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Chanceux comme un quêteux

Devin Townsend Project avec Katatonia, Paradise Lost et Stolen Babies (Retour sur le concert)

Yanick Klimbo Tremblay
22 septembre 2012


J’ai souvent l’habitude d’arriver plutôt tard lors des concerts pour des raisons aussi différentes que loufoques. Parfois, c’est le travail, d’autres fois, le trafic mais à certaines occasions, c’est parce que je raconte des histoires à mes deux enfants avant qu’ils ne soient enveloppés dans les bras de Morphée. Hier soir, c’était le contraire, j’étais sur place dès 17h00 pour conclure une entrevue avec Gregor Mackintosh de Paradise Lost, le guitariste/compositeur du groupe anglais.

L’entrevue n’a jamais eu lieu en fin de compte. Un peu comme Bill Murray dans Lost in Translation, je me suis perdu dans les méandres linguistiques mais surtout l’accent British du tour manager qui repoussait l’entrevue de plage horaire en plage horaire, une situation qui était hors de son contrôle mais vu le branle-bas de combat qui régnait-là, c’était tout à fait raisonnable. Ce genre de tournée avec 4 groupes déplace beaucoup d’équipement et vu la petitesse du Café Campus, la tâche de travail était multipliée par 8. En plus d’attendre après la douche du sieur, le retour dans l’autobus de tournée et le souper, j’ai commencé à perdre espoir… Mais tsé, à un moment donné, il y a un concert à voir et à entendre. C’est rare que ce genre de labyrinthe débouche sur du concret mais parfois, il faut vivre avec et je me suis concentré sur la portion musicale au lieu d’y aller avec une entrevue pendant qu’un groupe que j’apprécie est sur scène.

Avec Stolen Babies sur scène dès 18h10 environ, nous sommes en présence d’une formation éclectique qui jongle avec différents styles musicaux de façon habile. Avec une accordéoniste aux voix, un percussionniste en plus des musiciens de base, le groupe a proposé une sonorité qui combine aisément la folie de Gogol Bordello, la base rythmique de Faith No More et l’extravagance de Rita Mitsouko. Très circus comme musique et ambiance, je confirme que ce n’est vraiment pas mon genre mais le talent sortait des oreilles de chaque membre du groupe !

Absence d’environ 5 ans sur les scènes nord-américaines, Paradise Lost était de retour à Montréal après s’être présenté au Métropolis en ouverture de Nightwish lors de la présentation d’Anette Olzon comme nouvelle cantatrice des Finlandais dans le temps. Véritables dieux chez eux, il est plus sage de dire que le groupe a encore quelques fidèles ici que de clamer haut et fort qu’ils sont maitres chez nous. Malgré quelques problèmes sonores qui semblaient titiller le chanteur Nick Holmes, Paradise Lost a su satisfaire la horde présente devant eux grâce à un choix de chansons plutôt grands succès des derniers albums. Enchantment en ouverture, tirée de Draconian Times, le groupe plaçait la barre haute en y allant avec une pièce tirée de leur album culte. Malgré le fait que le groupe soit en tournée de promotion pour le nouvel album Tragic Idol, Paradise Lost n’en jouera que deux tirées de cette production soient la pièce titre et In This We Dwell pour se concentrer sur des pièces comme Erased, The Enemy, Faith Divides Us- Death Unites Us et Say Just Words à la toute fin. Malgré que certains reprochent au groupe d’être statique sur scène, je ne crois pas que ce soit le point majeur avec Paradise Lost qui demeure un monument infaillible dans la communauté métallique. De voir l’immense tignasse de Mackintosh jouer sur sa guitare de gaucher, d’apercevoir Aaron Aedy se tourner le bras droit en fredonnant les paroles de Nick Holmes m’a comblé.

