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Chanceux comme un quêteux

Rumer: L’album « Boys Don’t Cry » en analyse.

Yanick Klimbo Tremblay
5 juillet 2012

Rumer
Boys Don’t Cry
Atlantic/Warner Music

Deuxième album pour cette jeune chanteuse anglaise et, un peu à l’image de ce qui se fait au Québec depuis quelques années au niveau musical, c’est un album d’interprétations! Mais les choix offerts ne sont pas dignes de se retrouver sur un disque de Cossette ou Voisine, car avec Boys Don’t Cry, les choix sont tellement obscurs que l’on pourrait croire que c’est un album de matériel original!

Rumer a donc pigé dans le répertorie le plus méconnu des années 70 pour nous dénicher quelques perles musicales qu’elle et son équipe ont su bien adapter, passer au mélangeur pour n’en retirer que l’âme la plus pure pour ensuite donner à ces chansons une toute nouvelle vie. Quand tu dis que la chanson la plus connue du lot est A Man Needs a Maid de Neil Young, qui n’est pas un classique du canadien, ça prouve que la démarche n’était pas de remettre la louche dans la sauce d’un ragout bien figé mais plutôt de revisiter du matériel qui était jusque-là, pratiquement inconnu du public. La voix sublime de la chanteuse nous guide donc vers un voyage sensoriel qui nous aide à apprécier ses interprétations en plus du travail de certains chanteurs/auteurs/compositeurs qui étaient pour moi, que des noms parmi tant d’autres. Parfois, je me disais que j’avais déjà vu ce nom mais à d’autres moments, le vide total !

Sur le premier extrait de l’album, P.F. Sloan de Jimmy L Webb, nous sommes en présence d’un artiste des années 70 qui n’a pas connu une carrière fulgurante mais qui nous forcera, après l’écoute, de faire quelques recherches sur YouTube par exemple pour écouter ce qu’il a fait d’autres et se rendre compte qu’il est l’auteur de MacArthur Park ! Et c’est le but de cet album dans un sens, de découvrir de petits trésors enfouis.

Les arrangements sur l’album sont sublimes, le travail de la production est titanesque mais il demeure que la voix de Rumer est l’instrument principal car avec son grain de voix si authentique qui, encore une fois, nous rappelle la grande Karen Carpenter et bien, le tout brille encore à merveille sur cette collection de 16 chansons. Les moments les plus intéressants sont sans aucun doute sa version de Soulsville d’Isaac Hayes, ou si vous préférez Chef dans South Park, car sans l’avoir dénaturée, l’équipe de Rumer a plutôt assimilé la chanson et l’a personnalisée pour en faire une toute nouvelle mouture très féminine. De plus, la version de Soul Rebel de Bob Marley est exquise car on lui a tronqué tous les éléments reggae pour en faire une version plutôt apaisante et dépouillée mais emplie de chaleur elle aussi.

Il est évident qu’il serait intéressant de revenir sur chaque artiste original de l’album, comme par exemple il y a une chanson du groupe Hall & Oates du nom de Sara Smiles tirée de l’album éponyme de 1975 du groupe… C’est là que l’on voit que la carrière du groupe n’a pas commencé avec Private Eye ! Mais l’exercice serait futile étant donné que ce disque propose justement des chansons plutôt inconnues et il faut pratiquement le voir et le pendre comme étant un album de Rumer pour l’apprécier, la recherche peut se faire par la suite après tout mais n’est pas nécessaire pour apprécier l’expérience.

À découvrir si vous avez apprécié le premier album sinon, lancez-vous sur l’album Seasons of my Soul pour par la suite, se délecter de celui-ci!

www.rumer.co.uk

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Yanick Klimbo Tremblay

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