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Chanceux comme un quêteux

Rumer: Analyse de l’album « Seasons of My Soul »

Yanick Klimbo Tremblay
6 février 2012

Rumer
Seasons of My Soul

Atlantic/Warner

Enfant, je me souviens que les chansons des Carpenters jouaient chez ma gardienne lorsque mon père vendait des souliers chez Fredelle et ma mère, des vêtements bon marché chez Croteau. C’était bien souvent des vinyles des Carpenters ou d’ABBA qui jouaient lorsque nous attendions après l’école, le retour des parents bien assis dans le salon, les mains posées sur les cuisses. Les deux formations sont bien ancrées dans ma mémoire de gamin car des mélodies pop aussi rosées que le Pepto Bismol, c’est ce qui m’a démontré la joie musicale incarnée et démesurée.

J’écoute encore ABBA et les Carpenters à quelques reprises question de me donner une bonne dose de ce qu’est la vraie musique pop mais en général, c’est plutôt un retour nostalgique qui me replonge dans une période où les Nordiques venaient de repêcher Michel Goulet…  Lorsque j’ai entendu Am I Forgiven de Rumer, je fus replongé dans les méandres de mon enfance… je me voyais assis chez la voisine, les mains sur les cuisses, les crépitements du vinyle me sillaient dans les oreilles à nouveau car Rumer, c’est assez similaire à ce que Karen Carpenter offrait au niveau du grain de voix, ce qui se résume à une pop apaisante et moelleuse. Elle parle même des Carpenters dans les paroles de la pièce Thankful

Digne héritière de la sonorité des années 70, Rumer rehausse un genre popularisé par Burt Bacharach et ses acolytes. C’est charmant comme approche musicale et artistique, excessivement racoleur pour l’oreille à la recherche d’un truc complaisant. Sur ce disque, sorti en 2010 en Europe, on retrouve une artiste britannique fortement influencée par la musique américaine. Les chansons demeurent très enivrantes, empreintes de soul où l’on retrouve des arrangements sublimes d’où débordent de nombreuses voix, des pianos subtils et quelques cuivres bien intégrés.

La voix de cette jeune dame est, comme de raison, l’instrument principal de cette production de 11 pièces. Avec Am I Forgiven en ouverture, la pièce la plus up-tempo de l’album, les cartes sont jouées pour une partie frivole. Ensuite, c’est plus feutrée, plus velours… car avec Come to Me High, l’ambiance piano-bar jazzé est instaurée. Même chose pour la suivante, Slow mais avec  Take Me as I Am, c’est plus mélancolique comme facture. Il faut attendre à Aretha pour subir une première coupure de style car sur celle-ci, Rumer pousse un peu plus la note sur ce morceau vraiment plus soul que le reste de l’album.

Jusqu’à la toute fin, c’est à point et réussi. Le style d’album à mettre lors d’un souper où l’on désire une petite facette coquette au niveau musical, ce qui fait très cliché je dois l’avouer donc je vous dirais plutôt de mettre l’album de Rumer lors d’un dimanche après-midi avec les enfants. Sortez la boîte de crayons, du papier et hop! Laissez-vous inspirer par ce disque… Encore trop cliché?

C’est ma nouvelle chanteuse préférée, outre-métal, maintenant. Désolé Duffy et Chantal Kreviazuk

www.rumermusic.com

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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