Toujours étrange de voir un groupe comme Katatonia en concert. Pas le groupe mais plutôt la foule car de nombreux gars se massent au devant de la scène et vont chanter toutes les paroles de façon personnalisée, intense et assumée. Autant de gars dans la fin vingtaine et début trentaine impliqués et aussi motivés devant ce groupe ténébreux est toujours impressionnant. Avec une présence statique sur cette petite scène embourbée de nombreux items, Katatonia se brasse la chevelure sur de nombreux succès-semi-souvenirs comme My Twin, Teargas, Deadhouse, Deliberation et July. Le groupe s’est solidifié sur scène depuis le temps car à l’époque, je trouvais Katatonia très moelleux et aucunement à la hauteur des albums lors du transfert sur scène. Maintenant, c’est plus direct et moins branlant au niveau de la voix, à moins que quelques tricheries ne soient au menu pour la gorge de Jonas Renkse?

Le Roi du rock canadien se pointait sur la petitesse de la scène du Café Campus avec quelques minutes de retard sur l’horaire de base. Et c’était un brin stressant étant donné qu’un couvre-feu était imposé par la salle de spectacle, barre oblique bar étudiant, qui devant évacuer tout ce beau monde dès 22h45 pour laisser place aux danseurs et autres étudiants en manque de flamber leur prêt étudiant en autre chose que des livres ou tout autre matériel scolaire. En place sur scène sont des monticules en aluminium, question de surélever les trois membres du groupe, de façon sarcastique dans un sens connaissant le type d’humour de Townsend. Parlant d’humour, une série de photos, au montage plus que douteux, mettant en vedette Devin a agrémenté l’écran derrière la scène lors du montage des instruments. Nous avons pu voir Devin en Whoopie Goldberg dans Rock N’ Nonne, en danseuse de flamenco ou en Spice Girls.À un moment donné, le tout a cessé pour laisser place à des vidéos très crades provenant de Ziltoid TV où nous avons pu connaitre des séries qui semblent géniales comme Pizza Boomerang où le héros musclé lance un boomerang fabriqué avec une pizza qui cause de nombreux dommages en plus d’une info-pub sur la musculation des caniches de style Jane Fonda versus César celui qui parle aux chiens. Un peu à l’image de ce qu’Ozzy présente en ouverture mais avec un budget moindre.

Avec un doublé provenant de l’album Biomech d’Ocean Machine en ouverture, Seventh Wave et Regulator, les amateurs des premiers balbutiements de Devin étaient choyés mais pas autant que lorsque le groupe y est allé avec War, tiré d’Infinity avec des images d’archives militaires qui allaient à l’unisson avec la cadence musclée de cette pièce magistrale. Avec sa rengaine habituelle, Townsend utilise l’humour comme pas un entre les chansons en plus d’user de mimiques à la Jim Carrey alors qu’il joue sur scène sans manquer une seule note. Lui et son groupe sont solides, surtout sur le matériel plus complexe comme Juular et Planet of the Apes, toutes deux tirées de Deconstruction.

Avec un nouvel album du nom d’Epicloud sorti cette semaine, la promotion de ce dernier s’est faite sous le signe de la douceur pratiquement car la formation y est allée des pièces les plus attendrissantes de l’album comme Where We Belong, avec des vagues de mains, mais a levé le niveau d’intensité avec Grace, la rigolade avec Lucky Animals et ses animations de gorilles dansants et la reprise de Kingdom mais qui se retrouve à la base sur Physicist.

Malgré un couvre-feu, l’humour grinçant et l’enthousiasme de la foule a eu le dessus et le groupe est revenu sur scène pour un rappel. Fortement aidé par un amateur qui lui a donné un cerceau à cornes lumineux de type Halloween ou ceux qui étaient en vente lors de la venue d’Ac/Dc, Devin et sa troupe se sont lancés dans ce qui semblait vraiment être un rappel improvisé avec Bad Devil.

Après le concert, Devin a serré des mains, signé des autographes, jasé et rigolé jusqu’à ce que son gérant vienne le chercher.

Générosité ? Sur tous les points !

www.facebook.com/dvntownsend

Crédit photo : Patryk Pigeon et Vanessa Leclair de MusikUniverse

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Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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