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Chanceux comme un quêteux

Mastodon et Opeth : Retour sur le concert avec Ghost

Yanick Klimbo Tremblay
7 avril 2012

Le vendredi 6 avril 2012 au Métropolis

Oui, je dois avouer que pour mon Vendredi Saint, je n’ai pas été la meilleure brebis, j’ai mangé de la viande et j’ai vu un concert métal. Très ironique de passer une journée sainte avec le groupe Ghost en ouverture d’une soirée à forte teneur métallique, c’est un beau sarcasme. Guichet fermé et revendeurs de billets en feu, le Métropolis était cordé d’âmes bien pensantes d’amateurs de métal progressif, judicieux et habile mais aucun métalleux chrétiens ou crétins en vue, que de grands connaisseurs !

Avec la portion théâtrale bien maitrisée et l’odeur fumante de l’encens, Ghost s’est amené avec l’assurance d’une formation qui jouait en tête d’affiche. Avec une trentaine de minutes pour s’exécuter, le groupe a proposé à sa horde de fanatiques, et fort probablement nouveaux amateurs, quelques chansons tirées de leur seul et unique album avant de plier bagage, direction le sous-sol de la salle de spectacle. Malgré le statut de groupe d’ouverture, nous pouvions ressentir que les groupes en tête d’affiche n’avaient pas imposé de restrictions sonore à Ghost qui jouissait d’une qualité sonore et visuelle bien intéressante pour un groupe en ouverture.

Cette tournée propose deux groupes fortement populaires, la position de l’artiste en haut de l’affiche change de ville en ville. Ce soir, pour Montréal, le groupe qui se retrouve en guise de jambon dans le sandwich est Mastodon. Deuxième groupe sur trois, la formation d’Atlanta a su bien travailler son public en y allant presque exclusivement des chansons tirées de son dernier album, The Hunter. Les amateurs de la vieille école se sentaient lésés par l’omniprésence de nouvelles chansons sur la liste car le groupe n’a pas pigé généreusement dans son catalogue, y allant qu’avec Aqua Dementia et Blood & Thunder en guise de chansons antiques !

Mais après tout, la tournée s’intitule bien Heritage/Hunter, non ?

Toujours solide, le groupe est fort musicalement, et la forte présence que dégage Troy Sanders au centre de la scène épate même le néophyte, et la précision de Bill Kelliher aux guitares et de Brann Dailor aux percussions étonne en plus de la portion très boogie woogie de Brent Hinds aux guitares, lui aussi.

J’y suis allé avec une interrogation quelques lignes plus vers le haut, et la réponse va se confirmer avec ce retour sur Opeth qui, lui aussi, n’a pratiquement joué que les pièces de son dernier album, le très controversé Heritage qui laisse entrevoir l’héritage progressif du groupe tout en laissant paitre la flamme death métallique des beaux jours. Pour aimer Opeth en 2012, il faut une ouverture d’esprit béante pour pouvoir les suivre dans cet univers progressif ; certains embarquent, d’autres non et nombreux étaient ceux qui quittaient le Métropolis hier, lors de la prestation des Suédois.

Avec une liste de chansons qui mettait en valeur le travail du dernier album et seulement deux pièces de type « agressive », Deliverance et The Grand Conjuration, l’amateur pur et dur du groupe était choyé tandis que celui des premières heures était dubitatif…

Cette tournée met l’accent sur la dernière création des groupes, certains aiment le concept tandis que d’autres ne sont pas à l’aise avec cette formule. Donc, à vous de tracer la ligne. Moi, de mon côté, je suis un vil amateur des dernières créations de deux groupes et d’entendre l’album pratiquement au complet me plait mais je dois avouer que les concerts de type « grands succès » me plaisent beaucoup plus !

Remerciements à Evenko et BCI

Photos de Christina Greschner

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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