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Chanceux comme un quêteux

Heavy Mtl 2011: Entrevue exclusive avec Unearth!

Yanick Klimbo Tremblay
4 juillet 2011

Comme de nombreux groupes, Unearth a du vivre cet étrange phénomène du « changement de personnel » ce qui se résume à avoir un noyau de musiciens stables mais quelques musiciens qui entrent et qui sortent selon les saisons, les humeurs ou les albums ! Pour cette nouvelle galette et la tournée qui vient avec, Unearth se retrouve sans batteur officiel, une situation aucunement déstabilisante pour Trevor Phipps, chanteur du groupe. Habitué à ce genre de situation, il nous parle en long et en large du nouvel album et du déplacement de pions sur l’échiquier du nom d’Unearth ! Même après quatre entrevues avec ce type, je peux confirmer qu’il est un type charmant, volubile, clair et que ses entrevues sont toujours très intéressantes. Entrevue avec Trevor Phipps. 

Le titre du nouvel album est Darkness in the Light (Noirceur dans la lumière) c’est très évocateur. Ce n’est pas quelque chose de très positif, on dirait que vous avez passez au travers quelques épreuves?

C’est que nous passons tous au travers certaines épreuves, j’avais besoin de ventiler, de faire sortir certaines choses hors de mon corps. Je me sens assez privilégié de pouvoir pratiquer un métier qui me permet de ventiler ma frustration d’une manière assez brutale.

Sur la pochette, nous avons l’impression d’avoir la perspective de quelqu’un qui se noie, c’est bien ça ?

Oui, c’est ça. Quand tu auras la possibilité de voir la pochette au complet, c’est-à-dire dans le livret, tu pourras voir que le type en question en enchainé à un bloc de ciment. Il est attiré de force vers le bas mais en même temps, il lutte pour sa vie, il est à la recherche de l’air en tentant de remonter à la surface, vers la lumière. C’est le thème de l’album en fin de compte, tous nos combats de la vie, le fait que nous pouvons être dans une situation que nous croyons invivable mais qu’il demeure toujours une zone d’espoir, même la plus mince qui soit. Il faut se sortir des choses qui nous empoisonnent. 

 

Qui prend mari prend pays…

Une fois de plus, vous avez fait équipe avec Adam D. La connexion entre vous et Killswitch Engage se renforcit. Vous êtes comme un vieux couple ?

Hahha, oui, on peut dire ça !

Comment faites vous pour garder cette union ou relation fraiche et excitante, tout comme dans un vieux couple ?

Ca fait 10 ans que nous travaillons avec lui, c’est son quatrième album avec nous. Il a même joué de la batterie avec nous en 2003 car nous avions encore des problèmes à ce niveau. Il était avec nous à Montréal, sur la tournée avec Lamb of God et Shadows Fall. En passant, je voulais te dire que nous aimons vraiment Montréal. Écoute bien, et c’est sérieux ce que je dis : c’est notre endroit favori pour jouer sur Terre ! Vous avez réussi à garder la scène vivante tandis que notre ville qu’est Boston semble avoir lâché prise à un moment donné, je ne sais trop où et à quel moment. Nous avons eu beaucoup plus de succès chez vous que dans notre propre coin de pays ! Mais pour en revenir à Adam D, et notre relation… à la base, nous sommes amis, nous avons fait de nombreuses tournées avec Killswitch et l’amitié est une valeur qui nous tient à cœur, nous gardons nos amis très près, tu vois ? Il y a des choses qui doivent être dites, amitié ou pas, et Adam ne se gêne pas en studio s’il n’est pas satisfait de telle ou telle chose. Et c’est ce qui fait qu’une amitié sera durable, pas de cachotteries. Il connait notre son et s’il sent qu’une prise n’est pas bonne, il va demander de la refaire car il sait que c’est pour le bien de l’album, même si ca fait des dizaines de fois que nous la refaisons et que nous commençons à être écœurés. Il travaille beaucoup sur nos structures, il ne faut pas oublier qu’il est guitariste et se débrouille plutôt bien avec la batterie aussi !      

La chanson Eyes of Black est très métallique ! Peux-tu me parler de cette pièce, c’est la première du lot qui m’a sauté au visage… Tu sembles assez furieux sur celle-ci !

