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Chanceux comme un quêteux

Metallica: Analyse du EP « Beyond Magnetic »

Yanick Klimbo Tremblay
4 février 2012

Metallica
Beyond Magnetic

Warner


La première fois où j’ai mangé de la fondue suisse, c’était lors d’un souper. Un couple d’amis m’avait invité pour partager ce mets et j’ai détesté… copieusement. J’ai feint le fait que j’avais trop mangé pour le diner précédent, laissant de côté mon assiette pleine de morceaux de pain et d’autres légumes variés. Par la suite, lorsque j’ai quitté leur appartement affamé,  je me suis rendu rapidement dans un casse-croûte pour m’enfiler deux hot-dogs chou, ketchup et mayonnaise; question de calfeutrer le manque de nourriture dans mon estomac flageolant. Ce repas de fromage visqueux m’a levé le cœur, impossible d’en remanger par la suite.

Le parallèle avec le nouveau EP est de comparer le repas de fondue au fromage à l’album Lulu et les deux roteux qui ont suivi, on le remplace par cet enregistrement de 4 chansons qui proviennent des sessions d’enregistrement du dernier album du groupe, Death Magnetic. Effectivement, après un « repas » musical aussi infect, on dirait que le groupe tente de se remettre sur la bonne voie en présentant quatre chansons qui ont été rejetées lors du processus final.

Ce EP demeure dans les mêmes cordes que les albums précédents; du Metallica moderne ce qui veut dire plus apaisé, moins imposant et très retenu. Autrement dit, ce que le nouveau fan aime et ce que l’amateur des quatre premiers albums déteste passionnément. Sur le grand total offert, deux pièces sortent du lot et on se demande même pourquoi elles ne se sont pas retrouvées sur la version finale de Death Magnetic. La plus évidente est Just a Bullet Away, une chanson qui se présente avec un riff coriace en plus d’une ligne mélodique chancelante où James Hetfield nous fait de belles ritournelles sans trop y aller de mélodies qui débordent d’ambroisie. Sur cette chanson, la touche métal est bien présente tout au long sauf vers la quatrième minute lorsque l’on croit que la pièce se termine, nous sommes plutôt en présence d’un pont musical très paisible qui jette un peu aux oubliettes l’effet initial, malheureusement. En mettant cette partie mélodieuse au rancart, Metallica aurait pu nous offrir une chanson dites métal à 100%

L’autre pièce qui me semble plus intéressante est Hate Train, celle qui ouvre cette production. Même si l’un des riffs principaux ressemble étrangement à celui de Fuel, les autres portions de la chanson demeurent correctes, malgré les doléances vocales de James qui m’irritent encore, même en 2012. Je m’ennuie tellement de l’époque où il ne savait pas vraiment chanter, que gueuler sa hargne…  Même Ulrich semble plus adroit sur cette chanson avec quelques impulsions précises aux percussions.

Sur To Hell And Back, c’est plutôt limpide et pondéré. Rien ne dépasse vraiment, très linéaire comme chanson qui présente une rythmique plutôt sobre qui prend un peu de vigueur au tiers mais sans jamais nous chambouler complètement. Et la dernière du lot est Rebel Of Babylon, une longue pièce de 8 minutes. En introduction, quelques notes chatouillent l’oreille avec la voix de James qui nous indique les prémices d’une chanson qui sera plus rapide par la suite avec un riff bien alerte mais qui est moins bien appuyé par la mélodie vocale qui demeure somme toute, décousue… tout comme la section qui comprend les solos, qui ont vraiment l’air improvisés!

Bref, sur les quatre pièces, deux avaient vraiment les qualités de se retrouver sur l’album original tandis que les deux autres ont tout de même leur place dans le catalogue du groupe. En gros, un EP qui fera le régal des amateurs du groupe qui ne jurent que par l’album noir et pour qui Death Magnetic était un retour aux années où le groupe était vraiment métal…

www.metallica.com

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Yanick Klimbo Tremblay

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