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Chanceux comme un quêteux

Iron Maiden: Retour sur le concert du 11 juillet 2012 au Centre Bell de Montréal

Yanick Klimbo Tremblay
12 juillet 2012

« Billets à vendre, tickets à vendre, t’en veux? »  Oui, la ritournelle habituelle qui se perpétue près du Centre Bell. J’ai comme l,impression que c’est pire lors de la venue d’Iron Maiden. La meute de revendeurs semble plus féroce et la grogne se laisse entendre. En 2012, Maiden ressort l’équipement scénique de Seventh Son of a Seventh Son pour nous en mettre plein la vue et les oreilles. il n’était pas question que je manque cet fiesta métallisée, question de combler ma dépendance envers ce groupe anglais que je suis depuis ma tendre et douce enfance.

Choix plus que judicieux d’y aller avec une légende en ouverture, la présence d’Alice Cooper fait de nombreux heureux et le vétéran attaque la scène comme s’il était en tête d’affiche y allant d’emblée avec Black Widow en ouverture. Du haut de son podium, cet amateur de golf nous démontre qu’il est encore le maître du shock rock et il n’hésitera pas à le démontrer tout au long de sa performance grâce à la mise en vie d’une créature Frankensteinienne lors de Feed my Frankenstein en plus de sa décapitation par guillotine.

Avec sa manipulation habile d’un boa lors de No More Mister Nice Guy, on voit que les éléments classiques ont toujours leur place sur scène avec Alice, autant que la distribution de billets lors de Billion Dollar Babies, tombant tranquillement du bout de son sabre. Bien appuyé par 3 guitaristes, dont la charmante Orianthi qui fut la dernière guitariste à jouer pour Michael Jackson, en plus d’un bassiste et d’un batteur ; son groupe est solide et précis.  La foule a hurlé bien fort son approbation lorsqu’Alice est apparu sur scène avec son chandail du Canadien lors de School’s Out, entrecoupée par quelques extraits d’Another Brick in the Wall de Pink Floyd, pour finir le tout en beauté avec quelques confettis. Avec une prestation aussi solide, il faut croire que le groupe Iron Maiden présente un spectacle solide car pour laisser un homme de la trempe de Cooper faire son cirque à ce niveau, il faut que ce qui suive soit solide comme le rock !

Les jeunes préadolescents se promenaient avec leurs parents. Nous pouvons remarquer aisément que le public d’Iron Maiden se renouvèle grâce à ce phénomène assez incroyable qui fait que de génération en génération, le goût métallique de la vierge de fer se perpétue.

Lorsque la foule entend la trame sonore qui joue avant le concert, le tout fait office d’avertissement. Avec une chanson de Black Sabbath suivie par une de Deep Purple, nous savons pertinemment que la suivante sera Doctor Doctor de UFO, la pièce de prédilection d’Iron Maiden pour leur entrée sur scène. Avec le même squelette de scène depuis quelques tournées, la scène du groupe demeure sensiblement la même. Il n’y a que les tissus qui sont changés et les fond de scène que le groupe alternent de tournée en tournée, une recette gagnante car après avoir vu un décor égyptien, un vaisseau spatial, c’est maintenant une scène glacée qui fat office de décor ce soir.

La fermeture des lumières nous laisse entrevoir un film glacial qui propose des images pessimistes sur le réchauffement climatique sur un fond musical apocalyptique qui se fondera lentement sur l’intro de Moonchild. La soirée sera sous le signe de cet album plus particulièrement et le décor bleu poudre est tout à fait crémeux, métalliquement parlant ! Les musiciens du groupe apparaissent sur les premières mesures. Ils semblent tous très reposés. Ont-ils profité des 3 jours de congé pour aller à la pêche sur des lacs du Québec et jouer au golf ? Probablement…

Avec quelques explosions par ici et par là pendant Can I Play With Madness ?, c’est avec The Prisoner que la première surprise de la soirée survient. Chanson moins populaire du répertoire du groupe, cette dernière demeure tout de même une des favorites des amateurs des premières heures. Avec un « Scream for me Montréal ! » nous avons eu droit à Two Minutes to Midnight suivie par Afraid to Shoot Strangers, un choix surprenant mais douteux dans cette série de chansons.

C’est avec le classique qu’est The Trooper, que Bruce Dickinson, en pleine possession de ses moyens ce soir, s’est encore permis de revêtir son fameux costume de l’armée anglaise version d’antan et de faire virevolter les drapeaux comme lui seul peut le faire. Lors de l’introduction mythique de la chanson Number of the Beast, un Lucifer aucunement fiable pour les plus croyants s’est surélevé sur le côté de la scène et y est resté tout au long de la chanson, ses yeux devenant effervescents lors de certains passages.

Il est tout de même incroyable de voir que la formation anglaise use de tous les moyens techniques possibles mais deux de leurs guitaristes, Janick Gers et Dave Murray, utilisent encore des fils pour connecter leurs guitares, il faut croire que les vieilles habitudes ne se démodent pas.

Moment unique que de voir Bruce Dickinson commencé à chanter trop tôt lors de Phantom of the Opera, les autres le regardant d’un œil coquin. Eddie en format géant a fait une apparition un peu surprenante lors de Run to the Hills alors qu’il était accoutré tel un général de l’armée américaine lors de la guerre de Sécession. Sur la chanson suivante, Wasted Years, nous avons pu ressentir que la pièce manquait de vigueur en ouverture. Était-elle plus lente que d’habitude ? Hum, ça reste à confirmer !

La parcelle la plus intéressante de cette soirée demeure l’interprétation sans anicroche de la pièce titre de l’album Seventh Son of a Seventh Son. Avec un Eddie en mode clairvoyant en guise de sculpture de fond de scène, la foule a retenu son souffle tout au long de la chanson car ce moment à lui seul valait le détour. Un joueur d’orgue est apparu à la droite de la scène, question de créer l’ambiance la plus glauque en plus des cierges sur le côté d’Eddie. Cette table bien mise à été bien dégustée !

La foule s’est époumonée sur Fear of the Dark comme de coutume avant de laisser place au fond de la pochette de Seventh Son au complet, incluant les pièces glacées et le Eddie tenant un fœtus qui bougeait vigoureusement pour la finale qu’est Iron Maiden. Pour ce qui est du rappel, c’est sur la voix de Churchill que le groupe nous a enfilé Aces High en plus d’Evil that Men Do et avec un Bruce maitrisant son français comme jamais, la troupe anglaise a quitté sous les dernières notes de Running Free.

Avec en moyenne un amateur sur trois achetant un t-shirt lors de la soirée, les maniaques du groupe sont ressortis avec une belle pièce pour agrémenter leur garde-robe, les poches plus légères mais sachant fortement qu’Iron Maiden va probablement user de ces dollars métalliques pour préparer sa prochaine tournée.

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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