Je l’étais effectivement. C’est une chanson qui parle des choses que nous pouvons voir dans le monde, des choses qui ne vont pas très bien et qui se passent ailleurs, ou mêmes près de nous. Des trucs que l’on peut voir à la télé, dans les journaux ou sur le net qui comblent nos bulletins d’informations. Mais c’est surtout le fait de sentir que nous sommes incapables de les régler, nous sommes dans l’impossibilité de faire quoique ce soit. Les trucs injustes… beaucoup d’entre nous peuvent se sentir interpellés par les injustices sociales, ils peuvent en être dégoutés mais il y a surtout ce sentiment que nous sommes incapables de pouvoir changer certaines choses. C’est de l’émotion pure et crue.

En parlant de chanson métallique, vous nous en offrez une assez puissante, avec Arise the War Cry. Quel est ce « cri de guerre» dont tu nous parles ?

J’ai écrit cette chanson lorsque j’étais en tournée. C’était vers la fin du cycle de tournée pour l’album précédent. Il y a toujours des hauts et des bas en tournée, nous avons des concerts fantastiques où tout va bien mais aussi d’autres très inintéressants pour différentes raisons. J’étais en arrière-scène et je tentais de me mettre dans le mood pour pouvoir accumuler toute la vitalité ou l’énergie possible avant de monter sur scène mais aussi, de trouver l’énergie de rester heureux même en tournée lors des moments moins intéressants. J’écris toujours des paroles pour que les gens puissent se reconnaitre, peu importe les aspects de leur vie. La chanson parle du fait de creuser au plus profond de soi-même, de faire un certain ménage des trucs négatifs et de pouvoir t’en sortir gagnant, peu importe ton domaine professionnel. C’est une chanson qui dit que tu dois trouver qui tu es et de garder bien ardent, ton feu intérieur.  

 

Zing zing zing sur cette guit’ là!

Tu es le chanteur de la formation Unearth, de ton point de vue, tu dois ressentir que vos deux guitaristes, Ken et Buzz, se sont donnés sur ce disque car les guitares sont à l’avant plan sur l’album. Nous pouvons ressentir leur touche habituelle avec les breakdowns mais, sans vouloir trop analyser, on peut percevoir une forte présence métalloïde sur ce disque avec tous les solos et les riffs dévastateurs. Sens-tu que ce duo s’améliore, album après album ?

Oui. Si l’on compare avec le premier album, je crois qu’il n’y avait qu’un seul solo. C’est évident qu’ils deviennent meilleurs dans leur art. Le tout transparait dans nos chansons car il y a de meilleurs solos, de meilleures harmonies et de meilleurs riffs. Ils récoltent ce qu’ils ont semés.

J’imagine qu’ils ont toujours leur guitare avec eux, dans l’autobus de tournée. Connectés ou non dans un ampli, ils gratouillent sur leur guitare ?

Buzz plus spécialement. Il joue toujours, que ce soit à l’arrière de l’autobus de tournée ou dans la loge lors d’un concert, il joue. Il pratique les sweeps, les riffs, les arpèges… il joue tout le temps. 

J’ai remarqué sur le disque qu’il y a un certain retour des voix plus proprettes ou clean vocals. Qui est celui qui les chante ?

C’est Ken. Ca faisait un bon bout que nous n’avions pas eu ce genre de voix, depuis Uncoming Storm je crois. Il y a trois chansons sur l’album où nous retrouvons ce genre de voix. C’est pour donner aux pièces plus de dynamisme. Même si l’album contient de la vitesse et un effet ravageant de métal, les voix plus douces font partie de cette dynamique.    

 

Et un batteur à oeufs, non?

La question la plus évidente est au sujet que vous êtes toujours sans batteur. Vous avez travaillé sur l’album et vous travaillerez en tournée avec Justin de Killswitch Engage. Mais il devra retourner à son groupe principal à un moment donné. Avez-vous une alternative ?

