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Chanceux comme un quêteux

Hey Sugar: L’entrevue complète!

Yanick Klimbo Tremblay
20 novembre 2011

À la source même du rock, on retrouve un système d’où découle la simplicité. Le rock, à la base, est un dérivé du blues, un amalgame de sons qui se démarque par son côté ludique et euphorique. Avec le temps, le tout a pris une tournure plus complexe, créant de nouveaux sous-groupes et autres catégories mais il demeure qu’au fin fond des fondations, nous retrouvons le rock! Cette petite bête qui se laisse attendrir agréablement, sans créer de fausses attentes, c’est plutôt une musique festive. Cette face non-cachée de la bête est bien assimilée par le groupe montréalais Hey Sugar qui, au risque de passer pour des émules manquant d’originalité, propose une musique qui déchire les pantalons de denim au niveau des genoux par le nombre de fois où tu te t’élances sur le sol pour faire du air-guitare, augmente ta facture d’Antiflogistine car tu dois te faire frictionner le cou en raison d’un trop grand nombre de hochements de la tête et l’aménagement d’un nouvel espace pour empiler tes vides car leur premier album, Along for the Ride donne une soif insatiable! Entrevue avec JF, guitares et chants.

La question la plus ennuyante mais étant donné que le groupe est relativement nouveau, vous devez nous expliquer le processus de création, la genèse qui a mené à la création de Hey Sugar !

Et ben si on commence par le tout début, début. Ca nous amène il y a 4 ans. Moi et Marc en plein road trip Montréal-Californie. Question de se faire la route un peu, on avait décidé de partir et d’établir les idées de long en large d’un band qu’on avait envie de créer depuis longtemps. On a tellement parlé qu’on a fait la route d’un coup sans jamais arrêter. 56 heures, jusqu’en Californie! De la folie! On savait vraiment ce qu’on voulait faire, avec P-O qui s’est ajouté aux drums, on ne pouvait pas demander mieux et ensuite on a trouvé JC à la guitare pour compléter le band.

Autre question de type « Oh ouais, on s’y attendait, eurk… » Mais je dois la poser… Quelles sont les influences directes et mêmes indirectes du groupe et comment peut-on décrire le son de Hey Sugar ?

On savait ce qu’on voulait comme son. Il fallait juste expérimenter la chose. On voulait amener un nouveau style de musique qui joindrait les deux bouts entre nos goûts musicaux, qui se constituaient purement de vieux bands rock and roll à la sauce blues dans le genre de Led Zeppelin, les Stones, Canned Heat, AC/DC, et complètement à l’inverse, des bands qui sonnaient comme un bon coup de poing au ventre comme Underoath, Every Time I Die, Fight Paris, Refused, Maylene et quelques autres. Un genre de heavy rock and roll. Avec le son des studios d’aujourd’hui, on savait que les descentes de drums à la Bonham sonneraient  comme une tonne de briques. Un scream ajouté à ça joindrait les années 70 et notre époque, ensemble. Sans nécessairement, refaire quelque chose qui a déjà été fait!

Hey Sugar semble être le pick up line le plus adéquat pour tout gars en mode recherche féminine. Ca demeure très poli quand même. Pourquoi un choix de nom de groupe aussi révélateur ?

Haha bonne question! Dans le temps, notre anglais était limité un peu donc, ces deux mots-là sont revenus assez souvent pendant le trip en Californie. Y’avait pas mieux comme pick up line du genre oldschool. Le pire, c’est que ca fonctionnait! On voulait un nom simple et qui sonnait rock and roll. C’était évident qui fallait nommer le band comme ca. Ca avait un trop bon meaning pour nous.

Question de faire découvrir le groupe, ce disque est rempli de chansons pour bien se sentir, ou comme on doit dire en anglais, des Feel Good Songs. Est-ce que les pièces d’Along for the Ride viennent d’un long processus d’écriture ou tout simplement le fruit de quelques soirées de jams avec quelques bières 50, ben tablette ?

Un bon mixte des deux, je pense. Des chansons comme This is So Good, ça coulé tout seul. Il ne fallait pas qu’on réinvente le monde dans ces textes-là, juste d’aller au but premier, dans un sens. D’autres ont été plus réfléchis, question de bien cerner la vibe qu’on veut apporter en général. Ramener les valeurs de base, plus « simplexes », qui se perdent  aujourd’hui. Un retour aux sources. Des textes qui réunissent le crowd, peu importe quel genre de personne t’es! Un contraste entre la musique intense et une idéologie passive, ça décrit bien ce qu’on est je pense.

Ce disque a été produit de façon indépendante, avec votre argent dans un sens et vous n’avez pas lésiné sur la qualité du studio, du contenant et du contenu. Donc, pourquoi ne pas avoir, dans un sens, tout simplement lancé l’album sur ITunes par exemple et mettre dans vos poches tous les frais de productions ?

