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Chanceux comme un quêteux

Judas Priest : Retour sur le concert de Montréal (24 novembre au Centre Bell

Yanick Klimbo Tremblay
26 novembre 2011

En ayant l’opportunité de faire une entrevue avec Ian Hill, bassiste de Judas Priest, je me devais de manquer le début du concert qui commençait dès 18h00 avec Thin Lizzy pour ensuite laisser place au groupe de Zakk Wylde, Black Label Society. J’étais en arrière-scène et attendait patiemment mon tour pour pouvoir discuter avec un homme dans la soixantaine, l’un des inventeurs d’un genre métallique que je chéris depuis des lustres ; le métal ! Il est évident que lors de la discussion, nous avons effleuré ce sujet brûlant qu’est cette tournée d’adieu de Judas Priest. Portant le nom d’Epitaph, les adieux ne semblent aucunement coulés dans le béton !

Après mon entrevue, je fus redirigé vers la porte d’entrée du Centre Bell pour ensuite, rejoindre ma place assignée, juste aux côtés de mon collègue Sébastien Léonard. Il ne restait qu’une vingtaine de minutes avant la prestation de Judas Priest, nous en avons donc profité pour mettre à jour quelques sujets chauds de 2011 comme l’album Lulu de vous-savez-qui-avec-qui et autres trucs métalliques !

L’immense drapeau Epitaph, pas le label punk, est dressé devant la scène, ne laissant pas la possibilité aux gens de voir ce qui se trame derrière. Lorsque ce dernier s’affaisse, nous sommes en présence d’une scène aux couleurs d’une aciérie anglaise avec d’immense chaudron dans lesquels bout une solution métallique. Judas Priest nous martèle avec Rapid Fire et Metal Gods d’un seul coup, les cartes sont mises : nous aurons droit à une sélection très précise provenant de nombreux albums du groupe.

La formation britannique présentait un nouveau guitariste en la présence de Richie Faulkner prenant la place, ainsi que les fringues, de KK Downing. Nul ne peut nier que le jeune homme de 30 ans tire comme un Dieu de la 6 cordes. Avec une posture de scène rappelant celle de Zakk Wylde par moment, le gars a été capable de mettre toute la foule dans sa poche d’en arrière avec son entrain hors du commun et ses 412 picks lancés à gauche et à droite.

A la fin de chaque chanson, Rob Halford prenait la peine de se changer de veston de cuir ou de s’adresser à la foule, de manière très habile. Avec un discours aucunement empreint de nostalgie, l’homme nous a rappelé que peu importe ton domaine métallique, que tu sois représentant du black métal, du death métal, du thrash ou du power métal, à la base, ça demeure du métal ! Il n’avait pas l’air d’un grand-père qui te radote que dans son temps c’était difficile, que t’avais une douzaine d’œufs pour 3 cennes et qu’il recevait des oranges à noël dans un bas de laine ! Non, Halford est un gars qui est à jour dans son domaine et chapeau bas pour cette facette.

Lorsque l’écran ne présentait pas les pochettes des albums du groupe, de l’animation fortement douteuse accompagnait le groupe. Selon moi, c’était le seul point faible de la soirée car lorsque tu présentes l’équivalent d’une série de screen savers datant de Windows 98 comme ambiance, c’est assez raté comme effet !

Judas Priest a proposé un véritable retour dans le temps avec le choix des chansons. Le groupe a voulu satisfaire les fanatiques les plus avides au risque de se mettre quelques amateurs en mode « boudin » qui ne désiraient que les pièces les plus virulentes du groupe anglais. De nombreuses surprises musicales comme Starbreaker et Never Satisfied,  en plus de quelques nouveautés comme Judas Rising et Prophecy, ont impressionné grandement la foule d’aficionados. La présence de la chanson Turbo Lover en a surpris plus d’un. L’album Turbo, bien souvent boudé par les puristes, est un disque qui est passé de façon plutôt croche dans la gorge de certains mais d’entendre cette chanson jeudi soir m’a tout simplement rappelé qu’elle possède un potentiel très puissant en formule concert.

Il est de mise qu’Halford n’a plus les capacités d’antan avec sa voix mais il demeure encore très solide. Le tandem Faulkner/Tipton à la guitare est vraiment efficace, la vigueur de la jeunesse versus la sagesse des années sur la route rapporte grandement. Le tout est puissamment appuyé par la section rythmique de Priest avec aux percussions Scott Travis et Ian Hill à la basse, fidèle au poste depuis presque 40 ans !

Les gros canons du groupe sont arrivés à la toute fin avec Breaking the Law, chantée par la foule suivie par Painkiller, The Hellion/Electric Eye et Hell Bent for Leather. Au rappel, You’ve got Another Thing Coming et Living After Midnight sont venues clore cette soirée de deux heures de musique qui était, ce qui est un tantinet probable, la dernière visite de Judas Priest au Québec !

www.judaspriest.com

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Remerciements à Evenko et Sony Musique Canada !
Photos de Christina Greschner

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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