BangBang : bangbangblog.com

Chanceux comme un quêteux

Retour sur le concert de Gojira avec The Devin Townsend Project et The Atlas Moth

Yanick Klimbo Tremblay
15 février 2013

Le jeudi 14 février 2013 au National de Montréal

Il n’est pas nécessaire de rappeler que cette soirée était à guichet fermé lors de la soirée qui marquait la St-Valentin. Déjà que quelques métalleux ont du s’en passer en raison d’un manque de billet ou d’une faiblesse en Air-Lousse, le couteau est déjà bien planté dans le flanc, je ne vais pas le tourner à nouveau.

Mais mon devoir est de vous faire un compte-rendu en bonne et due forme, et c’est ce qui se retrouvera  sur les lignes suivantes. Entassés comme des sardines salées, la communauté métallique respirait à peine dans un National plein comme un silo à grains en période des récoltes tandis que l’on jouait du coude au seul comptoir de victuailles houblonnées.  Guichet fermé, c’est enivrant monétairement  pour les groupes mais pour l’amateur de musique, ça veut dire une attente au vestiaire, aux toilettes et lors de la marche vers la bière.

The Atlas Moth propose dès 20h00 un métal vrombissant, opaque mais très ambiant. Par bouts, on peut pratiquement se sentir en terres connues comme celle déjà foulées par des groupes comme Isis, Intronaut ou… j’ose… Neurosis.  Avec les quelques chansons proposées, dans un style plutôt différent des deux autres gros noms de la soirée, leur métal viscéral a plu à la majorité des gens sur place.

La salle qu’est la National propose encore ce fantastique cachet boisé. Avant le concert, j’ai eu l’opportunité de faire une entrevue avec Christian Andreu, guitariste de Gojira, qui me confirmait que la salle qu’est la National possédait un cachet certain avec ses boiseries anciennes… et l’esprit le La Poune qui y flotte ! Le seul hic avec la salle demeure l’inclinaison du plancher qui me donne des maux de mollets intenses après une trentaine de minutes ! Avec mes 38 hivers bien pimpants, je suis peut-être rendu à me contenter de regarder le tout de l’étage supérieur ? Non, la longanimité fait partie de mes aptitudes…

Décrire et analyser une performance de Devin Townsend est un enjeu futile pour moi étant donné mon manque d’objectivité fulgurant envers cet artiste canadien d’envergure. Je vais tenter d’y aller avec le plus d’intégrité possible sans laisser paraitre ma dimension fanboy bien existante. Malgré sa position d’artiste invité, qui se veut plutôt un double headline aux dires mêmes des membres de Gojira, le projet de Townsend s’en sort grandement avec une prestation colorée, sous le signe de l’humour comme de raison mais aussi sous le signe d’une performance sans faille de la part des musiciens du groupe. Toujours aussi acidulé dans ses commentaires envers la foule, et lui-même, Townsend agit en tant que maitre de cérémonies dans un cirque métallique qu’il maitrise de façon spectaculaire. Avec More ! en ouverture, la foule s’excitait les poils des tibias car cette chanson possède un tempo bien fignolée qui a semblé mettre tout le monde en mode festif. Par la suite, c’était au tour de Kingdom et Planet of the Apes de se matérialiser en véritable monuments de métal en fusion en n’oubliant pas que Devin à su écorcher au passage, entre les deux chansons, les amateurs de métal présents sur place en leur rappelant que s’ils étaient ici, c’est probablement parce qu’ils n’ont pas de copine, qu’il manquait justement de filles dans la place tout en recevant un soutien-gorge sur la tête par le fait même et invitant les gens à se faire des câlins étant donné la nature de la journée.

C’est avec War, encore une fois, que j’ai pris mon pied lors du concert. Il ne faut pas oublier que le DTP en est à sa deuxième visite pour le même album et que le choix des chansons demeurait une série de chansons tirées de la dernière présence du groupe, donc un sentiment de déjà entendu. Les trois dernières furent donc Lucky Animals avec les badauds présents qui se laissaient aller les mains en mode jazz des années 40 lors du refrain, Juulaar qui est venu remettre la locomotive sur les rails du métal extrême et Grace, qui a terminé la soirée de façon épique mais remplie de tendresse positive ! Personnellement, revoir Devin dans quelques mois, je souhaiterais un truc un brin différent, comme la présence d’Anneke aux voix, question de maximiser le matériel avec elle…en plus de satisfaire nos oreilles et comme de raison, nos yeux !

La sonorité pour Gojira était impeccable, du moins selon ce qui me reste comme instrument auditif que l’on appelle des oreilles. Un son fort, puissant et massif qui laissait percevoir toutes les moindres subtilités dans ce qu’offre le groupe musicalement. Avec une popularité plus que grossissante, il serait intéressant de voir ce que le groupe aurait pu faire au Métropolis en cette soirée car l’annonce en relation avec le fait que c’était à guichet fermé datait de quelques semaines et le prix demandé sur la rue frôlait les 100 dollars. Je ne suis pas certain qu’il y avait foule pour Mado Lamothe tant que ça… un switch aurait pu être fait, non ?

L’accueil envers l’album L’Enfant Sauvage a été mirifique pour le groupe et leur nouvelle compagnie de disques peut se permettre de faire tourner le groupe à profusion, et c’est ce qui arrive. Pour une deuxième fois en 6 mois, Gojira est à Montréal mais cette fois-ci, ce n’est pas pour 30 minutes. Explosia et Flying Whales ouvrent les cérémonies, le pit s’échauffe et la foule est compacte devant le groupe français qui est solide, adroit et d’aplomb.

Les jeux d’éclairages sont précis, les stroboscopes sont à point et le groupe prend sa place, surtout grâce à l’hyperactivité de Jean-Michel à la basse tandis que Joe Duplantier et Christian Andreu se brassent la tignasse tout en restant parfait sur leur instrument.  The Heaviest Matter of the Universe, L’Enfant Sauvage, The Art of Dying et Oroburus seront servies avant un solo de percussions qui, malgré une exécution exemplaire m’a laissé de glace. Mais pour ce qui est du choix des chansons, rien à redire car c’était judicieux. Le changement de position effectué entre Mario Duplantier qui se ramassait aux voix et guitare et Joe Duplantier qui se retrouvait derrière les percussions juste avant Oroborus nous a permis de voir de grands talent musicaux, la voix gutturale de Mario en plus de jouer de la guitare avec des gants ; mais aussi cette complicité exceptionnelle qui peut exister entre frère, et frère !

The Axe et Vacuity ont fermé la soirée mais le groupe est revenu avec The Gift of Guilt en guise de rappel. Tant qu’à moi, le meilleur moment de la soirée est demeuré Vacuity grâce à sa force de frappe exceptionnelle. Mais en y repensant attentivement, toute la soirée a été une réussite sur toute la ligne.

www.gojira-music.com


Pas encore de commentaire.

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.

Chanceux comme un quêteux

Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

À propos…

RUBRIQUES