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Chanceux comme un quêteux

Jaune comme tes dents a passé le weekend en compagnie de GENESIS BREYER P-ORRIDE

Yanick Klimbo Tremblay
26 octobre 2012

THEE MAJESTY le 20 octobre MMXII au Cabaret du Mile End, Montréal p.Q.

« I believe that gods are early attempts at psychology, trying to understand the light and dark side of human nature. The deeper part of human nature where you go right inside yourself, beyond dreams and into those recesses which we should look into, but we’re out of practice [in doing that] in our culture. »GENESIS BREYER P-ORRIDGE

Qui sont les artistes que tu aimes toi dans la vie? Y’en a qui sont encore vivants? Les crânes en diamants de chose là? Ou ben les stencils politico-vibrants de l’autre … La machine à faire du cac’ de Wim Deloye? Les bricolages optico-naifs? Tu les aimes mieux du côté obscur toi, non? J’en ai rencontré un de particulier le weekend passé.

- Particulier dans quel sens?

Ben, je sais pas si je dois parler de lui comme d’un homme ou comme d’une femme. Première des choses. Il challenge un peu les perceptions et le territoire des genres disons. C’est aussi avant tout ça un artiste de performances (avec COUM Transmissions à la fin des années soixante) et on le considère comme un des pères fondateurs de la musique industrielle (Throbbing Gristle, Psychic TV, Splinter Test). C’est une sorte de mystique, fondateur du Thee Temple ov Psychick Youth, un ami de Bryon Gysin et de William S. Burroughs, détenteur qui plus est du record Guinness pour le plus grand nombre de disques lancés au cours de la même année.

- Hein?

Au milieu des années quatre-vingt, il voulait apparemment sortir avec son band Psychic Tv 23 albums live, le 23 de chaque mois pendant 23 mois … Une sorte de ‘reconnaissance’ du 23 enigma. Ils ont finalement réussi à sortir 14 albums en 18 mois, ce qui leur a tout de même valu une entrée dans le Livre des Records. Autrement GENESIS BREYER P-ORRIDGE aura peut-être aussi son nom d’inscrit dans le dictionnaire de la culture populaire, rubrique proto-néo-post.

Faque il était en ville le weekend dernier et profitant de l’une de ses rares visites à Montréal (la dernière remontait à 1986), trois événements lui étaient consacrés : l’exposition Les Yeux de Genesis Breyer P-Orridge, le spectacle de la formation Thee Majesty et la première montréalaise du fim The Ballad of Genesis and Lady Jaye. Pas question cette fois d’attendre un autre quart de siècle avant de l’apprécier en personne.


Vendredi 19 octobre
THE EYES OF GENESIS BREYER P-ORRIDGE

Exposition du 19 au 28 octobre 2012 à La Centrale, Montréal p.Q.
Le vernissage avait lieu vendredi le 19 octobre.

« I’ve been involved in a total war with culture since the day I started… I am at war with the status quo of society and I am at war with those in control and power. I’m at war with hypocrisy and lies, I’m at war with the mass media. Then I’m at war with every bastard who tries to hurt someone else for its own sake. And I’m at war with privilege and I’m at war with all the things that one should be at war with basically. »GENESIS BREYER P-ORRIDGE

THE EYES OF GENESIS BREYER P-ORRIDGE le 19 octobre MMXII à La Centrale, Montréal p.Q.

‘La première exposition à Montréal de l’artiste qui fait éclater les tabous depuis plus de quarante ans, par la transformation de la culture populaire, l’activisme, l’art et la spiritualité’ …

THE EYES OF GENESIS BREYER P-ORRIDGE le 19 octobre MMXII à La Centrale, Montréal p.Q.

Collages, performances, modifications corporelles, sculptures, vidéos, écriture, musique et art sonore, la pratique de GENESIS BREYER P-ORRIDGE est pour le moins hétéroclite, vaste et complexe. La Centrale présente jusqu’à dimanche une vingtaine d’oeuvres de l’artiste, autoportraits, cavités et organes génitaux sont à l’honneur. Pas exactement une activité pour toute la famille.

THE EYES OF GENESIS BREYER P-ORRIDGE le 19 octobre MMXII à La Centrale, Montréal p.Q.

Le vernissage s’est donc déroulé sans entrave et sans scandale. On présentait sur une télé juste à côté des rafraichissements le DVD Thee Psychick Videos et y’avait des étudiantes en art, des Néoistes et des musiciens de l’apocalypse qui se partageaient le buffet. On a profité du moment pour aller prendre une photo avec GENESIS, du matériel haut de gamme à figurer dans notre pedigree.

THE EYES OF GENESIS BREYER P-ORRIDGE le 19 octobre MMXII à La Centrale, Montréal p.Q.


Samedi 20 octobre
Thee Majesty en spectacle au Cabaret du Mile End, Montréal p.Q.

Thee Majesty a été créé en 1998 par GENESIS BREYER P-ORRIDGE avec le guitariste Bryin Dall. Au départ un projet de spoken word, ils sont maintenant actifs sous forme de trio au sein duquel ils amalgament poésie, rythmes hypnotiques, incantations de guitares et taponnage d’échantillons.

La soirée était coprésentée par le Festival du nouveau cinéma et le festival Phénoména et pour une raison que j’ignore on ne servait pas d’alcool au spectacle. Du Shirley Temple était cependant offert gracieusement par le Cabaret. Délicate attention.

THEE MAJESTY le 20 octobre MMXII au Cabaret du Mile End, Montréal p.Q.


Dimanche 21 octobre
The Ballad of Genesis and Lady Jaye
(2011) de Marie Losier à l’affiche du 21 au 26 octobre au cinéma eXcentris, Montréal p.Q.

La première était présentée dans le cadre du Festival du nouveau cinéma dimanche dernier, en présence de la réalisatrice Marie Losier. GENESIS ne s’y est pas présenté cependant, incapable de se tirer du lit. On n’a pas été invité à l’after de la veille mais c’était probablement rien d’inquiétant.

Malgré le remarquable parcours du personnage, le film porte davantage sur la relation qu’il entretien au quotidien avec sa femme et partenaire artistique, Lady Jaye. Après s’être mariés en 1993, GENESIS et Lady Jaye ont entrepris le projet de devenir – par amour et par recours à la chirurgie – Breyer P-Orridge, une seule et même entité. S’ouvre à nous le fabuleux monde de la pandrogynie. T’as peut-être remarqué qu’il poursuit toujours l’ambitieux projet malgré la mort subite de Lady Jaye, happée d’un trouble cardiaque à leur résidence de Brooklyn en octobre 2007.

The Ballad of Genesis and Lady Jaye (2011) de MARIE LOSIER
The Ballad of Genesis and Lady Jaye
Marie Losier, USA, 2011, 65 min

Y’a le manifeste où ils t’expliquent pourquoi ils vont devenir la même personne juste ici, si jamais tu souhaites t’investir émotivement sur le sujet:


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Jaune comme tes dents a passé le weekend en compagnie de GENESIS BREYER P-ORRIDGE.

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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