusive de l’auto tune et/ou du reverb nous titille l’oreille. Quoique subtil, l’exercice répétitif nous égratigne du lobe jusqu’au système auditif, nous donnant parfois l’impression que James Allan, le chanteur du groupe, possède un accent indou au lieu d’un charmant chuintement écossais, comme sur Shine Like Stars. C’était moins intense sur le premier disque, sa voix était plutôt comme un Robert Smith du groupe The Cure… mais en forme !

Parfois, dans leurs élans lancinants, le groupe saupoudre un peu de clavier scintillant, comme sur Whatever Hurts You Through The Night, qui offre une certaine ressemblance aux vieilles chansons des années 80 et 90, comme ce qu’offrait Richard Marx, plus spécifiquement sur son classique Right Here Waiting for You. Cette chanson de Glasvegas offre un coquet rappel sonore, très subtil, à cette mélodie !

Malgré le thème récurent qu’est la douleur, le disque propose une proportion sonique enjouée avec à la base, des cadences rock planantes accompagnées par des manipulations électroniques fortement habiles qui englobent cette sphère musicale très opaque !

Par la suite, des trucs plus galopants sont offerts comme Dream Dream Dreaming avec sa ligne de basse majeure accentuée par une percussion précise. Euphoria, Take My Hand demeure la pièce la plus énergique de l’album avec, encore une fois, une rythmique très années 80, cette fois-ci aux guitares, qui offrent un léger clin d’œil au groupe écossais Big Country ainsi qu’à U2. Finalement, c’est avec Lots Sometimes que ce disque nous verse vers une dimension plus optimiste après cette cascade de souffrance avec son crescendo qui débute à petits pas pour nous enligner un immense coup de pied au derrière, comme si la vie te donnait une nouvelle chance de te relever, d’essuyer tes larmes et de reprendre ton existence entre tes mains! 

Tout comme toute bonne peine inconsolable, qui peut régler cette situation en fin de compte ? Notre mère ! C’est avec Change, la toute dernière pièce du disque, que l’on peut ressentir cet effet. Balade au piano ponctuée de douillets effets ici et là, nous pouvons entendre la maman de James Allan qui lui rappelle qu’il est toujours bon d’effectuer des changements…

Hors de ma zone de confort métallique, j’ai bien apprécié cette production qui résonne grandement et qui m’a surtout empêché de poigner les nerfs, pris dans le trafic offert par la nouvelle configuration de l’autoroute 25, en relation avec l’ouverture récente du pont !

www.glasvegas.net

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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