On ne veut pas trop s’éloigner des vieilles méthodes. Tenir un album qui sent le carton neuf dans tes mains d’un band que t’aime. Y’a pas mieux! Faut pas non plus négliger les nouveaux moyens de promotion et de ventes sur internet comme Itunes. Faut être là pour les 2 genres de fans, peu importe l’argent que ça implique. Tant qu’à faire quelque chose, on va le faire bien et le mettre à la disposition de ceux qui voudront nous entendre!

Vous êtes l’un des rares groupes indépendants du Québec à produire des clips, et je ne dis pas UN clip car vous avez un doublé à ce niveau. Comment se fait-il qu’avec l’absence de musique sur les ondes de Musique Plus, vous produisez quand même un titre audio-visuel qui demeure couteux tout de même pour une diffusion qui semble pratiquement inexistante ?

À mon avis, il n’y a pas meilleure façon pour un band de donner l’essence même du groupe qu’en présentant un vidéoclip. C’est comme un tout. La chance de créer l’univers que tu souhaite et ensuite attirer le monde qui s’identifie à ce qu’ils voient et entendent. Les vidéos, via Facebook par exemple, se répandent rapidement. C’est  plus efficace qu’une chanson unique. Nous avons travaillé avec des cinéastes qui tentaient de monter un portfolio du même coup. Ca donne la chance à ceux qui essaient de percer dans le cinéma de pouvoir travailler sur un projet intéressant, et vice versa. Pourquoi pas?

Quand on fouille sur vos pages web, on remarque que le groupe est propriétaire d’un flamboyant véhicule à l’effigie du groupe, est-ce vraiment votre véhicule de tournée ou bien, qu’un outil de promotion ?

Oh non! C’est bel et bien notre autobus de tournée! Au départ c’était un véhicule d’handicapées qu’on a par la suite transformé en hôtel mobile. On a refait le plancher, posé un divan, construit des lits deux étages. Elle nous sauve la vie assez souvent en évitant de dépenser dans des hôtels. On a un lit à chaque fois devant la porte de la salle de show. Le rêve de tout homme! Et ca évite bien des ennuis « alcoolement » parlant! En plus, Marc et P-O, étant mécaniciens, on n’a pas trop à s’inquiéter sur la route, contrairement à beaucoup de bands.

Quand on regarde l’album au niveau visuel, il y a cette empreinte de nostalgie d’une époque que vous n’avez probablement même pas connue. De plus, vos textes sont en relation avec la fête, la route, les femmes. Est-ce justement par un souci de revenir aux valeurs sûres de la vie, de retourner vers les vraies choses plus pures de notre existence plutôt que de se complaire dans le matérialisme moderne et de changer son IPhone tous les 6 mois ?

De faire la promotion de quelque choses de vrai et d’intense, c’est le but premier du projet, je crois. Dans les années 70, cet aspect de la vie simple et du retour aux sources a été très populaire après la guerre. On tente de faire un clin d’œil à travers nos artwork en se basant sur ce qu’ils faisaient à cette époque parce qu’on revit en quelque sorte la même chose en 2011. Le retour au folk, au rock’n’roll, au jazz, au vintage dans la musique. Les films et toutes formes d’art. Comme si le sentiment d’être allé au bout des choses avait explosé aujourd’hui, une fois de plus et du coup, avait recréé l’envie de revenir à l’authentique.

Est-ce que Hey Sugar a fait son magasinage de label, ce qui se résume à faire parvenir le disque à des compagnies et de recevoir, par la suite un lot de mauvaises nouvelles et quelques bonnes ?

À vrai dire,  non pas encore. On est enfin rendu à cette étape je crois. On a eu quelques offres. Rien d’assez intéressant. On attendait d’avoir quelque chose de solide à présenter. On se débrouille très bien indépendamment pour l’instant mais on a grandit à travers tout ça. Je crois que nous tenons quelque d’assez intéressant à vendre. Faites vos offres!

Et les projets pour 2012, que ce soit de la tournée ou un nouvel album, c’est le temps de ploguer votre stock !

Yeah! En fait, on travaille actuellement avec une compagnie de management des États-Unis et on attend des nouvelles pour savoir si nous ferrons le Warped Tour au complet l’été prochain. On se croise les doigts! On arrête la tournée cet hiver pour composer le nouvel album qu’on aimerait sortir dans le courant de l’été prochain. Ca va être du solide! On a la tête qui bouillonne d’idées. Tout va pour le mieux. En attendant allez voir notre nouveau vidéo  pour This is So Good et répandez la bonne nouvelles que le rock and roll est de retour!

Le groupe Hey Sugar sera en concert le vendredi 25 novembre aux Foufounes Électriques de Montréal avec Mute et Never More Than Less.

www.heysugarband.com

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