Nous avons quelques personnes qui nous ont fait parvenir des vidéos d’eux-mêmes, en train de jouer de la batterie, par Youtube. Des gens qui nous ont été conseillés par des amis, des gens dans d’autres groupes et des gens de compagnies de disques. Lorsque Justin va retourner avec Killswitch cet automne, après la tournée en Europe, nous avons un gars de l’Australie du nom de Nick Pierce, un gars qui fait sensation sur Youtube avec ses prestations à la batterie. C’est lui qui va prendre le relais. Nous allons peut-être lui donner une extension de contrat si tout va bien. Il est possible qu’il soit le prochain batteur d’Unearth mais nous ne voulons pas mettre la charrue devant les bœufs comme nous l’avons fait avec Mike Justian ou Derek Kerswill. Deux excellents batteurs, c’est certain mais nous n’avons pas pris le temps de vérifier s’ils étaient vraiment prêts à être dans le groupe, en tant qu’individu qui veut se donner à fond. Nous étions tellement heureux de les avoir car ils sont d’excellents batteurs, mais parfois, les personnalités peuvent se frotter un petit peu. À la base, il y a quatre gars dans le groupe qui sont ensemble depuis très longtemps. Tu vois ? Nick a de bonnes chances mais nous ne pouvons confirmer le tout, ca va dépendre. Donc, je le redis, s’il y a des gens, des batteurs, qui veulent nous envoyer des vidéos de leurs performances, ils peuvent le faire via notre Facebook ou notre Twitter.    

Par le fait même, qu’est-il vraiment arrive avec Derek Kerswill, votre ancien batteur?

Nous avons eu une pause d’un mois et demi l’an passé pour écrire ce qui est devenu le nouvel album. On s’obstinait beaucoup avec Derek lors de l’écriture. C’est un bon batteur de rock, pas de doute mais pour ce qui est du métal, ce n’est pas sa tasse de thé. Nous voulions aller plus loin au niveau de l’intensité tandis que lui, non. Ce n’était plus de son domaine d’y aller dans le métal plus rapide, il voulait passer à autre chose. Après la tournée avec As I Lay Dying, nous avons eu une bonne discussion. Il a compris que ce n’était pas une question de personnalité mais plutôt qu’il devait peut-être laisser sa place à quelqu’un de plus enclin à jouer du métal. Il était un peu fâché, je dois l’avouer mais il a compris. Maintenant, il joue avec une formation qui groove un peu plus, Kingdom of Sorrow qui est de la tournée Mayhem aussi. Il joue aussi avec une autre formation plutôt rock du nom de Tangents

Vous serez du Mayhem Fest tout au long de l’été. L’arrêt de Montréal est dans le cadre du Heavy Mtl. Tu sais que de nombreuses personnes n’arriveront que plus tard, que pour voir et entendre les têtes d’affiche comme Disturbed, Billy Talent ou Godsmack. Tu peux profiter de cette tribune québécoise pour tenter de convaincre les gens d’arriver plus tôt et ainsi, pouvoir les convaincre de venir voir et entendre ton groupe !

Une expérience comme un festival doit être vécue pour une bonne période de temps, pas seulement deux heures. Tu peux voir les grosses têtes d’affiche tout au long de l’année dans de grandes salles mais de pouvoir profiter de la journée en faisant des découvertes, ca vaut la peine. Un festival, c’est autre chose. C’est un sentiment de communion avec tes semblables. Nous, sur scène, nous avons cette proximité amicale avec vous car vous avez décidé de venir passer la journée sur le site. Si vous nous avez déjà vus, vous savez que nous allons chercher chaque individu, dans la mesure du possible, avec notre musique et notre attitude. C’est l’été, il y a de la musique et vous êtes dehors! Nous voulons vous faire embarquer, vous faire chanter avec nous dans un sens. Vous allez avoir du plaisir et nous avons du plaisir, c’est une communion, un partage. Vous allez voir que notre prestation dégage énormément d’énergie. Une journée énergisante sous le signe du métal, c’est génial ! Venez nous voir !

Et prenez quelques bières !

En plus de quelques shots de whisky !

Unearth sera du Heavy Mtl 2011 lors de la journée du samedi 23 juillet, sur la scène Jagermeister dès 16h30 ! Billets ICI!!

J’espère que vous avez bien lu l’entrevue car un concours rattaché à certaines entrevues s’en vient !

Photos d’Unearth : Jason Zucco
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